Bon, pour changer un peu du débat route/trail du dredi
CR Marathon de Valence – Hot One
Contexte:
J’ai démarré le coaching méthode Boucher en début d’année, avec comme premier gros objectif le Marathon Bruxelles-Louvain des European Running Championships.
La prépa se passera bien, je vois clairement les progrès au fur et à mesure des semaines et je pars confiant (trop) avec l’idée de descendre sous les 2h50 pour mon 3ème marathon (PR de 2h52 à Berlin en 2024).
Des conneries monumentales (chaussure trop serrée, abus de malto et, surtout, un départ beaucoup trop rapide sur la première partie de la course qui est majoritairement constituée de montées/descentes dans les tunnels de la capitale belge) feront que je prendrai un mur de l’espace au 30ème km pour finir les 12 derniers km en alternance course/marche.
Je finirai le marathon en 3h08, mon plus mauvais temps sur la distance à ce jour, en jetant régulièrement un regard dans mon dos, avec la crainte de voir Sybela (qui fera PR ce jour-là) me rattraper.
Je me consolerai autour de quelques bières avec Sybela et Shapeman…
Suite à cet échec, j’ai rapidement décidé (au désespoir du coach) de retenter un marathon en fin d’année et mon choix se porte sur Valence.
Un petit groupe se constitue (Je@nb, Senor Pollo, Shapeman et Sybela) et, une fois que tout le monde a réussi à avoir un dossard, je réserve un Airbnb qui me semble bien placé par rapport au départ et à la vieille ville.
Je craindrai jusqu’au bout de me retrouver seul dans l’appart en raison des blessures, baisse de motivation, contraintes pro des uns et des autres
mais, finalement, tout le monde répondra présent, même Je@nb qui ne pourra pas le courir, mais sera là pour nous encourager.
La prépa :
En septembre et octobre, j’enchaîne 2 PRs sur semi, dont le dernier en 1h17 le 12/10.
Suite à ce PR et au fait que je fais beaucoup moins de renfo/gainage que les mois précédents en raison de contraintes personnelles, je commencerai à avoir un début de pubalgie qui m’emmènera chez le kiné pendant quelques semaines.
Le coach me planifie une semaine d’assimilation (81km quand même) avant un dernier gros bloc de 4 semaines (entre 101 et 118km) avec une séance au seuil en semaine, une sortie longue le week-end avec de bons gros blocs AS42 le samedi et un footing long le dimanche.
Ce bloc me paraitra plus ‘ennuyant’ que les dernières semaines avant Bruxelles-Louvain, mais je passe toutes les séances, avec une AS42 autour de 3’55.
Vient ensuite le taper. La pubalgie va mieux, je vis bien cette période, mais je ronge mon frein avec la réduction de volume (j’avais fait quelques fois des 6 ou 7 sorties par semaine, donc dur de réduire le nombre de sorties).
L’avant course :
Le départ pour Valence est prévu vendredi à midi de l’aéroport de Bruxelles, avec un trajet en avion vers Madrid et la fin du trajet vers Valence en train, pour une arrivée prévue vers 19h30.
Je retrouve à l’aéroport Shapeman, qui a pris le même trajet. Quelques jours avant, je me rends compte que le train de mon trajet retour est annulé… Ce qui n’est pas le cas de Shapeman
A chaque étape, j’essaierai de résoudre ce problème au comptoir Iberia, au comptoir Renfe, par téléphone avec Iberia. Sans succès…
Arrivés à Madrid, nous irons jusqu’à la gare de Chamartin d’où part le train pour Valence et où ce sera la galère de trouver un endroit où manger, la gare étant en travaux.
Nous mangerons finalement un plat de pâtes à 16h30, avant d’attraper notre dernier train.
Arrivés à Valence, nous marchons vers l’appart où nous attendent les 3 autres qui, arrivés en début d’aprem, ont récupéré l’appart et les dossards
Je rencontre pour la première fois Je@nb qui me paraît très cool et conforme à l'idée que je me faisais du bonhomme.
L’appart et top et mes comparses me font l’honneur de me laisser la ‘suite’ avec le lit double
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Je constate dans le pack du coureur que ma demande de changement pour le débardeur de la course plutôt que le tshirt n’a finalement pas été prise en compte, mais on verra plus tard que ça ne changera rien…
Le poulet étant affamé, il s’est déjà fait à manger (des pâtes qu’il a apportées de Lyon
) et nous sortons donc à 4 manger dans un restau italien où je prends un risotto, pas top, mais le moment est sympa.
Une fois rentrés, on discute pas mal et on se couche un poil trop tard. Mauvaise nuit de mon côté. J’ai trop chaud et je n’ai pas de télécommande pour la clim.
