CR du tri de Chantilly
L’avant course
Bon, soyons honnêtes, pendant les vacances, c’était pas très sérieux : un petit coup de nat par-ci, du vélo (tourisme en VTT) par-là, pas vraiment de càp en dehors d’une pauvre sortie de 4km sous le cagnard.
Bilan : je rentre à la maison à J-15, fraîche et reposée, mais pas vraiment au top de la préparation. Le gras a en plus fait son nid sur mes hanches pendant les vacances ; bref, le top.
Je passe donc les 2 semaines suivantes à faire pas mal de sport, avec un pic autour du week-end d’avant. 2 jours de repos la veille et l’avant-veille de course, ça suffira – pour Paris j’avais eu la sensation de prendre « trop » de repos, même si j’étais mieux préparée, mais bon y reviendra.
Samedi soir, encore un peu mal aux mollets, j’ai un peu forcé le vélo ces derniers jours, mais bon ça ira. (spoiler alerte : ça n’ira pas.)
La nuit de samedi à dimanche est horrible : c’est bien simple, j’ai pas dormi. Entre l’appréhension, la chaleur, les gens qui font la nouba dans la rue, j’ai dû fermer l’œil environ 2h. Autant vous dire que je suis au top de la fraîcheur à 6h15 quand le réveil sonne.
Je vous passe les détails de l’orga, du briefing en franglais etc. Je vous dirai juste que je fais cette course avec mon mari, c'est mon lièvre il faut que je le batte, parce qu’il est en gros pas entraîné du tout
, avec un ami triathlète de longue date, Stéphane, et avec un de ses potes qui court mais découvre le tri, Julien.
Je croise caudacien, papillonette et bubqr en allant poser mon vélo.
9h20, on passe à l’eau.
La natation
Je rentre dans l’eau : elle est gelée, j’ai vraiment pas l’impression qu’elle soit à 19°C ! Je mets la tête sous l’eau : surprise, on ne voit strictement rien.
Top départ, c’est parti. C’est la guerre, comme d’habitude. J’essaye de poser ma nage, mais les premiers mètres sont vraiment durs, je n’arrive pas à me frayer un chemin. J’adopte ma nouvelle technique (repérée dans le reportage sur les nageurs en eaux libres) qui consiste à respirer un coup sur le côté, un coup devant pour ne pas dévier de ma trajectoire : ça marche, sauf que je bois plusieurs fois la tasse. Je me dis que je vais le payer plus tard (note : effectivement, je me suis payé un mal de bide ma-gni-fique.)
Très rapidement, un point de côté apparaît, qui ne me quittera plus vraiment jusqu’à la fin de l’épreuve. J’essaye de me détendre, de ne pas trop forcer pour le faire partir. Au bout du 3è virage, on arrive sur la ligne droite : je commence à enfin pouvoir nager un peu plus « proprement ». Par contre j’ai l’impression d’être toute seule, mais c’est pas possible, où sont les gens ?? Je suis très à gauche, un peu seule, du coup pas de bataille, mais je me demande si je ne suis pas dernière.
Fin de la ligne droite, j’attaque les virages et retourne au milieu du peloton (bon, je suis pas dernière en fait), du coup je re-bois la tasse un paquet de fois. Dernier virage, je pars en ligne droite, je vois l’arrivée, mais que font tous ces gens à nager à droite ?? Ah mince, il y a une dernière bouée à contourner… Bravo la blonde ! Hop je rectifie ma trajectoire, direction la bouée.
Transition 1
Je sors de l’eau, je vois la femme de Stéphane qui m’annonce que seul mon mari est déjà passé (pourtant j’ai eu l’impression qu’ils étaient partis comme des flèches…). J’arrive aux vélos, effectivement le VTT de mon mari n’est plus sur le rack, grrr il va falloir le rattraper ;-) le temps d’enfiler mon short, mon T-shirt, mes gants et mes chaussures – le tout rose fluo évidemment
– Stéphane me rejoint. On part ensemble.
Le vélo
Je sème très rapidement Stéphane, mais il me reprend au bout de 5 km. Je lui crie « tu t’es réveillé ?! » Et je ne le reverrai plus jusqu’à T2.
Le début se passe bien, mais j’ai l’impression d’avoir zéro force dans les jambes. Je mouline et n’arrive pas à monter en plateaux/pignons. Je me fais doubler par la terre entière, comme d'habitude. Je vois beaucoup de gens qui draftent, ça m’énerve, mais je continue mon bonhomme de chemin. Un parcours relativement plat, mais que je ne trouve pas si roulant (certains l’avaient qualifié de billard) : des faux-plats, des bosses, et surtout une surface pas top. La route est ouverte à la circulation, du coup il faut être très vigilant : arrêtés au rond-point par les flics pour laisser passer les voitures ; voitures qui nous frôlent, qui freinent brusquement, bref quelques moments pas très agréables. Mais au global, un très beau parcours dans les champs et dans la forêt.
