Ça fait maintenant deux grosses semaines et presque 2500km avec la C-Max. Voici l’heure du premier bilan.
Préambule :
Pour rappel, il s’agit d’un véhicule de 2011, totalisant 208000Km à l’achat, acquis pour 3250€. Les précédents propriétaires n’étaient pas particulièrement soigneux, ce qui peut expliquer l’usure prématurée et la casse de certains éléments (coutures des sièges et plastiques, mais j’y reviendrai) et m'a obligé à un nettoyage intégral et en profondeur sitôt le bestiaux acquis. Heureusement, ceux-ci en suivaient précisément l’entretien, aidé par un frère/beau-frère mécanicien.
Il s'agit d'une finition haute, relativement bien équipée, avec entre-autres (liste non exhaustive) :
-sièges cuir, chauffant à réglage conducteur électrique.
-GPS/autoradio 6 HP avec bluetooth, MP3 et aux.
-pare-brise athermique et dégivrant.
-clim auto bizone avec buses arrière.
-phares et essuie-glace automatiques.
-régulateur/limiteur de vitesse.
-ordinateur de bord.
-rétroviseurs dégivrants à rabattage électrique et intérieur électrochromatique.
-toit vitré teinté athermique avec toile motorisée.
-levier de vitesse et volant cuir avec commandes au volant.
A/ Habitabilité, praticité
L’habitabilité est vraiment correcte question places assises, même pour la dernière rangée qui, grâce aux sièges coulissants en second rang, bénéficie d’un compromis acceptable pour des ados (ou de petits adultes). Mention spéciale au siège du milieu de la seconde rangée repliable dans l’assise du siège latéral, permettant de créer une sensation d’espace et de faciliter la montée en troisième rangée, puisqu’il est ainsi possible de passer entre les sièges de second rang sans les rabattre (exercice à réserver aux enfants). De toute façon, alors que les autres sièges du second rang sont larges, ce siège central s’avère étroit : autant le ranger, ou le réserver à de jeunes enfants et des besoins ponctuels. Les portes coulissantes sont aussi très pratiques avec la marmaille : large ouverture, pas de risque de cogner les voisins de parking.
Cependant, question coffre, c’est beaucoup plus mitigé. Si en configuration 5 places cela reste acceptable, la hauteur de chargement n’est toutefois pas folichonne. Par contre, en 7 places, le coffre devient absolument ridicule ! Caser les bagages de toute une famille dans une grande boîte à gants (moins de 100L annoncés, et je constate de plus une forme triangulaire) est mission impossible.
Côté pratique, parlons-en de la boîte à gants : alors qu’elle est rafraîchie sur des modèles parfois plus anciens (exemple : Focus 2), ici rien de tout ça, malgré la configuration plutôt haut de gamme. C’est vraiment dommage, surtout dans un cadre familial, car son volume est plutôt appréciable. Ce qui est gênant dans l’affaire, c’est qu’elle ne soit pas secondée par plus de rangements : nous avons les bacs de portière avant (mais rien derrière), le bac sous accoudoir avant, des petits (très petits) bacs aux pieds des sièges arrière (et difficiles d’accès en roulant) et rien de plus. Comme annoncé, pas de bac de porte à l’arrière. Rien sur le dessus de la planche de bord côté passager ou au centre (alors que d’autres modèles offrent une double boîte à gants). Pas de tiroir sous les sièges. A peine est-on gratifié de 6 porte-gobelets (2 par rangée) et de ridicules vide-poches le long des garnitures de sièges avant, dont je ne saisis pas très bien l’usage. Hormis un porte-lunettes, non plus de rangements au plafond, pourtant le toit vitré laisse un peu de place à l’arrière et sur les côtés.
B/ Confort
Du toit vitré panoramique, parlons-en ! Grand mais pas immense, celui-ci s’étend du dessus des têtes des passagers avant à celles des passagers de second rang. En largeur, cela laisse également de grands espaces de ciel de toit sur les côtés. Le tout asservi par une toile motorisée pour le masquer. Sans aller jusqu’à l’effet « waouh » de certaines concurrentes, cela offre un surplus de lumière bienvenu et plaît aux enfants à l’arrière. Et surtout, contrairement à d’autres véhicules testés, cela ne pénalise pas les grands avec un bourrelet de ciel de toit disgracieux et encombrant autour dudit toit panoramique. Pour conclure, celui-ci est teinté et athermique, pour éviter de devenir désagréable par journée ensoleillée. Bref, pas mal.
L'habitacle dispose de petits "trucs" familiaux que nos chères têtes blondes apprécieront : rideau pare-soleil bien larges intégrés aux portes, tablettes aviation avec porte gobelet et creux pour les stylos, large poches aumonières au dos des sièges avant, bouches d'aération aux places arrière, prises allume cigare aux rangs 2 et 3, etc... C'est bien pour les familles.