Bon, en fait, il y avait non seulement la clim réglée trop chaud, mais aussi un radiateur…
Le matin, on prend le petit-déjeuner entre ‘vieux’ avec Sybela et Shapeman, pendant que les ‘enfants’ font la grasse mat.
N’ayant pas fait de courses la veille, Sybela m’offre généreusement une banane qu’il avait.
Quand il se lève, Senor Pollo, me lance un regard noir et me demande si je ne lui ai pas piqué une banane.
Une fois que je l’ai rassuré, il se justifie en m’expliquant qu’il a pile le bon nombre de bananes (il les a apportées) et que celles de la superette en face font la gueule
Les discussions tournent forcément beaucoup sur la prépa, les mystères du sytème digestif et les data (Shapeman se sent exclu car il porte pas sa garmin H24
)
En attendant que tout le monde soit prêt pour le déblocage, j’appelle Iberia.
Bingo, ils remplacent mon trajet retour qui devait partir le lundi à 7h42 via Madrid, par un vol direct à midi. Je pourrai fêter le marathon sans stress du réveil…
On sort tous faire notre déblocage. Il fait un temps magnifique, mais trop chaud, le cardio est trop haut pour moi, mais les sensations sont bonnes.
Une fois rentrés et douchés, nous sortons et retrouvons en bas de l’appart Maxouw qui est là en touriste (hôtel réservé l’année passée, mais qu’il a pas pu reporter plus loin) et qui vient manger avec nous.
Il y a forcément du monde et, tout en admirant les jolies rues du vieux Valence, on cherche un restau, ce qui prendra un peu de temps.
Senor Pollo finira par abandonner et nous trouverons finalement un italien bien meilleur que la veille où je finirai le repas par un énorme Tiramisu.
Après le repas, petite course à la superette pour finaliser le repas du soir et acheter des bananes, nous quittons Maxouw et retournons à l’appart pour un moment de repos, la préparation des tenues…
Le soir, nous mangeons plus tôt. Un plat de pâtes au pesto, un peu de jambon de dinde ou de jambon blanc selon les préférences et un yaourt pour ma part.
Nous nous couchons plus tôt que la veille, mais la nuit ne sera pas forcément bonne.
Le jour J, levé à 6h (départ prévu à 8h15 pour mon sas), j’avale 2 tartines pain/miel, une banane et une crème sport D4 (à la réflexion, je me demande si je devrai pas réduire un peu le petit déjeuner). Je fais mon khakha
. Tout va bien.
Je m’habille (cuissard Nike, débardeur adidas, chaussettes D4, Adios Pro 4 aux pieds), j’enfile mon brassard Polar et prends avec moi 2 flasques de 250ml d’iso, 7 gels (prévu 1 toutes les 22min, ce qui ferait 80g de sucre par heure avec les 500ml d’iso) et 1 paquet de gommes Tã.
Je laisse les autres qui démarrent un peu plus tard à l’appart et me dirige vers le départ en faisant mon échauffement. Arrivé dans la zone de départ, le ciel, avec le levé du soleil, a une couleur magnifique
Je fais un dernier pipi de sécurité avant de rejoindre mon sas.
Mon objectif étant plutôt sur la borne haut de mon sas (2h38 à 2h50), je me place, sur les conseils de Maxouw, sur la fin du sas, afin de ne pas me faire entrainer sur une allure trop rapide en début de course. Mon premier objectif est <2h48, j’avais dit que je serai très content si je faisais <2h47 et, secrètement (ou pas), je voulais me rapprocher le plus possible des 2h45. Mais, vues les conditions météo très chaudes, je savais que ce dernier objectif était illusoire.
Je prends un paquet de gomme Tã 5-10 min avant le départ. La rubalise du sas précédent est levée et la masse se compacte à l’approche du départ.
Là, j’aperçois 50m devant les meneurs d’allure 2h50, ce qui m’effraie un peu car j’ai peur de rester bloquer derrière la masse qui suivront ces meneurs, ce qui me ferait rater mon objectif.
Le coup de feu est donné, la course est lancée…
Km 1 à 5 : la boulette
Une fois le coup de feu donné, on avance et commence à trottiner jusqu’à passer une arche. Je déclenche ma montre, mais je ne suis pas sûr que ce soit vraiment celle du départ tellement on court au ralenti et l’arche me paraît ‘minimale’.
Il me semble que le départ était censé être à la fin du pont. J’arrête donc l’activité et l’abandonne, avant d’en redémarrer une, mais je perds forcément de précieuses secondes et je ne saurai pas avant l’arrivée combien…
Forcément, je m’en veux, mais je me dis que ça va me permettre de me détacher de l’objectif chrono et de me focaliser sur la stratégie.
