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Auteur Sujet :

[ECO] Can it run Crises ?

n°26308117
Betcour
Building better worlds
Posté le 01-05-2011 à 03:30:53  profilanswer
 

Reprise du message précédent :

yoyo173 a écrit :

"La Banque centrale européenne (BCE) a été instituée le 1er juin 1998. Elle est dotée de la personnalité juridique et jouit d'une indépendance totale vis à vis des institutions nationales et européennes"
 
Qui se trompe ????


Toi. L'indépendance ne veut pas dire "pas étatique". Les tribunaux sont indépendants, ils font pourtant partie de l'état.
 
En plus l'indépendance de la BCE, comme de la FED, n'est en réalité que partielle (devine qui va choisir le prochain chef de la BCE ?)


---------------
"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
mood
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Posté le 01-05-2011 à 03:30:53  profilanswer
 

n°26308277
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 07:21:25  profilanswer
 

yoyo173 a écrit :


Voilà.
Cherchez pas, si il y a un problème, c'est la faute de l'état. Pas des banques et des particuliers le dirigeants qui cherchent à faire du pognon à tout prix tout en se moquant des conséquences, non à l'état, même si il n' a aucune prise dessus.
 
 
Et avec des raisonnements de ce genre, on peu tout prouver, mais surtout son aveuglement.


 
Si pour faire du pognon, je prends un risque excessif, je fais faillite et je perds mon capital : cette perspective m'incite à prendre moins de risque et donc à ne pas faire du pognon à tout prix. C'est l'éthique du capitalisme : chacun est totalement responsable des actes qu'il entreprend et en subit la totalité des conséquences. C'est un outil régulateur puissant, qui dissuade de faire trop de conneries.
 
Si maintenant je sais que l'Etat me renflouera (imagine-t-on l'Etat français ne pas renflouer la BNP ou le CA si un jour ils sont en faillite ?), je vais prendre des risques plus importants que je n'en aurai pris sans cette garantie. Avec l'Etat, le jeu pour les banques devient très simple : face elles gagnent, pile l'Etat perd. Comme le rendement est fonction croissante du risque pris, elles peuvent dès lors s'assurer un bon rendement en prenant des risques insensés. L'Histoire ne les a pas démenties : dans tous les pays, les banques ont été renflouées en 2008 ou 2009 par leurs Etats (sauf Lehman brother, il fallait bien faire un exemple) : pourquoi dès lors les banques deviendraient-elles responsables, çàd conscientes des risques qu'elles prennent et plus prudentes ?

n°26308281
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 07:26:47  profilanswer
 


 
Un monopole durable ne peut être accordé que par l'Etat, qui a le privilège de pouvoir par la force interdire toute vélléité concurrentielle. En ce sens, tout monopole est donc d'origine étatique, combien même il est accordé à une entreprise privée.  
 
J'ai précisé plus haut (mais je ne sais pas si tu me lis en fait) que tout monopole, public ou privé, gère moins bien que des entreprises placées en concurrence. Tout monopole monétaire est donc conduit à créer de la mauvaise monnaie, çàd une monnaie qui se dévalorise au fil du temps. Aucune pression concurrentielle ne l'incite à bien gérer la monnaie.
 
 

n°26308283
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 07:35:05  profilanswer
 


 
Le Franc suisse n'a pas cours légal et forcé en France, l'euro si. Cela lui donne un avantage considérable, qui n'est pas lié à la qualité intrinsèque de l'euro mais à son cours légal et forcé. Je sais qu'en France avec des euros en poche, aucun commerçant ne peut refuser mon paiement. Avec des Francs suisses, je risque de m'exposer à un refus de 9 sur 10 d'entre eux. Dès lors, tout le monde conserve ses euros, même si l'euro se dévalorise plus vite que le Franc suisse par exemple : la première qualité d'une monnaie étant sa liquidité, çàd son acceptabilité  (comme une des premières qualités d'un système d'exploitation este d'être le plus compatible possible et le plus utilisé possible, même si ce n'est pas le meilleur
 
 

n°26308339
johnbroot
n00b Inside
Posté le 01-05-2011 à 08:53:17  profilanswer
 

maponos a écrit :


Ben ceux qui se feront baiser sont les fonctionnaires et les salariés (ben oui les employeurs voudront se débarrasser de leurs francs et garder les euros pour eux). Mais tant qu'on ne quitte pas le pays ça ne pose pas de problème, surtout si les salaires sont annoncés en euro (mais payés en franc).


 
Tu es bon pour le prochain prix nobel de l'économie avec de telles idées brillantissimes.

Message cité 1 fois
Message édité par johnbroot le 01-05-2011 à 08:53:38

---------------
"Tout le monde sait que les immigrés viennent vivre du RSA en prenant les emplois des français. L'immigré de Schrödinger" Gottorp
n°26308421
otobox
Posté le 01-05-2011 à 09:45:10  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Si pour faire du pognon, je prends un risque excessif, je fais faillite et je perds mon capital : cette perspective m'incite à prendre moins de risque et donc à ne pas faire du pognon à tout prix. C'est l'éthique du capitalisme : chacun est totalement responsable des actes qu'il entreprend et en subit la totalité des conséquences. C'est un outil régulateur puissant, qui dissuade de faire trop de conneries.
 
