Allez je me motive à faire un CR sur Bordeaux - Paris
J'ai lu quelques échanges sur le sujet, vous aurez ainsi le point de vue d'un novice en longue distance (jamais fait plus de 300 auparavant).
L'idée était partie avec mon pote, sur le fait que ce serait un beau défi d'aller à Paris un jour à vélo, et puis il y a un peu plus d'un an il m'annonce qu'une nouvelle édition Bordeaux-Paris allait être organisé.
Habitant Bordeaux, on a plus trop le choix que de s'inscrire, même si en effet les frais d'inscription font un peu mal, mais bon, on aura peut être pas une autre occasion, donc on passe à la caisse
et on à un an pour se préparer (au final les 2-3 derniers mois à l'arrache
)
Vendredi 20 Mai
Journée glande, au programme aller au village départ pour les formalités
finir de préparer le vélo
glander et se reposer, surtout que femme et enfant ne sont pas là
Samedi 21 Mai
Réveil 6H sans problème, petit dej, je dépose une
histoire de rouler léger
6H40 je file chercher mon pote (à vélo) pour aller sur la ligne de départ, on décolle de chez lui vers 7H.
Notre départ est prévu pour 7H45, on retrouve 3 autres collègues de taf de mon pote, et 2 membres de notre club vélo sont venu nous encourager, ils viendront même faire quelques km avec nous.
C'est parti, on sort de Bordeaux en longeant la Garonne dans la zone portuaire (raffinerie), c'est plat et moche, mais ça ne dure pas longtemps avant de partie en direction de la Dordogne et de la Charente.
On roule dans groupe d'une vingtaine de cycliste, on sait que le max est de 6, mais on se dit que ça va s'étirer/casser dans les km à venir et qu'on ne va pas venir nous faire chier dès le début.
1H qu'on roule, 30 km avec des bosses...je me dis qu'à ce rythme je ne suis pas prêt de la voir la tour Eiffel, et on lève le pied avec mon pote, car de plus, plusieurs accidents ont été évités de justesse.
On roule donc pépère, on croise quelques mecs qui changer la CA, un autre qui a pété son dérailleurs, j'ai mal pour lui d'ailleurs
ça doit bien faire chier.
Jusque là tout va bien, les 3 collègues de mon pote sont loin devant, ils roulent vite
, on ne le reverra plus (sauf 1 plus tard).
Puis l'heure avance, le
brille de tout son éclat, il fait chaud, très chaud, trop chaud pour moi
, on est dans les bosses, ça monte, ça descend, on est a 100KM de parcouru et je suis MORT !
Je commence à me poser des questions, j'ai pas envie d'abandonner, je me persuade de tenir jusqu'au ravito des 150 pour me refaire la bas.
Non sans mal j'y arrive, j'ai la tête qui tourne, j'arrive pas à manger, je descend une bouteille de 1.5L de St Yorre et je file me reposer 10 min dans l'herbe, pt1 ça sent la grosse loose pour moi
Ce qui me "rassure" c'est que je ne suis pas le seul dans cet état, tout le monde déguste.
Bref, je ne me suis pas inscrit pour abandonner aussi tôt et je remonte sur mon fidèle destrier, et on continue le calvaire.
La principale mission sera de trouver des robinets/fontaines sur la route pour refroidir le moteur
, tout en enchaînant les bosses du Limousin.
En plus, je sens mon pote un peu vénère qu'on doit s’arrêter car lui au contraire supporte bien la chaleur, mais il veut arriver pas trop tard à Châteauroux. Mais bon, rouler avec 34°c, c'est trop pour moi
Et puis surtout, je ne sais pas ce qui m'arrive, mais j'ai envie de
tout le temps, ça en devient même gênant, j'ai l'impression que la prostate vient de lacher
Quand au Limousin, c'est bien beau, mais c'est un peu mort, et il ne faut pas louper les bar/boulangerie que l'on peut croiser, on finira même par demander de l'eau chez un mec, qui au final nous laissera manger à sa table de jardin, et nous donnera 2 Perrier bien frais
Sur la route, on se fait pas mal doubler par des groupes de cycliste qui ont juste le compteur GPS sur le vélo, bon ok ils sont affûtés, mais ils ont aussi les fourgons/camping-car qui les suivent et ravitaillent à n'importe quel moment, alors que c'est interdit
Ca fait un peu chier de voir ça, car la "course" est biaisée, même si on à pas le même objectif.
Puis plus le temps passe et la nuit arrive, plus je retrouver de l'énergie, et là c'est mon pote qui commence à flancher
Mais bon, on est la pour ce soutenir, donc je prend le lead, on allume les lumières et c'est le kiff totale de rouler de nuit
Les 50 derniers km de route sont super propre pour arriver à Chateauroux et peu de circulation.
Dimanche 22
Au final on arrive au camp un peu avant 1H du mat. Le temps de prendre une douche chaude, manger, enfin essayer, car je n'ai quasiment rien bouffé de la journée, et je n'y arrive pas plus.
On essaye de dormir 1H, mais on y arrive pas, il fait froid (on a pas pris de duvet), donc au final 3H30 du mat on se prépare et on reprend la route avec un des collègues qui lui à dormi 5H
Donc 4H du mat nous revoilà en selle, le collègue nous ouvre la route, on roule bien, je me sens super bien, il fait frais, on remonte pas mal de cycliste, on en croise aussi pas mal sur le bas coté qui dorment dans leur couverture de survie.