Un élément est toutefois à déplorer : la clim me semble un peu faible pour refroidir correctement l'engin. Est-ce dû à la surface vitrée conséquente qui chauffe au soleil ? Au volume important de l'habitacle ? A une électronique mal programmée, alors que les commandes en sont au demeurant très simples ? Ou simplement à un compresseur trop faible ? Je ne saurai dire, mais c'est parfois un peu léger.
Les sièges, ici en cuir beige du plus bel effet, ont une assise ferme mais pas trop et un maintien latéral qui n’a rien de sportif mais reste suffisant en usage familial. Un soutien lombaire réglable est présent, mais situé un peu trop haut à mon goût. L’assise est suffisamment longue pour mes grandes pattes, mais pas trop pour celles plus courtes des enfants : c’est bien dosé. Comme annoncé précédemment, les sièges arrière sont coulissant, ce qui participe au confort global puisque chacun se verra attribuer de l’espace selon le nombre et la taille des passagers. Qui plus est, les sièges arrière voient leurs dossiers réglables en inclinaison, apportant une touche complémentaire de confort et la possibilité d’inviter les enfants au sommeil lors des longs trajets, pour la plus grande joie des parents. Enfin, les sièges avant sont chauffants tout comme le pare-brise, ce qui sera appréciable par temps froid. Pour conclure le chapitre des assises, il est toutefois à déplorer des appui-têtes dont la profondeur n’est pas réglable, alors qu’ils sont positionnés trop en avant pour mon goût. Point complémentaire sur l'accoudoir central avant : celui-ci n'est pas réglable en hauteur, est constitué d'un plastique du plus vil effet, qui n'est pas moussé donc trop dur.
Une fois sur route, l’habitacle bénéficie d’une quiétude bienvenue, qui sera aisément masquée par les cris de la marmaille en seconde et troisième rangées. Le moteur voit sa sonorité bien étouffée, de même que ses vibrations qui sont presque totalement absentes, même à allures autoroutières et 3800trs/min ! A 130Km/h, de ponctuels bruits aérodynamiques apparaissent à l’occasion autour des rétroviseurs, mais restent insuffisants pour s’avérer gênants. Quant aux bruits de roulement, ils sont dans la norme de la catégorie, certes peu aidés par la monte pneumatique chinoise bas de gamme installée par les précédents propriétaires.
C/ Ergonomie et finition
En se glissant derrière le volant, la position de conduite est facile à trouver, avec une bonne amplitude de réglages. Le tout est servi par un siège conducteur électrique, qui malheureusement ne mémorise pas les réglages individuels, ce qui en limite l’intérêt. Je déplore toutefois la position trop assise à mon goût, un peu « typée camionnette » mais normale pour un monospace familial. Certains apprécieront, moi moins. De même, le levier de vitesse me semble implanté trop en avant et trop haut, obligeant à lever le coude de l'accoudoir pour le manipuler. Heureusement, la commande boîte est là encore douce, n'accrochant pas et correctement guidée. Enfin, la colonne de direction est peu envahissante, évitant aux genoux de mes grandes pattes de se cogner sans cesse. J’en dirais moins sur la console centrale, que mon genou goûte peu, mais j’y reviendrai au chapitre des finitions.
La visibilité périphérique est bonne au vu du gabarit de l’engin, aidée par un radar de stationnement arrière et avant (6 capteurs de ce côté) et d’un affichage sur l’autoradio.
Une fois installé, les compteurs sont lisibles, protégés du soleil grâce à leurs puits… Qui masquent parfois le haut des indications pour les grands. Rien de dramatique, mais un brin agaçant.
L’ordinateur de bord n’a pas un très grand affichage, mais reste lisible. Il est malheureusement desservi par une architecture en menus et sous-menus qui compliquent inutilement son usage. Certes, cela évite de trop devoir défiler, mais nécessite de valider un menu pour voir les infos de consommation/autonomie/compteur journalier, valider un autre menu pour les alertes ceinture et de conduite (ampoule HS, gonflage des pneus), etc… Enfin, son calcul de moyenne ne me semble pas excessivement optimiste, avec 0,15L/100Km de moins que ce que j'ai calculé.
Les commandes sont globalement logiques et faciles à appréhender… Mais mon dieu, pourquoi autant de boutons ! Certes, il s’agit d’un véhicule familial, mais il n’était nullement nécessaire que les ingénieurs en profitent pour s’inspirer du visage d’un adolescent en pleine puberté. Rien que sur le volant, je ne compte pas moins de 18 boutons ! Quant à l’autoradio… L’effroi m’interdit d’en dénombrer la quantité exacte.