Si maintenant je sais que l'Etat me renflouera (imagine-t-on l'Etat français ne pas renflouer la BNP ou le CA si un jour ils sont en faillite ?), je vais prendre des risques plus importants que je n'en aurai pris sans cette garantie. Avec l'Etat, le jeu pour les banques devient très simple : face elles gagnent, pile l'Etat perd. Comme le rendement est fonction croissante du risque pris, elles peuvent dès lors s'assurer un bon rendement en prenant des risques insensés. L'Histoire ne les a pas démenties : dans tous les pays, les banques ont été renflouées en 2008 ou 2009 par leurs Etats (sauf Lehman brother, il fallait bien faire un exemple) : pourquoi dès lors les banques deviendraient-elles responsables, çàd conscientes des risques qu'elles prennent et plus prudentes ?


Dire qu'on fait n'importe quoi parce que l'état est derrière pour rattraper les conneries est fumeux comme raisonnement.
 
Une banque n'appartient à personne, seulement à un groupe de personnes. On pourrait dire aussi que le PDG s'en fout parce que ce n'est pas sa banque, donc il fait ce qu'il veut. Si la banque fait faillite, le chef perd son salaire, c'est tout.
 
Ensuite, "la banque" pourrait se dire aussi qu'au lieu de simplement renflouer ses caisses en cas de faillite, l'état nationalise aussi la banque et là, elle perd tout.
 
Enfin, en démocratie, chacun est responsable de ses actes. Et là où je suis d'accord, c'est que les banquiers et les types qui sont au pouvoir ont usé leurs fonds de culottes sur les même bancs, ils savent très bien que ce ne sera pas les seconds qui chercheront des histoires aux premiers.
C'est typiquement un cas où l'état ne fonctionne pas, car il est perverti. Mais ça ne veut pas dire que le concept est mauvais.

n°26308428
radioactif
Mighty mighty man
Posté le 01-05-2011 à 09:47:51  profilanswer
 

otobox a écrit :


Dire qu'on fait n'importe quoi parce que l'état est derrière pour rattraper les conneries est fumeux comme raisonnement.
 
Une banque n'appartient à personne, seulement à un groupe de personnes. On pourrait dire aussi que le PDG s'en fout parce que ce n'est pas sa banque, donc il fait ce qu'il veut. Si la banque fait faillite, le chef perd son salaire, c'est tout.

Ensuite, "la banque" pourrait se dire aussi qu'au lieu de simplement renflouer ses caisses en cas de faillite, l'état nationalise aussi la banque et là, elle perd tout.
 
Enfin, en démocratie, chacun est responsable de ses actes. Et là où je suis d'accord, c'est que les banquiers et les types qui sont au pouvoir ont usé leurs fonds de culottes sur les même bancs, ils savent très bien que ce ne sera pas les seconds qui chercheront des histoires aux premiers.
C'est typiquement un cas où l'état ne fonctionne pas, car il est perverti. Mais ça ne veut pas dire que le concept est mauvais.


Ce qui est normal. Il a été choisi par les actionnaires pour mener la politique des actionnaires...


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"La physique, c'est les mathématiques du branleur curieux"© | "Les gens ont tellement peur d'avoir un futur pourri qu'ils se font facilement a l'idee d'avoir un present de merde, en somme"©
n°26308446
otobox
Posté le 01-05-2011 à 09:55:24  profilanswer
 

radioactif a écrit :


Ce qui est normal. Il a été choisi par les actionnaires pour mener la politique des actionnaires...


Donc, selon le discours de limonaire, on pourrait en conclure que le pdg n'en a rien à foutre car il sait qu'il ne perdra pas grand chose (sinon son salaire mirobolant) s'il prend des risques inconsidérés.
Il faut donc moins de pdg car ils pervertissent le marché !

n°26308511
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 10:18:49  profilanswer
 

otobox a écrit :


Dire qu'on fait n'importe quoi parce que l'état est derrière pour rattraper les conneries est fumeux comme raisonnement.
 
Une banque n'appartient à personne, seulement à un groupe de personnes. On pourrait dire aussi que le PDG s'en fout parce que ce n'est pas sa banque, donc il fait ce qu'il veut. Si la banque fait faillite, le chef perd son salaire, c'est tout.
 
Ensuite, "la banque" pourrait se dire aussi qu'au lieu de simplement renflouer ses caisses en cas de faillite, l'état nationalise aussi la banque et là, elle perd tout.
 
Enfin, en démocratie, chacun est responsable de ses actes. Et là où je suis d'accord, c'est que les banquiers et les types qui sont au pouvoir ont usé leurs fonds de culottes sur les même bancs, ils savent très bien que ce ne sera pas les seconds qui chercheront des histoires aux premiers.
C'est typiquement un cas où l'état ne fonctionne pas, car il est perverti. Mais ça ne veut pas dire que le concept est mauvais.


 
Le capitalisme a sa logique : la responsabilité. C'est un principe qui permet la régulation des comportements. Si l'Etat édulcore le principe de responsabilité, le capitalisme marche moins bien, car on porte ainsi atteinte au mécanisme de régulation du système.  Il faut voir ces banquiers pleurer auprès de l'Etat pour demander des aides et faire chantage sur le risque systémique et le risque de récession : ce n'est pas normal. Dans une économie de marché, les actionnaires prennent le risque. Si ça marche, ils prennent les profits et l'Etat n'a rien à dire ; si ça ne marche pas, ils subissent les pertes, et l'Etat n'a rien à dire non plus. En intervenant, il n'encourage pas les dirigeants à faire preuve de discernement : ces derniers savent qu'en cas d'erreurs de jugement ou de gestion, ils pourront présenter l'ardoise à l'Etat
 
Si l'Etat intervient, c'est souvent :
- par connivence avec le patronat : les élites politiques et les élites financières se connaissent et dînent ensemble en ville
- par peur des conséquences sociales et politiques de licenciements massifs suite à la faillite d'une banque : mais les actifs de la banque en faillite seraient rachetés par une autre, et une grande partie du personnel (pas tous, sans doute, c'est vrai) serait réemployée.
 
