petoulachi a écrit :
CR déconfiné Samedi 30 mai, rendez-vous est pris avec calimeropierro pour se faire une sortie post-confinement, pour reprendre sur la lancée initiée avant tout le bordel covid Précision, pendant ce confinement j'étais en appart et j'ai pas vraiment pu faire autant de sport que d'habitude (je vais normalement en salle faire du renforcement musculaire et je roule les we), j'ai mangé/bu un peu plus que d'habitude, alors que calimeropierro a investi dans un swift, s'est lancé dans un programme d'entrainement et vit à la campagne dans une maison. Je vous laisse deviner lequel des 2 est le plus d'attaque (et comme c'est bien fait, avant le confinement c'était moi qui lui foutait la pile physiquement. Ah non, on me signale que je fais un quart de sa masse musculaire ). Pour cette reprise, il propose un tour dans ses terres d'adoption ariégeoises. Faut savoir que calimeropierette est ariégeoise, et d'ailleurs elle va se joindre à nous, avec un de leur amis (ariégeois lui aussi, je suis encerclé ). Cet ami (nous l’appellerons l'ariégois ou le local, ou le sanglier) m'annonce CANICULE, chaleur insupportable, bien qu'un 22° soit annoncé par la météo. Je décide alors de foutre le camelbak au congélo la veille, technique de sioux qui permet non seulement d'avoir de l'eau fraîche mais de garder le dos au frais. Je pensais que calimeropierro me proposerait une trace dont il a le secret (il a pas mal roulé la bas), mais en fait il a honteusement voler une trace de pvcr  Direction Vicdessos (prononcer "viquedesso" sous peine de vous faire tuer par un local ), pour une sortie de 22km et 900d+ environ. On se retrouve à 10h, Calimeropierro arrive en débardeur Chicago bulls 23 , laissant apparaître des bras de la taille de mes cuisses . je rencontre calimeropierrette, des cuisses de la taille de... deux fois mes cuisses pas de doute, c'est bien elle "oui je swift aussi !", et leur pote "pas en forme", un tank ariégeois. Okkkkk, la sortie s'annonce "musclée" pour ainsi dire  On s'élance sur la première ascension, et la plus longue de la sortie, 300d+ je crois, dans ces eaux là. Ca se fait sur route, c'est cool, pas trop de pente, mais en plein soleil, heureusement qu'on l'a faite en premier "à la fraiche" le matin celle là. Rapidement je me retrouve dernier, oui j'ai pas swifter moi et surtout, je m'économise tel un lâche, la sortie ne se limitant pas qu'à cette montée, je préfère assurer plutôt que de me foutre dans le rouge à vouloir absolument coller à leurs roues arrières . On s'élève au dessus de Vicdessos, la vue est splendide, la chaine des pyrénées encore enneigées en fond : http://petoulachi.com/bike/2020-05-30-2.jpg L'ariégeois se plaint de trop de bitume, perso sur une première montée, ça me pose pas de soucis, au contraire. Arrivée en haut, on s'engage alors sur un petit single en forêt, on sent direct la fraîcheur (confirmée par 2/3 passages dans des ruisseaux "rafraichissant" (comprendre, eau de fonte de neige à 5° )). Gros bonheur, c'est fluide, flowy, beau  Mais rapidement, ça se transforme plutôt en une sente hors forêt avec un joli dévers, une exposition côté gauche de 10m environ, une légère pente et des GROS CAILLOUX. bon, sans l'exposition, ça aurait été technique et sympa, là, avec mon vertige, ma non habitude des pédales auto, ça se transforme en PEUR avec jambes qui flageolent et bras tout flasques . On se retrouve à contourner le pic de Garal pour passer dans l'autre vallée. une fois la traversée terminée, j'en profite pour demander innocemment à calimeropierro "t'as demandé l'expo à pvcr ?", "ah non pourquoi ?" , "oh rien rien" Damned, j'espère que ça va pas être ça tout le long... On entame alors une nouvelle ascension vers le village de Suc-et-Sentenac, ça monte plus fort mais ça va, je discute avec calimeropierro, on traverse le village (qui est putain de raide à monter, ça pique), notre ami ariégeois se retrouve un peu à la peine sur cette portion, et il en reste encore à monter. à partir de là, on entame du single, avec des portions pas du tout dégagés (aie les ronces et orties), ou pas mal de boue, résultat pas mal de portage mais rien de trop méchant. On ressent par contre pas mal la chaleur, et arriver à notre point culminant à 1100m une petite pause raifrachissante va s'imposer d'elle même : http://petoulachi.com/bike/2020-05-30-1.jpg Se pose la question de manger les sandwichs maintenant, on n'a pas encore fait 10km et il est tout juste midi, perso ça me parait bien tôt pour manger (d'autant que je n'ai pas faim), calimeropierrette semble de mon avis... on va faire la descente et on mangera en bas. On se lance, la descente est un pur REGAL, du single vraiment sympa qui nous fait revenir sur le village de Suc qu'on traverse ("on mange ?" "non" ), puis sur un nouveau single assez traître car très roulant avec peu de grip, sur le premier vrai virage je pense qu'on s'est tous dit un par un qu'on allait tirer droit tellement ça freinait pas et finalement ça finit aussi par longer une d'exposition coté droit qui va encore une fois me paralyser et transformer mes jambes en spagettis que même une Talas32 jalouserait Arrivé tout en bas, arrive encore la question du "on mange" , demandé par calimeropierro, et qui décide de laisser sa moitié choisir. Elle n'est pas super chaude pour manger avant une ascension, je suis de son avis (et j'ai tjrs pas super faim en fait ) et l'exprime, du coup nous partons pour une nouvelle montée, l'avant dernière de la journée, cette fois en direction du village de Saleix (je crois que ça se prononce "salèsse" mais je m'y risquerai pas ). La première partie va se faire sur une petite route, et au moment de la prendre, notre ami ariégeois s'exclame "quoi on monte par là ??? j'y passe en camion, c'est trop de la merde!" , et je sens dans son intonation la future souffrance infligée par la montée. Je prends mon courage à deux mains à deux pieds, je me cale avec calimeropierro pour taper la discute, sa moitié étant juste après nous, mais rapidement le soleil qui tape et le % auront raison de notre ami ariégois en peine que l'on aperçoit plus derrière nous . calimeropierro fait carrément demi-tour pour aller l'accompagner, j'avoue ne pas avoir tant de jambes de générosité et je poursuis mon effort tranquillement. Je me rends rapidement compte qu'ils se sont arrêtés à l'ombre, étant en plein soleil je décide de pousser un peu plus haut pour les attendre à l'ombre également. Après qq minutes ils finissent par arriver, le local est plutot gronchon mais on repart direction le village. Arrivé à l'entrée, on attend de nouveau le local décidément bien en peine, calimeropierro me fait comprendre qu'on aurait du MANGER bien plus tôt , ça aurait évité la fringale de son pote qui est, faut bien l'avouer, plutot palo On en profite pour regarder le dénivelé restant, en d+ ça fait genre 200m soit pas grand chose, mais la dernière "bosse" de 150m à l'air putain de raide comparativement aux autres montées sur le graphe... A peine reparti qu'on le perd directement, je me demande s'il n'a pas fait une syncope , finalement il arrive "j'ai fait le plein d'eau à la fontaine". Ah merde, j'aurai su, j'aurai rempli aussi, car il ne fait pas si chaud que ça et ma super technique de sioux ne fonctionne pas du tout : j'ai un gros glaçon dans le dos mais niveau eau à disposition, je suis proche du néant, vu que ça ne fond pas je me retrouve rationné pire qu'un dromadaire en plein Sahara Il reste un peu de d+ avant d'arriver sur la descente, j'en profite pour proposer à notre ami ariégeois mon miel secret booster (voir épisode CR précédent de mars ou calimeropierro a pu tester l'efficacité ) "NAN MAIS C4EST PAS CA J4AI MAL AU CUL JUSTE" . Ok, l'ariégeois est plutot borné il semblerait, et fier, il veut pas admettre qu'il a juste faim et que du coup il est physiquement à l'ouest On retourne dans la verdure, et rapidement on se retrouve bloqué par 2 canassons au milieu du sentier. je suis pas hyper à l'aise avec le monde animal, et surtout, ayant un ami propriétaire de chevaux, il m'a déjà dit plusieurs fois qu'il n'aimait pas bcp les vététistes qui ont tendance à passer comme des brutes a coté de ses prés et de faire peur à ses bêtes. il m'a dit ça tellement souvent que j'y fais super gaffe, du coup je le dis à calimeropierro "t'inquiete, ma copine a l'habitude de monter les chevaux sauvages au far west sans selle, à l'indienne, elle sait leur chuchoter à l'oreille telle une squaw" . Ah bin oui, évidemment, comment pouvait-il en être autrement ? On les passe tout calmement (mais j'aime qd meme pas passer derrière un cheval). On s'enfonce alors dans une foret pleine de mousse, le décor est plutot dingue, mais avec une belle pente et des cailloux un peu partout impeccable pour te faire rôtir les cuisses sur place . Je décroche de calimeropierro, sachant qu'à la base il passe mieux que moi les portions techniques, et qu'en plus là physiquement il survole le truc comme de rien, je lutte même pas et accepte mon rang social. Je lâche quand même calimeropierrette (fierté), mais elle c'est juste le technique qui l'a foutu dedans, parce que par contre physiquement... On arrive dans un coin parfait pour faire la pause miam, à l'ombre, calimeropierro est déjà assis, en train de dévorer manger son pain de campagne sandwich. J'en profite pour prendre son superbe Leon en photopr0n http://petoulachi.com/bike/2020-05-30-3.jpg après du blabla "ah oui donc vous faites des exos à base de 100 tractions et 100 pompes donc" ), et une bonne pause,on repart alors sur la descente, et quel bonheur cette descente d'abord à longer un cours d'eau en foret, c'est flowy, 2/3 passages un peu plus hardu, mais rien à jeter, bon une grosse marche inattendue à un moment me surprendra et me fera freiner pour l'enrouler, c'est à ce moment là que j'ai réalisé que le glucose était de retour dans le sang du local qui m'a passé une ronflante de lui avoir gaché son drop . Oui j'ai la sale habitude de pas trop sauter à l'aveugle, un truc étrange dans ces terres sauvages, je sais. Du coup je le laisse passer devant à l'arrêt suivant, et j'oublie rapidement l'idée de le suivre, notre ami étant fanatique du drift que même righetti serait jaloux (mais c'est pleinement maitrisé il faut bien l'admettre), je me bouffe toute la poussière dans la tronche à en devenir irrespirable (d'ou son surnom de "sanglier" du coup). On finit dans Auzat, la banane sur le visage de tout le monde, cette descente n'était que pur bonheur en barre. Il nous reste donc la fameuse dernière "bosse", la redoutée (en tout cas pour ma part), que l'on cherche au milieu de la foret, vu qu'il y a pas mal de départ de sentier. Un trailiste local passe, il voit qu'on est un peu paumé, nous demande ou on va "bin on veut monter, c'est bien à gauche" ? "ah oui, mais par là ça moïnteuh hin" (accent arriègeois impossible à reproduire à l'écrit désolé ). "t'as entendu ce qu'il a dit ?" m'inquietais-je alors. Le gars semblait vraiment sportif, il courait plutot vite, et il nous annonce un truc qui n'a pas l'air des plus sympathiques, moi çe me fout en panique mais les autres n'ont pas l'air de le prendre au sérieux, soit. bon, on va rapidement comprendre, effectivement CA MONTE, ça monte putain de fort, et assez longtemps. Etonnament calimeropierro est seul en tête, je suis en deuxième position mais j'ai fait plusieurs petites portions en poussant, le reste en souffrance totale (et sans flotte, nickel) mais comme c'est la dernière montée, je donne tout ce que j'ai, c'est la reprise faut se foutre dans le rouge , je vois enfin le bout du tunnel avec un joli banc sur lequel m'attend calimeropierro en train de lire le journal (ok j'exagere un peu), je n'ai plus qu'à me laisser mourir à coté de lui pour attendre les autres. calimeropierrette ne tardera pas à arriver, incroyable de fraicheur , et pour notre sanglier il a fallu patienter un peu plus il finit par arriver, semble au bout de sa vie, a perdu tout son humour, mais on me signale que les ariégeois sont naturellement dénués d'humour, donc tout va bien  On va se lancer dans cette dernière descente, et là il n'y a RIEN à jeter, c'est un single impeccable en foret avec ce qu'il faut de virage, de bosses et de pente, la perfection existe en ce bas monde, et c'est ici La toute fin est un peu plus hardue, pas mal de pente mais surtout de sacrées épingles parsemées de racines traitres, et la toute dernière épingle a failli se transformer en OTB pour ma part, me faisant terminer les derniers mètres complètement en soumission avec un centre de gravité beaucoup trop proche du cintre Retour sur Vicdessos, je suis avec calimeropierro sur la route principale devant la mairie, qui va alors me déposer sur un sprint dont il a le secret, et autant vous dire qu'avec un pneu de 27+ à l'arrière et la puissance développée, ça fait un boucan de tout les diables, à tel point que des jeunes posés dans le parking juste devant vont le regarder passer médusés Je finis par capter, il y avait un radar de vitesse, il voulait juste s'amuser à le faire exploser en plein vol  Sortie terminée, on finira tranquillement devant une bonne limonade locale, de mon coté assez content car avec encore pas mal de jus, les jambes reviennent petit à petit !
|