Alerte méga super pavé
Bon je viens de relire mes quelques interventions sur le topic d'Adith, wow c'est dingue comme on peut oublier certains moments négatifs, je sais que mon fils est chiant, différents, dur, mais c'est toujours difficile de trouver des exemples, d'expliquer au gens qui nous connaissent peu en quoi il est difficile, c'est une usure constante, les petits moments du quotidiens sont une suite de combats.
Donc pour résumer pour ceux qui ne connaissent pas mon histoire, mon fils a des soucis de comportement depuis la maternelle, et il est actuellement en 5ème et il a 12 ans. Les soucis de comportement c'est vague, ça commence par le refus de faire la sieste, le refus de rester calme en classe, le refus de l’autorité en général, le travail bâclé, l'écriture comme un cochon, les cahiers qui ne sont pas tenus correctement (en encore quand on a la chance qu'il note ses cours ou qu'il ne le perde pas), la maladroitesse (maladroiture ? j'invente surement des mots mais au point où j'en suis j'en ai plus rien à foutre) les affaires qui se cassent toutes seules, les affaires qui se perdent toutes seules, mais bien sur sans que ça ne soit jamais de sa faute !
Mon fils n'a jamais connu son père, en début de grossesse j'ai compris que tout ce qu'il me racontait était de la poudre aux yeux, que jamais il n'aurait une bonne influence sur mon fils, que si je restais avec lui je finirais ruinée au bord d'un caniveau. Je l'ai aimé passionnément, je suis tombée enceinte par accident à 18 ans, il en avait 28, il parlait de sa fille de 18 mois comme de la prunelle de ses yeux, et puis un jour j'ai vu comment il se comportait réellement avec sa fille, il n'en avait strictement rien à foutre, il ne parlait d'elle que pour se donner une belle image et j'ai dit non à cet avenir. Je me suis séparée de lui au 3ème mois de grossesse, et il a préféré penser que si j'osais rompre c'est parce que l'enfant n'était pas de lui, alors il ne l'a pas reconnu à sa naissance, et n'a jamais demandé à le voir.
Il y a 3 mois on a appris le décès de son père, il avait le sida depuis notre rupture, en fait c'est la fille avec laquelle il me trompait à l'époque qui lui a refilé, mais il n'a jamais pris sa trithérapie, donc il est mort d'une simple pneumonie parce que prendre des médocs tous les jours c'était surement trop contraignant pour lui, il n'aimait vraiment pas ça les contraintes.
Comme je le disais mon fils a toujours eu des problèmes de comportement, on est passé entre les mains d'une multitude de spécialiste (des bons comme des mauvais), il a rencontré tous les psychologues scolaires, des pédopsychiatres, des ergothérapeutes et j'en oublie. Il a été déclaré enfant précoce suite à un test passé en primaire, ce qui a expliqué bon nombre des symptômes [n'écoute pas en classe car s'ennuie, se comporte avec les adultes comme s'il était au même niveau qu'eux, problème de communication et/ou de comportement avec les autres élèves etc]. Puis s'est posée la question de la dyspraxie car il a du mal avec ses couvert et préfère manger avec ses doigts, ne refait ses lacets que sous la contrainte et avec difficulté, je ne parle même pas de son écriture illisible. Bon on est tombé sur un ergothérapeute de merde qui nous a fait comprendre que non mon fils n'était pas dyspraxique même si c'est à la mode en ce moment. Il l'aurait dit après avoir fait quelques test ok, mais simplement en le regardant entrer dans le bureau je me suis dit quel con celui-là... Bref j'ai un peu perdu foi à ce moment là envers le corps médical. Comme le jours ou sa pédopsychiatre (qui suivait mon fils depuis 2 ans déjà au CMPEA) nous avait dit "ah bon ! Donc votre conjoint n'est pas le père de votre fils ?" Bah non espèce de connasse, c'est un de nos problèmes justement, il n'accepte pas son autorité parce qu'il n'est pas son père... Apparemment elle suivait mieux ses bouteilles d'alcool que ses patients, j'ai appris plus tard qu'elle avait eu un long arrêt maladie pour se soigner de son alcoolisme...