L’idée, discutée avec le coach et avec les copains la veille, est d’essayer de partir conservateur pour essayer de maitriser la fin de course, ce qui n’a jamais été le cas sur mes 3 précédents marathons. Le coach m’avait dit ‘surtout pas en dessous de 3’55'/km.
Je n’aurai pas le choix de toutes façons. La densité est tellement énorme que dans les premiers km, on ne peut courir qu’à l’allure de la masse, en fonction d’où on s’est placé…
D’après le bornage officiel, je passe les 5km en 20’. En raison, de mon pb de déclenchement, je ne sais pas exactement ce que ça donne à la montre, mais les allures moyennes des 4 premiers km sont inférieures (entre 3’56 et 3’59) et strava indique 19’41 pour les 5k (soit environ 3’56), donc conforme avec la stratégie.
Km 6 à 25 : Le flow
Je ne m’arrête pas au premier ravito, ce qui me permet de doubler les meneurs d’allure 2h50 qui, eux, s’arrêtent pour attraper une bouteille.
Pendant le km 6, je prends mon premier gel.
J’interpelle Maxouw qui semble me chercher avant les 10k (je sais même plus quand exactement, mais c’était en début de course). Il m’encourage.
Pendant ces 20km, je me sens super bien, il fait encore bon (15°C au début) et, quand je regarde les allures par bloc, je suis :
- Du 5 au 10 : 3’53 (montre)/ 3’55 (officiel)
- Du 10 au 15 : 3’55 / 3:56
- Du 15 au 25 : 3’54 / 3:56
Les choses notables : le parcours est vraiment roulant, c’est super dense. Vers le 18ème, je vois quelques coureurs qui commencent déjà à sauter.
Je m’arrête à un ravito sur 2 pour récupérer une bouteille dont je bois quelques gorgées et je m’arrose en partie pour me rafraichir.
Je me fais aussi la remarque que l’ambiance n’est pas top. Il y a du monde, mais c’est incomparable avec Berlin et la plupart des spectateurs n’encouragent pas tous les coureurs, mais semblent attendre leur proche.
Au passage du semi (en 1h23’12 au temps officiel), je me fais la remarque que je suis super bien et que s’il faisait moins chaud (on s’approche des 20°C), je pourrai me rapprocher des 2h45, car je crois alors naïvement encore à un négative split
Alors que jusque-là, j’ai eu l’occasion de profiter de la vue sur les formes agréables de jolies coureuses, je me retrouve, du 20 au 22ème, derrière un gars dont le cuissard est littéralement à la moitié de ses fesses… Je me retrouve donc avec une vue sur la raie d’un gars qui fait son marathon en mode ‘plombier’…
Km 25 à 31 : L’Euphorie
Je m’étais promis de ne pas accélérer avant le 30ème (le ‘début’ du marathon) mais je n’ai pas tenu parole
Ce bloc (25-30) est le plus rapide (3’52 à la montre, 3’54 officiel), et je commence à accélérer vers le 29ème (à ma montre) avec des kms à 3’50-51 jusqu’au 31ème.
Km 32 à 37 : Retour à la réalité
Il fait vraiment de plus en plus chaud (un thermomètre indique 22° il me semble).
Je commence à suffoquer. Sur le dernier quart, je prends une bouteille à chaque ravito. Les allures commencent à descendre, mais je maintiens une allure plus rapide que 4’/km.
Je n’arrive pas à finir mon 6ème gel et je le jette, sachant que j’en ai toujours un dernier à prendre avant la fin.
Le pire, c’est qu’à partir du 35ème, c’est supposé être en faux-plat descendant, mais je ne le ressens pas du tout.
Je vois pal mal de coureurs abandonner ou marcher. Je me rends compte que je peux sauter à n’importe quel moment et qu’il faut que je me fasse violence pour maintenir au minimum le sub 2h48. Je crois encore au sub 2h47.
Km 37-42,195 : Le coup de chaud avant la délivrance
Là je baisse vraiment avec un plus bas à 4’16/km sur le 41ème, malgré le profil descendant. Il y a clairement plus d’ambiance, mais ça ne suffit pas et je n’en profite pas vraiment. J’ai la gerbe, limite envie de chier, mais je me force quand même à prendre en partie mon 7ème gel à 2h34 de course, comme prévu.
Le tapis bleu apparait et j’arrive à relancer sur les 300 derniers mètres, autour des 3’53/km.
Je jette un dernier coup d’œil à ma montre (pas bon pour les photos), car j’ai peur depuis le début de ne pas avoir les 42,2km à la montre à cause de mon erreur au début. Il n’y aura pas de souci de ce côté.