Le jour se lève, mon pote est au bout de sa vie, il n'avance plus, il veut dormir
, on s’arrêtera dans une boulangerie pour boire un café et manger, enfin manger, mois je mange à peine la moitié d'une chocolatine, ça ne passe pas
En tout cas, ça va lui faire du bien, il retrouve un peu de force. On passe devant pas mal de Châteaux, c'est joli mais le temps de faire de photo, on se dit qu'a Chambord on tapera le selfie
, mais au final, le maire de Chambord aurait refusé que la course y passe pour ne pas perturber les animaux (surtout la nuit...)
Je crois que c'est par là que la trace GPS est pourrie et on prendre des chemins de terre entre 1 champs de patate et de blé, résultat, vélos dégueulasses !
Puis on arrive dans cette magnifique région qu'est la Beauce
MAIS C QUOI CETTE REGION DE MERDE ???
Vent de face tout du long, et bien fort
, pas d'arbre/foret pour couper.
Le seul souvenir positif que j'ne garderai c'est d'avoir vu des chevreuil et un
On arrive tout de même à bien rouler et prendre des relais à 3, on rattrape des groupes, mais ils sont souvent encore plus mort que nous, donc on fait notre petite vie avant que.....
Avant qu'il n'arrive 12H30 et que je tombe de fatigue
, j'ai du forcer l’arrêt car je m'endormais sur le vélo
, et là j'avais pas envie de finir dans le fossé...
On s’arrête donc, le collègue fort continuera a son rythme, on le reverra plus, mais moi je ferme les yeux pendant 20 minutes.
Puis, c'est reparti mon kiki, on fait un gros bout de chemin à 2 dans la Beauce, à part des champs de blé et des éoliennes, et des village qui finissent en "ville", y a pas grand chose à voir.
On s’arrêtera encore chez l'habitant pour un ravito en eau, et on repartira avec 2 sprites qui vont faire du bien
Et puis on roule, on roule, on retrouve un mec de Lille qui est tout seul, qui a un peu de mal, mais on est sympa, on l'attend et on ira jusqu'au bout avec lui.
Puis, ça y est, on arrive dans la Chevreuse, des forets, des arbres, nos yeux pétillent
, on passe à coté de Clairefontaine, ça fait plaisir de changer de paysage, et ça veut aussi dire que Paris n'est plus trop loin.
Et puis la, c'est un peu la déception, on arrive je ne sais plus trop dans quel bled, mais c'est le rendez-vous de tous les
du coin j'ai l'impression.
C'est à celui qui aura la plus belle, qui fait le plus de bruit et qui ira le plus vite.
On se retrouvera dans une bosse qui enchaîne plusieurs virage et qui me fait penser au pays basque, mais on se croirait dans la monté d'Ibardin avec tous les touristes qui vont acheter leur
et
.
Tant pis, mais je comprend, que ce soit un coin à vélo, ça reste superbe
Et donc on roule tjrs, il doit nous reste 3-4 bosses avant d'arriver sur Versailles, dont une avec un passage à 12%....après 640km, elles font mal, tu te dis que les organisateurs auraient pu s'en passer, et nous faire arriver à Versailles par une route plus cool.
D'ailleurs sur cette partie, on retrouvera 4 mecs d'un club à coté de chez nous, je pense que le plus jeune a 70 ans
Mon pote à pris un gel un peu avant, et le voila à lancer des attaques avec les 4 petits vieux et le mec de Lille, moi je suis à la ramasse, je les laisserai filer, et j'arriverai 4 minutes plus tard qu'eux à Issy les Moulineaux ou ma soeur et nièce seront là
Ca me fait tout drôle de revenir dans ce coin ou j'y ai travaillé et vécu quelques années.
Mais bon, le pied, je l'ai fait, et je suis dans les délais (un peu plus de 36H pour un délai de 40H)
Je suis fier de moi, ma famille aussi qui a suivi mon parcours tout le weekend via l'appli et le tracker
Puis voila, hotel, douche, bouffe (je retrouve un peu d'appetit) gros dodo et le lendemain, petit tour dans Paris pour faire des
devant la tour eiffel
Les choses biens :
- parcours tout de même pas mal du tout, même si il y a eu un loupé dans la trace
- bénévoles au top
- bonne ambiance avec les autres cyclistes
- j'ai kiffé rouler de nuit
Les choses moins biens
- ravitos leger, à Issy à l'arrivée, il n'y avait plus rien après 20H....
- pas de gobelet pour boire, à toi de vider ta gourde...
- les teams qui avaient des voitures suiveuses + ravitos à n'importe quel moment, ce n'est pas très équitable
- la chaleur du samedi qui a vraiment fait mal (mais ça l’organisation n'y peu rien)
- le vent de merde dans la Beauce
Voila, j'ai sûrement oublié pleins de choses, il doit y avoir des centaines de fautes, je m'en excuse, pas la force de toute relire
Dans tous les cas j'en garderai un bon souvenir même si c'était très dur. Je ne suis pas certain de repartir de si tôt sur autre périple de ce genre, il me faut régler ce problème d'alimentation, car au final j'ai presque rien mangé sur ces 2 jours, et pourquoi j'ai eu tout le temps envie de pisser
https://www.strava.com/activities/7186589419
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