Durack a écrit :
PREUVES DE L'EXISTENCE DE JESUS
Je laisse l'excellent site répondre de lui méme ( http://enigmej.free.fr/textes%20non%20chretiens.htm ) :
Thallus
Historien païen dont les écrits qui datent de 52 sont perdus ; seuls quelques fragments cités par d'autres auteurs nous sont parvenus. Ainsi, Jules l'Africain, auteur chrétien des années 220 cite Thallus, à propos de l'obscurité qui a eu lieu lors de la crucifixion de Jésus : "Thallus, au troisième livre de son Histoire explique cette obscurité par une éclipse, ce qui me parait inacceptable!".
Il s'agit ici d'une preuve "indirecte" de l'existence de Jésus : le fait que cet auteur parle de "l'éclipse" qui a eu lieu lors de la crucifixion de Jésus, implique qu'il considère comme acquis l'existence de Jésus. Non ! : Le passage rapporté par Jules l'africain est le suivant :
<< Thallus appelle cette obscurité une éclipse de soleil dans le troisième livre de ses Histoires, cela sans raison apparente. Car comment peut-on croire à une éclipse de soleil lorsque la lune est située à l'opposé de celui-ci.>>
Ainsi Jules l'Africain semble se moquer de la confusion que Thallus fait entre une éclipse et cette obscurité exceptionnelle qui ne peut être que d'origine divine.
Car il ne faut pas oublier que si cette "incroyable" obscurité s'était réellement produite comme relatée dans les évangiles celle-ci n'aurait pas manqué d'attirer l'attention des historiens réputés de l'époque qui tel Sénèque ou Pline notait scrupuleusement tout événement naturel un temps soit peu remarquable.
Josèphe (37 - 97)
Prêtre, pharisien, il était chef militaire Juif pendant la guerre contre Rome. Il s'est rendu au général romain Vespasien, pendant le siège de Jotapa, alors que beaucoup de ses compagnons se sont suicidés plutôt que de se rendre. Sa collaboration avec les romains l'a fait haïr par ses compatriotes juifs. Historien juif, il a écrit "Guerre des juifs" (75-79), et "Antiquités Juives" (93). "...Jésus, qui était un homme sage, si toutefois on doit le considérer comme un homme, tant ses uvres étaient admirables... Des chefs de notre nation l'ayant accusé devant Pilate, celui-ci le fit crucifier... Il leur apparut vivant et ressuscité le troisième jour..." (Antiquités 18.3.3) "Anan le jeune, qui avait reçu le grand-pontificat, ... réunit un sanhédrin, traduisit devant lui Jacques, frère de Jésus appelé le Christ, et certains autres, en les accusant d'avoir transgressé la loi, et les fit lapider." (Antiquités 20.8.1) Remarque : Des critiques (qui ne remettaient cependant pas en cause que Josèphe ait parlé de Jésus) ont été émises quant à l'historicité totale du passage de Antiquités 18.3.3. A ce jour, l'authenticité globale de ce passage n'est plus mise en doute, même s'il contient peut-être quelques interpolations ("si on doit le considérer comme un homme", "il leur apparut vivant et ressuscité le troisième jour" ). Non : Si Jésus a existé et vécu les événements décrits dans les Evangiles il est incompréhensible qu'un des plus grands historiens de l'Antiquité ne lui accorde guère plus qu'une dizaine de lignes perdues dans son uvre par ailleurs gigantesque. Les innombrables miracles accomplis par Jésus ainsi que tous les événements surnaturels qui accompagnent son ministère jusqu'à sa mort et sa résurrection devant plusieurs témoins devaient nécessairement être connus de Josèphe qui aurait dû de ce fait y consacrer plus de quelques lignes.
L'hypothèse rationaliste minimale d'un Jésus très peu connu et plus discret peut bien sur expliquer le peu de place que lui consacre Flavius Josèphe mais comme on a déjà eu l'occsaion de le préciser cette hypothèse est presque indiscernable dans ce contexte de l'hypothèse du mythe sans en posséder par ailleurs toute la cohérence.
