Laska- | daouar a écrit :
Je pense que, peut être, un confinement dur (1h/1km, école fermés, télétravail massif) en février (on profite des vacances pour pas trop sucrer l'école aux enfants) aurait permis d'aborder le problème des variants de manière un peu plus sereine.
Ou alors, on aurait du finir proprement le second confinement, au lieu de sauver Noël en laissant repartir l'épidémie.
Je comprends la logique du couvre feu, qui pénalise moins l'économie. Mais si on ajoute un confinement le week end, les gens vont péter un plomb, surtout avec le printemps qui arrive, et cette impression de rejouer la mauvaise blague de mars dernier parce qu'on a pas su anticiper : on aura perdu notre pari sur tous les plans.
Bref, il n'y a pas de solution idéale, et je serais bien présomptueux d'affirmer que j'ai la réponse...
- Le mode yolo, on ouvre tout, désolé mais j'ai une famille que j'aime et qui est à risque, pas envie de les voir crever sur le parking d'un CH. Et moi même, si je ne suis pas spécialement fragile, j'aimerais quand même au besoin pouvoir me faire soigner en cas de coup dur nécessitant une hospitalisation...
- Le confinement des vieux, c'est une vue de l'esprit tellement perché qu'aucun pays, même les dictatures, n'a mise en œuvre. Beaucoup ne comprennent pas qu'une bonne part des +65 ans ont une vie active, professionnelle ou associative. Je donne à chaque fois l'exemple, mais près de la moitié des dirigeants de PME ont plus de 65 ans... Et pour les autres, certains ont besoin de soins, ou sont en couple ou vivent avec quelqu'un qui n'est pas dans la tranche confiné, bref c'est totalement ingérable et impossible d'imaginer cloisonner 1/5 de la population sans les contaminer, avec le virus qui circule activement.
- La politique zéro covid, c'est beau sur le papier, mais ça n'a marché que dans les pays avec une population très civique, ou forcée à être civique
Habiter sur une ile aide beaucoup aussi, la France étant un carrefour de l'Europe ça risque d'être extrêmement compliqué. Après, j'ai été étonné de voir que les moyens numériques du 21ème siècle ont été presque totalement mis de coté au nom de la sacro-sainte liberté d'être confiné. Avec l'IA, dans une société massivement connecté, on aurait pu beaucoup mieux faire sur le tracking et le prédictif des contaminations. Quelques exemple de cette puissance inutilisé : "Grâce à son intelligence artificielle, Google sait si un restaurant vous a rendu malade", "Un nouvel algorithme prédit les épidémies de grippe aux États-Unis", "Conseil de l'Europe : IA et lutte contre le coronavirus Covid-19", etc.
- Le "stop & go", à base de confinement suivi de période de relâchement. C'est ce qu'on vis depuis près d'un an. Il y a les versions dures, qui essaient d'approcher du zéro covid, et la version molle comme chez nous, de "vivre avec le virus". Ceux qui crient à la restriction de nos libertés ne se rendent pas bien compte qu'on a l'équivalent d'un crash de gros porteur par jour en nombre de morts, dans cette politique d'être à la limite de ce que le système de soin peut supporter. Si ça dérape, c'est la grosse merde. Si ça passe, tant mieux, on aura moins détruit l'économie.
Voila, en fait j'en sais rien. Je n'ai pas de solution miracle, juste certaines que je trouve moins pires. Je trouve dommage qu'on utilise pas la puissance du numérique et des GAFAM, je préfèrerais qu'ils nous piste pour contrer les contaminations (avec des gardes fous) que pour me vendre des merdes, sachant qu'ils me pisteront quand même. J'ai grand espoir dans les vaccins, mais aussi dans les traitements et l'amélioration des soins (dont on ne parle plus trop alors que la recherche n'a jamais été aussi activement que maintenant, on commence à bien connaitre le virus). Et s'il n'y a pas de troisième vague, on aura passé le pire, on continuera d'avoir des morts du covid, mais à un niveau acceptable, comme avant avec les autres maladies. Mais ce que je crains, c'est que le variant anglais, même si sa contagiosité a été exagéré, nous foute dans la merde, car justement on est à la limite.
|
"L'équivalent d'un crash de gros porteur par jour"
Et la mortalité en temps normal c'est une tour jumelle qui s'effondre par jour, le lendemain la deuxième tour jumelle, et le surlendemain on repart sur une nouvelle paire de tours du world trade center.
Tu pointes avec ton analogie un biais de raisonnement qu'on a : plus une mort est spectaculaire et moins elle est acceptable. Ce qui m'inquiète le plus là dedans c'est que même des professions "sérieuses" comme les assureurs finissent par avoir un biais de raisonnement de ce type. Les crashs d'avion sont extrêmement rares. Pourtant on panique au moindre incident sans gravité (panne moteur, même des déroutements météo font l'objet d'articles de journaux), et j'ai appris récemment que pilote d'avion est jugé "métier à risque". Pourtant, un pilote d'avion qui habite très près de son aéroport d'attache risque beaucoup moins de mourir qu'un employé de bureau qui s'y rend avec quelques dizaines de km de voiture.
Je comprends tout à fait le fait qu'effectivement, les mesures de freinage sont un compromis acceptable entre ce qu'on est capables de faire, ce qu'on accepte sur le plan des libertés (ce sont les deux raisons pour lesquelles on a pas de stratégie zéro covid : on ne sait pas faire et on n'y est pas tout à fait prêts moralement), et le nombre de décès.
Tu dis donc que la solution du stop and go est peut-être la moins pire ?
Ma question suivante : oui, mais si ça doit durer x années ?
Au bout de combien d'années tu diras "ah, on aurait peut-être du accepter de perdre quelques centaines de milliers de personnes ou 1 million, et vivre ces x années en étant immunisés à ce covid" ?
x>5 ? x>10 ? 20 ? Tu es prêt à vivre jusqu'à la fin de ta vie en stop and go pour éviter de subir une fois pour toutes un pic de mortalité énorme ?
C'est une question qui intéressante en soi, même s'il y a d'autres solutions possibles ! Evidemment que si on a une autre solution type vaccination on va chercher à l'utiliser.
Cependant, la question se pose :
- En cas d'échec (quasi complet) du vaccin face à de nouveaux variants, le vaccin n'est pas une solution et la question se pose dans les mêmes termes.
- Si le vaccin fonctionne mais pas à 100%, alors on pourra dire "il y a l'équivalent d'un bus rempli qui meurt chaque jour du covid, cela justifie un stop and go" : combien de temps seras-tu prêt à accepter un stop and go pour éviter 50 décès journaliers ?
- Si le vaccin fonctionne à 100%, la question se transformera en "Sommes nous satisfaits d'avoir perdu x mois pour sauver y personnes ?" Et là je comprends que toi, comme beaucoup de gens, diront oui, mais la question peut quand même se poser car il est possible de répondre "non". |