yipi a écrit :
CR semi-marathon de Paris 2021
Contexte pré-course
567 jours se sont écoulés depuis les foulées San-priotes (un 10 local, qui devait lancer la saison 2020…). Autant vous dire que j’ai hâte de remettre un dossard, qui rentre pile poil dans la préparation du plus gros projet (le marathon de Berlin, 26/9). L’été a été studieux, plus de 600km au compteur sur juillet/août, de belles sorties longues, et des séances allure 10/Semi qui vont bien. J’investi dans une nouvelle ceinture FC (polar, c’est top !!!) histoire de voir où on en est, et suivre la progression.
Je me pose samedi soir à l’hôtel, avec le stress positif qui va bien: le PR va tomber, mais suis-je capable de faire un « truc » validant les dernières séances allure Semi ?
H-3 heures
Réveil matinal (5h45), histoire de se caler un bon p’tit dej et de le digérer ! J’étais seul dans la salle à 6h. Ambiance fin du monde. Pauses techniques, on enfile la tenue (débardeur, comme un champion ) et on file en direction du départ, petit footing léger de 2km. On est bien, il fait déjà « lourd », mais les jambes sont légères et je me sens bien. H-5’
Calé dans le sas rouge (1h35 et moins), un bon 20°, et des gens qui sont pas là pour acheter un bon de terrain. La FC est haute au repos: on part pour une course bordel !!! Le plan: on part « vite » et on avise après 30’ pour éventuellement ajuster, le tout à la sensation.
0-5000
Comme prévu, ça part vite: des mecs qui visent 1h15 (ils ont pas demandé le sas élite…), on laisse partir. Les mecs qui partent à 6 au kilo ? Il y’en a 2, ils se font rouler dessus, et au bout de 10 secondes ils se mettent sur le côté… pas de pitié. Premier virage après le pont Sully, direction les quais, la montre indique 3’55, je me sens bien. On cherche un peu tous notre rythme, mais au moment de traverser le pont vers le parc Bercy, on est tous en place. Je garde en visuel une nana (on peut toujours ?) avec une belle foulée, 30m devant moi, dans mon allure. Le tunnel fait deconner le gps, mais je le regarde pas vraiment. Virage à droite, et bim, la première montée rue de Charenton.Ça tire dans les jambes, mais je tiens le katokilo sans dérive de la fc, et je relance au sommet: je me sens hyper bien, on va rentrer dans le bois de Vincennes.
Temps: 19’56 5k/10km
J’avais mal regardé le parcours: je pensais que l’avenue de gravelle montait plus fort que ça. J’ai même le sentiment que ça descend ! Y’a pas, les jambes sont la ! Le ravito du 6 me permet de boire 2 gorgées d’eau, et de vider la reste sur la tronche: il commence à faire chaud.
On tourne à gauche vers l’hippodrome, petite descente: relance ! La montre affiche 3’50, la fc bouge pas à 158/159, je reste cool en allongeant la foulée, en le disant que c’est des secondes de gagner pour la deuxième partie de la course. Je m’attendais à subir un peu le bois, vu la distance a y parcourir. Après une autre descente, l’arche du 10km !!! Déjà ! J’ai pas vu les bornes passer. Bip en 39’50: je rentre donc mon premier sub 40 sur un Semi. Sur le coup, je le dis que je suis un connard, et que je vais exploser big time sur la fin. Mais ça dure deux secondes: aucune dérive cardiaque, des jambes fraîches, des mecs qui commencent à flancher, mes cibles visuelles toujours la. Je commence à me dire qu’il y a un truc à faire.
Le 5000 en 19´54, difficile de faire plus régulier !
10/15km
Les km de la fin du bois de Vincennes et le retour dans Paris. Ils passent assez vite. Le passage devant le fort est sympa, car derrière je sais que ça « redescend » dans Paris, après une dernière petite montée. Je relance dès que je peux pour maintenir le tempo. Ce 5000 termine sur une belle descente, je commence à voir les premières défaillances, aucune alerte pour moi. Le 5000 en 19’42, passage des 15 en 59´32. Après avoir mangé une pâte de fruit au ravito du 12ème, je me sens encore frais.
15/20km
C’est la que tout se joue. Déjà cette horrible montée avenue Daumesnil. J’étais « tranquille » avec la foulée allongée de la descente qu’il faut manger ce truc. Tout le monde accuse le coup, mais je double bien une dizaine de runner. Je fais la jonction avec la nana (rappelez vous, la belle foulée !). Et je relance avenue de Reuilly, les jambes commencent à se durcir. C’est la ou il faut rester concentré et lucide: je décide de prendre mon gel coup de fouet à 300m du ravito, et je m’hydrate bien (la bouteille de vittel n’a pas fini sur ma tête). On arrive au ministère des Finances, un groupe de runner ambiance la course avec une grosse sono et leurs déguisements !! C’est con, mais ça me fait marrer et le donne un petit coup de boost. D’ailleurs, j’arrive très vite à la borne du 17ème. Dans la tête, c’est clair: 4100m, c’est en gros un tour du parc de la tête d’or et 500 m en posant le cerveau. Sauf que sur les quais, c’est un carnage: les petites montées casse-pattes après les ponts. La première passe bien, la seconde après le tunnel avant de remonter me tend les quadriceps. J’accepte la douleur, l’allure qui baisse, mais je relance direct au mental. La montée affiche 3’55 et une fc à 165: on peut y aller bordel !!! Surtout que je vois la borne du 19e.
Virage à droite pour l’hôtel de ville, virage à droite Rue de Rivoli, le 3’55 tiens toujours. Et la, le temps s’arrête: je vois l’arche du 20e, la colonne de la Bastille, le soleil dans les yeux: je sais que je vais pas craquer. On se tire la bourre avec un mec, on reprend des gens en mode pop corn. Le 5000 en 20’05 - foutues petites côtes !!
20/arrivée Rue saint Antoine: j’ai l’impression que ça descend (non, en fait), mon compagnon du 20e éclate - je l’encourage, il arrivera 45 secondes après moi -. Et on arrive place de la Bastille: je n’entends plus rien: je regarde le trait vert sur le sol, je double un mec dans le virage, et je vois la ligne d’arrivée. Sprint a 3’45 (ok, relance, je commençais à être cuit)… je passe la ligne en levant les bras, j’hurle, j’arrête la montre: 1h23’56. Temps officiel 1h23’55.
Je n’en crois pas les yeux, et je me met à pleurer. Une bénévole me demande si ça va.
Je crois lui répondre: ça va super, c’est sportivement le plus beau jour de ma vie.
Le Semi comme dans un rêve. Il est 20h20, je réalise toujours pas ce que j’ai réalisé ce matin. Coach, on a fait un truc la !!!
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