Manuscrit Syriaque n° 14658 du British Muséum (date de 73 environ)
Lettre envoyée par un Syrien nommé Mara Bar-Serapion, à son fils Serapion. Alors qu'il est en prison, il encourage son fils à poursuivre la sagesse, soulignant que ceux qui ont persécuté les sages ont eu des problèmes. Il prend comme exemple les morts de Socrates, Pythagore et Christ. A propos de Christ il dit : "... quel avantage les Juifs ont-ils gagné à exécuter leur roi sage ? Leur royaume fut anéanti peu après..." Non:Cette lettre appelle les commentaires suivants:
- Jésus n'est pas explicitement nommé dans le texte.
- Le "Roi sage" peut très bien se référer à un roi juif ayant vécu à la même époque que Pythagore ou Socrate (6ème ou 5ème siècle avant J.C.)
- Le sort réservé aux Juifs fait penser à la déportation qui a suivi la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor (exil et dispersion des juifs).Un roi Juif du nom d'Amon fût effectivement assassiné environ cinquante ans avant cet événement. - Pythagore n'a pas été brulé par les siens mais est parti vivre à Crotone en Italie du Sud.
- Aucune famine ni peste recensée n'est venue s'abattre sur Athènes après la mort de Socrates.
En conclusion il semble que cette lettre au contenu si peu historique (en ce qui concerne notamment les personnages de Socrates et Pythagore ) ne nous apporte aucun renseignement concernant ce roi des juifs qui pourrait être Jésus ?
Le document serait légèrement postérieur à 73 après J.C. d'après certains spécialistes (F.F.Bruce : "The New testament Documents" ) soit près de quarante ans au minimum après les événements qui nous préoccupent. Le caractère trop vague du texte ainsi que sa date de rédaction un peu tardive contribuent à ne pas retenir ce document comme une preuve sérieuse de l'historicité de Jésus.
Suétone (69 - 125)
Archiviste à la cour de l'empereur Hadrien. Disgracié en 122, il se consacra à des ouvrages historiques. "Comme les juifs ne cessaient de troubler la cité sur l'instigation d'un certain Christus, il (Claude) les chassa de Rome" (Vie de Claude, XXV.11) "Il livra aux supplices les Chrétiens, race adonnée à une superstition nouvelle et coupable" (Vie de Néron, XVI.3). Ce passage n'est pas une preuve directe de l'existence de Christ ; mais il prouve qu'au temps de Néron, c'est à dire une trentaine d'années après la mort de Christ, il y avait des personnes qui se réclamaient de Christ : difficile de croire alors que Christ n'ai pas réellement existé ! Le nom de Chrestus serait une référence au Christ (le nom est déformé car le vrai nom devrait être Christus). En fait ce nom peut très bien désigner une autre personne directement responsable des agitations dans Rome, le nom de Chrestus semblant être assez courant à l'époque. Il est peu vraisemblable en effet que l'auteur ait voulu affirmer que Jésus Christ était présent à Rome en 44 (époque où Claude expulsa les juifs de Rome).S'il s'agit malgré tout d'une référence indirecte au Christ celle-ci ne nous apporte aucun éclaircissement quant à l'existence effective d'une personne historique qui aurait fondé le mouvement. En aucun cas ce document comme le précédent ne constitue une confirmation indépendante de l'existence de Jésus. Suétone peut très bien en effet se contenter de citer le nom du responsable du mouvement tel que celui-ci est rapporté par les premiers chrétiens. Il ne faut pas oublier en effet que l'auteur écrit au début du deuxième siècle c'est à dire à un moment où l'influence des premiers chrétiens commence à prendre de l'importance.
