Salut vrossi
vrossi1 a écrit :
Je n'ai pas participé depuis quelques temps et je n'ai pas le temps de reprendre tous les récents posts mais je vais tenter de résumer la situation.
Déjà la première chose, par rapport à la légitimité du Hizbullah, de sa qualification de "milice" ou de "résistance", et du regard de la population libanaise. Depuis 1992 les positions des gouvernements libanais successifs jusqu'à aujourd'hui ont toutes été similaires à ce sujet. L'ensemble des déclarations gouvernementales montre un consensus sur le fait que le Hizbullah est considéré comme un mouvement de résistance légitime.
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Certainement. Mais tu ne peux pas nier le fait que ces memes gouvernements ne sont pas libres de leurs declarations, apres la desastreuse experience de la guerre civile. Personne au Liban n'a interet ou envie de revivre un truc pareil, et c'est normal. Or, le poids du hezbollah est tel qu'il est devenu impossible aujourd'hui pour un gouvernement libanais, quel que soit son bord politique, de marginaliser le hezbollah. D'abord parce que celui-ci beneficie d'une assise populaire grandissante bien au-dela de la communaute chiite, et d'une aura de "resistance" legitimement gagnee haut la main en juin 2000 apres la fuite honteuse de Barak.
Mais il est egalement evident, comme tu le soulignes toi-meme en dessous, que si un gouvernement libanais quel qu'il soit tente de reprendre un peu de pouvoir, d'aller contre l'agenda du hezbollah, il se fait immediatement recadrer, par la force si necessaire. On est donc bien en presence d'une milice dont le chef impose l'agenda politique en matiere de defense et indirectement de politique etrangere dans la region : tant que le gouvernement suit la voie du hezbollah, pas de probleme, si il tente de s'en ecarter un tant soi peu comme pendant l'ete 2008, ca provoque des affrontements. Pour une raison simple, c'est que le gouvernement libanais ne dispose d'aucun moyen d'imposer un agenda quelconque si celui-ci diverge de celui de nasarallah, le desequilibre des forces etant abyssal, et l'armee libanaise etant egalement composee pour partie de combattants chiites (mais pas seulement) sympathisans du hezbollah.
vrossi1 a écrit :
Même le gouvernement illégitime de Siniora durant la période difficile 2006 2008 n'a jamais remis cette caractéristique en question.
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Il a essaye, pourtant, pendant l'ete 2008, de redresser un peu l'autorite de l'etat, avec les consequences immediates que l'on sait.
vrossi1 a écrit :
La position du gouvernement actuelle est la même, et se base sur la déclaration de Saad Hariri au parlement après son intronisation comme premier ministre.
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Meme chose, on sait tous les deux qui est derriere Saad Hariri, et on sait tous les 2 ce qui adviendrait du hezbollah si d'aventure il disposait d'une force de frappe egale ou superieure a celle de nasrallah
(ca vaut d'ailleurs egalement pour siniora avant lui)
vrossi1 a écrit :
Concernant la légitimité du Hizb pour la population, je rejette ce qui a été dit plus haut sur les prétendus analystes qui disent que la résistance est illégitime.
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Euh je sais pas si c'est de moi que tu parles, mais je n'ai pas dit ca, ou alors je me suis (tres) mal fait comprendre. Ou alors on parle pas de la meme chose quand on parle de "legitimite".
vrossi1 a écrit :
Malgré un nombre de siège inférieur obtenu par Hizbullah et le général Aoun durant les élections législatives, le nombre de voix obtenu par le camps de la résistance représentait 54% de la population libanaise (non obstant les voix achetée par le milliard posé sur la table par les Saoudiens).
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Oui je me souviens de cette farce electorale digne des plus belles victoires de netanyahou (ou de Sharon en 2005)
vrossi1 a écrit :
La majorité de la population a donc voté pour le programme du Hizbullah et se ses alliés. Seule la cartographie électorale a permi la victoire de l'autre camp en nombre de député. De plus, en 2009 Jumblatt et les Druzes étaient avec le 14 Mars. Maintenant ils sont derrière le Hizbullah et ne cessent de le répeter. On peut donc supposer que des élections à l'heure actuelle avec un changement de Jumblatt donnerait une majorité populaire encore plus importante à la résistance.
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En meme temps, on sait toi et moi qui y'a guere que le vent qui change plus souvent de direction que Jumblatt
vrossi1 a écrit :
Cette légitimité est justement l'objet de la guerre actuelle. A mes yeux, certains pays veulent désarmer et démentaller la résistance islamique car ils savent qu'elle est un facteur crucial dans un changement progressif de l'équilibre des forces dans la région. Ces attaques répétées se sont fait en plusieurs étapes.
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La dessus je suis assez d'accord, et a mon avis le probleme est plus large et va bien au-dela du simple conflit qui nous concerne sur ce topic.
vrossi1 a écrit :
Tout d'abord certains ont cru à la solution militaire. La guerre de 2006 avait pour but initial de frapper la résistance et de lui imposer un contrôle militaire par des forces étrangères. La vaillance du Hizb et ses capacités ont combat ont empêcher ce sinistre dessein et ont amené les protagonistes à choisir d'autres pistes.
