Tiens ça m'en rappelle une bien bonne, sur la route du retour depuis la Chub's...
C'était vers Nevers ou Cosne-sur-Loire, la N7 se transforme en autoroute... arrivé au début de l'autoroute, un panneau m'indique : "prochaine station 54 km". Je regarde ma jauge à essence, je vois que j'ai assez d'essence pour l'atteindre.
Les km défilent, toujours pas de station-service. Je suis alors en réserve, les km défilent toujours... 40 bornes sur la réserve, et les sorties d'autoroutes se succèdent... à chaque fois, je suis tenté de sortir pour trouver une station dans un bled du coin, mais outre le fait que je ne sais pas si le bled du coin compte une station, il pleut fort et j'ai pas envie de partir à l'exploration sous ce déluge.
Arrivé à un moment je vois enfin une station sur le bas-côté, je prends la sortie suivante et à tâton je trouve la station.
C'était une vieille station "Avia", on se serait cru dans les années 50... la vieille station qui fait en même temps hôtel sur le bord de la nationale... Visiblement la nationale avait été phagocytée par l'autoroute, plus personne ne passait par là à part des tracteurs qui ont défoncé le bitume.
Donc la station Avia est limité abandonnée, elle fait artisanale. Le gérant, qui aurait pu sortir du trou du cul du Texas, vient lui-même me faire le plein. Je vais payer (il a tout de même un lecteur de CB !) et je discute avec lui. Je lui dis que je viens d'Albi, que la pluie me poursuit et que j'en ai ras-le-bol. Il me répond "bah, vous êtes jeunes, beau et vigoureux, encore 2 heures jusqu'à Paris vous allez tenir !"
Ouaip, quand j'ai entendu le gars me dire ça, j'ai eu peur qu'il m'ait foutu du sucre dans le réservoir pour m'obliger à passer la nuit dans son hôtel lugubre
Mais finalement non, c'était bien du SP95 et j'étais soulagé de partir... bah, il était juste accueillant, un peu bizarre mais c'est ce qui fait le charme du voyage !
Sur ce, dodo.