CR Marathon de Lyon - Run in Lyon 2017
3e marathon pour moi après un premier en 3h00'xx à paris et deuxième en 2h46'59'' avec une préparation de 12 semaines mais faible kilométrage.
2017, reprise en club, volonté de faire mieux et de courir plus.
La prépa commence par une fasciite plantaire à cause de chaussures trop petites qui me bloque à 30/40km/hebdo tout le mois de juillet, par chance j'arrive à la faire passer et débute ma prépa mi-août. Au final entre une semaine de vacance et une semaine de flemme je ferai que 5 semaines de préparation à 75km hebdo de moyenne et malheureusement pas beaucoup de sorties longues.
Malgré ça je veux prendre le paris de battre mon record et faire moins de 2h45 voire 2h44 ou 2h43 ! Je décide après réflexion de partir en 3'50"/km et de tenir le plus longtemps possible. J’oublie le négative split et la course en totale maitrise.
Malgré quelques petites craintes la pré-course se passe bien, du made in ASO : pas de soucis pour déposer les sacs
J'arrive assez tôt au départ et j'ai le temps de m'échauffer, c'est pas comme les grosses courses parisiennes, on peut courir un peu où on veut, mais déjà je sens que je suis pas bien niveau digestif.
Départ :
Je retrouve mon collègue de club qui vise sub2h40 et le départ est donné. Juste après les élites les mecs du semi compressent tout le monde dans le sas pour passer la ligne de départ en premier, je laisse faire, j'ai 42 bornes à courir je m'en fout d'être en 1ère ligne pour partir !
0-10e :
je pars à l'allure cible : 3'50" que je trouve facilement. Je suis à l'aise, et plutôt bien, je profite et je suis pas du tout concentré dans la course. Rapidement, je suis pas bien, un mal de ventre qui me dit que je vais devoir faire quelque chose : impossible de finir la course dans cet état. C'est de pire en pire, je pense faire une diniz, je n'arrive plus à me concentrer sur la course. Par chance, j'arrive à conserver mon allure en automatique, mais je suis plutôt obsédé par trouver un chemin ou un buisson. J'arrive au 10e kilomètre, je suis à deux doigts de tout arrêter tellement c'est intenable, je repère un chemin qui descend au bord du fleuve et me dis que ça fera l'affaire ... sauf qu'une dame l'emprunte avec son chien au dernier moment. Je passe les ravito, et là .... là .... 2 cabines de chiotte !!! Je crie de bonheur !
10e-semi :
je repars après une pause, tellement légé et soulagé que je suis en mode fusée
. Par chance la pause était au 10e donc j'étais très frais, pas de difficultés à repartir, pas de contracture et je peux encore récupérer le temps perdu (une pause au 30e ou 35e c'est clairement la fin de la course). Passage au 11e en 4'53" ! j'ai donc 1' à reprendre ... jusqu'au semi je suis tellement à l'aise que je gratte 5'' à chaque km pour passer en 1h22' pile poil pour un objectif compris entre 1h21'30" et 1h22' ... je suis à nouveau dans la course !
Le retour sur lyon est sympa, je peux enfin profiter. Les coureurs du semi commencent à souffrir, et la différence est surprenante : je suis sur le 2e quart de mon marathon et je dois être à l'aise, je double des mecs en souffrance, j'en profite pour aider un mec à remonter un groupe car il était tout seul, il a du faire 2km dans ma foulée. J'espère que ça l'aurai aidé
Le passage dans le tunnel est pas fou fou, il y a rien et les coureurs semi/marathon sont déjà séparés. Je suis surpris et content de voir qu'il y a un peu de monde côté marathon : je remonte 5 coureurs dont la 3e féminine.
semi-30e :
Le passage dans le parc de la tête d'or est, bizarrement le passage que j'ai le moins aimé. Je suis à la mi-course et j'ai un tout petit contre coup du dernier 10km fait en 37'30" pour récupérer mon arrêt aux stands. Les allées du parc sont grandes mais nous sommes mélangés avec les gens en vélo, en footing ou à pied. La majorité est respectueuse mais clairement tout le monde s'en fout...
