Citation :
Nous ne rappellerons jamais assez que la richesse d'un plan d'entraînement réside dans l'enchaînement de divers types de séances et non pas dans la qualité d'une seule séance prise séparément.
Malgré cela, la sortie longue prend une importance croissante en fonction de l'allongement de la compétition préparée du semi-marathon aux épreuves d'ultra (supérieure à 80 kms).
La sortie longue n'est en aucun cas un examen à blanc.
Sa fonction est de mettre en oeuvre et d'exercer le processus physiologique et psychologique indispensable lorsque l'on court sur longue distance.
Cette longue sortie vous procure l'endurance, l'aptitude à courir longtemps et loin, pour être capable d'aller au bout des compétitions. Par contre, il est important que l'essentiel soit réalisé beaucoup plus lentement que l'allure de compétition.
En effet, à vitesse ainsi réduite, l'organisme s'habitue à utiliser prioritairement les réserves de graisses et à économiser les réserves de glycogène. En s'entraînant de la sorte, on apprend l'économie d'énergie à notre corps et on repousse ainsi le phénomène de panne qui survient en compétition lorsque les réserves de glycogène sont épuisées.
Pour accroître son efficacité, elle doit être réalisée avec des variations d'allure (de la marche au seuil anaérobie) pour habituer l'organisme à interpréter les capteurs propres à la fatigue et les assimiler.
Par contre, l'accomplissement régulier de sorties prolongées ne va pas sans problème. Les lésions musculaires se multiplient au-delà de 90 minutes de course ininterrompue. Cela tient à la fois à l'accomplissement des contractions "excentriques" (C'est à dire au cours desquelles les fibres sont étirées et contractées en même temps) et à des phénomènes métaboliques, à savoir l'épuisement du glycogène.
La sortie longue apporte une répétition d'impacts répercutés à l'ensemble du squelette, des muscles et des tendons. Il en résulte des risques accrus de blessures surtout quand, le glycogène étant tari, les fibres ne produisent plus assez de puissance ou sollicitent des voies métaboliques annexes génératrices de déchets, nocifs pour les cellules musculaires. Il est donc très important de bien s'hydrater et de bien s'alimenter lors des sorties longues.
Afin de réduire ces risques, il existe 2 alternatives intéressantes pour éviter que la séance longue en course à pied ne soit traumatisante.
Soit par un entraînement dit croisé : Exemple :
Course à pied - vélo :
2h00' de course à pied suivi de 2h00' à 3h00' de vélo.
Course à pied - marche
Alterner la course avec de la marche (rando-course)
Soit par un entraînement bi-quotidien :
Exemple :
En 2 sorties espacées :
Une sortie à jeun le matin de1h15'
Une sortie l'après-midi de 1h15' - 1h30'
Pour la spécificité du trail (tout terrain), la séance longue vient renforcer un capital endurance tout terrain en habituant le corps :
- A évoluer en milieu naturel
- A enchaîner les dénivelés et les formes de progression, les variations d'allures.
- A améliorer la qualité de pied sur chemin
- A apprendre à boire et à s'alimenter
- A rendre plus endurant les pieds et les articulations
Pour toutes les sorties longues, l'essentiel est de trouver un équilibre entre la durée de la séance, son contenu et l'assimilation par son propre corps pour que l'on puisse progresser sans fatigue excessive et sans blessures.
EXEMPLE DE SEANCES EN FONCTION DE LA COMPETITION PREPAREE :
Semi-marathon :
Séance de 1h30' maxi.
Soit 45' (65 à 70% de la VMA)
+ 18 mn en accélération progressive
(6' à 70% - 6' à 75% - 6' à 80% de la VMA)
et pour finir 22 mn à 65%
Marathon :
Séance de 2h15'
Soit 1h15' (65 à 70% de la VMA)
+ 2 f. 10 mn à 80% de la VMA
+ 2 f. 5 mn à 85% de la VMA
et pour finir 20 mn à 65 %
100 km :
Là, il faut construire une véritable journée de travail et axer la journée sur une notion de durée et non pas sur une notion de kilométrage parcouru.
EX. : 2h00' à 2h30' de course à pied et poursuivre celle-ci par un sport d'endurance moins traumatisant et plus ludique (Vélo, VTT ou marche sportive) pour un total de 4h00' à 6h00'.
Trail :
Séance de rando-course
Longue sortie en terrain vallonné ou l'on marche activement sur les montées, et où l'on trottine sur les replats et des descentes.
EX. : 2h30' à 3h30' vallonnées + 2h00' de marche sportive ou VTT
Ultra-trail :
Se programmer des WEC (Week-ends chocs) en rando-course
EX. : 4 à 5h00 le vendredi
- 6 à 7h00' le samedi
et 4 à 5h00' le dimanche. Quelque soit la compétition préparée, il est essentiel de respecter les règles fondamentales suivantes :
- Augmentation progressive de la durée
- Importance de l'hydratation et de l'alimentation
- Ne pas hésiter à varier les allures
- Être à l'écoute de son corps et de ses signaux d'alarme.
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