Tu pointes un aspect intéressant : le dirigeant salarié qui au pire ne perd que son salaire s'il est viré, face à l'actionnaire qui perd tout en cas de faillite. C'est un vrai problème du capitalisme moderne, où les entreprises ont une taille telle qu'actionnaire et dirigeant ne sont plus la même personne et ont donc des intérêts divergents. Ce serait ce divorce entre dirigeant et actionnaire qui créerait ces prises excessives de risque par le dirigeant, et non la garantie implicite/explicite de l'Etat : peut-être. Mais là encore il y aurait beaucoup à dire...

n°26308525
Betcour
Building better worlds
Posté le 01-05-2011 à 10:23:01  profilanswer
 

limonaire a écrit :

Si maintenant je sais que l'Etat me renflouera (imagine-t-on l'Etat français ne pas renflouer la BNP ou le CA si un jour ils sont en faillite ?), je vais prendre des risques plus importants que je n'en aurai pris sans cette garantie. Avec l'Etat, le jeu pour les banques devient très simple : face elles gagnent, pile l'Etat perd. Comme le rendement est fonction croissante du risque pris, elles peuvent dès lors s'assurer un bon rendement en prenant des risques insensés.


Enfin là j'ai quand même une objection : l'état "sauve" peut être les banques, en tant que personnes morales, mais leurs actionnaires sont totalement ruinés au passage. Donc en réalité la prise de risque a bien des conséquences dramatiques et définitives pour les banques ou du moins ceux qui sont censés orienter la stratégie.
 
A mon sens le soucis n'est pas l'aléa moral mais la dilution de responsabilité : le patron ne sait pas tous des risques que prennent les salariés, le patron prend lui même peu de risques car il neste qu'un salarié, les actionnaires n'ont que peu de visibilité sur les risques qui sont pris par leur entreprise.
 
Ce qu'il faudrait c'est une métrique simple du degré de risque pris par un établissement financier, qui soit visible pour l'actionnaire de façon aussi claire que le PER ou le dividende. Investir sans connaitre le risque c'est forcément mal investir.


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Posté le 01-05-2011 à 10:23:01  profilanswer
 

n°26308543
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 10:27:45  profilanswer
 

Betcour a écrit :


Enfin là j'ai quand même une objection : l'état "sauve" peut être les banques, en tant que personnes morales, mais leurs actionnaires sont totalement ruinés au passage. Donc en réalité la prise de risque a bien des conséquences dramatiques et définitives pour les banques ou du moins ceux qui sont censés orienter la stratégie.
 
A mon sens le soucis n'est pas l'aléa moral mais la dilution de responsabilité : le patron ne sait pas tous des risques que prennent les salariés, le patron prend lui même peu de risques car il neste qu'un salarié, les actionnaires n'ont que peu de visibilité sur les risques qui sont pris par leur entreprise.
 
Ce qu'il faudrait c'est une métrique simple du degré de risque pris par un établissement financier, qui soit visible pour l'actionnaire de façon aussi claire que le PER ou le dividende. Investir sans connaitre le risque c'est forcément mal investir.


 
Les pertes bancaires ont été quand même moins fortes que si l'Etat n'était pas intervenu à coup de prêts, de rachats d'actifs pourris, de recapitalisation, de diminution des taux de refinancement...  

n°26308567
Betcour
Building better worlds
Posté le 01-05-2011 à 10:33:57  profilanswer
 

limonaire a écrit :

Les pertes bancaires ont été quand même moins fortes que si l'Etat n'était pas intervenu à coup de prêts, de rachats d'actifs pourris, de recapitalisation, de diminution des taux de refinancement...


Je te l'accorde, mais quand on voit les pertes sur les établissements les plus touchés (genre le cours d'AIG : -98% entre l'avant crise et aujourd'hui), la différence est négligeable pour les actionnaires.
 
Le soucis c'est que moi, petit porteur, je peux me faire facilement une idée des risques pris par France Télécom ou Lafarge, par contre j'en ai pas le début de commencement d'idée pour un titre comme la BNP. Et je subodore que même les gros actionnaires n'en savent pas beaucoup plus...


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n°26308601
Profil sup​primé
Posté le 01-05-2011 à 10:39:33  answer
 

limonaire a écrit :


 
Le capitalisme a sa logique : la responsabilité. C'est un principe qui permet la régulation des comportements. Si l'Etat édulcore le principe de responsabilité, le capitalisme marche moins bien, car on porte ainsi atteinte au mécanisme de régulation du système.  Il faut voir ces banquiers pleurer auprès de l'Etat pour demander des aides et faire chantage sur le risque systémique et le risque de récession : ce n'est pas normal. Dans une économie de marché, les actionnaires prennent le risque. Si ça marche, ils prennent les profits et l'Etat n'a rien à dire ; si ça ne marche pas, ils subissent les pertes, et l'Etat n'a rien à dire non plus. En intervenant, il n'encourage pas les dirigeants à faire preuve de discernement : ces derniers savent qu'en cas d'erreurs de jugement ou de gestion, ils pourront présenter l'ardoise à l'Etat
 
Si l'Etat intervient, c'est souvent :
- par connivence avec le patronat : les élites politiques et les élites financières se connaissent et dînent ensemble en ville
- par peur des conséquences sociales et politiques de licenciements massifs suite à la faillite d'une banque : mais les actifs de la banque en faillite seraient rachetés par une autre, et une grande partie du personnel (pas tous, sans doute, c'est vrai) serait réemployée.
 
