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La crise actuelle sera...




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Auteur Sujet :

[ECO] Can it run Crises ?

n°27050783
lfcclb
Posté le 08-07-2011 à 09:32:31  profilanswer
 

Reprise du message précédent :

moonboots a écrit :

par exemple payer des profs ce n'est pas de l'investissement, ou si techniquement le terme "investissement" t'ennuie ça ne rapporte pas plus que ça n'a coûté ? ouch faudrait tout revoir


typiquement payer les profs ça ne doit pas être financé par la dette... c'est une dépense de fonctionnement d'autant plus récurrente qu'une fois embauchés on les paye pendant les 40 ans suivants.
Si on juge les moyens de l'éducation nationale insuffisants pour atteindre les objectifs de formation de la population, il faut augmenter les recettes pas emprunter sur les marchés [/impression de monnaie par la BdF proof]

mood
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Posté le 08-07-2011 à 09:32:31  profilanswer
 

n°27050823
moonboots
Posté le 08-07-2011 à 09:36:56  profilanswer
 

mais moi perso je ne suis pas spécialement favorable à l'emprunt quoiqu'encore une fois c'est un terme qui veut tout et rien dire, il y a en effet la possibilité de la création monétaire mais surtout de l'impôt progressif, il faut aligner les prélèvements sur les dépenses, et veiller à ce que ces dépenses soient intelligentes

n°27051459
poilagratt​er
Posté le 08-07-2011 à 10:32:30  profilanswer
 

doriany a écrit :


 
Franchement je suis le premier à soutenir ce genre d'initiative mais comme on l'a déjà dit plus haut, ce modèle n'est adapté qu'à certains cas particuliers. Le jour où une coopérative concevra et fabriquera par exemple des processeurs ou des cartes graphiques dernière génération on en reparlera. Sinon plus haut je me plantais évidemment car on peut très bien taxer à mort les dividendes ou les plus values comme on le fait actuellement en France (ce qui a d'ailleurs découragé l'actionnariat populaire, ce qui est quand même paradoxal pour une politique censée être sociale :D )


Et pourquoi serait il impossible que les salariés, et la collectivité, soient propriétaires d'une telle entreprise?   :ouch:


---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
n°27051498
Terminatux
Communiste
Posté le 08-07-2011 à 10:34:56  profilanswer
 

Betcour a écrit :

Le modèle allemand n'est pas généralisable mais le modèle français n'est pas tenable : de fait on devrait parler du modèle grec vu que c'est des situations comparables : baisse de compétitivité, bureaucratie et clientélisme financés à crédit sur une dette sans cesse croissante. Il faut regagner de la compétitivité non pas pour devenir le premier pays exportateur (course qui serait certainement vaine) mais seulement pour ne pas sombrer.

 

Et la compétitivité, tu va pas la regagner juste en dépensant de l'argent public (qu'on a d'ailleurs pas) dans la recherche et l'éducation comme le veux la gauche : ça ne suffira pas. Les pays scandinaves qu'on tente ainsi d'imiter ont aussi fait des efforts sur la flexibilité du travail, le financement des systèmes sociaux etc.

 

Je n'ai pas l'impression que des pays comme l'Argentine et le Vénézuela aient terriblement souffert de leur chute dans le classement des pays selon le degré de libéralisme établi par le groupe de réflexion néo-conservateur étasunien Héritage.

 
Betcour a écrit :

Quant à dire que les travailleurs allemands n'ont pas profité des efforts réalisés : c'est peut être vrai pour les travailleurs mais les chômeurs allemands eux en ont bien profité, puisque le chômage est à un niveau bas jamais vu depuis des années.

 

Les minijobs (emplois au salaire inférieur à 400€ à destination, principalement du moins, des chômeurs de longue durée pour lesquels un refus de ce type d'emplois entraîne une réduction des prestations) ne sont pas comptés dans le chômage. Il est alors facile de comprendre pourquoi le taux de chômage allemand est plus faible que le taux de chômage français.

 

http://www.cairn.info/revue-inform [...] age-96.htm

 
Citation :

La loi Hartz IV a considérablement durci la définition de ce qui est un travail devant être accepté par les chômeurs de longue durée. Depuis la réforme, tout travail est « acceptable »[5], à moins qu’il ne soit « contraire aux bonnes mœurs ». Les allocataires ne peuvent pas refuser un emploi, même s’il ne correspond ni à leur formation ni à leur rémunération antérieure, la différence pouvant aller jusqu’à 30 % en moins. Est également considéré comme acceptable un travail qui ne couvre pas le minimum vital, c’est-à-dire quand son revenu est au-dessous du montant de l’aide sociale ou quand il n’est pas assujetti aux assurances sociales, comme c’est le cas des mini-jobs. Les seules restrictions apportées à cette obligation sont les suivantes : l’emploi proposé doit correspondre aux capacités de l’allocataire et à son état de santé, et il ne doit pas « compliquer sa réinsertion dans les activités exercées jusqu’à présent ». S’y ajoute un volet familial : l’éducation des enfants ne doit pas en souffrir, et l’activité professionnelle doit être conciliable avec les soins prodigués à un proche. Ces exceptions mises à part, le chômeur est tenu d’accepter l’emploi proposé, sous peine de subir des sanctions financières. Au premier refus, il risque une réduction de son allocation de 30 % pendant trois mois, s’il refuse de façon répétée, de 60 %. Les jeunes de moins de 25 ans perdent leurs droits complètement.

 

Éric Toussaint, http://www.lemonde.fr/idees/articl [...] _3232.html

 
Citation :

En Allemagne, en septembre 2010, parmi les salariés, 7,3 millions de personnes ne disposaient que d'un mini-job à temps partiel rémunéré 400 euros par mois.

Message cité 1 fois
Message édité par Terminatux le 08-07-2011 à 10:35:26
n°27051530
poilagratt​er
Posté le 08-07-2011 à 10:37:24  profilanswer
 

markesz a écrit :

 


Si je te comprends bien la première étape pour régler la crise serait :

 

1ère étape : capturer les vrais riches
[:staline]

 


2e étape : voler les autres riches qui ne sont pas partis
[:staline]

 


3e étape : prendre l'argent chez les plus aisés de la classe moyenne
[:staline]

 


4e étape : chacun essaye de sauver sa peau!
[:staline]


On s'en fout des riches (surtout ceux dont la fortune est sans rapport avec une quelconque performance sociale), tout autant qu'ils se foutent des pauvres, hein.
Et qu'ils se tirent avant d'avoir pu fermer toutes les boîtes qu'ils jugent "non rentables" (pour eux)


Message édité par poilagratter le 08-07-2011 à 10:37:51

---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
n°27051599
vandepj0
Posté le 08-07-2011 à 10:42:44  profilanswer
 

limonaire a écrit :

Le solde commercial n'a rien à voir avec la compétitivité : il signifie juste une épargne insuffisante pour couvrir l'investissement privé et le déficit budgétaire. Le déficit commercial français de 3 ou 4% du Pib s'explique en fait largement par le déficit budgétaire. Supprimez le déficit et les excédents commerciaux apparaîtront.