L’autoradio justement. Il capte bien la bande FM (mieux que ma précédente Sandero 2), le rendu sur 6 hauts parleurs est correct bien qu’un trop basseux à mon goût (inspiration Beats), le bluetooth est présent avec des micros efficaces et aidés par la quiétude de l’habitacle… Mais quelle idée d’avoir positionné l’affichage si loin du conducteur et du passager. Celui-ci se trouve au fin fond de la planche de bord, derrière un à-plat invitant à entasser tout le fourbi qui ne trouve place dans les maigres rangements. C’est loin, ça n’aide pas les myopes dont je suis et met en avant la faible taille de l’écran. La présence d’une casquette ne suffit pas toujours à le rendre lisible en plein soleil. Pourquoi ne pas l’avoir placé juste au-dessus des commandes, libérant ainsi de l’espace pour une éventuelle boîte de rangements bien manquante ? Sans compter tous les boutons évoqués (brrr…). Je ne comprends tout bonnement pas la logique d’un tel choix.
D'autres choix ergonomiques s'avèrent tout aussi douteux. Citons pêle-mêle le système de démarrage keyless qui ne permet pas le démarrage keyless, obligeant quand même à sortir la clef pour déverrouiller le véhicule, l'absence de programmation du siège électrique déjà cité, un système de reconnaissance vocale qui ne reconnaît pas grand chose (c'est ballot vu son nom), l'impossibilité de désactiver le système électrochromatique du rétroviseur, etc... Heureusement, ce n'est pas généralisé et ne touche que quelques éléments disparates.
Venons-en à la finition. Ici, le pire côtoie le meilleur. Nous avons un dessus de planche de bord moussé même sur les parties inaccessibles, de même que le haut des portières ce qui est bien agréable en conduite coude à la portière (votre serviteur aurait apprécié un moussage plus garni, mais c'est chipoter)… Mais un bas de console centrale n’offrant à mon pauvre genou s’y appuyant (nous y voilà, je vous l’avais dit) que dureté et absence de confort. Entre les deux, nous avons un laquage imitation alu de la plus basse qualité (qui pèle d’ailleurs), avec quelques plastiques mats corrects autour de l’autoradio.
Les commandes sont douces, les accastillages corrects (bon ébavurage), les ajustements corrects… Mais la construction est parfois un peu légère, avec quelques bruits de mobilier (certes le véhicule à 15 ans et 210000Km) et plastiques cassants sur certains accessoires. Sans compter les coutures des sièges assez fragiles (certaines commencent à lâcher). On trouve aussi des habillages parfois douteux, comme par exemple le tissu ouaté sous la planche de bord, derrière la boîte à gants, pour masquer la boîte à fusibles. L'habillage en question voit ses clips de maintien s'être cassés avec les années, et ladite boîte à fusibles est d'ailleurs totalement inaccessible. Il s’agit là d’un exemple parmi d’autres parmi certains choix ergonomiques douteux.
Heureusement, malgré ces quelques défauts, tout reste fonctionnel.
Je fermerai le chapitre des finitions avec l'extérieur : les panneaux de carrosserie sont bien ajustés, tout reste en place malgré l'âge du véhicule. La peinture et son vernis ont vraiment bien résisté, avec peu de ternissage et d'éclats, preuve de leur qualité. Seules les optiques avant ont un peu terni.
D/ Conduite et avis sur route
Le véhicule acquis est équipé du moteur 1.6 ti-VCT, gonflé dans cette configuration à 125ch et 159Nm. Pour rappel, il s’agit d’un moteur essence atmosphérique.
Premier constat : malgré mes craintes, cela s’avère suffisant, même chargé. Attention, ce n’est pas un foudre de guerre, mais cela fait le job. L’allonge est suffisante pour maintenir son allure, chargé en côtes, ou accélérer en douceur sans forcément rétrograder. Les dépassements s’envisagent sans difficulté, mais en anticipant toutefois un peu et en tombant un ou deux rapports. Avec 3800trs/min à 130Km/h compteur (et 4000 à 130Km/h GPS), la boite 5 semble un peu sous-dimensionnée : un 6é rapport aurait permis un régime moteur moindre aux allures autoroutières, tout en bénéficiant de 5 premiers rapports plus courts pour le dynamisme. Qu’à cela ne tienne, encore une fois le job est réalisé.
A l’usage, ce « moulin » dispose de deux qualités toutes familiales. Premièrement, une bonne souplesse à bas régime, avec des reprises dès 1300 tours/min. C’est surprenant, cela donne parfois la sensation de conduire un diesel ou un moteur de 2L de cylindrée, et surtout ça permet une conduite familiale toute en souplesse. En second lieu, une grande linéarité dans son comportement. Ça monte progressivement, sans creux, jusqu’à plus de 6000 tours/minutes, sans jamais s’essouffler ni donner de coup de pied au cul. Alors avec un tel comportement, ce n’est certes pas amusant et cela ne donne pas envie d’une conduite dynamique… Mais c’est doux et reposant, ce qui est parfaitement adapté puisqu’on parle ici d’une bétaillère apte à emmener une petite famille, pas d’un coupé sportif.