Tu pointes un aspect intéressant : le dirigeant salarié qui au pire ne perd que son salaire s'il est viré, face à l'actionnaire qui perd tout en cas de faillite. C'est un vrai problème du capitalisme moderne, où les entreprises ont une taille telle qu'actionnaire et dirigeant ne sont plus la même personne et ont donc des intérêts divergents. Ce serait ce divorce entre dirigeant et actionnaire qui créerait ces prises excessives de risque par le dirigeant, et non la garantie implicite/explicite de l'Etat : peut-être. Mais là encore il y aurait beaucoup à dire...


 
Sauf que tu fais aucune distinction entre l'etat et le gouvernement qui le dirige. L’état en lui même est neutre, seul les gouvernements sont responsables. La gérance de l’état ne sera pas la même sous un gouvernement de droite ou de gauche, sauf si se sont les mêmes, a gauche et droite à cause d'un système perverti, ou gauche et droite ont faits les écoles et formations, ils sortent d'un même moule.  
 
Mais là c'est plus un problème de l’état mais de démocratie, qui fait que même les élections sont truquées pour favoriser le bipartisme et retrouver toujours les mêmes au pouvoir. L’état n'a rien avoir dans ce que tu dénonces, c'est le système même qui est pourri. L’état ne peut vraiment jouer son rôle que dans une véritable démocratie.  
 
 

n°26308634
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 10:44:37  profilanswer
 

Betcour a écrit :


Je te l'accorde, mais quand on voit les pertes sur les établissements les plus touchés (genre le cours d'AIG : -98% entre l'avant crise et aujourd'hui), la différence est négligeable pour les actionnaires.

 

Le soucis c'est que moi, petit porteur, je peux me faire facilement une idée des risques pris par France Télécom ou Lafarge, par contre j'en ai pas le début de commencement d'idée pour un titre comme la BNP. Et je subodore que même les gros actionnaires n'en savent pas beaucoup plus...

 

Parce qu'il y a dans le domaine bancaire une dimension systémique (tant que tout va bien tout va bien et dès que ça va mal, tout va très mal partout), avec des fonds propres insuffisants pour encaisser ce risque.

 

L'existence d'un prêteur en dernier ressort est quand même une des raisons qui expliquent le faible niveau de fonds propres des banques : dans un système régulé par le marché, les fonds propres, pour une activité aussi risquée que l'activité bancaire, seraient nettement plus élevés. L'intervention croissante de l'Etat va de pair avec le capitalisme sans capital...

Message cité 1 fois
Message édité par limonaire le 01-05-2011 à 10:51:51
n°26308666
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 10:51:24  profilanswer
 


 
C'est très contestable, ce que tu écris.
 
Je pourrais faire le raisonnement inverse : le marché est irréprochable, ce qui pose problème ce sont des individus sans scrupules, qui pervertissent le marché.
 
En fait, il y a deux façons de penser l'organisation politique :
- prendre les hommes tels qu'ils sont : il existe des crapules, et même parmi les gens bien, on sait que certains peuvent être tentés à piquer dans la caisse ou à servir d'abord leurs amis, c'est humain. Il faut alors imaginer un système qui fonctionne avec des êtres humains imparfaits, pas toujours vertueux.
- classer les hommes en bons et salauds et penser qu'on peut changer l'homme : le mythe de l'homme nouveau.  
 
Je ne suis pas sûr qu'il y ait des hommes bons et mauvais dans l'absolu. C'est le système institutionnel qui fera qu'ils se comporteront bien ou mal. Il faut donc faire abstraction des gens qui agissent sur le marché ou à la tête de l'Etat : le but est de mettre en place des mécanismes régulateurs qui limitent la capacité de nuisance de crapules, aussi bien sue le marché qu'à la tête de l'Etat.
 
 

n°26308671
Betcour
Building better worlds
Posté le 01-05-2011 à 10:52:04  profilanswer
 

limonaire a écrit :

L'existence d'un prêteur en dernier ressort est quand même une des raisons qui expliquent le faible niveau de fonds propres des banques : dans un système régulé par le marché, les fonds propres, pour une activité aussi risquée que l'activité bancaire, seraient nettement plus élevés. L'intervention croissante de l'Etat va de pair avec le capitalisme sans capital...


Là dessus je suis d'accord. C'est sur les "sauvetages purs et simples" (type AIG) que je conteste l'aléa moral dans la mesure où les actionnaires sont lourdement pénalisés de toute façon.


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"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°26308681
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 10:54:25  profilanswer
 

Betcour a écrit :


Là dessus je suis d'accord. C'est sur les "sauvetages purs et simples" (type AIG) que je conteste l'aléa moral dans la mesure où les actionnaires sont lourdement pénalisés de toute façon.