Les bénévoles préfèrent regarder qu'indiquer où tourner. Petit couac quand avec 2 autres coureurs, après un virage, ont se retrouve bloqués par des barrières ... le mec devant moins passe sous une rubalise, je fais de même (merci les cuisses) le 3e s'emmerde pas et dégomme tout
On termine enfin le parc de la tête d'or et on retourne sur les quais. J'ai semé les 2 collègues que j'ai repris dans le parc, dont un avec 2 potes en vélos qui gèrent ses ravito, je me fais doubler par une sorte de triathlète blond type homme alpha ...
je le reverrai jamais de la course ! Sur les quais ça déroule, je retrouve mon allure mais les douleurs reviennent... les gens sont cool et on a enfin quelques encouragements.
30e-35e
au 30e on quitte les quais pour entrer dans gerland. Niveau physique ça va mais je commence à me lasser de la course ... du 30 au 35e le parcours est pas très fun, passage dans le parc de gerland où il y a personne puis sur le parking technique du stade entre les 33 tonnes ! Obligé de constamment me motiver sinon je perd l'allure. Je fonctionne en me disant qu'il me reste que 45' puis 40' puis 30' ... je me parle tout haut et ça fonctionne mais je sens que je vais bientôt rentrer dans le dur ! Petit passage DANS le stade et là il y a une petite dizaine de militaire de sentinelle en patrouille qui nous encouragent
, ça fait plaisir et ça me remotive pendant ... environ 20 secondes.
35-41e
a partir du 35e j'en ai clairement ma claque de cette course, je veux finir et aller aux chiottes ! Je commence à plus trop être 100% lucide, d'ailleurs je me souviens pas de tout, mais j'ai encore un certain contrôle.
Je récupère 3 mecs qui commencent à craquer, la fin sera dur pour eux ! Le passage à côté du musée des confluences fait mal : une passerelle en bois qui monte mais impossible de forcer, je subis et je tombe à 4'30"... mais contrairement à Paris ça ne m'achève pas .... il faudra juste attendre 100m pour faire un petit passage de cross : le parcours fait un 1/2 tour au bout du jardin des confluences sur un chemin plein de terres et de cailloux, crée pour l'occasion : du vrai cross country sauf qu'on a tous 36km dans les jambes ! demi tour quasi à l'arrêt et impossible de relancer. Le retour sur la route se fait ensuite par un petit taquet de 5m de dénivelé mais sur 5m de long ! A ce moment je récupère un handisport en fauteuil qui n'arrive plus à avancer dans les cailloux ! Dans un élan de générosité, le coureur devant moi le pousse dans la monté, pas sur que ça soit la meilleur idée ! Après ça je dois être au 37e, et la volonté à est 0, je suis à 4'05"/km et impossible d'accélerer, de relancer, je subis totalement. Je ne maitrise plus mon allure, les jambes tournent seules, je suis à 100% et si je craque je ne pourrai rien faire.
41e-final
Pendant l'échauffement j'avais repérer le 41e et je m'étais dit "mec quand t'arrive là c'est FINI, délivrance, tu donnes tout et tu passes devant les coureurs du 10". Du 38e au 41e je déconnecte totalement et je ne vois pas les 12' passer, je reprend contact au 41e en voyant la borne et je suis content car c'est la fin. J'arrive 15' avant le départ du 10km et je remontes tous les sas de départ ! C'est le gros kiff, tous les coureurs m'encouragent ! j'ai un peu de frissons et j'arrive à relancer, c'est vraiment un moment au top malgré la douleur
. Je croise un collègue du club qui fait le 10 et j'ai encore plus la pêche ! Dernier virage, c'est noir de monde, le mec devant moi est arrivé 1' avant et celui derrière moi est à 1' ... j'ai l'impression d'être le premier, tout le monde crie, je fais les dernier 300m à 3'25"/km et je sens que je vais pouvoir avoir le sub2h45' ... et je l'ai pour 5" : 2h44'55"
au final content, j'ai réussi à avoir mon objectif : PR et sub 2h45 dans des conditions de courses pas idéales et avec une demie-prépa. Par certain que je refasse Lyon et je me dis que ça va être difficile de gagner des minutes dorénavant et le sub 2h40 parait très très loin ! Pour le prochain marathon, je pense qu'il faut que je boss le mental. Aujourd'hui j'ai quasiment 0 courbatures et sur la fin de course je n'ai eu ni contractures ni début de crampes. Les jambes raides mais sans plus (peut-être la Saint Yorre bue la veille). Je pense que les 5 dernier km à 4'05/km c'était purement du mental, je n'ai pas réussi à me remobiliser je subissais, la preuve car j'arrive à faire les 300 derniers mètres en 3'25" !