CR "Tiens, et si je remettais un dossard ?"
Période pro chargée, procès, etc.
Il est temps de prendre des vacances, je suis cuit.
L'idée, saugrenue, m'est venue de refaire une cyclo, sachant que la dernière fois que j'ai mis un dossard, c'était à l'automne 2005 pour la course de VTT des pompiers de Haute Savoie.
En ce moment je ne connais que le Roc d'Azur à Fréjus.
25° au soleil alors que chez moi les gelées pointent leur nez, ce sera parfait.
Le Roc d’Azur, repris par Amaury ASO (EDT, TdF...), c’est du VTT à la base, mais ils exploitent le filon à fond.
Courses XC, randos, VTTAE, social ride, 3 cyclos sur route, du gravel, du trail et balades à pied, il y a meme du cani-bike.
20 000 participants.
Il ne reste des dossards que pour le grand parcours de 166km, 2300D+, 5 ascensions, tranquille, pas de raisons de s'inquiéter
J’en profite pour rester une semaine en vacances dans le sud.
Mail a 53douze pour me trouver un logement dans le secteur.
Ils vont mettre 3 semaines à suivre le truc parce qu'ils sont en cours de rachat ou changement de direction
Bref, ils me trouvent le logement ou j'allais avec le club faire le stage de début de saison en 2000, meme pas fait exprès
Je viens d'acheter une nouvelle voiture d’occasion et bien sur la garage est en retard pour me livrer la veille du départ , bien à l’arrache
Je revise le vélo la semaine d'avant, roulements de roue avant morts, ils ont pas aimés les dernières sorties pluvieuses.
Sensés etre livrés sous 48h, j'aurai la notif de la livraison des nouveaux rlts pendant le trajet aller
Bref j'arrive à Fréjus la veille pour récupérer le dossard et faire le tour du salon.
Sauvetage des roulements morts, ça tiendra bien encore quelques bornes puis préparation du fourbi habituel pour le départ de la course à 7h30 le lendemain.
Je suis logé à 60 bornes, réveil à 5h45, pas trop bien dormi.
Objectif finir sans se faire mal, sans rien péter, se vider la tete et s'amuser.
Je démarre la voiture qui s'allume comme un sapin de Noel
Bordel, j'ai un pneu à plat
Bien sur que dalle pour réparer dans la bagnole
Je me rends compte que j'ai oublié ma pompe sur le pas de la porte à la maison
Premier garage ouvert dispo, à 25 bornes sur l'autoroute.
Je passe dans le pneu mes 2 bombes anti crevaison de vélo et je tente un regonflage avec mon stock de cartouche CO2.
Le pneu est encore sous gonflé mais ça va le faire.
De toutes façons faut que ça le fasse!
J'arrive à la station essence, une bombe anti crevaison bagnole cette fois, regonflage, et roule, j'ai fait un détour de 30km, et vais m'arréter à toutes les aires pour regonfler.
J'arrive enfin sur place, on verra bien ce soir pour le retour, en attendant, plus rien pour réparer si je perce pendant la course.
Ne pas percer
Je croise la première vague de cyclos qui vient de partir.
Garer la voiture, prépa à mach12, sprint pour rejoindre le départ et partir avec les derniers.
Voila, c'est parti "Target On Time"
Depart tranquille, un peu de calme après ce coup de speed.
Le groupe est un peu trop lent, je remonte la course jusqu'a trouver une roue à mon gout.
On va se détendre et pas se cramer connement, il y a des bornes à faire et j'ai pas eu le temps de déjeuner avec ces conneries.
Avec une moyenne autour de 23km/h, c’est 7h à la louche si tout va bien.
Puis arrive la première vague du 108km qui nous dépasse, je vais accrocher le groupe sans me mettre dans le rouge en roulant à +40
C'est sympa de rouler en peloton, me rappelant des souvenirs, et étonnamment, les bonnes vibes sont la malgré mes péripéties.
Arrive la première ascension, col de Valdingarde, on s'emballe pas.
Le levée du soleil sur la mer est franchement beau.
Puis le premier ravito, peu de cyclos s'arretent, moi je vais prendre mon petit déj'
Seconde partie de l'ascension sur un passage dégueulasse.
