84mickael a écrit :
Si l'on est pas sujet aux blessures, je ne vois pas d'inconvénient à courir des 10 Km même si l'on se spécialise sur le 800 m. J'ai même quelques contre-exemples à ton état d'esprit, qui n'est selon moi valable que dans certaines conditions (haut niveau, objectif ultime, athlète ne courant que pour la perf'...)
Une fille de mon club était qualifiée aux championnats de France de cross. Quinze jours avant, je lui ai proposé de m'accompagner sur un run and bike de 7 Km. Elle y a pris beaucoup de plaisir. L'entraîneur (assez inflexible) n'était pas au courant, et il s'est fâché après nous deux quand il l'a appris, comme quoi il ne fallait pas faire n'importe quoi, que c'était pas bon pour elle... Résultat : elle n'a jamais aussi bien couru à ces championnats.
Un autre gars, depuis qu'il a commencé l'athlé ne faisait presque que du 800 m, choix de l'entraîneur. C'était sa distance et ça lui a bien réussi par le passé. Seulement au fil du temps il commençait à s'en lasser et n'y arrivait plus trop. Cette année, contre l'avis de tous (trop long pour lui, moins de points aux interclubs...) il s'est essayé au steeple jusqu'à la mi-mai. Marre du 800 m, envie de voir autre chose. Il a fait des temps honnêtes, mais y a surtout pris énormément de plaisir. Finalement il est ensuite naturellement revenu au 800/1500 m, libéré, et y a fait des temps comme ça ne lui était pas arrivé depuis plusieurs années.
Tout ça pour dire que j'ai une préférence pour les entraîneurs qui savent conjuguer pour l'athlète entre le plaisir et la réussite. A trop vouloir exploiter le potentiel de quelqu'un on finit parfois par le dégoûter. Alors qu'est-ce qui est le mieux ? Faire une petite course à quinze jour d'une échéance, ou rester chez soi ? Bien courir, prendre du plaisir et continuer, ou arrêter, lassé d'entendre inlassablement qu'on devrait faire mieux ?
Bref... les avis divergent. J'ai le mien, forgé en partie à partir de l'histoire de trois bons athlètes évoqués ci-dessus. Mais être entraîneur ce n'est pas facile, et il est difficile de contenter tout le monde. Il n'empêche que je commence à songer à faire les formations d'entraîneur de demi-fond.
|