Côté comportement routier, là encore c’est parfaitement calibré pour un usage familial : souple mais pas trop, les suspensions absorbent correctement les irrégularités tout en évitant l’effet de pompage sur bosses. Le roulis en courbes rapides s'avère maîtrisé, malgré la hauteur de grange normande de l'ensemble (pourquoi normande ?). Le véhicule est prévenant, pas piégeux, annonçant les limites qui sont relativement éloignées et permissives. Le freinage est suffisant, bien que manquant un peu de mordant… Ce qui contribue à la douceur de l’ensemble me direz-vous. La direction est souple, douce, manquant un poil de consistance mais n’isolant pas totalement de la route (comme Renault par exemple). Les ingénieurs ayant effectué la mise au point ont visé juste pour le public cible, avec un calibrage adapté.
L'éclairage de nuit est plutôt bon, avec un allumage automatique réactif.
Reste les consommations… Pour rappel, nous sommes sur une bétaillère au Cx d’armoire normande sur roulettes, lourde comme deux bonnes vaches laitières (pour rester dans l’analogie normande) avec ses 1500kg imposés par ses portes coulissantes et le toit vitré, haute comme un viking et large comme deux (vikings, toujours la Normandie). Le tout animé par un vaillant 1.6 atmosphérique peu coupleux. Partant de là, il ne fallait pas s’attendre à grand-chose. Et contrairement à Dewey, je ne suis pas quand même déçu. Ni même impressionné d’ailleurs. Le constat est simple :
A allures routières, la consommation est raisonnable au vu du gabarit. Cela varie entre 6.2L/100Km et 7.2L/100, selon si nous sommes à 80, 90 ou 110Km/h et en fonction de la charge.
Lorsque l’on hausse l’allure pour atteindre une vitesse de croisière sur autoroute, cela monte forcément. Sur un trajet avec un adulte, deux ados/préados et leurs bagages, régulateur calé à 130Km/h compteur (124Km/h GPS) sauf sur les portions ne le permettant pas, j’ai réalisé le score de 7.5L/100 sur 850Km. Face à une charge plus importante (deux adultes de bon gabarit, deux ados/préados, un enfant et fort logiquement plus de bagages) et une allure un peu plus soutenue de 135Km/h compteur (129Km/h GPS), le 1.6 ti-VCT fait ce qu’il peut, mais son faible couple et sa boite 5 assez courte ne peuvent lutter bien longtemps : un premier trajet de 400Km est monté à 8.4L/100Km, un second de 450Km est descendu à 7.7L/100Km (aidé par des portions à 110Km/h).
Enfin, en ville avec des bouchons et 5 personnes à bord, c’est la catastrophe : de 10 à 13L/100Km ! Les mensurations normandes vous dis-je.
E/ Conclusion
Cet essai long cours peut sembler un peu dur (finition, ergonomie), voire peu engageant (manque de dynamisme)… Mais il faut considérer l’ensemble selon la destination de l’engin : déplacer toute une petite famille d’un point A à un point B, avec suffisamment de confort et sans punir le conducteur. Et à ce titre, la Ford C-Max 1.6 ti-VCT remplit parfaitement son objectif : une bétaillère apte à tout faire.
La seule ombre au tableau reste le coût d’usage au vu des tarifs actuels du carburant. Certains diraient qu’un diesel serait plus rentable… Mais le moteur reste adapté à un usage quotidien, sans les risques d’encrassements issus des petits trajets réguliers que votre serviteur réalise.
F/ Le mot de la fin pour Madame
Les dames ayant toujours le dernier mot, je laisse la parole à ma compagne, qui a eu l’occasion de tester l’engin sur autoroute et en ville :
je ne suis pas une experte en voiture, les différenciant simplement par leur couleur, et connaissant juste où est situé le trou pour mettre l'essence, celui pour le liquide lave-glace et le liquide de refroidissement... et c'est à peu près tout
je n'ai pas non plus de grandes exigences niveau confort, l'essentiel à mes yeux étant qu'une voiture m'emmène d'un point A à un point B.
Je suis donc tout à fait satisfaite de la Ford Cmax, surtout pour le côté pratique de pouvoir emmener en vacances une famille recomposée avec 4 enfants !
Et petite madeleine de Proust, elle me rappelle la Ford Galaxy que mon père avait lorsque j'étais ado, on en a fait des km avec ! Avec quelques mésaventures en prime, mais ceci est une autre histoire
J'ai hâte de vivre plein d'aventures avec la Ford Cmax