#TAGCR
CR Ironman Tours
Avant course
En fin d’année dernière, motivé par un bon état de forme, dans les 3 sports, et un beau week-end de course aux Challenge Vieux Boucau (plus grosse réussite : avoir motivé au moins 2 collègues à y aller cette année \o/ ), je me sens (trop) beau je me sens (trop) fort, c’est décidé, je resigne pour un IM, roulant parce que « Ach ach jé vé casser le chrono ach ach »
.
J’avais plus trop en tête de refaire du long, mais l’idée de faire une belle course sur le format, une sorte de jubilé, m’a saucée (j’ai des ados en conseillères de communication).
Donc on vise Tours, proche du 0 en sex-appeal, mais qui est proche de la maison (2h30 de route), roulant, et dont c’est la 1ere édition du full, et c’est mi-juin, ça permettra d’être tranquille l’été. Un plan parfait.
Mais comme tout plan, il va rapidement voler en éclat.
C’était la première erreur d’une longue série : c’est une raison de merde hein, le chrono, du moins en ce qui concerne, je ne sais pas faire la course au chrono. Mais je me dis que 9h30 (ou plutôt, 9h29 :XX) sont jouables. Parce que quitte à être con et faire un choix pour de mauvaises raisons, autant y mettre tous les ingrédients.
Mais je suis chaud, et m’enflamme
, et malgré une gestion de l’entraînement plus ou moins maison sur les courses de l’année 2025, avec des résultats corrects (entraînement marrant, flexibilité tri-trail-hyrox
les haterzZZz, des résultats qui me vont bien, et un niveau de stress assez bas) je décide de me faire suivre par une structure dédiée au Tri (MyTribe), dont j’aime bien l’image, la comm, la façon de faire (grâce aux retours d’un ancien et à 2 journées de stage natation il y a quelques années).
C’est le début de la 2eme erreur : étant un peu psychorigide, quand le coach me donne une séance, il FAUT que je la fasse, peu importe le contexte. J'ai été caoché pendant 10 ans en trail, et le constat était implacable, je suis bête et discipliné. Mais surtout bête dans ces cas là.
Et le contexte là, c’est une petite gêne au tendon d’Achille, alors que je cours moins, et insiste bien sur le renfo. Je joue avec comme le lait sur le feu jusqu’en janvier, calant un trail bien boueux au milieu (Chocotrail pour ceusses qui connaissent) où forcément ça finit par être trop et virer en bursite-> stop la CàP. Etonnant comme dénouement, non ?
Fin de la 2eme erreur, j’ai insisté parce que j’avais des séances à faire (et pas de cerveau). EN oplus, à vélo, je reste un peu perplexe des séances proposées. Le volume général est bien, mais y'a peu d'intensité, des blocs courts, je ne suis pas habitué à ça, et ça reste un peu éloigné de ce que je vois par ailleurs. J'en ai même parlé à Kaillou, au coach...mais....bête et discipliné, je suis le plan, je ne suis pas un sachant, j'exécute.
Avance rapide, je recommence un peu à courir (autre chose que des footings de 30’) en avril. Avec un marathon à faire 8 semaines plus tard. Bon…je laisse passer la limite me permettant de reporter mon inscription à l’an prochain (la bien connue mansuétude d’Ironman). Nouvelle erreur.
3 semaines après, je tombe dans une méforme pas piquée des hannetons, essoufflé au moindre effort, pourri en CàP, à vélo, en piscine. Et la bursite qui traine toujours. Nickel. Je venais de passer une très belle semaine d'etrainement, et tout aussi belle semaine de récup derrière, mais...le retour a été....fracassant.
Bref, prépa chaotique jusqu’au bout (mais les 2-3 dernières semaines sont encourageantes, je nage mieux, à vélo ça va, et à pied…c’est l’inconnu). J’y vais mais je sais pas trop à quoi ‘attendre, ni même si l’envie est là (conséquence du choix de départ de merde hein, forcément quand t’es moins en forme, l’objectif du chrono motive moins…).
La course
Dépôt du vélo la veille dans le parc des expo, après avoir croisé caudacien le vendredi, et le samedi. Toujours sympa de partager un petit moment avec un autre HFRien, et de mettre un visage en mouvement sur un pseudo.
On sera à l’abri pour les transitions, c’est cool, vu qu’il fait un gros 30°C dès le milieu de matinée.
IM, c’est de la grosse machine bien huilée, pas une once d’attente, un parcours fluide, un merchandising omniprésent – je craquerai pour un magnifique chapeau au prix d'un plein d'essence, en prévision de faire de belles photos de course – bref, ils savent y faire, on dirait DisneyLand. Je sais pas dire si j’aime ou pas. Au moins c’est carré.
Le départ prévu à 6h30 le dimanche, donc une nuit courte en perspective. Mes hôtes Airbnb sont cool, on dîne tôt le samedi.
