FlatFab a écrit :
Quelques exercices pour ça.
Tu te trouves un lieu d'entraînement bien revêtu, dégagé, hors circulation.
Commence par des exercices en cercle.
D'abord un rond sur le ralenti de première, pour travailler le regard (dissocié de l'axe de la moto) et le tourné de guidon, dans les deux sens.
Ensuite, même exercice, avec pied intérieur sorti et épaules vers l'extérieur, pour travailler l'inclinaison de la moto et l'équilibre.
Après, même exercice, mais avec maîtrise de l'allure par combinaison point de patinage + accélération + frein arrière (on peut bosser ce point auparavant en ligne droite).
Toujours dans les deux sens.
Un cercle est composé de deux demi-tours enchaînés. Si tu as du mal à effectuer un cercle complet, commence par décrire un ovale (un demi-tour, une courte ligne droite, un demi-tour, une courte ligne droite, un demi-tour, etc.)
Le demi-tour fait intervenir de multiples savoirs-faire qu’il faut maîtriser un par un avant de tous les combiner sur un laps de temps très court : placement du regard, freinage, rétrogradage, gestion du braquage de guidon, maîtrise des appuis, gestion du point de patinage et de l’accélérateur, dosage de l’accélération…
Enchaîner tout cela proprement demande de l’entraînement.
Cela peut se travailler en effectuant des demi-tours sur le ralenti de 2e, à répétition et dans les deux sens. Commence par des demi-tours (à droite et à gauche) sur une portion de ligne droite aux abords bien dégagés pour ne pas être gêné visuellement.
Commencer en arrivant sur le ralenti de 2e (environ 12 à 18 km/h selon les motos) pour débrayer avant de tourner, afin de travailler le regard et la position sans avoir à se soucier de l’allure, jusqu’à ce que ça passe tout seul.
Puis ajouter d’abord le freinage et rétrogradage avant, puis l’accélération avec montée de rapports après.
Premier point, le regard.
Viser le plot central du du demi-tour ou tout autre repère visuel que l'on aura placé au sol au milieu du demi-tour (bouteille d'eau ou de lait, casque, gant, caillou).
Deuxième point, l’allure.
Maintenir l’allure stable, sur le ralenti de 2e.
Troisième point, la trajectoire.
Se mettre sur une trajectoire bien à l’extérieur, ne pas vouloir anticiper le demi-tour en tournant serré, donc trop tôt.
Garder les yeux sur le repère visuel central.
Quand les épaules sont à la hauteur de ce repère, la tête à la perpendiculaire, le menton sur l'épaule... débrayer pour se placer en roue libre.
Il ne faut pas vouloir ralentir, ne pas perdre trop de vitesse : le virage doit se négocier entre 10 et 15 km/h, vitesse nécessaire pour pouvoir incliner la moto.
Pas d’accélération, pas de frein, juste débrayer à fond au moment où on déclenche le virage, donc au niveau du plot central. Relâcher lentement l’embrayage en sortie de virage. Pour tourner court, on tourne le guidon au maximum et ensuite, on incline la moto. Dans le demi-tour, s’attacher à incliner au maximum, en poussant le guidon vers le plot et en appuyant sur le pied intérieur. Cet exercice permet de se rendre compte que l’on peut incliner fortement la moto sans perdre l’équilibre et que cela permet de virer très court.
A condition de conserver de la vitesse ! Tourner sur le ralenti de 2e permet de se rendre compte de la vitesse minimale à conserver.
Il faut déclencher le demi-tour quand votre corps est à la hauteur du plot central. Surtout pas avant et pas trop longtemps après : l’épaule au niveau du plot. Plus tôt, la moto risque de toucher le plot et on aura tendance à la redresser pour éviter cela, ce qui va nous faire élargir la trajectoire en sortie. Plus tard, on parcourt plus de distance, on élargit forcément.
Il est TRES important, fondamental, d’attendre que le plot de demi-tour soit à votre hauteur avant de commencer à tourner.
