Alerte pavé
(Lien Strava https://www.strava.com/activities/505877240/overview)
CR Marathon de Kiel
Retour sur la prépa :
J’ai suivi le plan 2Q de Jack Daniels sur 18 semaines. C’est assez simple, 2 séances de qualité par semaine, le reste de l’Easy (E) pace. Les tempos se basent sur la VDOT, et au début je faisais de l’EF car le E pace était un poil trop rapide. Au bout de quelques semaines, EF et E pace étaient presque pareils.
Au départ j’avais prévu de faire 60km par semaine, mais je pense pas avoir dû faire beaucoup plus de 50km/semaine en moyenne. Dernièrement je suis même tombé vers les 40km/semaines. En Décembre j’ai presque pas couru et 2 semaines avant le marathon j’ai eu une douleur au genou gauche qui m’a fait arrêter pendant 10 jours. Quid de l’impact réel, mais bon il y a toujours des moments de moins bien dans une prépa amha.
Le plan est assez costaud, j’ai déjà fait la remarque il me semble, mais assez rapidement on se retrouve sur 2 séances de 2h par semaine, certaines poussent jusqu’à 2h30 voire au-delà. Donc niveau endurance, c’est pas mal et y’a de gros blocs à allure marathon, après j’ai pas l’expérience pour savoir si c’est pas trop de volume justement. Mais ça permet aussi de bien tester l’allure marathon et il y a des séances plus rapides avec du T pace (Allure 1h), I pace et du R pace. Tout ça rend le plan moins monotone, mais il faut bien récupérer pour enchaîner les séances sans se blesser.
Avec le recul ça manque peut-être de semaine vraiment light pour digérer les grosses séances. Pas de travail en vallonnée non plus, je crois pas aller au-delà de 200/300m D+ car c’est pas mal plat chez moi. En fin de prépa je tourne en allure marathon à 5’20/km.
La course
Au vu des dernières semaines allégées et du fait que ce soit mon premier marathon je pars sur du 5’30/km et puis advienne que pourra. Je pars avec les Puma FAAS 500. (Pour les curieux, la veille c’est dinde/pommes de terre le soir et quiche patate douce le midi.)
Départ à 10h20, j’arrive une heure avant comme il y a pas énormément de bus, mais du coup j’ai le temps de me changer sur place. Je dépose mon sac à la consigne et puis go aux toilettes avant le départ. Il y a une longue queue donc j’admire la vue.
Les gens du 10k, semi et marathon sont séparés au départ, et le parcours est une boucle d’environ 10km. Ceux du 10k partent en premier, après les guerriers du marathon et enfin ceux du semi. L’ordre jouera un rôle important psychologiquement.
Km 1-2 :
Il fait bien froid, 1-2°C et il y a un peu de brouillard donc je pars tranquille pour bien finir de me chauffer.
Km 4-5 :
Le cardio est bien dans les nuages depuis le départ et ça m’inquiète un peu donc je décide de ralentir un peu. A ce moment-là, je me dis « putain de brouillard ! », on court vraiment au bord de la mer mais on vient rien à 10 mètres, donc pour la paysage on reviendra. (Ça tombe bien on doit faire 4 boucles^^). On croise les premiers du 10k qui sont déjà sur le chemin du retour, tout le monde s’encourage, c’est plutôt cool.
1ère boucle :
Le cardio descend pas énormément et du coup je regarde beaucoup ma montre, mais sinon tout le reste est ok. Il y a des enfants au bord de la route donc certains tapent dans les mains évidemment. Les semis sont lancés en gros quand les leaders du marathon finissent la première boucle. Du coup y’a plus de monde sur le circuit, environ 1000 maintenant dont 300 marathoniens donc y’a un peu plus de monde à suivre et à doubler, ce qui fait un peu de bien au moral.
Km 15 :
Je commence à voir quelques collèges du marathon marcher, mais je poursuis en me calant dans des petits groupes. J’ai quand même du mal à trouver un rythme régulier, mais je ne veux pas encore courir tout seul donc je fais un peu l’élastique en cherchant la « bonne roue ».
Semi :
Là je me dis, ok c’est pas une erreur, t’en es qu’à la moitié. Le cardio est redescendu un peu, et ça va niveau souffle/jambes. Je bois que de l’eau aux ravitos et je prends un gel en même temps (4 au final)
Km 25 :
Je trouve encore des petits groupes ou me caler, mais le circuit s’éclaircit bien. Je vois les panneaux sur le côté en me disant « allez, encore un tour ». Le brouillard s’est levé, mais plus le temps de regarder maintenant.
Km 30 :
On arrive sur la fin de la troisième boucle et c’est que je me dis « ça y est on rentre dans le vif du sujet ». Tout ceux du semi en finissent et du coup on se retrouve à environ 300 répartis sur la boucle, donc là ça devient dur de courir avec quelqu’un. Les encouragements sur le bord de la route sont appréciés et ça fait moins vide. J’ai mon genou gauche qui pique un peu, mais pour l’instant aucune sensation nouvelle par rapport aux SL. Mode
ON
Km 33 :
Petit moment d’émotion, comme Sam (il me semble), j’ai jamais été aussi loin de la Comté pendant la prépa. J’avais mis une bande de compression Zensah sur mon genou et elle commence à me gêner. Je l’ai prise sur Amazon pour pouvoir courir malgré la gêne et j’ai eu le temps de la tester avant le marathon, mais là ça tire pas mal, donc je me dis qu’il faut la replacer ou l’enlever.
