mucky bear a écrit :
Uech hfr!
Ma femme m'ayant laissé seul ce weekend j'ai fait du vélo. Je voulais fait un brm mais elle m'a dit que c'était petit joueur, alors j'ai essayé de faire une flèche pour voir où je bacherais.
https://www.strava.com/activities/7029147990
Du coup j'ai fait Bellegarde-Paris, mais que la moitié et je bâche à Montbard
Je ferai mon CR avec les meilleurs chiottes du monde et du Monster dans les bidons plus tard
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Allez, je fais le CR de ma demi-flèche depuis Bellegarde
Tout a commencé la semaine dernière quand ma femme m'a laissé seul pour le weekend à la maison. Je voulais fait un brm (genre le 300 de Flins ou le 200 de Chartres, en y allant la veille en vélo et en rentrant après) mais elle m'a dit que c'était petit joueur et que quitte à rouler, autant me faire plaisir sur un truc plus gros. Merci chérie
Du coup j'ai regardé la météo, j'ai regardé la pile de traces qui s'accumulaient dans mon Strava, vent de Sud-Est, je me suis dit que je ferai la flèche Paris-Bellegarde à l'envers en finissant probablement en train. L'occasion parfaite de refaire un peu de distance... Avec cette idée, j'achète mon billet de TGV pour vendredi après-midi et je me prépare
Finalement vendredi matin en vérifiant la météo je me rends compte que ça va être sale. Pluie sur le Jura et la Bourgogne... il est à peu près évident qu'un départ tranquille le samedi matin m'assurera une belle douche. Je décide donc de rouler de nuit en arrivant à Bellegarde et d'embarquer mon matelas pour bivouaquer plus sérieusement
Du coup je débarque du train vendredi à 19h30; à 19h45 j'ai remonté le vélo et j'attaque la remontée de la vallée de la Valserine. Ca fait 45 bornes et 1300 D+ jusqu'au Col de la Faucille
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En bas je suis en mode soirée d'été. En haut de la Faucille il est 22h30 et c'est 5°C avec du vent. Voilà pour l'ambiance.
Dans la descente du col je suis quand même content d'avoir un double éclairage: lampe torche sur le guidon, lampe frontale sur le casque, mêmes puissance, rouler comme ça de nuit ne me pose aucun problème.
Je redescends sur Mijoux, je fais le plein à la fontaine (eau non potable annoncée), puis je reprends 200 de D+ avant de descendre sur Saint-Claude par les lacets de Septmoncel. J'étais déjà passé par là il y a 2 ans, en fait, totalement cuit. Je passe trèèès vite à côté d'un panneau de route barrée, puis un deuxième, puis alors que j'ai bouffé 2/3 des 800m de D- je me rends compte que les panneaux sont pour moi: le dernier pont vers Saint-Claude est fermée et on m'invite à faire une déviation de 30 bornes en montagne pour y arriver. Je prends l'option OSEF et je descends jusqu'au pont en priant pour que le tablier soit là. Bingo, le nouveau tablier a déjà été posé et ça paaaasse
Saint-Claude - spécialité, la pipe - est incroyablement animée pour l'heure (minuit !). Je traverse la ville pleine de fêtards et je décide d'attaquer la montée vers les plateaux du Jura. À 1h du matin les paupières sont lourdes, je cherche l'abri parfait que je trouve vers 2h à Château des Près, une cabane à livres version grand luxe où je monte mon couchage. Il pèle. De 2h à 3h je tourne en rond, à 3h je m'endors et je suis réveillé par des p****** de piafs. Je mets les boules quiès, je dors un peu jusque 6h, je fais la grasse mat' jusque 7h vu la bruine et je me remets en route.
