CR millevaches 2019
aka Le week-end de la loose
Ça fait quelques temps que j'avais envie d'aller tester une hivernale. Après tout, quoi de mieux pour occuper son hiver que de faire 12h de moto pour se geler les couilles dans un champ ?
À la base on se chauffait avec Running Disaster pour aller aux élephs, mais au final on s'est dit que les teutons peuvent aller se faire, et qu'on va plutôt aller à un bon rassemblement bien d'chez nous
Après négoce avec mon boss, il me laisse mon vendredi pour y aller
mais qu'il faut que j'aille à paris pour une journée mékouille le jeudi
.
Tant pis, je vais aller squatter chez RD une journée de plus, histoire de goûter un peu plus à son pénis hospitalité
Bref, place au CR:
Mercredi 11 décembre
Je me casse du boulot à 16h (merci le statut assimilé fonctionnaire
) et rentre chez moi chercher la moto.
Je sors la moto et balance le nécessaire dans les latérales : des palets bretons, un pack de bière, un slip propre et du cidre
.
Je m'équipe en vitesse et vais pour mettre les valises sur la moto : merde il pleut
et ma tenue de pluie est au fond d'une valise, en dessous de plein de bordel
Bref, je perd encore 5 minutes m'équipe et prend la route.
Par l'autoroute. Sous une pluie de merde. Par 4°C.
Premier arrêt à Mayenne, j'ai les mains gelées : mes gants hiver sont pas étanches et ont réussi à prendre l'eau malgré mes pare-mains qui protègent quasi jusqu'au poignet
Je me réchauffe les mains, je prend un café, je me plains sur HFR et je reprend la route plein d'espoir
Au passage du Mans je note une bizarre sensation de liberté au niveau du dos…
PUTAIN MA DORSALE
Dans ma précipitation pour mettre ma tenue de pluie, j'ai oublié de la mettre et elle est gentiment restée sur son étagère à la maison
J'hésite à rentrer la chercher, ou faire un arrêt pour en acheter une nouvelle au Mans, mais il est déjà 18h30, je suis à la bourre, j'ai aucune foutue idée d'où sont les magasins de moto au Mans, et mes mains sont tellement gelées que je galère à sentir les commandes donc j'ai pas spécialement envie de faire un détour en ville
Au final je décide d'en acheter une sur la route vendredi, et je continue ma route.
2h et 2 pauses pour réchauffer mes doigts plus tard, j'arrive enfin à la sortie d'autoroute pour Chartres. Évidemment, avec la pluie, mon ticket a pris cher et est non détecté par l'unique borne du péage
Je m'arrête sur le parking après le péage et vais pour appeler RD : mon portable a plus de batterie
. Et évidemment, l'adresse est uniquement sur mon portable
Je tente de brancher mon portable sur la prise USB aliexpress que j'ai monté sur la moto et je pars en direction du centre-ville. Mon portable charge par intermittence (merci les portables étanches qui coupent la charge quand ils détectent de l'eau dans le port USB) et je crame une des 2 prises USB mais j'arrive à avoir 10% de batterie en arrivant dans le centre-ville.
C'est juste assez pour contacter RD (via le portable de sa copine parce que le sien est mort
), récupérer l'adresse et mettre un GPS.
GPS qui s'arrêtera en même temps que mon portable environ 30s plus tard
Je tente de trouver la route mais je me retrouve exactement à mon point de départ (merci le boulevard principal de Chartres qui fait un cercle
)
Au final, je m'arrête dans une pizzeria complètement épuisé et lui demande mon chemin, lui dégueulassant sa boutique avec l'eau qui goutte depuis ma tenue de pluie
Le mec, pris de pitié, me donne le trajet en me montrant sur street view et m'imprime l'itinéraire sur papier. Je pense que je devais ressembler à ça :
Au final j'arrive à 21h30 après avoir fait un ou 2 petits détours parce que l'itinéraire était incompréhensible (
)
RD me fait des pâtes de pitié et je vais me coucher en PLS
Jeudi 12 décembre
Journée pour le boulot à Paris, pas grand chose à raconter à part un peu de loose avec les grèves et les stations de métro fermées
Je rentre le soir à Chartres et vois RD avec une batterie dans son évier. Il a oublié de couper le neiman et sa batterie est dead.
Le chargeur de batterie indique qu'il charge en 6V et après plusieurs heures sur le chargeur, la batterie a continué à perdre en tension
Tant pis, on achètera une nouvelle batterie en même temps que ma dorsale
Vendredi 13 décembre
On se donne 9h comme horaire de départ. Histoire de rajouter du fun, on entend pas le réveil et on se lève à 8h45
Petit dej' en vitesse, petit caca de la peur et on part charger les motos.
Graissage de chaîne, gonflage des pneus (qui avaient perdus 300g chacun avec le delta entre mon garage et dehors) et démarrage de la moto aux câbles sur la bagnole de RD.
Le temps de s'équiper, la moto cale
RD tente de la démarrer à la poussette mais elle part pas donc on la refait partir aux câbles et je tient la poignée calée à 4000 RPM pendant que RD met son casque pour pas qu'elle cale
Bilan, on part à 11h45 et on décide d'acheter la dorsale et la batterie à Orléans plutôt qu'à Chartres pour que la batterie charge au moins suffisamment pour démarrer à la poussette
On arrive à Orléans vers 13h, et on se tape 2km de bouchons de merde à cause de travaux.