 
C'est beau  :love:  
Peut-être un peu orienté néanmoins, non?
 
Pour moi on a une balance des biens et services, et celle-là est clairement symptomatique de notre compétitivité (au "prix" actuel de notre monnaie par rapport aux autres).  
 
Si nous étions moins "chers", nous exporterions plus (des produits moins chers se vendent mieux).
Sachant que "moins cher" veut dire plus productif par "euro travaillé" (VA par euro de charge pour une entreprise), ou euro moins cher par rapport à la monnaie du pays du client.  
 
Ce qui est vrai, c'est que globalement, un déficit commercial nécessite d'être financé: mon voisin ne m'envoie pas trois poulet si je ne lui envoie qu'une poule sans que quelqu'un lui paye la différence. Il faut donc que je m'endette.  
 
Le financement du déficit commercial se fait donc par une hausse de l'endettement national. L'endettement national étant la somme des dettes des particuliers, des entreprises et de l'Etat consolidés, c'est à dire vu de l'étranger.  
 
Tu fais une inversion cause / conséquence en abordant le problème du déficit du commerce extérieur par son financement. Cela dit, plus de financement, plus de déficit.
Tu fais un premier raccourci en oubliant les dettes de ménages et des entreprises.
Tu fais un second raccourci en oubliant qu'une part non négligeable de la dette française est financée par de l'épargne française, ce qui ne finance pas le commerce extérieur.
Tu fais une belle omission quant au rôle de la monnaie, qui serait censée se dévaluer si notre balance commerciale était durablement négative (le Russe à un moment en a marre et se demande si je vais le rembourser, donc il me prête moins de roubles (ou plus cher) pour que je lui achète ses poulets, du coup j'achète moins de poulets Russes, du coup le prix des poulets russes augmente chez moi en euros, mais comme la valeur du poulet russe en roubles est constante, cela l'euro perd de la valeur par rapport au rouble), mais qui ne le fait pas car:
 - nous sommes dans une zone globale qui a une balance commerciale différente de la nôtre (notamment grâce / à cause de l'Allemagne), ce qui maintient un euro fort.
 - comme maintenir le yuan pas cher et exporter comme des ânes, la Chine achète de la dette de façon très volontaire, et ainsi continue à exporter ses poulets.  
 
Tout ça pour dire que vu le contexte monétaire (monnaie unique et "dumping" chinois), la seule solution pour éviter de s'acheminer vers une situation type grecque, c'est de tenter d'améliorer l'autre paramètre de notre compétitivité, c'est à dire la productivité.  
 
Et augmenter notre productivité aujourd'hui, soit c'est en mobilisant des financements pour améliorer l'outil de production (mais le financement n'étant pas une denrée rare et chère aujourd'hui, je pense que nous avons un outil de production à jour), soit en améliorant la productivité individuelle par la formation (mais je pense que nous sommes déjà bien aujourd'hui), soit en réduisant le prix du travail, c'est à dire en déflatant (puisque notre monnaie "refuse" de baisser en valeur, il faut agir à la base).
 
Or, le problème, c'est que déflater, c'est à dire diminuer les traitements des travailleurs, çe ne peut se faire que dans une douleur extrême, quand on a le couteau sous la gorge, bref quand on est dans une situation type Irlande / Islande / Grèce etc...
 
Bref, je n'aime pas ça car c'est punir les vertueux et récompenser les vicieux, mais une bonne monétisation de la dette par création monétaire de la BCE me semble être une des solutions les moins douloureuses pour faire revenir la population à un niveau de vie en phase avec sa productivité comparativement aux autres pays.

n°27051608
Betcour
Building better worlds
Posté le 08-07-2011 à 10:43:42  profilanswer
 

Terminatux a écrit :

Je n'ai pas l'impression que des pays comme l'Argentine et le Vénézuela aient terriblement souffert de leur chute dans le classement des pays selon le degré de libéralisme établi par le groupe de réflexion néo-conservateur étasunien Héritage.


Hein ? Je vois pas le rapport ? :??:
 

Terminatux a écrit :

Les minijobs (emplois au salaire inférieur à 400€ à destination, principalement du moins, des chômeurs de longue durée pour lesquels un refus de ce type d'emplois entraîne une réduction des prestations) ne sont pas comptés dans le chômage. Il est alors facile de comprendre pourquoi le taux de chômage allemand est plus faible que le taux de chômage français.


a) Ton article parle de ne pas refuser un salaire qui soit jusqu'à 30% inférieur à la rémunération précédente : faut-il en conclure que les chômeurs contraints de bosser pour 400 € avaient un boulot régulier à 600 € avant ? :D
 
b) Si tu veux jouer à ce jeux là on peut aussi parler des catégories de chômeurs qui sont exclues des stats françaises... Par ailleurs le taux de pauvreté étant du même niveau dans les deux pays, je n'ai pas l'impression que tes jobs à 400 € soient bien nombreux (ou bien alors ils sont complétés par des aides, parce que 400 € c'est sous le seuil de pauvreté allemand)
 
Reste que l’Allemagne a réussi a largement baisser son chômage alors même qu'on sort d'une crise majeure dont les autres états peinent à se remettre : les efforts ont donc bien bénéficié aux chômeurs, quelque soit le mode de calcul retenu.


---------------
"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°27051665
Terminatux
Communiste
Posté le 08-07-2011 à 10:47:24  profilanswer
 

Betcour a écrit :

je n'ai pas l'impression que tes jobs à 400 € soient bien nombreux (ou bien alors ils sont complétés par des aides, parce que 400 € c'est sous le seuil de pauvreté allemand).

 

7 300 000 selon le second article que je cite, j'ai comme l'impression que tu n'es pas allé plus loin que ma première citation, c'est dommage car la seconde est très courte.
Si tu additionnes ces 7 300 000 emplois payés en-dessous de 400€ avec les 2 946 000 chômeurs recensés en 2010 par l'OCDE tu obtiens un total de 23,65% de la population active de 2010.