Je sens déjà le clodo et mes entrailles se tordent. Mais je sais que dans 5 bornes il y a Grandvaux et ses chiottes déjà testés 2 ans plus tôt. Arrivé à Grandvaux les chiottes sont fermés
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Finalement je trouverai les meilleures chiottes du monde plus loin, dans la vallée du Hérisson. Genre assez grands pour rentrer mon vélo, propres, avec de l'eau potable et du PQ, ma patience est récompensée
Je repars vide et en commençant à avoir faim, ça descend jusque Lons Le Saunier où j'arrive vers 9-10h. Café, croissants, je suis nickel et je prends la direction de la Bresse en terrain connu donc. Je dois faire 30 bornes avec 3 virages, c'est toujours des bons moments quand le Garmin t'affiche la prochaine intersection dans 15 bornes
Après la Bresse je traverse le Doubs et je rejoins la Saone à Seurre, où je fais une pause ravito à midi. Je réorganise mes sacoches et passe en mode tenue de jour. Direction Nuits Saint Georges ensuite, là encore c'est du terrain connu.
Depuis la veille je flippe de me bouffer la pluie en arrivant en Côte d'Or, bah quand j'y arrive il pleut pas mais ça pleut pas loin. Passé Nuits Saint Georges ça commence à foirer. 14h, il pleut, je m'arrête et je doute. Je repars, me rends compte que la route passe par un joli coin plein de vacheries... Et c'est dur avec 250 bornes dans les pattes. Instant sourire quand même quand un groupe abrité sous un silo à grains (oui il pleut par intermittence) me héle. C'est le ravito d'un brevet du club de Marsenay, ils m'offrent à manger et à boire en échange de mon histoire du jour.
Face à ces mecs qui tiennent le ravito d'un brevet de la Diagonale du Vide, leurs sourires et leur simplicité je me sens comme le mec en couv' du dernier 200
Je redescends vers l'ouche, puis il faut remonter à Sombernon. La route est un régal : après avoir longé une autoroute il faut suivre un long faux plat montant avant d'enchaîner sur une rampe digne d'une station de ski (j'ai Super Besse en tête), le tout sous une pluie qui s'intensifie. Arrivé en haut c'est une bonne vieille drache qui tombe, pour arranger les choses les points d'eau sont HS. 16h30 je commence à douter plus fort.
Un coup d'oeil au radar de pluie, je continue parce qu'après ce sera pas moins pire. Mais bon, y'a plus trop de jambes ni d'envie. Le sol est trempé, comme dans ces moments où il y a tellement de flotte que la roue avant projette des gerbes de flotte... sauf que là il fait 10°C . Du coup je profite même pas des paysages (ils sont beaux) et des villes et villages médiévaux (genre Vitteaux ou Marigny Le Cahouet).
Après un raidard sadique et non nécessaire je fais un point de situation. Il est 17h30, la météo est pas franchement optimiste, avec une promesse de vent de face demain. Les prochains hôtels sont trop loin ou trop près (je vais pas dormi à Montbard à 19h, et Auxerre à 22h ça parait trop loin). Et j'ai le cul qui commence à souffrir: je sue en montée et je sèche pas en descente. Du coup je fais appel à mes amis SNCF Connect et Google Maps et j'opte pour un retour Montbard
Comme un couillon je finis par 25 bornes de chemin de halage pour me punir. Dans ma tête je rejoue un scenario déjà connu, celui de la fois où je voulais rentrer de Bresse via le Morvan, où je m'étais fait doucher, et où j'avais piqué tout droit pour choper un train à Laroche Migennes via 30 bornes du Canal du Nivernais...
Bref, entre mon niveau, ma fatigue, la météo (en même temps on est en avril, qu'est-ce que je croyais), et l'option de départ audacieuse (rouler de nuit à l'improviste, après une semaine de boulot), ça se termine en demi-fléche. 330 bornes et 4000 D+ quand même
Rendez-vous dans 3 semaines pour mon BRM200 de Neuilly où je finis roulé en boule dans un fossé à 2h du mat' à 50 bornes de la maison après m'être convaincu que je pouvais faire le retour aussi
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