Le matin, je vais refaire la pression grâce aux pompes de l'orga -> non, elles ont disparu. J'empreunte la pompe d'un gars à côté, qui m'affiche 2b...alors certes j'avais un peu dégonflé la veille, mais pas à ce point. Bref, je pompe, beaucoup, les pneus sont durs comme du bois et sa pompe m'affiche 5b (des 28mm...)
Ok c'est de la merde son truc...j'utilise ma mini pompe élec de course, au risque de niquer un peu batterie avant même de partir, qu m'affiche 7.5b....Coup de bol rien n'a explosé
Natation
Départ par vagues de chrono estimé (entre 1h et 1h05 pour moi vu les derniers entraînements en natation, où je suis vraiment bien, facile, fluide). J'ai ma nouvelle combi déjà utilisée au Vieux Boucau et dans laquelle je suis vraiment bien. Rolling start : 6 athlètes plongent du ponton dans le Cher toutes les 10s.
C’est confort.
J’arrive à mal lire les sas et me place au milieu de la vague 1h10-1h15. Nickel.
Positive attitude : c’est pas grave, on est pas serré dans l’eau, ça changera pas la vitesse de nage, je rattraperai les groupes devant en plus ça me permettra de drafter légèrement.
Je ne sais pas plonger, mais cela se passe nickel, les lunettes ne bougent pas, et j’ai même pas fait de bombe. Je me sens fort
30s après, ma nage est posée, tranquille en 3 temps, je suis détendu. Mais j’avance pas. Comme si je traînais un truc derrière (non, pas mes fesses, elles me font flotter elles).
Et…ça ne changera pas pendant les 3.8km de la natation. Je me dirige bien, respire bien, mais…ça glisse queudalle, je suis arrêté après chaque coup de bras. C’est la même combi qu’au dernier tri, donc le souci vient pas de là. Mais je ne sais toujours pas ce qu’il s’est passé.
J’essaie tout, amplitude, fréquence, 2 temps, 3 temps, roulis à bloc, à plat, prendre les pieds, rien, je me fais dépasser de partout, l’enfilade de bouées est interminable et j’avance pas.
Je sors de l’eau (et un peu de la course) en 1h13, blasé, soit 10 minutes de plus que ce que je pensais raisonnablement faire en gérant l’effort.
La journée va être intéressante…
T1
La transition de 12 kilomètres (environ) me permet au moins d’essayer de me re-mobiliser, un peu. J’avais prévu une barre à manger (pour compenser la dépense en natation), un bidon isotherme de boisson (même raison) .
Je suis assez « fluide » sur la transition, pas ultra rapide (j’ai pas mal marché au début, saoulé par la natation), mais bon, pas de stress.
Vélo
180k et 750-800M de D+, plutôt roulant donc (un des arguments pour le choix de la course). Les photos officielles donnent envie, on voit de jolis châteaux.
La réalité est un peu différente, c’est plutôt pauvret, à part une belle arrivée en face du château de la Belle au Bois Dormant
Et forcément, avec un tel château, et malgré un départ plutôt rapide sur de belles routes (je dois être à 39 sur les 50 premiers kms) ben…je sors de la course. Je ne sais toujours pas pourquoi ça fait ça, mais après 60-65kms, j’y suis plus, alors que tout est sous contrôle.
Jamais eu de souci à l’entrainement, en roulant seul plus de 5h, ou sur le HT pendant des (trop) longues sessions même sans divertissement. Mais là…pfiouuuuu c’est chiant. ET je sais pas pourquoi ça me fait ça.
C’est aussi le moment où la température passe de 17-18°C à 25-26°C, et ça se sent.
Les quelques groupes de 4-5 qui pissent allègrement sur le règlement et l’esprit de la course parviennent un peu à me sortir de la torpeur, mais c’est toujours passager. Mention spécial à un certain Pierre-Yves, 50-54 d’Issy Triathlon (oui je name et je shame, mais c'était vraiment un des plus gros fdp vus ce jour) qui doit encore avoir un moyeu qui gratte au fond de la gorge tellement il a sucé la roue d’un gars.
Le mec est plutôt résiliant en plus, j’ai été aussi désagréable que possible en les doublant (on a fait le yoyo pendant 60km je pense), mais ça lui a glissé dessus. Impressionnant.
Forcément comme j'avance plus d'un kopeck, je suis assez mauvais.
Bref, l’allure baisse, le parcours devient un peu chiant avec du goudron gros grain, un peu plus de coups de culs...mais principalement ça devient chiant, je me relève souvent sans bonne raison. Bon point, je bois bien, m’alimente vraiment bien (>90g/h), et gère bien la chaleur en m’arrosant de flotte pour me refroidir avec la vitesse.