Message cité 1 fois
Message édité par Terminatux le 08-07-2011 à 10:50:08
n°27051749
Betcour
Building better worlds
Posté le 08-07-2011 à 10:52:58  profilanswer
 

Terminatux a écrit :

7 300 000 selon le second article que je cite, j'ai comme l'impression que tu n'es pas allé plus loin que ma première citation, c'est dommage car la seconde est très courte.
Si tu additionnes ces 7 300 000 emplois payés en-dessous de 400€ avec les 2 946 000 chômeurs recensés en 2010 par l'OCDE tu obtiens un total de 23,65% de la population active de 2010.


Oui mais non : c'est des revenus par mois pour un temps partiel. Si tu part comme ça, faudrait compter les temps partiels français qui rapportent aussi 400 € (tu fais 15h/semaine au SMIC et tu dois y être)


---------------
"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°27051940
Terminatux
Communiste
Posté le 08-07-2011 à 11:05:43  profilanswer
 

Betcour a écrit :

Oui mais non : c'est des revenus par mois pour un temps partiel. Si tu part comme ça, faudrait compter les temps partiels français qui rapportent aussi 400 € (tu fais 15h/semaine au SMIC et tu dois y être)


 
Il n'est pas possible d'avoir des données très précises là-dessus.
Néanmoins on peut constater que le nombre d'inscrits à Pôle Emploi en catégories A, B, C, D et E est un peu supérieur à 5 000 000 en y ajoutant les inscrits des DOM-TOM en décembre 2010.
Cela représente environ 17% de la population active en 2010 sachant que cela ratisse bien plus large que les seuls salariés payés en-dessous de 400€ par mois.
 

Citation :

catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ;
catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois) ;
catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. de plus de 78 heures au cours du mois) ;
catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie…), sans emploi ;
catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés).

mood
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Posté le 08-07-2011 à 11:05:43  profilanswer
 

n°27052309
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 08-07-2011 à 11:25:42  profilanswer
 

vandepj0 a écrit :


 
C'est beau  :love:  
Peut-être un peu orienté néanmoins, non?
 
Pour moi on a une balance des biens et services, et celle-là est clairement symptomatique de notre compétitivité (au "prix" actuel de notre monnaie par rapport aux autres).  
 


 
C'est une interprétation, sans doute la plus courante. Pourtant il en est d'autres ("analyse monétaire de la balance des paiements", Mundell).
 
1) dans un monde sans monnaie ni possibilité d'épargner (troc), les balances commerciales seraient équilibrées, indépendamment des problèmes de compétitivité. D'ailleurs, des pays pauvres, à priori peu compétitifs, ont des balances commerciales excédentaires tandis que des pays riches, productifs, on des déficits commerciaux. C'est bien la preuve que les deux notions sont déconnectées. C'est l'introduction de la monnaie et des titres de dette qui fait apparaître les excédents et déficits commerciaux.
 
2) Sur un plan macro, on a  Y = C+I+G+(X-M) et on a aussi Y= C+S. On en déduit que (S-I-G) = X-M. C'est purement comptable : le solde commercial correspond au déficit ou à l'excès d'épargne. Bien sûr, cette identité comptable ne donne aucune indication sur la causalité ( est-ce le déficit commercial qui crée le manque d'épargne, ou est-ce le manque d'épargne qui crée le déficit), mais cela permet déjà de faire reculer quelques a prioris. Cette équation montre également que toutes choses égales par ailleurs, une augmentation du déficit public (G) creuse le déficit commercial. D'où l'expression de "déficits jumeaux"
 
3) Pour acheter, il faut vendre soit un autre bien, soit un titre de dette, soit de la monnaie. On considère souvent que l'individu décide d'acheter, indépendamment de la façon dont il finance son achat, puis qu'il choisit la façon dont il le finance (vente d'un bien, endettement, sortie de devises). Mais on pourrait tout aussi bien considérer l'inverse :
- les agents déterminent leur partage consommation/épargne en fonction d'un arbitrage intertemporel. Si ce partage est stable, tu auras beau dévaluer, taxer les importations, améliorer la productivité : le solde commercial sera inchangé. Il ne sera modifié que si les changements sus-nommés modifient ce partage consommation-épargne
- Friedman a montré que la fonction de demande de monnaie étant sans doute la plus stable et la mieux connue. Dès lors, quand on fait fonctionner la planche à billets, les agents se retrouvent avec de la monnaie en excédent par rapport à ce qu'ils demandent : ils s'en débarrassent en la vendant contre des biens étrangers par exemple.

n°27052435
poilagratt​er
Posté le 08-07-2011 à 11:32:14  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
- les agents déterminent leur partage consommation/épargne en fonction d'un arbitrage intertemporel.  
 
Si ce partage est stable,  
tu auras beau dévaluer, taxer les importations, améliorer la productivité :  
le solde commercial sera inchangé.  
 
Il ne sera modifié que  
si les changements sus-nommés modifient ce partage consommation-épargne
 


 
 :heink:  En fait le solde commercial est inchangé, sauf s'il change.  C'est ça?
 
(pas eu le temps de tout éplucher, je me suis endormi avant...)


Message édité par poilagratter le 08-07-2011 à 11:33:05

---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
n°27053904
doriany
Posté le 08-07-2011 à 13:44:05  profilanswer
 

ema nymton a écrit :

C'était bien rigolo le reportage de ce soir sur Envoye Special, les Espadrilles fabriques par des gamines de 14ans au Bangladesh par des machines 100% Françaises, merci qui, merci quoi  :sarcastic:  
 
Je crois que on est vraiment arrives au bout de la logique voir du delire, et faire mieux ou pire n'est pas, plus possible !


Heu c'est pas vraiment nouveau ce genre de truc. Quand j'étais jeune (y a pas mal de temps donc :D ) on parlait déjà des enfants qui fabriquaient des chaussures.
 
 

roscocoltran a écrit :


 
C'est juste!  :lol:  
 
Ca me rappelle ces ultra-libéraux qui étaient persuadés que l’immobilier ne pouvait que monter et que la main invisible régulait le système. On a vu leur tronche au moment des subprimes!  [:mam]


 
Il va vraiment falloir que tu t'intéresses d'un peu plus près aux théories libérales si tu veux pouvoir les critiquer un jour.
 