Bref, pour en revenir au présent, quand je lui ai annoncé la mort de son père il a pleuré, pas de peine mais de rage, parce qu'il attendait d'avoir 18 ans pour aller retrouver son père et lui coller son poing dans la tronche et lui demander des comptes, de savoir pourquoi son père n'avait jamais cherché à le rencontrer. Là c'était fini, il n'aurait jamais l'occasion de parler homme à homme avec lui. A ma mère il a expliqué qu'il avait des sentiments partagés pour son père, il voulait l'aimer comme un enfant est censé aimer son père, et il le détestait en même temps pas que pour son abandon mais aussi parce que son père n'était pas quelqu'un de bien. Il a eu sa demie-sœur au téléphone, elle a 14 ans maintenant (il l'avait rencontré quand il avait moins de 2 ans mais plus rien ensuite, avec notre déménagement à l'autre bout de la France on avait perdu contact). Elle qui avait connu ce père ne souhaitait même pas aller à son incinération, elle a confirmé qu'il n'était pas un bon père.
Au collège, depuis l'annonce de sa mort, il a plongé, ses notes on baissés, et son comportement est devenu ingérable et il a gagné un avertissement de comportement, puis deux semaines plus tard il y a eu le conseil de classe du second trimestre pour lequel il lui ont attribué un deuxième avertissement de comportement, qui a entrainé un conseil d'éducation. Pendant ce conseil d'éducation sa prof principal m'a donné le nom d'une psy qu'elle connait, et ils ont décidés de lui accorder un répits de 3 jours afin qu'il se remette en question et qu'il remette ses cahiers en ordre (oui c'est comme ça dans les collèges privés catholiques, on ne vous exclu pas 3 jours, on vous donne la chance de vous reprendre en main, c'est plus classe) J'ai contacté la psy en question, c'est le genre de psy tellement connu par le bouche à oreille qu'elle ne figure pas dans l'annuaire, le genre de psy qui n'a pas besoin de faire de la pub pour trouver des clients, le genre de psy qu'on se conseille dans les écoles privées pour ne pas tomber sur les alcooliques du cmpea, le genre de psy qui te redonne un peu d'espoir, de l’espoir à 50€ de l'heure...
Elle a pu nous recevoir dès le mercredi suivant, la séance a été libératrice, elle a su poser des questions qui nous faisaient faire "tilt", on prenait conscience de certaines choses, par exemple le fait qu'on avait aucun relais (pas de famille à coté pour avoir un peu de répit ne serait-ce qu'un après-midi). Elle m'a demandé s'il n'était pas dyspraxique, je lui ai dit que le diagnostique était tombé à l'eau fin 2013, elle allait me conseiller un autre spécialiste. Elle m'a demandé si mon conjoint avait envisagé d'adopter/de reconnaitre mon fils, on n'y avait jamais songé (mais finalement pourquoi pas ? l'adoption lui donnerait aux yeux de mon fils une autorité légitime et une sécurité affective) Cette psy était géniale, même mon fils le reconnaissait, "elle au moins elle écoute et elle comprend, je passe pas mon temps à faire des dessins dans son bureau". Elle envisageait donc de faire 2 séances seule avec mon fils puis souhaitait s'orienter vers une thérapie familiale.
La deuxièmement séance se passa donc sans moi. Hier c'était la troisième, je m'attendais à ce qu'elle me congédie mais elle m'invita a entrer avec eux pour la séance. En fait il n'était plus question de séance mais du débriefing final. Elle avait reçu les documents de son ancienne école, le test de QI entre autre, elle a bien vu que le suivi datait de la maternelle, elle avait eu sa prof principal au téléphone et elle avait vu mon fils en tête a tête 1h.
