PeSSouZiX | tinbinraid a écrit :
La télé ne dit pas toute la vérité, quand toutefois elle dit quelque chose de valable (ça arrive...)
Concernant cette question, il est vrai que de nombreuses personnes se sont dites "surprises" car elles n'avaient pas pris au sérieux les signes qui étaient pourtant là, mais à contrario il est bien rare qu'un suicide se produise sans aucun signe avant coureur: les personnes surprises admettent qu'il existait un "problème". Donc pas de conclusion hâtive, je crois que toute menace de suicide devrait être prise au sérieux, ne serait-ce que par "principe de précaution" et parce que 100% des personnes qui parlent de suicide vont forcément mal, qu'elles passent ou non à l'acte.
Pour ce qui est de se "raccrocher à la vie", il est possible d'invoquer la peine et la culpabilité infligée à l'entourage, qui va bien au delà de ce que toute personne déprimée peut imaginer ; mais une personne déprimée n'est par définition pas très portée sur la peine des autres, et cette option n'est pas très positive. Il est possible aussi de jouer à "se faire peur" (fête foraine, saut en parachute, à l'élastique...), pour réaliser que l'on n'a pas envie de mourir, à condition de le faire dans des conditions de sécurité vérifiées par des personnes compétentes. Mais c'est sûrement utopique de penser qu'une personne déprimée se lance dans de telles activitées. Alors je crois surtout à la parole, comme en témoigne les nombreuses pages des topics sur le sujet, avec une préférence toutefois vers la parole orale auprès d'un proche ou d'un professionnel de la santé, qui ont chacun des qualité d'écoute très différentes mais essentielles. Concrêtement, la vie est enracinée en chacun de nous et l'impression de vide, de "ça sert à rien tout ça", de "je suis seul sur la terre" relève à la fois d'une réflection phylosophique passionnante et méritant de vivre pour en débattre ("l'existencialisme" ), et à la fois d'une perte de repères trop grave pour être cloisonnée à un individu qui se débat avec ses angoisses.
Alors il faut parler, parler encore, et multiplier autant que possible les interlocuteurs, quitte à délaisser les moins réconfortant pour leur préférer les plus à même de se sortir de l'ornière. C'est difficile, et c'est pourquoi cela demande un courage difficile à trouver dans ces moments là, mais l'enjeu est de toute première importance car l'isolement est la pire des condamnations. De tout coeur avec les malheureux,
tinbinraid
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bravo et merci pour ton beau message.
"...délaisser les moins réconfortant pour leur préférer les plus à même de se sortir de l'ornière" >> c'est ce que je décide de faire aujourd'hui en me trouvant ce psy. Tout le monde ou n'importe qui n'est pas à même de comprendre. Ma famille n'est particulièrement pas à même de comprendre, alors que ça fait des années et des années que j'essaie, sans relâche, de trouver de la compréhension chez eux. Ce soir encore, le dialogue a tourné au vinaigre avec ma soeur ainée dont le discours est, en gros, "untel ou unetelle a des problèmes bien pires que les tiens, alors tu n'as pas à te plaindre, moi-même j'ai eu des problèmes + graves que toi, j'ai + de raisons que toi d'être dépressive..."
D'habitude, ce dialogue de sourds me terrasse, m'enfonce encore +. Me facher, me disputer avec ma soeur, ma mère, mon père parce qu'on ne se comprends pas, parce qu'on est pas d'accord, parce que les points de vues divergent sans jamais se rejoindre, parce qu'on arrive pas à communiquer (comme si on ne parlait pas la même langue), j'ai du mal à le supporter, à le vivre et au bout d'un moment, je me sens "prête à tout pour faire la paix" avec eux ...
Ce soir, je me rend compte que le psy me fait déjà du bien avant même de l'avoir trouver ! Bientôt, il y aura cette personne à mes côtés (à m'écouter), et elle NE ME JUGERA PAS, elle ne me dira pas que "j'ai tort de me sentir mal, et que je devrais avoir honte de faire chier mon monde avec mes caprices de mal être." Cette personne, ce guide, ne me poussera pas au suicide (comme dernier recours pour se faire entendre, COMPRENDRE), elle me poussera vers la vie. Bientôt, je ne serais plus seule avec mon mal.
Du coup, ce soir, cette dispute ne m'a pas terrassé. Je me suis dit: "on est pas d'accord, elle ne me comprend pas ... C'EST PAS GRAVE ! C'est normal entre soeurs de s'engueuler, c'est pas parce qu'on est pas du même avis qu'on s'aime pas."
et une distance certaine ! La 1ère psy que j'ai eu (y a pas mal d'années) gardait une grande distance, une distance froide, aucune émotion sur son visage, égale à elle-même quoi qu'il arrive, elle était calme et glacée ! Pas même un sourire, ou alors si imperceptible que je pensais l'avoir imaginé. Que cette psy me mettait mal à l'aise ... et pourtant, la thérapie avec elle a très vite progressé.
Est-ce à dire qu'avoir de la sympathie pour son psy, voire de l'attirance, c'est déjà carrément trop, que ça compromet déjà tout le travail ?
La distance est indispensable. Le psy doit être NEUTRE (aucun partie pris), ni ami, ni ennemi pour pouvoir être les 2 à la fois, tantôt l'un, tantôt l'autre, selon l'évolution du travail, dont ces fameux transferts. "peut être qu'une mise au point avec lui, peut permettre de gommer cela afin d'éloigner le coté attirant..." >> chasser le naturel ? j'me vois pas avoir cette conversation avec lui ... ce serait trop embarrassant !
Le reste de ce passage est intéressant, cet amour virtuel, "besoin de sentir qu'on est capable d'aimer quelqu'un"... Je suis sûr d'avoir vécu ça plein de fois, et ce, dès l'enfance.
Je t'envie ! Bon courage pour ton travail. Comme tu sembles le prendre très à coeur, tu t'impliques comme y faut dedans, je suis sûr que ça va payer. J'te félicite.  ---------------
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