 

Betcour a écrit :


Le modèle allemand n'est pas généralisable mais le modèle français n'est pas tenable : de fait on devrait parler du modèle grec vu que c'est des situations comparables : baisse de compétitivité, bureaucratie et clientélisme financés à crédit sur une dette sans cesse croissante. Il faut regagner de la compétitivité non pas pour devenir le premier pays exportateur (course qui serait certainement vaine) mais seulement pour ne pas sombrer.
 
Et la compétitivité, tu va pas la regagner juste en dépensant de l'argent public (qu'on a d'ailleurs pas) dans la recherche et l'éducation comme le veux la gauche : ça ne suffira pas. Les pays scandinaves qu'on tente ainsi d'imiter ont aussi fait des efforts sur la flexibilité du travail, le financement des systèmes sociaux etc.  
 
Quant à dire que les travailleurs allemands n'ont pas profité des efforts réalisés : c'est peut être vrai pour les travailleurs mais les chômeurs allemands eux en ont bien profité, puisque le chômage est à un niveau bas jamais vu depuis des années.


 
J'ai entendu dire il y a quelque temps que les salaires allemands étaient en augmentation. M'enfin c'était sur Yahoo alors ça reste à confirmer :D

Message cité 1 fois
Message édité par doriany le 08-07-2011 à 13:57:20

---------------
Un avantage acquis par la force illégitime ne peut être légitimé.
n°27053985
Terminatux
Communiste
Posté le 08-07-2011 à 13:50:46  profilanswer
 

doriany a écrit :

J'ai entendu dire il y a quelque temps que les salaires allemands étaient en augmentation. M'enfin c'était sur Yahoo alors ça reste à confirmer :D


 
Selon l'OCDE le salaire annuel moyen allemand en $USD et parité de pouvoir d'achat n'a augmenté que de 1% entre 2000 et 2009.
Par ailleurs si tu pouvais nous dévoiler le lien vers Yahoo en question cela pourrait être intéressant pour les lecteurs de ce sujet.

n°27054169
vandepj0
Posté le 08-07-2011 à 14:03:26  profilanswer
 

limonaire a écrit :

C'est une interprétation, sans doute la plus courante. Pourtant il en est d'autres ("analyse monétaire de la balance des paiements", Mundell).
 
1) dans un monde sans monnaie ni possibilité d'épargner (troc), les balances commerciales seraient équilibrées, indépendamment des problèmes de compétitivité. D'ailleurs, des pays pauvres, à priori peu compétitifs, ont des balances commerciales excédentaires tandis que des pays riches, productifs, on des déficits commerciaux. C'est bien la preuve que les deux notions sont déconnectées. C'est l'introduction de la monnaie et des titres de dette qui fait apparaître les excédents et déficits commerciaux.


Les pays pauvres sont peu productif en productivité horaire, mais le coût horaire étant faible (en € par exemple), cela les rend compétitifs en VA/€ de charge.
Ne mélange pas compétitivité et productivité.

limonaire a écrit :


2) Sur un plan macro, on a  Y = C+I+G+(X-M) et on a aussi Y= C+S. On en déduit que (S-I-G) = X-M. C'est purement comptable : le solde commercial correspond au déficit ou à l'excès d'épargne. Bien sûr, cette identité comptable ne donne aucune indication sur la causalité ( est-ce le déficit commercial qui crée le manque d'épargne, ou est-ce le manque d'épargne qui crée le déficit), mais cela permet déjà de faire reculer quelques a prioris. Cette équation montre également que toutes choses égales par ailleurs, une augmentation du déficit public (G) creuse le déficit commercial. D'où l'expression de "déficits jumeaux"


Le problème de l'utilisation des lettres/symboles, c'est qu'on demande un effort supplémentaire d'abstraction et qu'on risque de perdre pied avec la réalité du sujet.  
Par exemple, j'ai plutôt l'impression que G est le government spending. Et que S = I + X - M. Du coup, j'ai un peu de mal à accorder du crédit à ta démonstration.  
 
Par contre, toutes choses égales par ailleurs, je suis d'accord pour dire qu'une augmentation du déficit public sera corrélée à une augmentation du déficit commercial. En déduire une causalité, et le sens de cette causalité me parait un peu osé, d'autant plus qu'une augmentation du déficit public a des impacts qui font que ce n'est pas réellement "toutes choses égales par ailleurs".  

limonaire a écrit :

3) Pour acheter, il faut vendre soit un autre bien, soit un titre de dette, soit de la monnaie. On considère souvent que l'individu décide d'acheter, indépendamment de la façon dont il finance son achat, puis qu'il choisit la façon dont il le finance (vente d'un bien, endettement, sortie de devises). Mais on pourrait tout aussi bien considérer l'inverse :
- les agents déterminent leur partage consommation/épargne en fonction d'un arbitrage intertemporel. Si ce partage est stable, tu auras beau dévaluer, taxer les importations, améliorer la productivité : le solde commercial sera inchangé. Il ne sera modifié que si les changements sus-nommés modifient ce partage consommation-épargne
- Friedman a montré que la fonction de demande de monnaie étant sans doute la plus stable et la mieux connue. Dès lors, quand on fait fonctionner la planche à billets, les agents se retrouvent avec de la monnaie en excédent par rapport à ce qu'ils demandent : ils s'en débarrassent en la vendant contre des biens étrangers par exemple.


 - Ce n'est pas parce que le partage consommation / épargne est stable que l'arbitrage acheter local / importé doit l'être aussi, si?
 - Les agents peuvent s'en débarrasser en l'épargnant et en investissant à l'étranger, ce qui fait chuter le cours de la monnaie (d'autant plus que cela réduit la confiance des étrangers dans les crédits libellés dans la devise en question) et favorise les exportations, non?

n°27054189
doriany
Posté le 08-07-2011 à 14:04:27  profilanswer
 

Terminatux a écrit :


 
Selon l'OCDE le salaire annuel moyen allemand en $USD et parité de pouvoir d'achat n'a augmenté que de 1% entre 2000 et 2009.
Par ailleurs si tu pouvais nous dévoiler le lien vers Yahoo en question cela pourrait être intéressant pour les lecteurs de ce sujet.