Donc pour conclure mon fils a + de 125 de QI mais n'atteint pas les 130, donc il n'est pas un enfant précoce. Il est certes très intelligent mais toute son intelligence est tourné vers la manipulation des autres. Il a un sentiment de toute puissance et ne peut canaliser sa frustration. Quand il dit après une bêtise quelconque "je sais que c'est mal mais j'ai pas pu m'en empêcher" il y a une part de vérité, le sentiment de frustration est tellement fort qu'il va faire la bêtise même s'il sait qu'il va obtenir une grosse punition, même s'il sait qu'il n'aura pas la "random carotte" qu'on lui a promis en cas de bon comportement et surtout même s'il sait que c'est mal. Car mon fils n'a pas de sentiment de culpabilité, non mon fils n'a pas honte ou peur de décevoir, il s'en moque, son plaisir est plus important que tout. Le respect des règles lui passe par dessus la tête, il n'en a "rien a foutre" (dixit la psy, ça choquait un peu ce langage si châtié dans la bouche de cette bourgeoise) d'autant qu'il se considère d'égal à égal avec les adultes, alors pourquoi respecter les règles dictées pour les enfants. Il s'agit maintenant de le rééduquer, de casser sa toute puissance pour le remodeler avant qu'il finisse en prison, parce que c'est son seul avenir, le nom respect des règles est tellement plaisant pour lui et sa culpabilité tellement absente qu'il va y finir tôt ou tard.
La seule solution c'est de l'envoyer dans un ITEP géré par la MDPH, des internats spécialisés pour les enfants à problèmes, pas une maison de correction, une école ou l'enfant est surveillé par des psy et autre. (Il y a aussi la solution de l'envoyer dans un collège à 1h de chez nous, un collège hors contrat avec l'état, qui n'accueille que des enfants surdoués, qui sont donc confrontés plus ou moins aux même problèmes de comportement, avec des tonnes de spécialistes, psy et ergothérapeutes en autre, mais à 600€ par mois je n'ai pas envisagé cette solution plus de 4 secondes). La psy ne peut rien de plus pour nous, pas la peine de prendre un autre RDV, il faut mettre en place une équipé éducative à son collège actuelle pour essayer de garder un minimum de contrôle sur lui, il faut que je me renseigne auprès de sa prof de la manière dont il faut effectuer la demande auprès de la MDPH, ce sera surement sur dossier d'acceptation, peut être même pas possible en septembre selon la liste d'attente. Donc on reste en suspend entre son collège actuel d'où il risque de se faire expulser d'un jour à l'autre vu son comportement (un avertissement de plus et ce sera le conseil de discipline) et l'hypothétique espoir qu'on puisse l'envoyer dans un ITEP dans pas trop longtemps.
Et la dyspraxie ? Comme je n'allais pas la revoir je lui ai demandé qui contacter pour le diagnostique, elle m'a répondu "mais il n'est pas dyspraxique, c'est juste qu'il n'a pas envie de se conformer aux attentes, que c'est un effort qu'il n'a pas envie de faire, pas un handicap"
Je suis dépitée, tout ce que j'arrive à penser maintenant c'est qui est ce monstre que j'ai élevé, comment on peut en arriver là... Je n'avais déjà pas trop de bons souvenirs, pas beaucoup de bons comportements à me rappeler, mais là même mes bons souvenir on vient de me les détruire. Les rares fois où mon fils a été agréable est-ce de la manipulation ? s'il a été gentil tel ou tel jour était-ce pour obtenir quelque chose ? Je ne sais plus qui il est. Mon conjoint m'avait déjà informé de son coté calculateur, et de son manque de culpabilité, mais comment j'aurais pu le croire à ce moment là, comment j'aurais pu imaginer le pire, moi qui le regarde avec le filtre de l'amour maternel.
Et comment c'est arrivé, c'est génétique ? Parce qu'il est comme son père de ce coté, un pervers narcissique. Est-ce que c'est son éducation, autrement dit est-ce de ma faute ? Merde quoi j'ai donné ce que j'ai pu de mon temps, de mon argent, de mon implication, des recherches sur internet, tout ce que j'ai pu faire je l'ai fait pour lui. Et après des années de psychothérapie personne n'a réussi a expliquer la moitié de son comportement, c'était du temps de perdu ? J'en ai marre là.
Bon je me dis qu'au moins on a une piste à suivre, j'imagine que ça va encore être long pour réussir à le faire intégrer un ITEP mais au moins on sait vers quoi se diriger. Mon conjoint n'était pas là hier, déplacement professionnel, je vais devoir lui expliquer ce soir.
Bon bah vu le pavé, merci à ceux qui ont réussi à lire jusque là.
---------------
Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière !