Je suis d'accord mais tous ne pensent pas comme toi et moi. Certains continuent à croire que la femme est inferieure à l'homme ou que l'embryon humain est un etre vivant à part entière qui bénéficie des memes droits que n'importe quel autre etre humain sur terre.
glycines a écrit :
Par ailleurs, même le soldat en Irak ne pourra tuer un homme de sang froid sans justification. Il ne pourra non plus exécuter une femme ou un enfant. Cela a été vu, bien sûr, mais ce n'est pas une règle générale.
|
La guerre apportant son lot de traumatisme et d'exaction, je crois que tu t'avances un peu. Souviens toi des images de la prison d'Abou Ghraib...un homme peut faire souffrir un autre homme sans d'autres justification que l'amusement et le jeu. Est ce une règle générale ? La révolution Khmer est un très bon exemple, elle démontre comment d'une population tout ce qu'il y a de plus normale, on peut parvenir à faire qu'une moitié devienne les tortionnaires et les bourreaux de l'autre moitié, le mari dénonçant la femme, les enfants torturants leur parents...
glycines a écrit :
Tu ne tueras point, première valeur commune. Je vous vois déjà ricaner ! Et la peine capitale ? Eh bien, même la peine capitale ne fait pas l'unanimité et n'est pas appliquée systématiquement. Cela peut faire l'objet d'un autre débat.
Mais toutes les sociétés condamnent le meurtre. Du Nord au Sud, tu ne pourras sortir dans la rue et tuer au gré de ton humeur. Partout c'est condamnable.
|
Bien sûr, mais encore une fois, ce n'est pas que le fait de tuer un homme en soi qui est répréhensible, c'est le fait que le crime est facteur d'agitation sociale, d'insécurité, de chaos, or l'homme aspire à vivre en paix et avec le plus d'harmonie possible avec ses congénères. L'interdiction du meurtre est avant tout une necessité sociale, et n'émane pas d'un quelconque sentiment de respect de son prochain. On ne tue pas, meme si parfois on peut en avoir très fort envie, essentiellement parce que ça nous foutrait grave dans la merde (évidemment pour d'autres raisons aussi, plus dignes.)
glycines a écrit :
Curieusement il est plus facile de définir le mal que le bien car c'est un aiguillon. Parlons de l'inceste, c'est un interdit quasiment partagé par toutes les sociétés. Certains dirons qu'il n'y a pas de notion de mal, il y a juste la volonté de faciliter l'échange. Certes, mais c'est devenu par la force des choses quelque chose de mal.
|
Tu mets en lumière des choses qui n'ont que peu de rapport avec la religion. L'inceste est devenu une mauvaise chose non pas parce que c'était "contre-morale" ou "mal", c'est parce que les hommes ont vite compris, notamment par l'exemple aussi des animaux d'elevages qu'ils essayaient de faire se reproduire, que la progéniture ainsi donnée était "de moins bonnes qualités", crétins congénitaux, malformation cardiaque, durée de vie raccourcis, maladies génétiques...etc. L'homme y a très tôt vu quelque chose de contre-nature parce que le résultat de tels agissement n'était pas bon. La règle morale, encore une fois, est simplement venue de l'experience et non pas d'une quelconque révélation éthique comme quoi baiser sa frangine serait subitement devenu une mauvaise idée.
glycines a écrit :
Hier, pour donner un exemple j'ai lu sur internet le rapport d'une ONG qui dénonçait les conditions de détentions de prisonniers et les atteintes aux droits de l'homme avec des images insoutenables de cadavres. On y voyait des corps démembrés et d'autres horreurs. Eh bien, je pense que ces images sont réprouvées par l'humanité entière. Pas la peine de débattre sur la notion de bien et de mal.
|
Franchement, je ne serais pas aussi catégorique que toi.
Si on montre une image de corps démembré à n'importe qui, peut etre bien que la première réaction serait une réaction de dégout et de pitié du genre "le pauvre homme a du atrocement souffrir" mais si tu contextualises l'image en disant par exemple "l'homme que vous voyez sur la photo a violé puis tué un enfant", beaucoup de gens dans divers société vont te dire que finalement il n'a eux que ce qu'il mérite et prendra meme un certain plaisir à voir la photo, imaginant avec plaisir le calvaire que le bonhomme a du ressentir. Sinon, comment expliquer le gout malsain pour assister aux executions capitales qui remplissent des stades entiers, en iran, en arabie saoudite...ou plus proche culturellement de nous, aux états-unis où les executions peuvent etre publiques sous certaines conditions.
Il n'y a donc pas un rejet uniforme et universel du "mal", il est toujours conditionné par le contexte de ce "mal". Le mal peut alors appeler le mal en réponse de manière tout à fait "juste" au regard de certains preceptes religieux. La Loi du Talion est ainsi profondément ancrée dans les cultures juives et arabes.
Message édité par Profil supprimé le 08-03-2010 à 15:56:57