 
C'était il y a plusieurs mois donc je n'ai plus le lien, c'était plus pour avoir une confirmation (ou pas). Cependant, en cherchant un peu je trouve :  
 
http://www.latribune.fr/actualites [...] ncais.html
http://www.lemonde.fr/economie/art [...] _3234.html
 
Ou sinon pour les prévisions y a aussi ça :  
http://lexpansion.lexpress.fr/econ [...] 38675.html


Message édité par doriany le 08-07-2011 à 14:07:28

---------------
Un avantage acquis par la force illégitime ne peut être légitimé.
n°27080361
vandepj0
Posté le 11-07-2011 à 10:54:01  profilanswer
 

J'ai trouvé une explication qui me parait plus rigoureuse que celle de limonaire:
 

Citation :

On peut faire apparaître les liens entre les soldes partiels et les agrégats de la comptabilité nationale :
   • Y ≡ C+S+T
   • Y ≡ C+I+G+(X-Z)
 
(S-I)        +        (T-G)           =            (X-Z)
Épargne nette privée    +  Épargne nette publique =  Solde de la balance  courante
 
Déficits jumeaux : Le déficit extérieur ne serait que le reflet du déficit d’épargne domestique dû au déficit budgétaire.


Sous condition que l'épargne nette privée soit nulle.

n°27080498
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 11-07-2011 à 11:05:29  profilanswer
 

Ca y est : après la Grèce, le Portugal, l'Irlande, ce pourrait être au tour de l'Italie  
 
Le spread sur les rendements à 10 ans entre oblig italiennes et bund allemand s'écarte rapidement : http://1.bp.blogspot.com/-KDokkvst [...] +%2528.png
 
C'est l'éclatement de la bulle obligataire qu'on pronostiquait déjà ici il y a au moins un an. La France pourrait suivre le même chemin : le spread commence lui aussi à s'élargir : http://www.fairness-finance.com/j/ [...] 110615.jpg
 
Ce n'est certes qu'un écart de 40 points de base, soit 0,4 point d'intérêt. Mais ça avait aussi commencé comme cela avec les Grecs : http://www.creditwritedowns.com/wp [...] DB1925.jpg
 
La leçon qu'il faut en tirer ? Il y a dix ans, certains économistes nous disaient : un Etat ne peut pas faire faillite, Trichet étrangle la croissance avec ses taux élevés, les critères de Maastricht empêchent les relances budgétaires, il faudrait faire un grand emprunt européen et creuser les déficits pour sortir de la croissance molle, il n'est pas vrai que les Etats dépensent trop. On a vu ce que leurs recommandations ont donné, avec la quasi banqueroute de la Grèce et les difficultés financières d'autres Etats de la zone euro
 
Les mêmes économistes, pas penauds pour deux sous, nous disaient alors il y a trois ans, quand la crise a éclaté : pour éviter la récession, il faut faire de la création monétaire, monétiser les dettes, changer les statuts de la BCE pour qu'elle rachète de la dette souveraine en échange de la création de liquidités, baisser les taux directeurs. Ce qu'on a fait. Sans voir que la crise des subprimes était déjà une crise de l'excès de liquidités et de l'excès de création monétaire, et qu'on allait ainsi tenter de guérir le mal par le mal. La politique monétaire accommodante des banques centrales a créé la crise ? sortons de la crise en pratiquant une politique plus accommodante encore : et du chapeau de ces économistes est sorti le Quantitative easing. Pure folie...
 
Résultat : ces liquidités se sont déversées sur le marché obligataire, créant ce phénomène absolument inédit : plus les Etats s'endettaient, plus le taux d'intérêt auxquels ils empruntaient baissait ! Ce petit jeu ne pouvait durer longtemps : la bulle éclate, les taux remontent, et c'est l'heure des difficultés de paiement pour les Etats
 
Moralité : il serait peut-être temps de s'apercevoir que ces économistes ont eu tout faux, et cesser de les écouter...
 

n°27080629
vandepj0
Posté le 11-07-2011 à 11:15:45  profilanswer
 

Plutôt d'accord avec toi. Un petit bémol toutefois: le QE est une "quasi" planche à billet, mais un quasi qui change tout: les Etats sont toujours aussi endettés et doivent toujours se refinancer.
 
Alors qu'une bonne planche à billets du modèle d'avant l'euro, qui te fait fondre ta monnaie jusqu'à ce que tu la changes (en nouvel Euro) te permet de financer par l'inflation les politiques populistes et les promesses des dirigeants, en évitant le défaut stricto sensu.
 
Et au vu la situation actuelle, je me demande si ce ne serait pas un moindre mal.

n°27081211
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 11-07-2011 à 11:57:02  profilanswer
 

vandepj0 a écrit :

J'ai trouvé une explication qui me parait plus rigoureuse que celle de limonaire:

 
Citation :

On peut faire apparaître les liens entre les soldes partiels et les agrégats de la comptabilité nationale :
   • Y ≡ C+S+T
   • Y ≡ C+I+G+(X-Z)
 
(S-I)        +        (T-G)           =            (X-Z)
Épargne nette privée    +  Épargne nette publique =  Solde de la balance  courante

 

Déficits jumeaux : Le déficit extérieur ne serait que le reflet du déficit d’épargne domestique dû au déficit budgétaire.


Sous condition que l'épargne nette privée soit nulle.

 

C'est la même explication que la mienne, sauf que j'appelle G le déficit public, là où certains le calculent par différence entre T(impôts)-G(dépenses publiques).

 

C'est un lieu commun d'ailleurs que cette identité comptable : généralement la plupart des économistes l'approuvent sur le moment. Puis, au cours d'un débat, vont parler de déficit commercial causé par un manque de compétitivité, preuve qu'ils n'ont pas vraiment compris. Idem pour l'avantage comparatif : 90% des économistes sont d'accord avec le concept, mais ressortent ensuite l'idée de guerre économique entre nations.

 

On voit que ces notions (le solde commercial ne dit rien de la compétitivité ou le fait que tout le monde a un avantage comparatif, même l'handicapé, le plus incompétent ou la nation la plus déshéritée) sont des notions anti-intuitives, et qu'il faut être très vigilant pour bien manier ces concepts : la preuve en est que de nombreux économistes se font avoir. Alors les politiques et le grand public, tu penses !

Message cité 1 fois
Message édité par limonaire le 11-07-2011 à 11:58:59
n°27081951
Betcour
Building better worlds
Posté le 11-07-2011 à 13:15:33  profilanswer
 

vandepj0 a écrit :

Plutôt d'accord avec toi. Un petit bémol toutefois: le QE est une "quasi" planche à billet, mais un quasi qui change tout: les Etats sont toujours aussi endettés et doivent toujours se refinancer.
 
Alors qu'une bonne planche à billets du modèle d'avant l'euro, qui te fait fondre ta monnaie jusqu'à ce que tu la changes (en nouvel Euro) te permet de financer par l'inflation les politiques populistes et les promesses des dirigeants, en évitant le défaut stricto sensu.
 