 
Mais peut-être que les actionnaires ont été surpris de la perte et pensaient que l'aide de l'Etat lisserait tout ou presque : dans ce cas, même si ex post cela ne s'est pas produit, il suffit que les actionnaires l'aient pensé ex ante pour qu'il y ait eu alea moral.

n°26308744
Betcour
Building better worlds
Posté le 01-05-2011 à 11:05:23  profilanswer
 

limonaire a écrit :

Mais peut-être que les actionnaires ont été surpris de la perte et pensaient que l'aide de l'Etat lisserait tout ou presque : dans ce cas, même si ex post cela ne s'est pas produit, il suffit que les actionnaires l'aient pensé ex ante pour qu'il y ait eu alea moral.


Peut être, mais à mon avis pas beaucoup d'actionnaires ne devaient réaliser les immenses risques pris sur les CDS/CDO, eux même adossés à des titres dont le risque était mal évalué. Le filet de sécurité l'état personne ne devait y penser parce que personne n'imaginait que le premier assureur mondial faisait un numéro d'équilibriste au dessus du vide.


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n°26308793
Profil sup​primé
Posté le 01-05-2011 à 11:16:24  answer
 

limonaire a écrit :


 
C'est très contestable, ce que tu écris.
 
Je pourrais faire le raisonnement inverse : le marché est irréprochable, ce qui pose problème ce sont des individus sans scrupules, qui pervertissent le marché.
 
En fait, il y a deux façons de penser l'organisation politique :
- prendre les hommes tels qu'ils sont : il existe des crapules, et même parmi les gens bien, on sait que certains peuvent être tentés à piquer dans la caisse ou à servir d'abord leurs amis, c'est humain. Il faut alors imaginer un système qui fonctionne avec des êtres humains imparfaits, pas toujours vertueux.
- classer les hommes en bons et salauds et penser qu'on peut changer l'homme : le mythe de l'homme nouveau.  
 
Je ne suis pas sûr qu'il y ait des hommes bons et mauvais dans l'absolu. C'est le système institutionnel qui fera qu'ils se comporteront bien ou mal. Il faut donc faire abstraction des gens qui agissent sur le marché ou à la tête de l'Etat : le but est de mettre en place des mécanismes régulateurs qui limitent la capacité de nuisance de crapules, aussi bien sue le marché qu'à la tête de l'Etat.


 
Et c'est pas ça la démocratie ?  Le meilleurs moyen de contrôler les hommes, c'est de partir  de la base vers le sommet et non l'inverse. Nous somme dans un système ou c'est le sommet qui dirige la base, forcement la perversion ne peut être qu'au bout du chemin...

Message cité 1 fois
Message édité par Profil supprimé le 01-05-2011 à 11:21:43
n°26308917
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 11:37:25  profilanswer
 
n°26308970
yoyo173
Posté le 01-05-2011 à 11:50:10  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Si pour faire du pognon, je prends un risque excessif, je fais faillite et je perds mon capital : cette perspective m'incite à prendre moins de risque et donc à ne pas faire du pognon à tout prix. C'est l'éthique du capitalisme : chacun est totalement responsable des actes qu'il entreprend et en subit la totalité des conséquences. C'est un outil régulateur puissant, qui dissuade de faire trop de conneries.
 
Si maintenant je sais que l'Etat me renflouera (imagine-t-on l'Etat français ne pas renflouer la BNP ou le CA si un jour ils sont en faillite ?), je vais prendre des risques plus importants que je n'en aurai pris sans cette garantie. Avec l'Etat, le jeu pour les banques devient très simple : face elles gagnent, pile l'Etat perd. Comme le rendement est fonction croissante du risque pris, elles peuvent dès lors s'assurer un bon rendement en prenant des risques insensés. L'Histoire ne les a pas démenties : dans tous les pays, les banques ont été renflouées en 2008 ou 2009 par leurs Etats (sauf Lehman brother, il fallait bien faire un exemple) : pourquoi dès lors les banques deviendraient-elles responsables, çàd conscientes des risques qu'elles prennent et plus prudentes ?


Ben vi, je vois que tu es convaincu.
Dans le même ton, si je pars de chez moi, je ne ferme pas la porte parce que je sais que l'état veille à ma sécurité. Je ne me soigne pas puisque l'état le fera et autres faribolesµ.
Et pour les entreprises autres que les banques, plus responsables ? Ben non. La cause est elle donc l'état ou la recherche permanente d'un profit maximum ?
C'est l'état puisque autrement, tous tes raisonnements tomberaient à l'eau.  
 

n°26308981
Profil sup​primé
Posté le 01-05-2011 à 11:52:36  answer
 

 
Citation :

Une des conclusions de la théorie des choix publics est que les démocraties produisent moins de « bonnes » décisions que l'optimum, en raison de l'ignorance et de l'indifférence rationnelles des électeurs. En effet, aucun électeur singulier ne peut s'attendre à ce que sa voix ait un poids sensible sur le résultat des élections, tandis que l'effort nécessaire pour s'informer afin de voter en toute connaissance est, lui, considérable. Ainsi, le choix rationnel de l'électeur est de rester dans l'ignorance, voire de s'abstenir (les experts parlent de l'irrationalité du vote). La théorie explique ainsi l'ignorance massive du corps électoral, a fortiori le taux d'abstention généralement constaté.

 

C'est pas ça justement la démocratie . La démocratie implique la participation de tous. La démocratie c'est pas uniquement de la liberté, c'est aussi des devoir. Mais pour pouvoir exercer ses devoirs les citoyens doivent être éduqués politiquement et informés par des médias pluriels. Tout le contraire  du système actuel, ou la politique est bannie des écoles et les médias aux mains des puissances financières aussi libérales soient-elles, qui désinforment.