Cornélius Tacite (55 - 118)
Il est considéré comme le plus grand historien de la Rome impériale. Il décrit l'incendie de Rome en 64, et explique que les chrétiens sont devenus les boucs émissaires de Néron qui les accuse d'avoir provoqué le feu ; vers 116 il écrit : "le nom de chrétien leur vient du nom de Christ, qui fut condamné sous le règne de Tibère, par le procureur Ponce Pilate, ..." (Annales, 15.44) Non:Ce texte écrit vers 117 après J.C. est pourtant bien tardif pour constituer une preuve indépendante de tout témoignage chrétien. En effet vers cette époque comme on l'a déjà remarqué circule "l'histoire du fondateur du christianisme" qui n'a pas manqué d'arriver jusqu'aux oreilles de Tacite. Pour pouvoir affirmer que Tacite écrit à partir d'une source indépendante il faudrait par exemple montrer qu'il avait accès aux archives impériales ce qui donnerait à son témoignage un caractère vraiment incontestable. Cependant ceci demeure douteux car le titre donné à Pilate (procurateur) n'est pas exact (Pilate n'était que préfet) et qui plus est il semble peu probable que Christus ait pu être le nom de Jésus enregistré dans les archives officielles si tant est qu'un tel événement ait pu être enregistré: Il est peu vraisemblable que toutes les exécutions de messie ou de prophètes juifs de l'époque se déroulant dans une lointaine province romaine aient pu être consciencieusement enregistrées dans des archives officielles. Certains spécialistes s'interrogent par ailleurs sur l'authenticité de ce texte qui n'est pas cité par les pères de l'église : ni Origen, ni Tertullien qui connaît bien Tacite ni Clément d'Alexandrie si prompt à utiliser tout l'arsenal des "preuves" pour convaincre les païens ne font référence à ce texte qui est "retrouvé" en 1468.Eusèbe de Césarée qui a lui aussi "compilé" toutes les sources documentaires sur Jésus ne parle pas de ce passage de Tacite.
Pour toutes ces raisons , le texte de Tacite ne constitue pas à proprement parlé une preuve indiscutable de l'historicité de jésus.
Pline le Jeune (61 - 114)
Ecrivain latin. Il était gouverneur de la Bithynie (au nord-ouest de la Turquie) en 112. Dans une lettre adressée à l'empereur Trajan il lui demande conseil sur la façon de traiter les chrétiens : "Ceux qui niaient être chrétiens ou l'avoir été, s'ils invoquaient des dieux selon la formule que je leur dictais et sacrifiaient par l'encens et le vin devant ton image que j'avais fait apporter à cette intention avec les statues des divinités, si en outre ils blasphémaient le Christ - toutes choses qu'il est, dit-on, impossible d'obtenir de ceux qui sont vraiment chrétiens -, j'ai pensé qu'il fallait les relâcher... [Ceux qui disaient qu'ils étaient chrétiens] affirmaient que toute leur faute, ou leur erreur, s'était bornée à avoir l'habitude de se réunir à jour fixe, avant le lever du soleil, de chanter entre eux alternativement un hymne au Christ comme à un dieu, ..." (Lettres et Panégyrique de Trajan : X/96/5-7) Ce texte n'affirme pas l'existence de Jésus Christ, mais la confirme de façon indirecte : il prouve en effet qu'au début du IIème, des hommes et des femmes croyaient fermement à son existence. Pline le Jeune qui fut gouverneur de Bythinie a écrit une lettre à l'empereur Trajan vers 106 après J.C. dans laquelle il parle des chrétiens et de leur vénération du Christ. Il mentionne que les chrétiens se réunissent à la tombée de la nuit pour prier et qu'ils sont inoffensifs. Néanmoins il demande à l'empereur quelle attitude il doit prendre envers ce nouveau groupe religieux.
Tout ce que cette lettre nous apprend c'est qu'il existait effectivement des hommes se réclamant de la croyance dans le Christ comme Dieu. Aucun rapprochement n'est mentionné entre ce "Christ" et Jésus condamné à mort par un procurateur romain. En conséquence de quoi on comprend mal que ce document soit si souvent cité comme "preuve" non chrétienne de l'existence de Jésus. Beaucoup de spécialistes considèrent que Pline ne détenait que des informations de seconde main sur les chrétiens et leur croyance.
Lucien de Samosate (125 - 192) Ecrivain grec satirique. Il parle de Christ comme : "Celui qui est honoré en Palestine, où il fut mis en croix pour avoir introduit ce nouveau culte parmi les hommes... Le premier législateur [des chrétiens] les a encore persuadés qu'ils sont tous frères. Dès qu'ils ont une fois changé de culte, ils renoncent aux dieux des Grecs, et adorent le sophiste crucifié dont ils suivent les lois." (Mort de Pérégrinus, paragraphe 11-13)
Ce "témoignage" on l'aura compris n'en est pas vraiment un l'auteur étant un contemporain de Justin et des pères apologétiques. Il confirme simplement qu'au 2ème siècle la tradition d'un Jésus Christ crucifié en Palestine était déjà répandue un peu partout (ce que nous savions déjà par ailleurs) et qu'il existait des chrétiens dans de nombreuses régions.
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