Et au vu la situation actuelle, je me demande si ce ne serait pas un moindre mal.


A mon sens la "bonne" solution serait une combinaison des différentes approches : un peu plus d'impôts, un peu moins de dépenses, un peu de planche à billet pour obtenir un poil d'inflation (on pourrait viser 4%, ce qui n'est pas trop violent mais permet, année après année, de réduire sensiblement la dette).
 
Le soucis c'est que tant qu'on a des états avec des soldes primaires négatifs (comme la Grèce) ça sert à rien de vouloir réduire la dette et de faire de l'inflation, puisque le problème va immédiatement recommencer :/


---------------
"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°27085202
Profil sup​primé
Posté le 11-07-2011 à 16:43:31  answer
 

Fiction ou prévisions?
http://www.boursorama.com/votreinv [...] m=10787176

 
Citation :


Paris, le 12 novembre 2012. Le sommet franco-allemand, présenté comme celui de la dernière chance, s’est soldé par un nouvel échec. La Chancelière allemande Angela Merkel vient de claquer la porte, refusant les propositions de la Présidente française Martine Aubry. Il faut dire qu’après avoir battu Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles en obtenant seulement 58 % des voix, le nouveau Chef de l’Etat français a effectué un fort virage à gauche, pensant par là même apaiser le malaise social qui s’est imposé dans l’Hexagone depuis quinze mois.

 

Tout a effectivement commencé le 12 septembre 2011 avec la sortie de la Grèce de la zone euro. A l’époque, les Grecs étaient exagérément montrés du doigt par l’ensemble des dirigeants politiques et monétaires eurolandais qui refusaient coûte que coûte toute restructuration de la dette publique hellène. Face à cette obstination tenace et devant la grogne sociale qui commençait à se traduire par des émeutes de plus en plus violentes, le gouvernement Papandréou devait alors démissionner, laissant la place à un gouvernement élu sur un programme radical : « sortons de la zone euro ».

 

La mise en place de ce plan fut évidemment très douloureuse pour la Grèce et surtout pour ses créanciers. En remplaçant l’euro par la « nouvelle drachme », qui fut dévaluée de 50 % par rapport à son niveau d’entrée dans l’UEM, l’Etat grec décida également d’engager un moratoire sur sa dette publique. Après avoir tant refusé le moindre rééchelonnement de cette dernière, les grandes banques de la zone euro durent alors boire le calice jusqu’à la lie. Comme en 2008, au lendemain de la faillite de Lehman Brothers et de la panique financière qui s’en suivit, les Etats européens durent venir à la rescousse, mais, cette fois-ci, en demandant le soutien d’autres puissances et notamment de la Chine. Bien entendu, face à cette ingérence économique chinoise, les Etats-Unis ne restèrent pas de marbre et décidèrent d’engager des mesures de rétorsion en matières de barrières douanières et de transferts financiers vers et en provenance de la zone euro. D’économique, la crise devint alors politique.

 

Les dirigeants européens n’étaient cependant pas au bout de leur peine. Et pour cause : le 9 octobre 2011, face à une nouvelle vague d’augmentation des taux d’intérêt de leurs obligations d’Etat, le Portugal et l’Irlande décidèrent d’engager un programme de sortie de la zone euro. Leur incitation à engager une telle politique était d’autant plus forte qu’en dépit de taux d’intérêt obligataires toujours très élevés, les émeutes grecques s’étaient calmées. Mieux, la patrie d’Aristote commençait à sortir la tête de l’eau et à retrouver une certaine dose d’espoir, montrant par là même à ses anciens partenaires que la sortie de la zone euro n’était pas forcément le pire des maux, surtout lorsque la crise sociale était déjà présente.

 

L’Allemagne encaissait difficilement le coup, mais la contagion ne faisait que commencer. Mis de nouveau en minorité, le gouvernement Berlusconi devait même démissionner et ouvrir la porte à une vague europhobe sans précédent au sein de la Péninsule transalpine. Tous ces désordres donnèrent des ailes au Front National en France, dont la Présidente arriva seconde au premier tour des élections présidentielles, avec 23 % des voix, juste derrière Martine Aubry, avec 24 % et loin devant Nicolas Sarkozy (19 %), Jean-Louis Borloo (10 %) et Dominique de Villepin (7 %).

 

En dépit de ce cataclysme, Angela Merkel espérait néanmoins que son homologue français mènerait une politique « à l’allemande » de réduction des dépenses et de la dette publiques. Elle fut malheureusement déçue, dans la mesure où, face à la pression de la rue, Martine Aubry dût engager une politique budgétaire laxiste. Pour essayer de réduire la facture, elle décida d’augmenter massivement les impôts, notamment sur le patrimoine, ce qui n’a évidemment pas suffi à compenser l’augmentation des dépenses publiques. Et ce d’autant qu’en annonçant une telle hausse de la pression fiscale, un mouvement de fuite des investisseurs français à l’étranger s’est enclenché. Les agences de notation n’ont alors pas manqué de dégrader la note de la France de AAA à BBB, provoquant une très forte hausse des taux d’intérêt obligataires et replongeant l’Hexagone dans la récession.

 

En ce lendemain du 94ème anniversaire de l’armistice de la première guerre mondiale, un point de non-retour a donc été franchi, puisque l’Allemagne a décidé de créer une zone euro à cinq, avec, pour seuls partenaires, l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Quant à la France, si l’on commence seulement à chiffrer les coûts exorbitants du retour au franc, les tensions sociales se font de plus en plus fortes, en particulier depuis les émeutes du 11 septembre 2012 sur les Champs-Elysées qui se sont soldées par une vingtaine de morts et l’incendie de nombreux haut-lieux touristiques de la célèbre avenue, à commencer par le Fouquet’s et la boutique Louis Vuitton...

 

C’est alors que le réveil se met à sonner. Il est 6h50. Nous sommes le 11 juillet 2011. Ouf ! Tout cela n’était qu’un affreux cauchemar. Mais attention, la réalité dépasse parfois la fiction. Qui aurait cru par exemple il y a encore quatre ans que la note de la dette grecque serait CCC et que la viabilité de la zone euro serait remise en question ? Nous-mêmes, lorsque nous écrivions début 2009 que cette dernière était en danger existentiel, nous étions loin d’imaginer que ce risque se matérialiserait aussi vite.