On interfile un peu mais avec mon cul de baleine je passe difficilement et finis par frotter la valise droite contre un pare-choc arrière de 35T
On arrive finalement à moto-axxe à 13h30 mais il ouvre qu'à 14h, et idem pour le dafy d'à côté donc on va bouffer un truc en vitesse.
La XJ arrivera à démarrer à la poussette
À 14h, j'achète une dorsale et RD va au rayon batterie. Évidemment ils n'ont que des non-préparées donc il en prend une mais décide de ne pas la monter parce qu'on a pas 45 minutes à perdre à la faire dégazer.
On repart donc à la poussette (avec les mécanos du concess BM d'à côté qui se marrent)… et immédiatement on se plante de chemin
On met donc un GPS et on enquille.
Le reste de la route se passe bien, il fait à peu près beau, à tel point qu'à La Châtre (
) on décide d'enlever les combi pluie. On continue tranquillement jusqu'à la nuit tombée où il se met à tomber une petite pluie fine
Pas grave, il reste que 50 bornes, la route est belle, notre stuff est étanche et on a la flemme donc on continue sans remettre les combis.
Arrivés à 30 bornes de Millevaches, la pluie s'intensifie au moment où la route devient une petite route montagneuse
. Mon portable (utilisé en GPS) fait de la merde avec la pluie sur l'écran donc je décide de le couper. Histoire d'arranger les choses, mon pinlock prend l'eau et je vois plus rien sans relever la visière
. RD passe devant et… fait un tout-droit au premier virage ?
En fait il voyait autant que moi
. Au final, on fera les 30 dernières bornes à 50km/h de moyenne, en étant quasiment à l'arrêt à chaque fois qu'on croise une bagnole parce que complètement éblouis
Comme on arrive sur place après 19h, les consignes sont d'aller directement au bivouac, le camp de base à Meymac étant fermé à 19h.
On arrive là bas à 19h45 pour apprendre qu'en fait ils ont allongé l'horaire de Meymac donc la meuf qui nous accueille a pas les goodies à nous filer, qu'il faut aller à Meymac si on les veux
Je pense qu'on faisait suffisamment pitié, elle nous laisse rentrer sans nous faire faire le détour à Meymac
On arrive sur place, on rentre en galérant dans la boue avec nos pneus routiers et on finira par retrouver les potes de RD en gueulant CACA
bien fort au milieu du bivouac
On monte la tente sous la pluie (sinon c'est pas drôle
) et on se pose autour du feu où on se fait halepaguer par un mec qui nous refile de la prune artisanale
On bouffe du gras, on tape dans la réserve de cidre et de bière et on va se coucher bien bourrés pour oublier
On se fera réveiller dans la nuit par le putain de VENT qui menace de tout arracher, mais la tente tient bon
Samedi 14 décembre
On se fait réveiller aux aurores (toujours par le vent qui n'en fini pas) et on se lève pour constater le carnage.
Une bonne partie des tentes se sont cassées la gueule, la moto d'une des meufs du campement d'à côté s'est cassée la gueule pendant la nuit et la tente juste à côté de la notre a pris l'eau, trempeant les duvets au passage
On va chercher du bois et on croise un mec qui traîne sa tente derrière lui en mode
pour aller la foutre à la poubelle.
Revenu au camp de base, on se rend compte que c'était pas le seul et qu'il se passe un putain d'exode, la moitié des mecs foutent le camp
Un groupe d'harleyistes juste en face de nous se barrent même en nous filant leur (grande) tente et de la bouffe
On fait un petit tour dans l'après-midi pour voir le campement : sur 3000 annoncés il devait rester même pas 500 personnes
Par contre, on croise un paquet de machines insolites, de la vieille avant-guerre aux side-cars goldwing en passant par les DR et autre MZ hors d'âge
Du coup en revenant au camp, on se réchauffera avec du vin chaud, du porc à la graisse de canard et de la raclette cuite sur le brasero
et on ira se coucher tôt.
Il y aura toujours autant de vent mais la tente tient bon. Par contre un mec fait un rupteur en plein milieu de la nuit
J'ai pas pensé à prendre des photos donc en voilà une du campement en mode gitan prise par RD :
Les tentes sont à gauche de la photo, mais on voit bien la désertion du champ qu'il y a eu
Dimanche 15 décembre
La pluie s'arrête sur le coup de 7h donc on en profitera pour plier le camp au sec et on prend un petit dej' autour du feu de camp en regardant les gens galérer dans la boue pour partir.
RD remplis sa batterie et on fait partir la XJ à la poussette dans la boue, c'était fnu.
Je pars vers 11h45, et fait 100 bornes avec un mec du camp avant de terminer seul.
Comme il fait beau et que j'ai envie de rentrer chez moi pour chier (
), je roule en mode mcsime, en faisant des arrêts uniquement pour pisser et prendre de l'essence (avec un Limoges - Nantes sans pauses
).
Au final je rentre sur Rennes vers 18h30, et je vais prendre une douche bien méritée avant d'aller m'écrouler dans mon lit
TL;DR
C'était bieng même si la météo était vraiment pas géniale.
On recontre plein de gens super sympa, des motos que tu verrais pas autrement, et manger du gras autour d'un feu de camp c'est cool
Au final c'est une sorte de JMDays sous la tente en hiver donc je pense que je referai, idéalement si on peut avoir de la neige à la place de la pluie 