Vers le km 20, surprise : c’est mon ami le mal aux lombaires qui pointent son nez… Je le connais bien, quand il m’accroche, il ne me lâche plus ; mais d’habitude il attend le km 30. Je ferai donc les 25 km restants avec les lombaires en compote, YOUPI. J’ai aussi mal au c*l ; je n’ai pas de trifonction et je me voyais pas courir en couche-culotte-cycliste. Bref, entre les jambes en mousse, le dos en compote et le c*l en charpie, je suis au top.
Passé le km 41, je commence à vraiment avoir envie que ça s’arrête. Un concurrent me rattrape et me demande combien il y a de km. Je lui dis « bah 42 apparemment… » (faux, il y en aura 45.) Il repars, je regarde sa trifonction : « Julien ? Je t’ai pas reconnu ! » « Moi non plus ! » On finit le parcours ensemble, il me dit qu’il est sorti de l’eau en 48 minutes… Il a donc bien remonté à vélo. On arrive devant l’ère de transition : « Oh bah Stéphane !! » On fera donc notre transition tous les 3.
Transition 2
Rien à dire, si ce n’est que Stéphane nous dit « partez devant, je vous rattrape pas » et j’enchaîne à Julien « pars devant », car je sais que la càp c’est son point fort. Papillonnette est là et m’encourage, ça fait plaisir.
La course à pied
… ou le calvaire de l’enfer
Je comprends très vite que ça va être dur. Très dur. J’ai les jambes en coton, des fourmis dans les pieds, et mon point de côté plus ou moins endormi sur le vélo m’attaque de plein fouet. Je lutte, j’ai mal sous les côtes. Je m’arrête plusieurs fois pour essayer de reprendre mon souffle et faire partir le point de côté. Je me fais doubler par Stéphane. J’ai chaud, soif, plus de force, je ne sais pas du tout comment je vais arriver au bout des 10 kms. J’alterne la course et la marche.
2è ravito, je reprends Stéphane ; c’est nul mais je suis contente, je serai pas dernière de nous 4 ;-) À chaque nouveau virage j’ai envie d’abandonner, j’ai l’impression que ça ne finira jamais.
Enfin la dernière ligne droite, j’ai littéralement envie de pleurer. Je vois papillonnette qui me crie de ne rien lâcher, que je suis presque arrivée. Je puise au fond de moi-même pour finir sur un ridicule sprint sur les derniers 50m. Je passe la ligne d’arrivée ; je ne peux plus bouger, plus respirer, je reste plantée là 5 minutes en attendant de reprendre mes esprits.
Mon mari et Julien sont là, tout frais. Stéphane arrive quelques minutes plus tard.
Post-course
Glandouille devant les stands de ravito, des tonnes de photos où on fait les cons sur les podiums ; puis direction pique-nique avec une orgie de tomates-cerises, chips, carottes, tarama et rosé. On débriefe : mon mari et Julien, qui pourtant nous ont battus, n’ont pas vraiment kiffé cette expérience. « Trop dur » « Trop fatiguant » « Trop chaud… » Mais on s’est quand même tous bien amusés ! Faire un triathlon entre amis, c’est quand même top
Temps
- 36min la nat, 1h30 le vélo, 1h09 la càp ; total 3h21
- Mon mari me met 4 minutes au total, sachant qu’il l’a fait en VTT ;-)
- Julien finit en 3h10 : 48’ la càp. Je crois que tout est dit.
Bilan
J’ai presque honte de mon chrono. J’étais clairement mal préparée et en plus pas assez reposée. Bref du grand n’importe quoi. Le tri juste après le retour des vacances, c’est pas pour moi. Même si c’est un bon moment de sport, je n’ai pas aimé autant souffrir, et sentir que je n’étais tout simplement pas au niveau. À Paris c’était passé les doigts dans le nez… Bref l’année prochaine j’arrêterai ma saison avant les vacances je pense.
Post-scriptum
Comme à chaque fois, j'ai vraiment apprécié l'esprit général. Les gens sont très avenants, que ce soit les spectateurs qui nous encouragent - apparemment les filles en tri c'est rare vu que ça redoublait de cris et d'aplaudissements à mon passage "Ouiiiii vive les filles !!!" - ou les concurrents entre eux, hyper bon esprit. Pas mal de mecs - et de nanas sur la càp ! - qui m'ont doublée m'ont grave encouragée et poussée à ne pas baisser les bras. Quelques conversations sympas au parc et au parking. Bref, je kiffe le bon esprit de ce sport.
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