Message cité 2 fois
Message édité par Profil supprimé le 01-05-2011 à 12:27:15
n°26308999
yoyo173
Posté le 01-05-2011 à 11:54:40  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Les agents agissent dans un cadre régulé : cette régulation est soit étatique soit celle du marché. Dans le domaine bancaire, il va de soi que la régulation est essentiellement étatique (du fait de la banque centrale, mais pas seulement) : le marché a peu à voir là-dedans.


 

Betcour a écrit :


Toi. L'indépendance ne veut pas dire "pas étatique". Les tribunaux sont indépendants, ils font pourtant partie de l'état.
 
En plus l'indépendance de la BCE, comme de la FED, n'est en réalité que partielle (devine qui va choisir le prochain chef de la BCE ?)


Nan, moi, quand je lis que la BCE est dépendante des états alors que son statut en fait une entité indépendante, je me pose des questions.
C'est tout. Et particulièrement quand cette fausse affirmation est là pour étayer un raisonnement pas beaucoup plus juste.

n°26309001
moonboots
Posté le 01-05-2011 à 11:54:56  profilanswer
 


 :D   non mais laisse, libs et démocratie ce sont deux choses opposées

n°26309132
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 12:19:39  profilanswer
 

yoyo173 a écrit :


Ben vi, je vois que tu es convaincu.
Dans le même ton, si je pars de chez moi, je ne ferme pas la porte parce que je sais que l'état veille à ma sécurité. Je ne me soigne pas puisque l'état le fera et autres faribolesµ.
Et pour les entreprises autres que les banques, plus responsables ? Ben non. La cause est elle donc l'état ou la recherche permanente d'un profit maximum ?
C'est l'état puisque autrement, tous tes raisonnements tomberaient à l'eau.  
 


 
Je prends plus de risques parce que je suis assuré : c'est un problème classique d'alea moral auquel sont confrontées toutes les compagnies d'assurance. Ce phénomène existe et n'est pas une lubie de ma part : http://fr.wikipedia.org/wiki/Al%C3%A9a_moral    
 
Les autres grandes entreprises aussi bénéficient du parapluie étatique et essaient de la faire jouer par lobbying. Mais les risques sont moins grands dans l'industrie que dans la banque : il n'y a pas de bulle dans l'automobile ou dans la sidérurgie. Au pire, de la surcapacité de production  : mais c'est bien le même mécanisme. Par exemple, Renault maintient des surcapacités (assimilable à une prise de risque car cela entraîne une hausse des coûts fixes, dangereuse en cas de retournement de la conjoncture) qu'elle fait payer à l'Etat via  le chômage technique récurrent ou les primes à la casse qui reviennent régulièrement.

n°26309148
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 12:21:53  profilanswer
 

yoyo173 a écrit :


Nan, moi, quand je lis que la BCE est dépendante des états alors que son statut en fait une entité indépendante, je me pose des questions.
C'est tout. Et particulièrement quand cette fausse affirmation est là pour étayer un raisonnement pas beaucoup plus juste.


 
Sous ma plume, "étatique" est un raccourci qui veut dire "relevant de la puissance publique" par opposition au marché. Cela concerne l'Etat, les collectivités territoriales, la Sécu, la BCE, etc.

n°26309164
peaceful
beati pauperes spiritu
Posté le 01-05-2011 à 12:24:06  profilanswer
 

moonboots a écrit :


 :D   non mais laisse, libs et démocratie ce sont deux choses opposées

 

Venant du mec qui adule le communisme, c'est carèment fendard :D

 


Vous êtes perdus dans votre océan de chamallow, avec vos citoyens informés et politiquement éduqués, déjà que vous même ne comprenez rien...

 

Le citoyen citoyen moyen il s'en branle de ta démocratie, ce qu'il veut c'est se la couler douce en branlant le moins possible et en faisant perser sur les autres ses faiblesses et ses erreurs (id est FG, FN)

Message cité 2 fois
Message édité par peaceful le 01-05-2011 à 12:25:38

---------------
"Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler."
n°26309198
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 12:30:35  profilanswer
 


 
 
Outre l'abstention, on voit quand même beaucoup de gens qui votent sur la base de préjugés ou de look, sans jamais lire les journaux ou les programmes : ça en fait du monde. 25% des électeurs feraient leurs choix définitifs le dernier jour ou la dernière semaine (je ne sais plus).  
 
Il ne faut pas idéaliser la démocratie, comme il ne faut pas idéaliser le marché. Le marché a ses défaillances, répertoriées par les économistes (externalités, monopole naturel, bien public, asymétrie d'information, inégalités), la démocratie et l'Etat aussi. Par exemple, une des critiques de l'Ecole des choix publics à l'encontre de l'Etat, c'est la pression des lobbies pour obtenir des avantages catégoriels qui ne concerneront qu'une minorité (étudiants, fonctionnaires, agriculteurs, investisseurs aux Antilles, retraités, smicards, chômeurs, habitants des quartiers difficiles...) et dont le coût sera dilué, et donc indolore ou presque, sur la majorité. Le problème est que tout le monde fait partie d'au moins une minorité : le mécanisme du lobbying inhérent à la démocratie représentative implique alors une tendance à la dérive des dépenses publiques, que l'on a du mal à contrôler.
 
