#CR BRM 200 Roanne.
Bonjour.
Petit pavé de bien être psychologique. (Pour moi, du moins
).
Je me suis fait virer de chez moi le week-end dernier, du 29 mars, pour un week-end meuf à base de Spa, Jacuzzi, jeneveuxpassavoircequils'estpassé.
Que faire de deux jours à devoir trouver un toit et une activité ? Bah au pif, y'a un BRM 200 à Roanne, j'habite Annecy, 4 h de train, ça passe. Ma distance maximale jamais enregistrée reste un Annecy-environs de Grenoble, 176 km avec un énorme dénivelé de... 300D+ il y a quelques années sur un coup de tête. C'était passé crème, pas très exigeant faut dire.
Je fais du vélo pour aller au boulot, environ 18 bornes avec 350D+ au retour mais pas de sorties le week-end ou très peu et de petits kilométrages. Autant dire que 200 bornes avec 2100 D+ ça va être rigolo.
https://www.openrunner.com/route-details/20171600
Bref, je pose mon cerveau et mon vendredi après-midi et je m'inscris, réserve les billets de train et un logement. Départ du boulot le vendredi midi, train jusque Lyon puis Roanne, comme d'habitude avec les TER y'a de la place mais les gens sont assez cons, bref, j'arrive à destination vers 18h. Repérage d'une boulangerie qui ouvre à 6h30 sur la carte pour le lendemain et dodo, le départ est entre 7 et 8 heures et y'a 15 minutes de trajet.
Levé 5h30, glandage en douceur, départ 6h10, je ne mange pas le matin. J'arrive à la boulangerie en avance, pas encore ouverte, je visite le centre-ville, c'est désert à cette heure et y'a quelques monuments, spa mal.
Prise dans mes filets d'un Pan Bagnat au thon et de 3 viennoiseries un peu sales. Je préfère prendre des trucs si jamais je ne trouve pas en chemin. L'avenir me félicitera chaleureusement de cette décision lumineuse aux aurores.
Arrivée au local, bonjour, explication du fonctionnement d'un BRM.
Faut pointer dans des commerces dans 3 villages, y'a les heures limites, etc...
Je cause 5 minutes avec les vieux qui tiennent le cyclo-club organisateur (69 ans de moyenne d'âge selon leurs dires
, va vite falloir faire des BRM, y'a pas de relève en vue), attraque un carré de chocolat pour dire puis pars vers 7h sur ma fière monture, un GRVL520 tout équipé: pneus de 40 en fin de vie, porte-bagages, garde-boues, pédales plates, éclairage.
Je pars avant tout le monde car je ne roule pas vite et j'aimerais bien rentrer avant 23 heures.
Evidemment il pleut et il y a du vent. J'enfile la veste de pluie imperméable jaune fluo mais pas le pantalon, osef, rouler dans une bâche sur du long ça semble chiant, je préfère être un peu mouillé, y'a le pédalage pour se tenir chaud. Sortie de la ville et début des petites routes, ça se passe bien, bonne mouillade, personne ne me double pendant 30 bornes, suis-je sur la bonne route ? Le GPS me dit que oui.
Le paysage défile, c'est mignon, y'a quelques petites côtelettes, la pluie s'atténue, c'est sympa.
Enfin deux cyclistes me passent sur une voie cyclable.
Sacré concept de voie cyclable: il y a des stops à chaque chemin de tracteur qui donne sur... rien. Mais qui a eu cette idée géniale ?
Je les rattrape dans une montée 5 bornes plus loin, ils se sont arrêtés
, on cause 5 minutes puis on va ensemble jusqu'au premier pointage au km 36. Un des deux ne fait pas gaffe et se casse la gueule dans la montée, pas de bobo mais patte de dérailleur tordu, ça couine, il la redresse, ça passe. Ouf.
Arrivée à Semur en Brionnais, c'est très joli et paisible.
La boutique pour pointer est évidemment fermée, il est environ 9h et ça ouvre à 10. Super, photo devant la boutique, petite viennoiserie du sac, j'avais un peu faim je crois.
Nous repartons, je les préviens de me laisser derrière si je me fais distancer, je vais les ralentir. "Meuh non, pourquoi tu dis ça ?", ils sont sympas, premier BRM pour eux aussi. 10 kilomètres plus loin je les lâche, comme prévu.
Je ne les reverrais pas.
Ca alterne les petits monts et les petites descentes, les routes sont quasi vides, y'a de la vue bon tracé.
J'enlève et remets deux fois ma veste de pluie.
et enfin la pluie s'arrête aux alentours du km 50. Reste le vent. Comme prévu je me traîne la mÿthe, pas de surprise de ce côté là, j'ai pas envie de finir sur les rotules ne connaissant pas la distance.
10 bornes plus tard nous voila à Paray-le Monial, seule mégalopole internationale traversée durant ce périple. Petit détour par une abbaye, cathédrale, j'en sais rien, mais c'est balaise et y'a du car de touriste.
Et quelques bornes plus loin, l'enfer.
Une jolie route en bord de canal. Super me direz-vous. Sauf que pas du tout. C'est très beau et clame mais le revêtement est très granuleux, c'est tout plat et surtout y'a un vent de face de ses morts qui ne faiblit pas.
J'avance pas une rame, alterne petit et grand plateau, ça siffle, ça ralentit, ça fait mal au dos, c'est une purge totale. Si ça avait été possible j'aurais arrêté direct et je serais rentré à ma maison.
Mais ça ne l'est pas donc j'avance en criant de temps en temps, mine de rien ça soulage.
21 putains de kilomètres de mental en mousse sur ce canal de merde venteux. C'est long. Très très long.
Photo de l'enfer sur terre:
Un groupe de 7 cyclos me double sur ce canal, dans le dernier tiers. Ils prennent les relais et filent, me dépassant comme un TGV dépasse un train à vapeur.
A la sortie ils ont fait une pause et sont en train de repartir, je les rattrape et les double en rigolant et leur lançant que ça va pas durer plus de 50 mètres.
Ils restent derrière quelques centaines de mètres pour pas détruire ce qu'il me reste de moral, le vent a fait mal à tout le monde, bonne ambiance. Ils doublent au fur et à mesure, me demandent combien de bornes il me reste: "bah on fait le même tracé les gars, je vous ai aperçus au départ".
On discute quelques minutes, me félicitent de mon parcours en vélo de touriste en solo quasi-intégral, mine de rien dans le dur ça fait quand même du bien. Merci à eux.
Ils tracent et me disent "à tout à l'heure", je répond d'un "ou pas".
Après quelques bornes de vallonné on attaque la grosse difficulté du jour: un Himalaya de 350D+
Je sors la moulinette, ça passe bien même si la fatigue se fait sentir, les jambes ça va mais j'ai mal aux lombaires et au cul. Ca ne me l'a jamais fait mais j'ai arrêté un peu le vélotaf ces derniers temps, juste deux semaines complètes pour préparer cet évènement.
En pleine ascension, voila un magnifique kilomètre 100 qui se pointe avec la photo de l'instant qui n'a absolument aucun intérêt.
J'en suis à la moitié.
Ca monte et j'ai la dalle, doit être pas loin de 13h, je me dis que je mangerai en haut avec la vue, au bistrot du pointage.
Arrivée en haut de la montagne (oui, oui, n'ayons pas peur des mots.
), magnifique panorama. Carte à faire tamponner dans le village. 3 commerces dont le bistrot et une épicerie. Samedi midi, tout est fermé. Bienvenue en France. Pays de la voiture et des centres commerciaux.
J'avoue avoir rêvé d'une barquette de frittes ou d'un vieux sandwich de campagne et d'un jus d'ananas pendant toute l'ascension. Ca fait mal.
Je prends une pause et mange mon Pan Bagnat face à une vue de bâtard. Bilan bouffe/eau depuis le réveil à 105 bornes: un carré de chocolat, un croissant au chocolat, un Pan Bagnat et même pas un bidon d'eau de 650 ml. C'est complètement n'importe quoi.
Mais la bouffe a un goût exquis, ç'aurait été un gratin de chou-fleur (dégueulasse en temps normal
) ça aurait eu le goût des lasagnes de la belle-mère. Mais en vrai c'est vraiment bon. Pour de vrai. Vérité.
Bref, je me remets en selle, ça redescend vite. Grosse vitesse, rien à pédaler ça soulage. La suite je m'en souviens plus trop, par contre j'en chie à chaque montée, bonne mémoire sur le sujet. Je bois plus car je me rends compte que c'est pas assez même si jamais eu soif et galère pour trouver de la flotte, les cimetières sont à sec en mars, je trouve mon salut dans un point de vidange pour camping-cars.
Le point de passage suivant est annoncé comme "photo devant un monument" au km 139. En bas de vallée vers le km 130 je vois une montagne avec un sommet inatteignable et un énorme pilier blanc au sommet, émergeant de la cime des sapins et autres arbres sans feuilles.
"Pitié, Saint BRM, pas ça, dis moi que c'est pas ça le monument".
La route s'en écarte, ouf. Puis monte. Puis s'y dirige.
Et meeerde.
Seconde merde et grosse flippe: le GPS m'indique "Batterie faible" à 75 km de l'arrivée.
Il reste dans les 4 heures, je suis au milieu de rien, la feuille de route prise à l'arrivée tient sur une demi-page A4 pour 200 km et y'a pas de panneaux sur la moitié des routes du tracé je suis la merde.
Bon bah ça monte, j'en ai ras le slip. J'y arrive après avoir croisé des demeurés locaux de 15 ans en brèles de merde qui apparemment se moquent des cyclistes qui en chient. D'un autre côté c'est la diagonale du vide, les cerveaux de certains ne sont pas plus remplis. C'est raccord.
Monument de la résistance, ça impressionne, il est majestueux.
Bref, pas le temps de niaiser et de couiner, j'en ai marre, faut que ça se finisse.
Ca redescend la colline et enchaîne les routes super roulantes mais j'en chie. Je suis obligé de me lever de ma selle depuis 15 bornes car le combo cul/bas du dos est assez inconfortable, pas très douloureux mais ça gène et c'est désagréable. A voir si faut pas régler quelque chose.
Dans un bled à 30 bornes de la fin je rattrape le groupe de 7 fusées qui a du bien prendre son temps vu ma vitesse de croisière phénoménale.
Puis ils me relarguent.
J'avale mon chausson aux pommes sur la route puis l'ultime pain aux raisins à 17 km de la fin. Je m'arrête et en profite. Plus d'eau mais plus besoin, un dernier canal de 14 km en voie verte intégrale pour terminer, je regarde le GPS tous les 100 mètres qui bizarrement n'a pas lâché. Batterie faible à 4 heures de la fin, ça va tu gères bien gros.
C'est l'arrivée vers 18 heures 30. Victoire totale. J'en avais ras le cul sur les 50 dernières bornes mais physiquement ça tient. Le mental est à travailler.
Je retrouve le groupe de 7, féloches, bravo à tous, on me propose une soupe, j'aime pas ça, je la déglingue. Normal.
Un des mecs m'apprend qu'il a pété son dérailleur arrière au km10.
Ca explique en partie le km tardif où ils m'ont dépassé et les deux rattrapages.
Il a réussi à le bloquer avec un bout de bois au milieu à peu près et a fait tout le BRM comme ça. Solide.
Discussion une petite demi-heure avec l’organisation, on était un truc du genre 13 inscrits. Deux qui ne sont pas venus, un qui a poussé la porte, vu la pluie et le vent et est rentré chez lui. J'ai trouvé du mental plus friable que le mien. On était donc une dizaine. C'est peu.
Bilan de l'aventure:
- 11h30 dont 10h30 de pédalage. Bien.
- Super, un peu long sur la fin mais beau tracé, pas trop de D+, petites routes sympas. Big Up à l'orga.
- Mental en mousse à travailler.
- Hydratation catastrophique à travailler même si pas de séquelles ou de problèmes, il faisiat pas chaud, ça aide. J'ai bu beaucoup par la suite pour essayer de limiter la casse, mais attention danger.
- Physique qui a tenu et bonne récup' je suis reparti au boulot en vélo sur 60% de la semaine.
Dodo bien mérité le soir. Pizza surgelée par flemme d'attendre au resto mais combo micro-ondes grill de la location en panne. Seule la partie micro-onde fonctionne. C'est absolument dégueulasse, j'en ai jeté la moitié. Heureusement j'avais pris un gros paquet de M&M's.
Réveil le dimanche à 9h, train à 10h, arrivée à Annecy 14h30, 18 bornes 350D+ pour rentrer. J'en avais ras-le-cul (oui encore
) mais c'est passé.
TL;DR:
BRM200 de Roanne validé. Rigolo. Content d'avoir fini. Bonne ambiance. Photos de qualité médiocre. Bisous.
https://www.strava.com/activities/14084054828
Merci d'avoir lu et bonnes sorties. 