Etant donné la force militaire du Hizb, la solution trouvée a été de s'attaquer à son chef d'état major, Imad Moughniyeh, mais surtout à ce qui a permis la réussite en 2006: le réseau téléphonique privé du Hizb. Ce réseau a été une clef stratégique de premier ordre et sans lui le résultat de 2006 aurait été tout autre. Ainsi, le 5 Mai 2008 et la demande du gouvernement Sioniora de démenteller ce réseau a été la deuxième étape dans les attaques contre le Hizbullah. Cela l'a poussé dans une solution extrême, qui fut l'imposition d'une solution militaire à Beyrouth Ouest et au démentellement des milices sunnites financées et entrainées par les Saoudiens, les Jordaniens et les Américains. Les Qataris ont alors contribué à une solution renforcant le Hizbullah.
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D'ou la panique de nasrallah de ces derniers jours j'imagine
vrossi1 a écrit :
La troisième étape est celle du tribunal pour l'assassinat de Hariri. Dès le départ celui ci fut politisé de façon extrême. Il fut à l'origine utilisé comme moyen de pression sur la Syrie afin de l'affaiblir et de réduire son influence. Pendant des années a prévalu la thèse que la Syrie avait ordonné cet assassinat et devait être punie. De grosses entorses aux règles de procédures ont finalement contribué à délégitimé ce tribunal. Des généraux ont été emprisonnés pendant 4 ans sans preuve puis relacher.
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La-dessus je suis tente de soupconner chirac d'avoir mis tout le poids qu'il pouvait, particulierement rancunier sur l'assassinat de rafic hariri avec qui il etait ami et entretenait des relations etroites (je crois qu'il habite toujours a Paris dans un hotel particulier qui appartient a la famille hariri)
vrossi1 a écrit :
La deuxième est que le Hizbullah est LA force majeur au Liban et qu'il ne peut pas être attaqué
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La on est d'accord
vrossi1 a écrit :
Par conséquent, le seul moyen qui reste afin de déstabiliser le Hizbullah est de lui oter sa légitimité populaire, légitimité confirmée par les élections. Le tribunal est l'outil de ce processus de délégitimisation. En accusant des individus du Hizbullah "incontrôlés", le tribunal veut délégitimer le parti dans son ensemble aux yeux des Libanais.
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C'est effectivement un risque majeur de troubles violents. Maintenant, qu'est-ce qu'on fait si des gens du hezbollah sont reellement impliques dans cette histoire ? Parce que je recois tout a fait l'argument de la politisation du tribunal, et cette eventualite ne m'etonnerait pas plus que, notamment du cote francais. Mais si reellement des gens du hezbollah ont trempe dans cette histoire ?
vrossi1 a écrit :
Dans le même temps, la France et Israel ont un autre objectif, celui de changer les règles sur le terrain. En violant les conditions d'engagement de l'UNIFIL, la France a récemment tenter d'imposer un changement sur le terrain des règles établies préalablement, avant une éventuelle confirmation par le conseil de sécurité. Heureusement, la vigileance de la population a forcé un rejet de ces tentatives.
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Admettons, mais il y a egalement de nombreux temoignages, de soldats de la finul ou d'observateurs sur place indiquant l'inverse, a savoir des mouvements et activites du hezbollah directement a l'encontre des regles etablies initialement avec la finul, donc je pense que cette histoire est plus grise qu'autre chose. Et lorsque des faits concordants sont rapportes par plusieurs agences de presses/journalistes reputes plutot "serieux", ca eveille forcement des doutes. Au debut la source que j'avais de ce genre de trucs, c'etait des articles de la MENA, donc j'ai plus ou moins zappe, vu que leurs journalistes sont capables d'ecrire des trucs corrects aussi bien que des inepties abherrantes. Ensuite ce sont des anciens de l'ALS dont les familles sont encore au Liban qui ont donne quelques infos confirmant ces articles dans la presse. Bon, alors la aussi tu peux dire "difficilement objectifs", mais ca fait quand meme 2 sources. Puis des soldats/officiers de la finul, et enfin des journalistes comme malbrunot, au final, ca devient quand meme difficile d'ignorer tous ces temoignages. Meme si ca reste largement a prendre avec des pincettes (sur l'histoire des heurts avec la Finul j'entends).
vrossi1 a écrit :
Concernant Malbrunot, il fut un journaliste sérieux mais j'ai l'impression qu'il suit un chemin similaire à celui de Robert Fisk. Les deux sont passé du statut de journalistes sérieux à celui de journalistes instrumentaliés par un agenda politique de leurs interlocuteurs.
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Je me suis fait plus ou moins la meme reflexion, a vrai dire. Mais dans le cas de Fisk, comme dans le cas de Malbrunot, ca reste une erreur a mon sens de rejeter ce qu'ils ecrivent en bloc. Et pourtant D.ieu sait que je suis plus que rarement d'accord avec ce que peut raconter Fisk recemment. J'admets avoir ete le premier a me foutre de lui quand quelqu'un a poste ici il y quelques temps un article de lui ou il qualifiat de "colonie" la ville de Kyriat Shmona, et j'admets volontiers apres avoir parcouru rapidement seon travail un peu plus vieux sur le Liban que le gars merite le respect pour son boulot, clairement.
Et puis bon, on sait toi et moi que suivre l'actualite dans le coin sans tres vite deborder du factuel vers l'ideologique/le politique, c'est un veritable tour de force, et je ne connais que de tres tres rares journalistes/observateurs qui en sont capables sincerement.