Si vous tournez trop tôt, vous allez risquer de toucher le plot, vous allez vouloir l’éviter, donc redresser la moto et perdre ainsi tout le bénéfice de l’inclinaison. Pour une trajectoire homogène et fluide, tournez autour du plot, derrière lui, et non dessus !
Il faut entamer le demi-tour avec le levier d’embrayage tiré à fond, complètement débrayé. Cela libère la direction et permet de tourner plus serré, sans être entraîné par le moteur, en profitant de l’inertie pour garder l’équilibre et ne pas mettre de pied à terre.
Attention : je parle bien de “commencer” le demi-tour en étant débrayé, pas de faire tout le demi-tour en roue libre jusqu’en sortie !
Mais plus vous arriverez avec de la vitesse, plus longtemps vous pourrez rester en roue libre. Certes, me direz-vous, mais si on arrive trop vite ? Hé bien, on freine, mais seulement de l’arrière.
Le frein arrière sert précisément à se ralentir sans gêner la maniabilité, sans redresser la moto.
Au cours du demi-tour lui-même, relâcher le levier d’embrayage au point de patinage pour le mettre en prise, puis le relâcher progressivement pour retrouver le ralenti de 2e.
Regard :
Pendant toute l'approche du demi-tour, regardez le plot central du demi-tour.
Une fois que vous êtes arrivé à sa hauteur, au moment où il est au niveau de votre épaule, dites-vous que vous voulez aller le toucher. Fixez-le bien, mais brièvement.
Dès que vous commencez à tourner, lâchez le plot des yeux et reportez votre regard sur la sortie du demi-tour, au loin.
Il ne suffit pas de juste lever les yeux : il faut tourner la tête et pivoter tout le haut du torse. Les épaules entraînent les bras qui font tourner le guidon. Cela suppose bien sûr de ne pas avoir les bras tendus, ni les épaules contractées.
Dès que l’on commence à tourner, le regard se lève, la tête se tourne par-dessus l’épaule pour aller chercher la sortie.
C’est l’objectif, il faut le fixer et ne pas le lâcher des yeux. Il faut pivoter tout le haut du corps, envoyer les épaules vers la sortie. Non seulement cela permet à la tête de bien tourner, mais surtout, cela entraîne les bras et aide à la rotation du guidon. Et pour cela, encore une fois, il faut détendre les épaules.
Dans tous les cas, ne pas regarder le bord de la piste, ne pas jeter un oeil sur l'obstacle, à aucun moment : ce serait le meilleur moyen d’aller droit dessus.
Position :
Il va falloir pousser sur le guidon intérieur pour faire s’incliner la moto et lui faire engager le demi-tour, avant de tourner le guidon pour tourner serré.
Se déhancher vers l’extérieur, avec le corps droit, tendre le bras intérieur en poussant sur le guidon, appuyer sur le pied intérieur.
En sortie de demi-tour :
Regard : il faut continuer à tourner un peu après avoir fait demi-tour, toujours sans lâcher des yeux la sortie.
Allure : Ne pas réaccélérer trop tôt. Repartir dès que la roue avant est alignée vers la sortie, mais sans accélérer de suite. Accélérer trop tôt vous ferait “élargir”.
Quand la roue avant est orientée vers la sortie, relâcher l’embrayage complètement, ce qui remettra la moto droite et la roue arrière dans l’axe.
Attention à ne pas vouloir redresser la moto vous-même ! C’est un défaut très répandu, qui vous fait élargir tout à la fin de votre sortie. C’est la reprise de vitesse qui redressera toute seule votre moto, pas besoin de l’aider en redressant le guidon.
Gardez le guidon tourné jusqu’à la toute fin du demi-tour, il se redressera de lui-même lors de l’accélération.
Cet exercice permet aussi de travailler le regard, la capacité à dissocier le regard de l'axe de la moto.
Au départ, l'élève regarde droit devant lui, ou presque. Le cercle sera donc très large car l'élève ne tourne pas ou peu son guidon.
Il faut l'amener à peu à peu regarder en avance sur sa trajectoire, là où il veut aller, c'est-à-dire derrière lui, par dessus son épaule.
Ne jamais regarder le sol, mais à hauteur d'homme. Ne pas regarder dans le vague, mais un point précis, un repère visuel ou l'horizon tout simplement.