Je pensais rentrer le vélo en 4h45, là aussi un chrono raisonnable et atteignable, même pas ambitieux (avé la bedaine aéro quoi en plus !) . Je termine en 5h et 10s, juste pour pas faire moins de 5h et continuer à attaquer le moral.
T2
Une Transition efficace, je trottine, les jambes sont nickel, le cardio aussi, la température OK. J’essaie de poser ces points positifs pour me dire que, si ça se passe pas comme prévu, au moins y’a du bon.
Chaussures enfilées, le mirifique chapeau IM qui me donne l’air d’une (grosse) marguerite sur pattes et vaut 3 mois d’augmentation (bisou mon employeur) est arrosé d’eau fraiche (gourde isotherme là aussi, j’ai beaucoup réfléchi avant la course
), une flasque à la main, un gel avalé, un autre à la main et c’est parti dans l’inconnu.
Ah si, toujours pour le style, je cale une petite serviette éponge (arrosée) dans le haut de la trifonction, contre la nuque, pour me rafraîchir un maximum aux nombreux points de ravitaillement. Le combo avec le chapeau est pas mal, la brigade du style en PLS.
CàP
3 tours dans Tours de 14km, avec un peu de rab au départ pour faire la distance. On repasse dans le Parc ces Expo à chaque fois, c’est pas mal, y’a déjà de l’ambiance. Bon globalement c’est pas mal de voies sur berges, du bon chemin stabilisé, et 4 ou 6 traversées du Cher par diverses passerelles..
Je sais que j’ai tendance à courir trop vite sur les 2kms en descente du vélo, donc j’essaie de me freiner, mais ça court bien. Je serre quand même le frein.
Le premier tour passe bien, je m’arrose bien, bois ma flasque, prends mon gel, et récupère une nouvelle flasque + gel à mon ravito perso. Donc alimentation nickel, je tourne à 80-90g/h et plus de 500mL.
Bon le sac perso est en plein soleil depuis le matin, la flasque est brûlante (et avec de la boisson « concombre salé » le résultat est…intéressant), le gel aussi, mais soit.
Je fais un petit topo : les jambes sont OK, le cardio n’a pas dérivé d’un poil, je suis « dedans », concentré, et mon gros point d’inquiétude, la température, est gérée (il fait 30°C) : je n’ai pas l’impression de cuire.
« Allez tu fais ce tour pareil que le précédent, pas de panique, ça va aller ».
Evidemment, 7km plus loin, ça se durcit d’un coup. Et je me dis qu’il faut que je fasse une pause pipi aux toilettes. Je fais le zouave pour ouvrir la trifonction, et je me connais, quand je commence à perdre du temps sans raison, "oh lala j'arrive pas à attraper le zip" c'est que la fin est proche
Ca n’a pas manqué, à partir de là, ça été compliqué, pas trop de gniaque ou d’envie de me faire mal. Y’a déjà la bursite qui s’en charge un peu d’ailleurs. Bref, ça va être long.
Le dernier tour sera une descente aux enfers, je me force à courir entre chaque ravito et marche le long de ceux-ci pour m’arroser, boire, me rafraichir. Y’a un ravito tous les 2km, donc autant dire que je marche souvent.
Je termine la CàP, comme souvent, en accélérant comme un débile sur les 2 derniers kms – c’est inutile, mais ça fait bien sur les photos d’arrivée. Ma pire CàP sur un triathlon, et il est content ce con.
Après-course
Autant j’avais été critique à l’IM de Nice sur le buffet et la zone d’après-course, autant là, peu de choses à critiquer. On reçoit une très laide médaille qui fait la taille d’une assiette, un très beau TS ML technique Compressport (marque suisse aux tarifs Ironman-compliant), et une brique de boisson au jus de cerise spécial récup de champion vachement à la mode en ce moment.
Le buffet est gargantuesque, et on est pas rationné comme à Nice (souviens-toi, LA crêpe et LA boule de glace par personne…).
C’est clairement le moment de la journée où j’ai excellé là, laissant parler mon talent naturel à la goinfrerie d’après-course. 2 hotdogs, 2 croque monsieur, 3 verres de bière (sans alcool !!), un grand verre de cacolac protéiné de récup, des gâteaux, fontaine de chocolat, tout y passe.
Mes hôtes Airbnb m’ayant prévu un repas quiche lorraine – Pâtes carbo (« on a vu qu’il fallait reprendre des forces après les courses ») , je me sens obligé de me freiner au risque d’exploser comme sur la CàP.
Bref, au moins un endroit où j’aurai assuré aujourd’hui !
Globalement c’est pas ultra positif comme course pour moi, ni comme prépa. Et tout le mérite m’en revient. Des mauvais choix pour de mauvaises raisons, et le résultat est sans surprise.
Faudra que je me pose un peu la question des raisons pour lesquelles je m’inscris à une course.
Mais tout n’est pas si sombre, j'ai un joli chapeau maintenant !