 

Par conséquent, pour éviter que le pire devienne réalité, les dirigeants eurolandais doivent agir vite et bien. Ils doivent notamment accepter un rééchelonnement de la dette grecque avant qu’il ne soit trop tard. Il leur faudra également restaurer une croissance plus forte au sein de l’UEM, principalement grâce à un euro plus faible et à une politique budgétaire eurolandaise efficace. Enfin, ils devront aussi instaurer une zone monétaire optimale, en harmonisant les conditions fiscales et réglementaires, en établissant un marché du travail et en créant un budget fédéral conséquent. S’ils n’y parviennent pas, nous sommes au regret d’annoncer que l’explosion de la zone euro et le scénario catastrophe que nous venons de décrire nous apparaissent inévitables. Avouons que cela serait vraiment dommage...

Message cité 3 fois
Message édité par Profil supprimé le 11-07-2011 à 16:43:55
n°27085335
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 11-07-2011 à 16:52:11  profilanswer
 


 
Probable, je ne sais pas, mais plausible, oui...
 
 
 
 

n°27085386
Profil sup​primé
Posté le 11-07-2011 à 16:56:13  answer
 

:sweat:

n°27085452
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 11-07-2011 à 17:00:49  profilanswer
 

De toutes façons, ça risque de tanguer sévère en France dans les années à venir : la crise financière de l'Etat va faire quelques dégâts. Si cela permet de redémarrer ensuite sur un Etat recentré et plus efficace, aussi bien socialement qu'économiquement, ce ne sera qu'un mauvais moment à passer, un mal pour un bien.

n°27085468
ema nymton
Posté le 11-07-2011 à 17:01:29  profilanswer
 

En tous cas en Septembre il est clair que ça va chier mais grave, je ne vois pas comment la situation peut s'ameliorer, soit ça petes rapidement soit ça tiendra encore 6 mois, ou 1an le temps des élections en France et que les banquiers aient repris toutes leurs billes...
 
Dans tous les cas je vais profiter de mes vacances pour m'acheter quelques petites plaquettes, et reduire mes liquidités en Euros a 30% maximum !

n°27085521
Profil sup​primé
Posté le 11-07-2011 à 17:04:45  answer
 

limonaire a écrit :

De toutes façons, ça risque de tanguer sévère en France dans les années à venir : la crise financière de l'Etat va faire quelques dégâts. Si cela permet de redémarrer ensuite sur un Etat recentré et plus efficace, aussi bien socialement qu'économiquement, ce ne sera qu'un mauvais moment à passer, un mal pour un bien.


je suis d'accord avec toi mais il faudra alors faire un très très gros ménage dans le secteur financier, dans les banques et les agences de notations. Car elles sont en grande part responsable de cette merde. Et ça j'ai bien peur que ça ne se fasse pas... Comme toujours le péquin moyen trinquera mais les puissant vont garder leurs privilèges ...

n°27085595
ema nymton
Posté le 11-07-2011 à 17:09:36  profilanswer
 


 
Ca ne se fera jamais, ou alors ça va étre du 1 pour 10 !
10 pour le péquin moyen qui va devoir payer de plus en plus de taxes avec de moins en moins d'argent, et 1 (ou 2 si on croit au miracle) pour les riches !
Dans tous les cas il y aura des économies drastiques qui seront appliques dans la vie de tous les jours, des baisses/gels de salaire/aides, et augmantation de tous les frais, medicaux, scolaires, taxes en tout genres etc... exactement que ont les Grecs !

n°27085853
poilagratt​er
Posté le 11-07-2011 à 17:26:37  profilanswer
 


Non, les puissants vont d'abord trinquer, ce qui sera très nouveau.
Ce ne sera pas Aubry le prochain président, mais Joly...

Message cité 1 fois
Message édité par poilagratter le 11-07-2011 à 17:27:15

---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
n°27085865
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 11-07-2011 à 17:27:32  profilanswer
 

 

1) Les banques sont moins responsables que les banques centrales et le fonctionnement du système international. Mais si on se refuse à modifier le SMI (ce qui est pourtant la clé de tout), alors taxons les surprofits des banques, surprofits mal acquis et liés à la création monétaire.

 

2) Les agences de notation font ce qu'elles peuvent. Si l'Etat US depuis 1975 n'avait pas contraint les emprunteurs à être notés par ces agences, alors elles auraient comme par le passé été payées uniquement par les prêteurs, et non les emprunteurs, ce qui aurait évité le conflit d'intérêt. Par ailleurs, l'Etat US a nommé les agences par qui les emprunteurs devaient passer, dont Moody's, Fitch et Standard faisaient partie : ce faisant, il a créé un oligopole, qui est toujours détestable.

 

3) Les Etats qui étaient peu endettés avant la crise, qui n'avaient pas de déficit primaire, n'ont pas de problème pour se financer : la crise a donc bon dos. Elle sert en fait de révélateur et ne fait que mettre qu'en lumière la facilité dans laquelle nous nous sommes vautrés : financer l'Etat-providence, çàd des dépenses courantes, par l'emprunt. Ce n'est jamais très sain à long terme... Il faut dire que les économistes keynésiens nous ont tellement répété que en dehors de la relance par le déficit et de la création monétaire, point de salut et qu'un Etat ne pouvait pas faire faillite, qu'on comprend que politiques et opinion aient fini par les croire. On aime bien croire les bobards, surtout quand c'est dit par des gens sérieux bardés de diplôme. C'est le syndrôme I comme Icare...

Message cité 1 fois
Message édité par limonaire le 11-07-2011 à 17:28:07
n°27085883
ema nymton
Posté le 11-07-2011 à 17:29:02  profilanswer
 

poilagratter a écrit :


Non, les puissants vont d'abord trinquer, ce qui sera très nouveau.
Ce ne sera pas Aubry le prochain président, mais Joly...


 
 :lol: [:roxelay]
Non franchement ...

n°27085950
vandepj0
Posté le 11-07-2011 à 17:35:45  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
C'est la même explication que la mienne, sauf que j'appelle G le déficit public, là où certains le calculent par différence entre T(impôts)-G(dépenses publiques).
 
C'est un lieu commun d'ailleurs que cette identité comptable : généralement la plupart des économistes l'approuvent sur le moment. Puis, au cours d'un débat, vont parler de déficit commercial causé par un manque de compétitivité, preuve qu'ils n'ont pas vraiment compris. Idem pour l'avantage comparatif : 90% des économistes sont d'accord avec le concept, mais ressortent ensuite l'idée de guerre économique entre nations.  
 