J’ai également toujours l’espoir du sub 2h47 quand je passe l’arrivée car je ne sais pas exactement au bout de combien de temps j’ai relancé l’activité au début…
Je passe la ligne les bras levés, puis j’arrête ma montre qui indique 2h46’34. Le temps officiel sera finalement 2h47’20.
Le Strava
Je suis content de moi, un peu déçu pour les 20’’ de trop, mais je peux qu’être satisfait.
J’ai amélioré pour PR de plus de 5’, malgré une météo chaude (je pense d’ailleurs avoir fait une petite insolation) et c'est un super temps pour un 4ème marathon après moins de 3 ans de CàP.
Deux coureurs qui venaient d’arriver me demande de les prendre en photo. L’un d’eux a les tétons en sang. Ça fait classe sur la photo
La plupart des coureurs avec qui je discute ont raté leur objectif. Ça relativise la perf...
Je pars faire graver ma médaille avant de retrouver Je@nb de l’autre côté de l’arrivée. Il me donne des nouvelles des autres et m’informe que le poulet a songé abandonner avant de repartir.
Je peux enfin m’affaler dans l’herbe, en attendant l’arrivée de Sybela qui est content de son PR, mais comme moi, un peu déçu de pas avoir fait mieux, puis de Senor Pollo qui est lui dégouté de s’être arrêté.
Vu l’heure d’arrivée prévue de Shapeman
, nous décidons de ne pas rentrer à l’appart, mais de l’attendre autour d’une bière avec quelques Tapas.
Il nous rejoint enfin et nous rentrons ensuite vers l’appart pour se doucher et se poser un peu avant de ressortir en fin de journée pour manger et boire.
Nous finissons dans un pub tous les 5. Les plus jeunes (Pollo et Je@nb) seront les premiers à rentrer alors que nous trainons encore pour quelques verres avec Sybela et Shapeman avant de rentrer, tout en refaisant le monde et en devisant de la relativité générale et de l’espace-temps
Le bad du lendemain :
Quand je me lève le matin, il ne reste que Je@nb car les autres avaient leur train tôt. Je prépare mes affaires et décide, contrairement à l’aller, de mettre mes carbones dans la valise cabine plutôt que dans mon sac à dos.
Je@nb m’accompagne au métro et je rejoins l’aéroport pour mon vol qui se passe sans encombres. Arrivé à Bruxelles, je dois prendre 2 trains avant d’arriver chez moi (il y a un direct habituellement, mais des travaux en ce moment).
Au changement de train, grosse connerie : j’oublie ma valise cabine avec les carbones et pas mal d’affaires (essentiellement des habits + les flasques) dans le train
Comme je m’en rends compte rapidement et que le train suivant est en retard, je vais voir un membre du personnel de gare en lui décrivant la valise (qui est à ma fille qui ne voulait pas me la prêter car cadeau de Noël et peur que je l’abime…).
Il appelle le chef de bord qui ne peut pas la chercher tout de suite et me dit que je dois de toutes façons déposer une réclamation sur leur site.
Ce que je fais pendant le 2ème trajet… Je n’ai, à ce jour, pas de nouvelles… Je vais être bon pour racheter des carbones, des flasques, une valise à ma fille… et l’erreur tshirt/débardeur du Marathon n’aura pas de conséquence finalement…
Au-delà de ça, et avec le recul, je suis super content de mon expérience et je suis fier de ma performance.
Même si j'ai mal vécu la fin, c'est le marathon que j'ai le mieux maitrisé, avec une baisse de régime qui arrive finalement tard
Merci au coach pour le programme et le suivi. C’est clairement mieux quand c’est personnalisé
Merci aussi pour le discours motivationnel personnalisé
Ça a été un super week-end avec des potes que j’ai découverts pour certains, qui ont tous des personnalités attachantes, même si on n’a clairement pas le même fonctionnement
Ça a été également un plaisir de partager quelques heures avec Maxouw.
Au plaisir de refaire ça !
Je vais me focaliser pour le début d’année prochaine sur du plus court (10 au semi), mais j’ai profité de la priorité aux participants pour réserver un dossard pour Valence l’année prochaine.
Je ne sais pas encore si je le ferai, mais si c’est possible, je tenterai cette fois de descendre encore mon PR, en espérant qu’il fasse moins chaud.
Je ne ferai en tous cas pas 2 marathons l’année prochaine comme ces 2 dernières années.
Merci à ceux qui m’ont déjà félicité et merci à vous de m’avoir lu ![[:jujulient] [:jujulient]](https://forum-images.hardware.fr/images/perso/jujulient.gif)