Le débat n'est pas entre un marché tout le temps vertueux et un Etat inefficace, ou entre les défaillances du marché et un Etat chevalier blanc. Il est plus pragmatiquement entre les défaillances du marché et les défaillances de l'Etat. Il s'agit des deux maux de choisir le moindre.

n°26309217
Profil sup​primé
Posté le 01-05-2011 à 12:33:34  answer
 

peaceful a écrit :


 
Venant du mec qui adule le communisme, c'est carèment fendard :D
 
 
Vous êtes perdus dans votre océan de chamallow, avec vos citoyens informés et politiquement éduqués, déjà que vous même ne comprenez rien...
 
Le citoyen citoyen moyen il s'en branle de ta démocratie, ce qu'il veut c'est se la couler douce en branlant le moins possible et en faisant perser sur les autres ses faiblesses et ses erreurs (id est FG, FN)


 
Non mais laisse moi rire , quand je lis ....  
 

Citation :

tandis que l'effort nécessaire pour s'informer afin de voter en toute connaissance est, lui, considérable.


 
Evidement dans un système ou tout est fait pour désinformer, l'effort pour s'informer devient considerable. CQFD    :o  

n°26309224
yoyo173
Posté le 01-05-2011 à 12:34:05  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Je prends plus de risques parce que je suis assuré : c'est un problème classique d'alea moral auquel sont confrontées toutes les compagnies d'assurance. Ce phénomène existe et n'est pas une lubie de ma part : http://fr.wikipedia.org/wiki/Al%C3%A9a_moral    
 
Les autres grandes entreprises aussi bénéficient du parapluie étatique et essaient de la faire jouer par lobbying. Mais les risques sont moins grands dans l'industrie que dans la banque : il n'y a pas de bulle dans l'automobile ou dans la sidérurgie. Au pire, de la surcapacité de production  : mais c'est bien le même mécanisme. Par exemple, Renault maintient des surcapacités (assimilable à une prise de risque car cela entraîne une hausse des coûts fixes, dangereuse en cas de retournement de la conjoncture) qu'elle fait payer à l'Etat via  le chômage technique récurrent ou les primes à la casse qui reviennent régulièrement.


 
Ainsi bopal, en inde, a tué des milliers de personnes. Pourquoi ? Parce que l'état indien était là ou parce que le directeur à chercher à maximiser ses profits au dépends de la sécurité ?
Oui certaines entreprises profitent des avantages d'un pays avec un état constitué pour faire encore plus de pognon, mais le problème ne vient pas des infrastructures en place mais bien du désir de gagner toujours plus d'argent, de n'avoir que son portefeuille comme projet. Le problème ne vient il pas d'un raisonnement économique libéral, l'argent avant tout, l'économie comme seule référence ?
 

n°26309245
yoyo173
Posté le 01-05-2011 à 12:37:13  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Sous ma plume, "étatique" est un raccourci qui veut dire "relevant de la puissance publique" par opposition au marché. Cela concerne l'Etat, les collectivités territoriales, la Sécu, la BCE, etc.


En gros, étatique veut tout dire ?
La santé, la sécurité, les infrastructures, le transport, l'économie, tout dépend, en partie, des états. Même les marchés qui, si ils n'étaient pas protégés par les états, ne vaudraient rien.

n°26309427
Profil sup​primé
Posté le 01-05-2011 à 13:10:37  answer
 

C'est fait, la Grèce fait défaut . C'etait a prévoir, le remède était pire que le mal.  :o

n°26309483
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 13:17:51  profilanswer
 

yoyo173 a écrit :


 
Ainsi bopal, en inde, a tué des milliers de personnes. Pourquoi ? Parce que l'état indien était là ou parce que le directeur à chercher à maximiser ses profits au dépends de la sécurité ?
Oui certaines entreprises profitent des avantages d'un pays avec un état constitué pour faire encore plus de pognon, mais le problème ne vient pas des infrastructures en place mais bien du désir de gagner toujours plus d'argent, de n'avoir que son portefeuille comme projet. Le problème ne vient il pas d'un raisonnement économique libéral, l'argent avant tout, l'économie comme seule référence ?
 


 
Je ne connais pas en détail Bhopal, mais cela vient peut-être en partie du manque de développement des droits de l'homme : les actionnaires ont pu se dire qu'en Inde, vu le sous-développement, en s'arrangeant avec le gouvernement, on pourrait s'en sortir, en cas d'accident chimique, avec quelques millions de dollars d'indemnités. Dès lors le risque chimique était rentable. Ce serait inconcevable dans un pays développé ou les victimes exigeraient une indemnisation plus importante en cas de pépin : dès lors, le risque n'est plus rentable.  
 
Plus une économie se développe et voit le revenu de ses habitants s'élever (grâce à l'économie de marché), plus le coût de la vie humaine augmente : on refuse dès lors de mourir pour son pays et on remplace la conscription par une armée de professionnels mécanisés (remplacement de l'homme par la machine), on met en place des principes de précautions, des normes de sécurité et des règles d'indemnisation qui dissuadent la prise de risque chimique ou nucléaire. Ainsi je ne suis pas sûr que sans l'Etat, le nucléaire se soit autant développé en France, aucune entreprise privée n'étant capable d'assumer le coût du démantèlement et le risque d'accident. Les pays qui sont passés au tout nucléaire n'ont pu le faire qu'avec le concours de l'Etat : en tout cas, c'est un hypothèse à creuser.  
 
Une entreprise privée cherche bien sûr le profit maximal : cela peut l'amener à prendre des risques excessifs (chimiques par exemple). Mais en fait, elle ne prendra ce risque que si la probabilité du risque est faible et/ou la perte comptable liée au risque est faible. Si la perte liée au risque est forte, l'entreprise ne prend pas le risque, justement parce qu'elle recherche le profit maximal.
 