Il fait aussi bosser la position, les appuis.
Au début, l'élève se tient droit et raide, comme s'il avait avalé un balai et s'était mis un manche de brosse dans le derrière...
Premier point, on commence par les fondamentaux de la position : le bas du corps serré sur la moto, le haut du corps détendu.
Bas du corps : pieds bien en appui sur les repose-pieds, sur la partie la plus large du pied (juste derrière les orteils), pointes de pieds rentrées, les genoux serrés autour du réservoir.
Haut du corps : épaules et coudes détendus, on expire longuement en poussant les coudes et épaules vers le bas.
A l'arrêt, moto en appui sur la béquille latérale, guidon tourné en butée, essayer la position : les genoux toujours serrés, une fesse sortie de la selle vers l'extérieur, tout le poids sur le pied extérieur, les épaules pivotent, entraînant tout le torse, le coude intérieur vient contre la hanche, le coude extérieur se plie vers l'avant et vers le haut, les épaules sorties vers l'extérieur, comme si on voulait enfoncer une porte vers l'avant et sur le côté.
Parenthèse : très souvent, l'élève a du mal à garder les genoux serrés, il essaie spontanément de retrouver son équilibre en bougeant les genoux. C'est inutile, mais instinctif.
Dans ce cas, je le fais travailler en levant les fesses de la selle, sans tendre les jambes, les genoux toujours en contact avec le réservoir, le poids en appui sur les genoux et les pieds, surtout pas sur le guidon.
Il ressent ainsi beaucoup mieux les appuis sur les pieds et leur rôle dans le maintien à l'équilibre de la moto.
A travailler d'abord en ligne droite, puis en cercle. Attention à la position des pieds, toujours la vérifier et la re-contrôler à longueur d'exercice.
Parenthèse fermée.
Le but de cette position est à la fois de regarder le plus loin possible derrière soi et de porter le poids du corps sur le pied extérieur pour pouvoir incliner la moto sans perdre l'équilibre.
A pratiquer progressivement, en sortant de plus en plus le corps, dans les deux sens.
La position n'est pas gracieuse, elle est exagérée, mais c'est fait exprès, pour que l'élève s'habitue à sentir la moto s'incliner sous lui.
C'est là qu'intervient la possibilité de sortir la jambe intérieure vers l'avant.
Deux utilités : cela sécurise car le pied est prêt à redresser la moto en cas de perte d'équilibre ; et cela le force à mettre tout son poids sur l'autre pied, donc sur le repose-pied extérieur.
Cela permet en plus de pouvoir aller jusqu'à sortir les deux fesses sur l'extérieur, afin d'incliner la moto au maximum vers l'intérieur.
Quand le demi-tour est bien compris, on peut passer au cercle.
Et une fois que le cercle est bien assimilé, dans les deux sens, on passe à l'enchaînement de deux cercles en sens opposé, donc le huit.
Deux plots espacés de 6 mètres, il s'agit de virer autour de chaque plot le plus serré possible, donc en butée de direction, les yeux sur le plot opposé.
A la sortie du demi-tour, l'élève doit sentir la moto "tomber" sous lui : il ne doit pas refuser cette inclinaison qui permet justement de tourner serré, mais la compenser par le contrepoids du corps et une reprise d'allure en relâchant légèrement l'embrayage et le frein arrière. La moto se redresse alors et va chercher le demi-tour en sens inverse.
A chaque entrée de demi-tour, un bon appui sur le frein arrière pour se ralentir fortement et aider à tourner le guidon en butée.
On se retourne, on vire et hop ! on se relance...
Après ça, même principe, même parcours, mais avec des plots : une porte centrale pour croiser le huit et de chaque côté, trois portes (entrée, milieu et sortie de demi-tour), afin d'habituer l'élève à regarder une porte et demi à l'avance.
Commencer avec une distance de 12 m entre les deux portes de milieu de demi-tour (les plus éloignées, soit la distance entre les deux plots de la porte du milieu du slalom à allure normale), puis réduire à 10 m , puis 8 m.
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