Km 35 :
Je m’étais forcé à ne pas marcher avant ce point, je fais une pause pour remettre la bande sur mon genou. Les jambes sont bien lourdes et je suis tout seul comme quasiment tout le monde. Il doit y avoir facilement 30-40 mètre entre chaque coureur et beaucoup marchent. J’en vois dans le sens inverse, qui sont encore dans la 3ème boucle qui marchent donc je me dis que c’est bien d’avoir tenu jusque-là. Plus personne ne s’encourage, là chacun est trop occupé à batailler avec lui-même.
Dernier ravito – 5,5 km restants :
Le petit faux-plat montant avant le virage à 180° et le retour vers la zone départ/arrivée achève la plupart de ceux qui sont devant moi. Je vois le ravito de l’autre côté donc je me dis, « tu marcheras là-bas, pas avant ! ». Le 180° fait bien mal à ce moment de la course pour relancer les jambes qui pèsent de plus en plus lourds. Je bois mon verre d’eau à l’arrêt au lieu de trottiner, les bénévoles encouragent tout le monde, mais c’est dur pour tous. Je prends un carré de chocolat, mais je le crache 20 mètres plus loin, je pensais y trouver un petit boost moral, mais j’ai l’impression qu’il m’assèche la bouche. Du coup je m’en débarrasse.
5 km restants :
Point de côte qui me tues bien, mais j’essaye de m’accrocher. Finalement je marche pour le faire passer. Depuis qu’il reste moins de 10 km à faire, je regarde plus le cardio, juste le temps qu’il me reste pour sub 4h. Les petits calculs permettent de passer un peu le temps, car ça devient long.
Là le combat passe vraiment dans la tête, les jambes ont atteint le niveau maximum de souffrance donc j’essaye de « déconnecter » le cerveau. C’est dur de continuer car je dirai que 75% des gens marchent et impossible de se fixer un point de mire sans qu’il s’arrête lui aussi.
4 km restants :
Je sais pas trop comment, mais je fais tomber mon ipod, ça a le mérite de me « réveiller » et de me faire repartir sur 200-300 mètres à « bonne allure » à ce moment-là de la course. Je me cale dans la roue d’un gars, mais il est aussi en souffrance et s’arrête pour s’étirer. Je calcule l’allure à tenir pur être sub 4h, mais là deux voix s’opposent :
« C’est pas normal d’avoir si mal, arrête-toi et marche, c’est déjà bien d’étre arrivé ici. Te blesses pas juste pour sub 4h »
« Putain mais tous ces efforts pour terminer comme ça, continue tu te reposeras dans 25 minutes »
J'écoute plus rien
3 km restants :
Je serre les dents, je pioche quasiment à chaque foulée, je pense plus à rien et je suis à fond dans l’effort. J’ai pas le détail sous les yeux, mais il me semble être vers les 6’/km et je suis à bloc. Il y a mini-montée, genre 20-30 mètres de long à 5%, qui en parait 15% avec la fatigue, mais je pousse sur les jambes. Mini sourire quand je pense aux cyclistes, et là j’aperçois l’arche d’arrivée. Je me dis que je vais réussir à finir, mais le sub 4h est pas encore dans la poche.
2km restants :
Là ça tue un peu le moral, le peu qu’il reste, car comme le circuit fait que 10 bornes, il y a un reliquat à faire, donc voir l’arche se rapprocher puis s’en éloigner ça fait presque peur. Il reste encore un dernier 180° et le dernier km.
Dernier km :
Je finis par haïr ces 180°, là je marche un peu, car je n’arrive pas encore à repartir. C’est plus dur de repartir que de rester sur sa lancée depuis un petit moment, je balance Lose Yourself de Eminem, coup d’œil à la montre et la douleur s’envole un peu.
Je sais qu’à priori je vais sub 4h, pour pas grand-chose, mais bon j’étais pas en recherche d’un chrono. J’essaye de savourer comme je peux, mais je souris quand même un peu sur l’arrivée, les 300 derniers mètres entre les barrières paraissent un peu court au final, je regarde la caméra pour la photo et c’est terminé !
Résultat officiel, 3h58’47 et 160ème. Je reçois la médaille, et je vais prendre une bière offerte par les orgas. Celle-là elle fait du bien. Sur le podium, 2 autres jeunes de moins de 25 ans en 1er et 2ème aux alentours des 2h50.
Au début j’ai un peu de mal à réaliser et puis je me prends même à être déçu du chrono. Je repense aux conditions, à la fin de prépa et puis ce n’est que le premier. Y’a quand même 2 courses en une, les 10 dernières bornes sont les plus dures. J’espère que ça va me booster le mental pour me faire mal sur 10/semi, car j’ai été puisé je sais pas trop ou de quoi finir.
Je pense avoir évité de prendre un gros mur, mais bordel les derniers 7 km, la grosse bataille… J’ai peut-être fais l’erreur de trop me focaliser sur le km 35 comme première mini-pause, mais bon je suis quand même content. J’ai pas eu de sensation de faim sur toute la course, à part 4 gels et un bout de banane vers la mi-course le reste c’était de l’eau à chaque ravito. Rien à dire sur les chaussures, pas de sensation de lourdeur et j’ai les pieds en bon état, juste une ampoule sur le haut d’un doigt de pied. Maintenant récup, mais 48h après je marche normalement à part dans les escaliers.
Merde aux futurs
marathoniens et que les PR tombent!
Prochaine étape 10K dans 15 jours, le premier de ma vie, et semi de Lisbonne la semaine d’après. Je vais essayer de sub 50’, mais je n’ai pas de repère et de prépa sur 10, mais on verra bien. Sur le semi, si je suis en forme, objectif sub 1h50, sinon en mode SL.