CR Championnats de France de 10km – Course 1 (Masters, CA/JU)
Allez, J+1, les jambes sont dures, fatigue générale, mais avec le sentiment d’avoir fait une jolie perf hier, il est temps de faire un retour à froid sur ces championnats de France !
Le pourquoi du comment
Que dire ?
J’ai le sentiment d’avoir passé un gros cap depuis 2022 et l’année des 2 gros marathons : plus régulier à l’entrainement, pas de coupures de 3 semaines intempestives qui auraient lassé des coachs moins passionnés, et toujours cette envie intacte de continuer à progresser tout en vieillissant : mon accès à la catégorie M2 ouvre un autre champ de possibilités… Les championnats de France ! Sur marathon la qualif n’est vraiment pas un probleme (bon ok, il faudra quand meme se requalifier, donc restons humble), je visais clairement celle sur semi, et pourquoi pas, le 10km, cette distance horrible qui vous fait vomir sur la ligne d’arrivée.
Les 1h22’30 requis sont assez vite réalisé : après un premier echec de 11 secondes à Venissieux en novembre 2022 sur la « caisse » de Chicago, la tentative suivante est la bonne en mars 23, à Bourg en Bresse, en 1h20’59. Il ne me reste donc qu’à transformer l’essai sur le 10 de Villeurbanne quelques jours plus tard. Malgré la présence du coach, c’est trop juste, 37’06, c’est niqué pour 7 secondes.
A peine le temps de ravaler le vomi et la déception, le rendez vous sera donc pour le prochain gros 10 du coin, à savoir Venissieux en novembre 23. Toujours eu « peur » de m’y frotter, vu le niveau…
Comme je renonce aux France de semi (date à la con, à Belfort, et surtout d’autres objectifs comme les 20k de Paris… Et que je pense pouvoir me requalifier facilement…), autant vous dire que je suis au taquet quand je m’élance à Venissieux. 36’38 d’effort plus tard, hop, la QUALIF !!!
Quand la nouvelle tombe sur le lieu de l’organisation (Roanne est à 1h10 de chez moi en bagnole), il devient évident que je ne peux pas rater cette occasion de participer à ces championnats… Et clairement un gros objectif dans ma saison 2024 (ou j’ai déjà bcp trop de dossards de prévus – bisous coach).
Le contexte pré course
Bon, j’ai déconné. Le back to back semi de Bourg / Villeurbanne, c’était clairement pas une bonne idée… Dès le lendemain, je me retrouve avec une gene/douleur dans la face interne du genou droit. Ca passe à l’effort, mais de plus en plus difficilement… Jusqu’au point de « rupture » après une séance au seuil réalisée le 29 mars. Le lendemain, je me décide à prendre RDV chez un médecin du sport, et de couper. Dans mon malheur (je crois avoir été d’humeur assez exécrable pendant 2 jours), on me file le contact d’un doc dispo dès le mercredi suivant !
Au final, je me suis arrêté à temps : inflammation du cartilage, mais ras niveau tendons / ligaments. Il me cale un protocole de reprise, et dès le lendemain, hop la ! Reprise en EF. Mais musculairement, je suis à la rue complet, muscles raides h24. Je tente le tout pour le tout avec une séance de cryothérapie 5 jours avant les championnats, et on cale un petit bloc d’entrainement le mercredi / jeudi pour voir. RAS niveau cardio, mais clairement je ressent toujours une gêne quand le rythme s’accélère, ce qui dégrade la foulée…
Bref, je ne suis pas serein quand le réveil sonne hier matin… D’autant que je me prends une grosse douleur dans l’épaule, comme bloquée. Serais-je maudit ? Pas le temps de réfléchir : réveil 6h, petit dej dans la foulée, un doliprane pour l’épaule, caca express, et direct je prends la bagnole direction Roanne. L’état d’esprit est simple : faire honneur à la qualif, et faire en sorte que le club soit classé (on est 4 à participer, ce qui suppose que tout le monde soit bien présent et termine la course). Pour la perf, on verra plus tard…
Pré-course
Arrivée sur Roanne à 7h40, 1h20 avant la course : jamais été aussi large ! En sortant de la bagnole, plus de douleur dans l’épaule, alors que ca m’a fait chier toute la course… Faut pas chercher à comprendre… Un signe ?
Go chercher le dossard, je tombe sur un M7, on papote jusqu’au gymnase, en faisant un détour pour repérer les 3 premiers km du parcours. Une belle carrière ce monsieur ! Surtout, je réalise que l’immense ligne droite du bas du parcours n’est pas si plate, que la petite cote elle va nous flinguer les jambes, et que le premier km est vraiment descendant. Je récupère LES précieux vers 8h15 (et oui, le petit dossard ans le dos avec la catégorie…), et la, panique : une énorme file pour les chiottes. Sa race. Du coup, changement de plan : je retourne à la bagnole en courant, histoire de ma changer, pour retenter ma chance avant le départ.
Une idée de grande qualité. Arrivé sur le parking, le constat, implacable. La 2ème livraison matinale, c’est maintenant. Je ravale ma fierté et arrive à vidanger en 30 secondes chrono derrière un muret, et remercie mon habitude de laisser un rouleau de pq en permanence dans la voiture.
Libéré, changé, il reste encore un choix avant de remonter vers la ligne de départ pour un 2 echauffement : vapor ou Alphafly ? Vu le genou, le choix du confort… Et donc la version marathon la plus confortable (qui s’est avéré être un excellent choix au final). Hop, 8h30, il est temps de se mettre en route pour la grosse bagarre.
Echauffement basique, que j’écourte pour rentrer dans le sas 10’ avant le début. Erreur du débutant en championnat, c’est déjà blindé de chez blindé. Je me cale au plus près possible -c’est-à-dire déjà loin de la ligne -, et je regarde qui j’ai autour de moi. Très facile avec les dossards attribués par temps de qualif. En fait ca semble aller, c’est juste que c’est hyper dense : des championnats, quoi !
