Alerte pavé
D'accord avec alvas pour les 15-20% d'augmentation de la vo2max absolue (1) c'est-à-dire de notre moteur, pour un coureur débutant en sport d'endurance.En revanche compte tenu du cumul des autres facteurs de progrès ces 15-20% d'augmentation de la vo2max absolue (L/min) peuvent se traduire à terme en 30, 40 voire 50% de progression en performance :
(2) amélioration de l'economie de course suite à l'entrainement (on consomme moins de vo2 par unité de temps à une vitesse donnée) : notre machine est moins gourmante analoguement à une voiture suite à de la R&D
(3) perte de masse superflue (la perte de certains muscules peut réduire la vo2 absolue et avoir différents effets sur la vo2/kg mais la perte de surplus type graisse ou masse musculaire excessive.en haut du corps augmente mécaniquement la vo2/kg à vo2 absolue inchangée). On retire des éléments inutiles de la machine telle que les sièges non conducteur de la voiture.
(4) amélioration de notre endurance aérobie (la capacité à maintenir plus longtemps une certain intensité autrement dit un certain % de vo2max)
En excluant (3) qui, bien qu'étant une source de progrès énorme chez certains coureurs en surpoids, pollue le débat et introduit des biais dans l'analyse des progressions individuelles, il nous reste les leviers (1) (2) et (4) pour un coureur au poids déjà idéal :
(1) peut faire progresser de 15-20% sur une distance donnée. Typiquement on va assez rapidement gagner ces 15%-20% ce n'est pas quelque chose qui prend des années et des années avant d'être en majeur partie exploité. Chez certains cyclistes ou autres sportifs déjà bien entraînés dans d'autres sports et débutant en course à pied cette marge est évidemment moindre.
(2) cette marge de progrès est importante mais plus difficile à mesurer / quantifier et plus long terme (requiert un entraînement conséquent sur de nombreuses années et beaucoup de bornes pour aller au bout de notre potentiel).
Paula Radcliffe par exemple a énormément progressé en économie de course â l'échelle de sa carrière. Un amateur peut peut-être gagner 5% ici et un élite 10-15%.
(4) on peut enfin grapiller quelques % en repoussant nos seuils mais l'augmentation de notre endurance aérobie aura un impact plus limité, peut-être 5%.
A noter : Vo2max (L/min) = (1)
Vo2max/kg (L/min/kg) = (1)+(3)
VMA = (1)+(3) + (2) (impact économie de course)
Performance = VMA & %vo2max tenable sur une durée donnée (4) (impact endurance aérobie)
A noter : on peut mesurer (4) par l'indice d'endurance, un défaut d'endurance (typique chez les débutants et amateurs peu entrainés ou mal entraînés) aura un impact considérable sur les perfs des distances longues (marathon, 100km...) et limité sur 5 ou 10k (même si il y a peut-être 5% à gagner tout de même)
En résumé pour un coureur débutant sans surpoids et sans passif dans d'autres sports on peut estimer à :
- 15-20% le gain de vo2 absolue
- 5-10% le gain d'économie de course
Soit en moyenne 25% de gain de VMA
- 5% de gain lié à l'endurance aérobie sur un 10km
Soit au total un ordre de grandeur de 30% de progression
C'est 30% de progression raisonnablement atteignable pour un amateur à partir d'une première compétition avec comme l'évoque alvas une dizaine d'entrainement en tout et pour tout chez un débutant de moins de 40 ans (pas particulièrement entrainé dans d'autres sports d'endurance, sans passé d'athlète, pas de prépa à 3 séances par semaines sur X mois). Ca demande d'être régulier et de bien s'entraîner sur plusieurs années. C'est peut-être 25% ou 35% mais l'ordre de grandeur est là. Et jusqu'à 40%-50% peut-être pour quelqu'un qui a des kgs en trop.
