rantanplanx64 a écrit :
Bon pour ceux qui bossent comme moi, voila ce qu'on recoit sur les boites pro ... analyse de la photo par je sais pas qui ... ya pas que du faux
Composition über-merdique comme c'est pas permis. C'est une uvre digne d'un touriste en short photographiant un mannekenpis en passant devant par hasard. Tout est bancal, rien n'est cadré, rien n'est harmonieux dans les dispositions, rien n'est distribué intelligemment, tout est malhabile et malvenu, bref, rien n'a été pensé. Du boulot de sagouin torché en dix minutes, c'est minable. Déjà qu'on a pas un président terrible, mais en plus les salauds ils ne nous l'ont pas soigné pour sa pose officielle. C'est ni fait ni à faire.
Autopsie d'un cataclysme artistique : suivez mon regard et mon raisonnement :
1. Le fond : Les erreurs de la bibliothèque.
Première erreur :
Tous les bouquins sont impeccablement rangés dans cette bibliothèque. Ça ferait un bel arrière-plan, uniforme, ordonné, à la fois neutre et chatoyant par ses ors. Le genre de décorum idéal pour mettre en valeur la prestance d'une sihouette. Le pauvre débile qui tenait l'appareil photo, tout ce qu'il trouve à faire, c'est planter son Polaroïd Junior juste à l'endroit où il y a un bouquin de travers. Et pas vraiment discrètement, puisque le bouquin de travers [en fait, de face, mais il fait terriblement désordre], c'est celui qu'ii nous met en plein milieu de sa photo. Vachement esthète, le stagiaire de service. Et c'est pas vraiment élégant non plus, puisque le bouquin de travers ne sert même pas à enrichir le jeu de la composition en se trouvant dans un endroit qui lui donnerait sa pleine existence : c'est une pollution inutile, absurde et anecdotique qui vient se poser comme du guano juste à côté du centre d'intérêt majeur du sujet : la Tronche du Président [génuflexion]. Résultat : la dorure du bouquin, censée être une anecdote de fond, devient une tâche lumineuse qui éclipse complètement le regard du Bonhomme par son éclat jaune. C'est pas très malin. En regardant furtivement, ça lui fait une grosse oreille exactement symétrique à l'autre, et nous offre la fausse joie de voir Bayrou Président le temps d'une seconde illusionniste.
Deuxième erreur :
Cela induit un conflit violent : l'arrière-plan fait irruption dans l'avant-plan à l'endroit de la tache lumineuse de la couverture [à cause de cette tache lumineuse] : l'espace est brutalement comprimé en un point crucial : celui où le FOND et la FORME devraient au contraire avoir précisément le plus de distance. On a l'impression d'avoir photographié une bibliothèque avec un mec dedans, plutôt qu'un mec dans une bibliothèque. Ça donne aussi l'impression qu'on nous suggère d'associer la Tête Présidentielle [génuflexion] à une couverture de bouquin, les deux se répondant étrangement par leur proximité optique. Et je vois pas le rapport entre les deux, ni l'intérêt. C'est totalement con.
Troisième erreur capitale :
Ce que n'explique pas la notice de l'appareil photo [trouvé dans un Kinder Surprise le matin même], c'est l'art de composer des surfaces. En l'occurence, le fond de la bibliothèque est composé de deux surfaces : le grand rectangle du haut [avec les rayonnages de livres], et le rectangle du bas [avec les boiseries]. Le rectangle du haut est presque un carré : presque, et c'est bien dommage, parce qu'un rectangle qu'on sait pas trop si c'est un rectangle ou un carré, ça donne pas des proportions très heureuses. C'est assez moche. Enfin bref, ce qu'il faut retenir surtout, c'est que la ligne de séparation des deux zones de l'arrière-plan nous offre, aussi certainement qu'inconsciemment, l'image d'une ligne d'horizon sur laquelle l'il s'appuie pour construire un espace structuré dans notre cerveau. Et c'est là qu'il faut parler du chapitre deux :
2. Le mec sur la photo.
La ligne d'horizon est capitale : c'est elle qui détermine la hauteur de l'espace et des objets de la composition. Regardez où est planté le mec sur la photo : on a l'impression qu'il est minuscule, parce qu'il est écrasé, dominé par la zone d'arrière plan au-dessus de l'horizon : il ne fait pas le poids, clairement. La silhouette est cadrée bien trop bas, on se demande toujours si c'est pas plutôt une bibliothèque qu'on prend en photo, fortuitement habitée par un mec qui était dans le champ. En plus, comme cette zone dominante paraît plus éclairée que le sujet en avant-plan, on est encore en situation de conflit spatial où le derrière est projeté devant.
De deux choses l'une : soit on cadre vraiment le mec [on rabote toute la partie haute de la photo qui ne nous montre rien d'intéressant, et qui paraît BEAUCOUP trop vaste par rapport à la stature du bonhomme], soit on cadre franchement une bibliothèque [et on déplace le mec hors du centre du cadre]. Bref, c'est pas très heureux, tout ça. Les diplômes de photographe, ça se trouve dans les Happy Meal, on dirait.
3. Les drapeaux dans la bibliothèque.
Le[s] drapeau[x] [national] est un véritable protagoniste. Avec le mec sur la photo, il forme un joli couple. On croirait voir le marié [en noir, à droite] et la mariée [en robe/burqa multicolore, à gauche] dans une salle de bal, l'un contre l'autre, au moment de se lancer sur la piste de danse pour valser sur l'invalsable Beau Danube Bleu. Regardez bien la main droite de Sarkozy : en douce, il tripote déjà la jarretière.
Bon que dire de ce drapeau ? Qu'il est manifestement un personnage qu'on a fait venir exprès, qu'on a voulu exposer comme une personnalité importante. Pour le coup, c'est assez original, j'en conviens. Mais à vouloir cadrer à tout prix sur un drapeau trop grand, le mini-mec sur la photo s'en trouve encore rapetissé davantage. Et, entre un drapeau surdimensionné et un Président sous-dimensionné [génuflexion], le jeu des hiérachies est complètement foireux ; on ne sait pas ce qu'on doit voir en priorité. C'est la confusion génrale. Non mais il travaille où, ce "photographe" de mes fesses ? À Pif Gadget ?
Conclusion.
Ce portrait est un ratage total, sans dignité, sans envergure, sans intelligence, sans harmonie, sans beauté, sans émotion, sans discours clair, et surtout sans lumière aucune dans le regard de l'UMPiste élu.
PS : Ah oui, il y a un drapeau européen. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, moi ? On n'est plus à une catastrophe près. Quand on se retrouve dans une bibliothèque avec un paparazzi à deux neurones surtaxés pour faire mumuse comme des cons, faut pas s'étonner. Vous auriez préféré la mère Royal dans le portrait ? Elle, au moins, elle ferait pas semblant d'être intelligente.
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