La route est défoncée, un patchwork de rustines avec des nids de poules assez gros pour y mettre une roue de secours (t'as la ref?
).
Les insultes pleuvent sur ASO, ça répare du pneus des 2 cotés de le route.
Ne pas percer
Certains casseront meme des jantes.
Sortie du secteur pourri puis go vers le Gratteloup, ravito, Col du Vignon puis Garde feinet pour embrayer sur la boucle du 160.
Je me retrouve pour la première fois seul, un peu chiant car sur un faux plat montant.
Un groupe me double que j'arrive à accrocher, de nouveau un secteur bien dégeu, c’est du gravel.
Ne pas percer
Puis ascension de Notre Dame de Fauville par le Gonfaron.
La c'est plus la meme, la pente est plus raide, 7-8% et c'est de loin la plus grosse bosse.
La route est recouverte de chataignes, c'est la saison
Ne pas percer
On passe le col du Gonfaron, puis on monte sur une route qui se ressert en double sens pour atteindre le sommet.
C'est la foire à neuneu, une centaine de bagnoles qui essaient de se croiser sans succès (ramassage interdit de chataignes, le sud
) avec les cyclos qui roulent dans les 2 sens et slalomant entre les bagnoles.
Pied à terre, vélo au dessus de la tete pour passer, ce cirque
Ravito en haut puis redescente de la partie en double sens pour enfin reprendre l’autre versant degagé du Gonfaron.
4ème ascension du col des Fourches, ça va pas mal toujours avec mon petit groupe.
De nouveau route bloquée, un couple de motards vient de faire un frontal avec une voiture en pleine gauche.
Une des raisons principales pour laquelle j'ai arrêté la moto
Pas trop de bobos apparemment, on continue.
Arrivée au sommet, je coule une bielle bien comme il faut, plus de jus, je paie mon départ trop rapide?
Impossible de suivre le groupe et essaie de me refaire dans la descente mais je fais de la merde, pas très lucide, je dois etre en hypo et lache la main pour pas m’en mettre une.
Dernière bosse pour remonter à la Garde Freinet, à l'agonie le Pimouss
Redescente, je me trompe de route ... puis rejoint finalement le dernier ravito.
Vous avez du coca???
Yes, ma martingale, je démonte une bouteille d'1l, pfiou, déja plus de vertiges, ça va mieux
Je mange autant que possible et repart.
Il reste encore 35 kms, vent de face.
De nouveau seul sur une ligne droite bien lourdingue.
2 p'tits jeunes de mon ancien groupe me dépassent finalement et comprends pas pourquoi ils étaient derrière moi
Ils roulent fort, je les accroche en me disant que meme si je tiens qu'un km, ce sera toujours ça à l'abri du vent.
Le compteur s'affole à +40, les métriques dans la stratosphère, je voudrai serrer les dents mais faut ventiler le bec grand ouvert
Arrive le bord de mer, de nouveau du grand n'importe quoi, les clubs de Porsche, les voitures garées sur la bande cyclable, les baigneurs qui traversent avec leurs trucs gonflables.
Freinage, réaccel, on se termine avec une séance de fractionné ?
Je tiens toujours mes 2 rouleurs je ne sais pas quel miracle,
Finalement, un des 2 lache l'affaire et vais pouvoir prendre quelques relais, par politesse.
On aura repris 3 groupes, dont celui avec qui j'ai fais la moitié de la cyclo.
J'aurai tenu jusqu'au bout à 35-36 de moyenne la dernière heure
Quasi 26 de moyenne, pas si mal.
Du monde se plaint du prix et des prestas.
Ma foi c'est ASO, et dans mon souvenir, c'était déja pas la joie il y a 30 ans.
C'est pas bien grave, les objectifs sont remplis et cela suffit à mon bonheur.
Je trouverai aussi un gars qui me prêtera une pompe pour redonner un coup à mon pneu crevé et je rentrerai à l'hotel tranquillement
Conclusion:
Mon vélo est increvable
Le cyclisme est un sport de masochiste.
https://www.strava.com/activities/1 [...] m=referral
---------------
Le monde moderne: Faire un bullshit job prit pour rembourser un crédit contracté pour des trucs inutiles sensés impressionner les autres qui s'en tapent.