La question est de savoir si ce n'est pas l'extension des droits de l'individu, avec la possibilité de les faire valoir devant les tribunaux, qui n'est pas la meilleure protection contre les risques excessifs industriels. Le fameux article 1382 de notre Code civil sur la responsabilité de chacun. Bref, Bhopal n'est-il pas survenu parce que dans les pays en développement l'Etat de droit n'est pas assez développé et que des culs terreux dans des bidonvilles n'ont aucun moyen de faire valoir leurs droits ?

n°26309509
moonboots
Posté le 01-05-2011 à 13:23:14  profilanswer
 

peaceful a écrit :


 
Venant du mec qui adule le communisme, c'est carèment fendard :D  


ah non tu dois confondre  :D
 
 

peaceful a écrit :

Vous êtes perdus dans votre océan de chamallow, avec vos citoyens informés et politiquement éduqués, déjà que vous même ne comprenez rien...
 
Le citoyen citoyen moyen il s'en branle de ta démocratie, ce qu'il veut c'est se la couler douce en branlant le moins possible et en faisant perser sur les autres ses faiblesses et ses erreurs (id est FG, FN)


voilà c'est bien ce que je disais   :D  merci

n°26309515
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 13:24:49  profilanswer
 

yoyo173 a écrit :


En gros, étatique veut tout dire ?
La santé, la sécurité, les infrastructures, le transport, l'économie, tout dépend, en partie, des états. Même les marchés qui, si ils n'étaient pas protégés par les états, ne vaudraient rien.


 
Je définis les termes que j'emploie et je leur donne un sens précis, ce qui permet la discussion. Ce qui n'est pas toujours le cas ici avec des gens qui emploient les mots libéralisme ou capitalisme en leur donnant un sens un peu flou.
 
Le marché de la santé existerait sans l'Etat : aux Etats-unis, 60% de ce marché dépend du privé par exemple, et c'était sans doute 100% ou presque avant le plan Johnson des années 60. En France, il y avait un marché de la santé privée (avce des mutuelles et des assurances privées) avant que la Sécurité sociale ne soit mise en place en 1945. L'économie fonctionnait avant 1913 et avait permis un décollage industriel de l'Europe et des EU bien que l'Etat ne dépasse pas à cette époque 10% du Pib et se contentait d'assurer les fonctions régaliennes, l'entretien des routes et l'éducation primaire. Et ce, en Europe ou aux EU. Donc on ne peut pas dire que l'économie ne "vaudrait rien" sans l'Etat ou dépend nécessairement de l'Etat. Il y a un monde entre la sphère très limité d'intervention de l'Etat en 1900 et son domaine d'intervention aujourd'hu : dans les deux cas, l'économie fonctionne (encore que "fonctionner" ne veuille pas dire grand chose). On peut penser que c'est mieux aujourd'hui mais on ne peut pas dire que l'économie ne tournerait pas sans l'Etat (à part l'Etat-gendarme bien sûr, ou Etat de droit)

n°26309532
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 13:27:07  profilanswer
 


 
Donc ceux qui anticipaient son défaut de paiement avaient raison : et ce sont pourtant eux que l'on a accusé de tous les maux, alors qu'ils ne faisaient qu'éclairer nos lanternes, en voyant ce qu'on ne voulait pas voir. Les Cassandre sont toujours mal vues quand elles annoncent des drames, quand les vrais auteurs du drame sont toujours blanchis.

n°26309611
maponos
Posté le 01-05-2011 à 13:40:41  profilanswer
 

johnbroot a écrit :


 
Tu es bon pour le prochain prix nobel de l'économie avec de telles idées brillantissimes.


Je n'ai jamais prétendu avoir la solution ultime et ne prétend surtout pas être un économiste.

n°26309638
moonboots
Posté le 01-05-2011 à 13:44:06  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Donc ceux qui anticipaient son défaut de paiement avaient raison : et ce sont pourtant eux que l'on a accusé de tous les maux, alors qu'ils ne faisaient qu'éclairer nos lanternes, en voyant ce qu'on ne voulait pas voir.


ah, à qui fais-tu référence   :??:  
 

limonaire a écrit :

Les Cassandre sont toujours mal vues quand elles annoncent des drames, quand les vrais auteurs du drame sont toujours blanchis.


comme pour la crise de 2008 quoi

n°26309691
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 01-05-2011 à 13:52:20  profilanswer
 

maponos a écrit :


Je n'ai jamais prétendu avoir la solution ultime et ne prétend surtout pas être un économiste.


 
Dieu t'en garde !  :o  

n°26309706
moonboots
Posté le 01-05-2011 à 13:53:51  profilanswer
 

maponos a écrit :


Je n'ai jamais prétendu avoir la solution ultime et ne prétend surtout pas être un économiste.


 :??:   mais qu'est-ce que tu fais là alors

n°26309755
Badcow
Posté le 01-05-2011 à 14:02:09  profilanswer
 


 
Non, un état "n'est pas neutre", le fait qu'un état soit une "république" ou une "république populaire", par exemple, implique un certain nombre de conséquences qui ne sont pas neutres.
 
Tiens, au passage, comment est-ce qu'on appelle le "premier ministre" en France ? => le chef du gouvernement, et le "président de la république" en France ? => le chef de l'état...


---------------
"The birds don't fly at the speed of sound" - "There's no replacement for displacement"
mood
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