Dans mon cas sans perte de poids :
- premier 10km = 49'30 en juin 2013 après quelques semaines à 1 séance par semaine (61kg)
- juste sous les 40' en décembre 2014
- 38' en mai 2017 (64kg)
Je suis passé de 12.2 à 15.8 km/h soit environ 30% de progression en vitesse. Je pourrai peut-être gagner encore 5% en m'entraînant davantage et en optimisant tout (36'?), guère plus sans le mode de vie d'un pro.
C'est cette progression, monstrueuse pour les débutants qui n'ont pas de passé sportif, qui est géniale à vivre à rechercher / explorer au fil des années.
Le point de départ et la limite de chacun varient tellement génétiquement qu'il est en revanche sans intérêt de comparer des coureurs aux potentiels très différents.
Certains commencent à 60', d'autres à 50', d'autres bien plus rares à 40'. Retenons qu'ils sont tous capables de beaucoup progresser, et que les méthodes pour progresser sont les mêmes. Ca n'empêche pas de personnaliser l'entraînement, mais les composantes qui font progresser sont communes à tous.
Edit : j'oubliais un point, lorsque (1)+(2)+(3)+(4) font progresser de x% la vitesse sur une durée donnée, on progresse en réalité de x+"espilon"(5) % sur une distance donnée par exemple 10km.
Chez moi, (5) correspondant au gain de vitesse du fait de courir le 10km en environ 40' versus environ 50' : moins l'effort est long plus on peut tenir un haut % de vo2max toutes choses égales par ailleurs. (5) vient donc nous faire gagner encore un petit 1 ou 2% de vitesse supplémentaire sur une compétition en distance et non en durée.
Je profite de ce post pour donner quelques conseils aux débutants en se référant à ces 4 piliers fondamentaux de la progression :
(1) augmentera quoiqu'il arrive. Ne tombez pas dans le piège de la VMA courte/longue avec récup pincée et du "no pain no gain". La vo2 max progresse, quelques séances d'I-pace peuvent être bénéfique pour un coureur déjà bien entraîné mais chez débutant c'est source de blessures. La priorité est de se renforcer en tant que coureur et de construire sa base foncière, la vo2max progressera d'elle-même au fil des mois sans nécessairement chercher à courir à 100% vo2max
(2) l'économie de course progresse à long terme en courant. Si un volume très important de course permettra de progresser davantage dans ce domaine, il n'est pas question de brûler les étapes, la montée en charge doit se faire sur plusieurs années en tenant compte de vos possibilités personnelles. En attendant, vous pouvez commencer par des lignes droites / travail neuromusculaire / sprint court en côte avec récup longue complète/ éventuellement du R-pace (vigilance particulière ici attention à ne pas courir trop vite, à ne pas en faire trop, à garder une attitude relâchée et à prendre des récups bien longues)
(3) Perte de poids : si vous êtes concerné, réduisez les excès alimentaires mais ne cherchez pas à vous priver de trop de calories. La dépense augmente avec votre entraînement, laissez votre poids converger tranquillement vers votre de poids de forme.
(4) Endurance aérobie : sur 10k le travail du seuil anaérobie sera intéressant dans un deuxième temps après avoir construit une base foncière solide. Sur marathon repousser le seuil aérobie est absolument fondamental et cela n'est pas bien compatible avec un entraînement trop intense. La production d'acide lactique doit être limitée pour pouvoir provoquer les adaptations recherchées pour la performance sur le long.
(5) effet bonus gratuit qui découlera mécaniquement de vos progrès dans les autres domaines. Retenez que l'effort à l'entrainement se mesure en temps et en fc, pas en allure ni en distance. Mais gardez en-tête que les compétitions sont au format distance. Qu'un coureur en 3h au marathon sera au milieu de la résistance douce là ou un coureur en 4h15 sera au seuil aérobie. Qu'un coureur en 60' au 10km sera au seuil anaérobie alors qu'un pro en 30' sera dans un effort nettement plus intense.