Je discute avec un mec M2 qui à l’air chaud bouillant, hyper affuté, chauve pour réduire la résistance à l’air. Il vient de Meru. Ca vous parle, Méru ? Non ? Vraiment pas ? Regardez sur une carte. Un coin paumé abominable de l’Oise, dans lequel j’ai vécu 3 ans quand j’étais gosse. Il était surpris que je connaisse… BEN TU M’ETONNES vu le coin. Un M3 veut nous passer devant, dossard 650 (j’ai 538 et MR Meru un peu plus bas). Je lui dit gentillement : OK mec, mais après faut assumer, parce que je vais partir fort. Je ne croyais pas si bien dire…
LA COURSE !!!! Première boucle !
Allez, ca tasse dans le sas – les cordons des 2 sas pref devant sont donc tombés… Et bim, le coup de feu. Je vais mettre 17 secondes à passer la ligne !!! Une fois celle-ci franchie, c’est Verdun.
Ca pousse, ca gueule, ca slalome. Je fais hyper gaffe ou je pose mes pieds, je manque de défoncer un M8 – mais bordel, quelle idée de se mettre devant… -, puis un second… Après la ligne droite de départ chaotique, on vire à gauche dans la grande descente. La route est nettement plus large, ca devient plus facile de doubler. Je check la montre : 4’05 en allure. M. MERU qui s’était faufilé en me suivant, gueule, en accélérant « fait chier, ca fait déjà 15 secondes de perdues laaaaaa ».
Et là, je réalise tout : ou je suis – des championnats donc -, que les jambes sont légères (merci les Alphafly ?), que je ne ressens aucune gene au niveau du genou, et que niveau transit, j’ai tout laissé sur le parking. Donc je pose le cerveau, et pour la première fois, je passe en mode YOLO.
J’accélère donc franchement pour me replacer. La montre ? hop 3’15 du km avant de tourner dans ce qui va devenir la grande ligne droite de l’Horreur. Le premier km bippe en 3’37 : j’aurais bien rattrapé le mauvais départ, il s’agit maintenant de tenir cette allure si possible !
Parce que oui, dans la ligne droite, je suis à 3’35/3’40, et ca me semble facile. Normal, c’est le début ! Je gère le petit coup de cul en acceptant de ralentir un peu – comme tout le monde, surtout mes lievres visuels. Sauf un gonz, appelons le punk (rapport a sa coupe de cheveu). Le mec que j’avais doublé dans le virage s’agace, et me redouble en coupant la route à 2/3 autres mecs. Gros con, va. Au sommet, relance, et c’est parti pour le retour vers le depart. Je r »alise que la encore, le parcours n’est pas si simple : faux plat montant, avec quelques relances. Mais l’allure tient, et je me sens frais en passant la ligne droite finale !
2EME BOUCLE
Hop, on redescend. Ca fait du bien dans les jambes – je reste raisonnable, je n’accélère pas comme un con – et surtout, dans la tete : je double plein de mecs !!! Je reprends en bas mon collègue de l’ASVEL (1h18 sur semi cette saison !), le punk – que je ne reverrai jamais – et MR MERU a disparu. Je suis à la bagarre avec des juniors, c’est assez rigolo.
Dans la grande ligne droite, check de la montre, 3’50. Merde. Ca y’est, la course commence. Il reste 3 km. Je fait l’effort de relancer, les jambes semblent OK. Déjà le virage à gauche, et le petit coup du cul. On va pas se mentir, il FAIT très mal celui-la. La relance au sommet est impossible, je m’accroche comme je peux visuellement à 2 mecs devant que je suis depuis le départ. Instant décisif : ils petent, je relance en les doublant. La montre revient sur la fourchette 3’40/3’45 : je me dis que c’est encore jouable, avec la petite avance prise dans la première boucle. On passe le 8e, ca devient difficile. 3’43, le plus lent de la course.
Le public s’est densifié sur la portion haute du parcours, c’est top ! les Elites H et les féminines encouragent leur collègue, ca motive. Des qu’un mec me reprend, je relance pour reprendre ma position. C’est la bagarre, j’ai plus de jambes. Au bord de l’explosion. 3’42 en passant la borne du 9eme.
Allez. Il me reste 1000m, 3 virages.
C’est rien. Mais terrible : je me fais passer par 2/3 juniors et un cadet, un M3… Putain, accroche toi bordel. Quand je pense tourner pour l’avant dernière fois, je me suis trompé : il reste encore une putain de rue. J’accroche un junior, et je pose le cerveau. Les nœuds dans l’estomac arrivent… Mais dernier virage.
Et la, quelle ambiance !!!
Les frissons – à moins que ce soit le vomi qui arrive… Je donne tout ce qu’il me reste. Je vois le chrono officiel. 36’37, 38… Dernier effort, je crois voir 3’00 en allure quand je passe la ligne à 36’48. J’arrete la montre.
36’31 !!!!!!!!!!!!!!!! Record perso !!!! La fatigue disparait instantanément !!
Post – course
Je retrouve les collègues du club, on sera donc bien classés ! 10e equipe masters au final, pas dégeu !
Rarement une anecdotique 462e place m’aura autant fait vibrer (j’vais le dossard 583 après tout).
Voilà, c’était long, pour un 10km… Mais c’était les championnats de France 2024, et j’y ai réalisé mon record personnel sur la distance, sans exploser, comme beaucoup, dans la seconde boucle. Sentiment incroyable sur le chemin du retour… Que vous avez contribué à faire durer, avec vos messages de félicitations !!
Merci à vous tous, sincèrement.
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