On voit que ces notions (le solde commercial ne dit rien de la compétitivité ou le fait que tout le monde a un avantage comparatif, même l'handicapé, le plus incompétent ou la nation la plus déshéritée) sont des notions anti-intuitives, et qu'il faut être très vigilant pour bien manier ces concepts : la preuve en est que de nombreux économistes se font avoir. Alors les politiques et le grand public, tu penses !


 
Une fois que tu as compris la théorie de l'avantage comparatif, tu as compris que le commerce international est possible et profitable entre deux pays quel que soit la productivité horaire et l'intensité capitalistique de ces pays.  
 
Ensuite, le déficit ou excédent commercial est nécessairement temporaire, puisqu'un pays devient débiteur de l'autre. Ce débit s'exprime soit sur les comptes publics, soit sur les comptes privés, sous la forme de dette ou d'épargne, ce qui est le sens de la formule des déficits "jumeaux".  
 
Il n'empêche que ces problèmes conjoncturels à une échelle de temps longue peuvent avoir des effets, positifs ou néfastes, sur la structure de production d'un pays, et vu que les autres pays peuvent choisir des politiques qui favorisent leurs exportations (par exemple en épargnant fortement leurs yuans en dollars et euros), il faut en retour avoir des politiques monétaires et industrielles pour protéger notre patrimoine au sens outil de production.  

n°27085969
poilagratt​er
Posté le 11-07-2011 à 17:37:06  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
3) Les Etats qui étaient peu endettés avant la crise, qui n'avaient pas de déficit primaire, n'ont pas de problème pour se financer : la crise a donc bon dos. Elle sert en fait de révélateur et ne fait que mettre qu'en lumière la facilité dans laquelle nous nous sommes vautrés : financer l'Etat-providence, çàd des dépenses courantes, par l'emprunt. Ce n'est jamais très sain à long terme... Il faut dire que les économistes keynésiens nous ont tellement répété que en dehors de la relance par le déficit et de la création monétaire, point de salut et qu'un Etat ne pouvait pas faire faillite, qu'on comprend que politiques et opinion aient fini par les croire. On aime bien croire les bobards, surtout quand c'est dit par des gens sérieux bardés de diplôme. C'est le syndrôme I comme Icare...


L'emprunt permet d'engraisser les riches (qui prêtent) , pour ça que c'est le choix de la droite.
 
Mais ce n'est pas que ça:  Le système capitaliste, régulé dans les seuls intérêts du capital - mondialisé -, ne peut mener que à la faillite des états.
 
Aucun gouvernement n'a encore compris ça.
 
 


---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
n°27085973
poilagratt​er
Posté le 11-07-2011 à 17:37:43  profilanswer
 

ema nymton a écrit :


 
 :lol: [:roxelay]
Non franchement ...


On en reparle dans 1 an ?... :D


---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
n°27085987
zad38
Posté le 11-07-2011 à 17:39:41  profilanswer
 


Je pense que le gouvernement français ne sera pas bête au point de ne pas tailler dans les dépenses publiques le moment venu (même si évidemment ils repousseront le moment fatidique au dernier moment, ce qui n'améliorera pas les choses). Surtout si c'est le PS aux commandes avec DSK dans le coin :o La hausse brutale des prélèvements pour financer du social ils l'ont déjà tenté en 81, ils ont du revenir à la rigueur peu après - et aujourd'hui il est encore plus facile de transférer des capitaux ailleurs.

n°27085991
vandepj0
Posté le 11-07-2011 à 17:40:21  profilanswer
 

Betcour a écrit :


A mon sens la "bonne" solution serait une combinaison des différentes approches : un peu plus d'impôts, un peu moins de dépenses, un peu de planche à billet pour obtenir un poil d'inflation (on pourrait viser 4%, ce qui n'est pas trop violent mais permet, année après année, de réduire sensiblement la dette).
 
Le soucis c'est que tant qu'on a des états avec des soldes primaires négatifs (comme la Grèce) ça sert à rien de vouloir réduire la dette et de faire de l'inflation, puisque le problème va immédiatement recommencer :/


 
+1  :jap:

n°27085998
poilagratt​er
Posté le 11-07-2011 à 17:41:05  profilanswer
 

zad38 a écrit :


Je pense que le gouvernement français ne sera pas bête au point de ne pas tailler dans les dépenses publiques le moment venu (même si évidemment ils repousseront le moment fatidique au dernier moment, ce qui n'améliorera pas les choses). Surtout si c'est le PS aux commandes avec DSK dans le coin :o La hausse brutale des prélèvements pour financer du social ils l'ont déjà tenté en 81, ils ont du revenir à la rigueur peu après - et aujourd'hui il est encore plus facile de transférer des capitaux ailleurs.


C'est précisément à ça que Joly va s'attaquer,   d'abord.

 

Le PS n'a rien compris, tout comme les autres "grands" partis.


Message édité par poilagratter le 11-07-2011 à 17:43:36

---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
n°27086236
doriany
Posté le 11-07-2011 à 18:00:17  profilanswer
 

poilagratter a écrit :


L'emprunt permet d'engraisser les riches (qui prêtent) , pour ça que c'est le choix de la droite


 
Le discours de la gauche sur le sujet a radicalement changé en 10 ans...


---------------
Un avantage acquis par la force illégitime ne peut être légitimé.
n°27086248
Terminatux
Communiste
Posté le 11-07-2011 à 18:01:33  profilanswer
 

doriany a écrit :

Le discours de la gauche

 

Depuis quand poilagratter est-il le représentant unique et indépassable de la gauche? :??:

Message cité 1 fois
Message édité par Terminatux le 11-07-2011 à 18:01:56
n°27086305
poilagratt​er
Posté le 11-07-2011 à 18:06:37  profilanswer
 

doriany a écrit :

 

Le discours de la gauche sur le sujet a radicalement changé en 10 ans...


La gauche, pour toi, c'est le PS?  (le PS est a ma droite...)

 

Par ailleurs on pourrait emprunter à la banque centrale, ou autre combine à coût nul, si on le voulait.(ce que ni la droite, ni le PS ne souhaitent...)

Message cité 1 fois
Message édité par poilagratter le 11-07-2011 à 18:10:20

---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
n°27086314
poilagratt​er
Posté le 11-07-2011 à 18:07:36  profilanswer
 

Terminatux a écrit :


 
Depuis quand poilagratter est-il le représentant unique et indépassable de la gauche? :??:


Je ne représente pas "sa" gauche, hein. ;)


---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
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