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La vie convenable c'est


 
23.9 %
 32 votes
1.  Du sexe, de la drogue et du Rock'n'Roll
 
 
21.6 %
 29 votes
2.  Un conjoint, un pavillon, deux enfants et un scenic
 
 
8.2 %
 11 votes
3.  Une carrière fulgurante, peu importe les impacts sur la vie privée
 
 
6.7 %
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4.  Consommer, consommer, consommer
 
 
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5.  De l'épargne avant tout
 
 
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Auteur Sujet :

Combien faut il par mois pour vivre convenablement?

n°60289798
Phenom
Posté le 20-07-2020 à 21:32:12  profilanswer
 

Reprise du message précédent :

radioactif a écrit :


Quand c'est du vieux tonneau de porto d'une colheita cotée, c'est pas mal oui  [:_sentenza_:4]


 
Pas très convenable, faut rester en permanence à côté du coup. Du coup c'est soit les fuites, soit les légumes :(

mood
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Posté le 20-07-2020 à 21:32:12  profilanswer
 

n°60289801
Phenom
Posté le 20-07-2020 à 21:33:01  profilanswer
 

r06 a écrit :


 
Et tu fais quoi? C'est une vrai question.
T'envoie un mail disant désolé les gars on s'en sort pas attendez encore un peu que le technos trouve le problème ?


 
Ben ça semble assez logique que ce soit lui qui résolve le problème rencontré.
Sinon je vois pas trop l'intérêt d'escalader les demandes.

n°60289811
radioactif
Mighty mighty man
Posté le 20-07-2020 à 21:34:17  profilanswer
 

Phenom a écrit :


 
Pas très convenable, faut rester en permanence à côté du coup. Du coup c'est soit les fuites, soit les légumes :(


Oh, dans ce coin, on t'amènera des légumes près des fuites sans trop de problème :o


---------------
"La physique, c'est les mathématiques du branleur curieux"© | "Les gens ont tellement peur d'avoir un futur pourri qu'ils se font facilement a l'idee d'avoir un present de merde, en somme"©
n°60289817
r06
Posté le 20-07-2020 à 21:34:49  profilanswer
 

Phenom a écrit :

 

Ben ça semble assez logique que ce soit lui qui résolve le problème rencontré.
Sinon je vois pas trop l'intérêt d'escalader les demandes.

 

Ça serait bien la première fois qu'un manager transverse (ou manager d'équipe transverse maintenant) résout quoi que ce soit...:o
Je mets un red face mais je suis vraiment pas sûr que ça soit la peine...:o

n°60289821
radioactif
Mighty mighty man
Posté le 20-07-2020 à 21:35:36  profilanswer
 

r06 a écrit :


 
Ça serait bien la première fois qu'un manager transverse (ou manager d'équipe transverse maintenant) résout quoi que ce soit...:o
Je mets un red face mais je suis vraiment pas sûr que ça soit la peine...:o


Il va pas forcément résoudre le souci technique en allant se connecter à une MV, mais il a peut-être plus d elevier pour foutre la pression aux prestataires [:ocube]


---------------
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n°60289889
mnml
Posté le 20-07-2020 à 21:43:15  profilanswer
 

alpachinois a écrit :

 

Ceux qui élisent les politiciens sont les Français donc si c'est lié [:el_risitos]. Ensuite, je dirai que c'est l'ambiance pesante qu'on a en France qui gangrène le pays. Suffit de voir qu'ici certains ont peur de sortir des arrondissements à 1 chiffre [:el_risitos:1]. Des personnes qui ragent les unes des autres pour pas grand chose comme des GJ qui insultaient un gars car celui-ci gagnait 3k/mois [:de la marronniere:1] . Bref au lieu de faire preuve d'empathie et d'essayer de comprendre les autres, bcp de personnes en France préfèrent gueuler mode PMU [:isoulette7:4] . Ça va du BB au progressiste LGBT.

 

Pas faux en effet. Question de Mentalité ça, que tu ne pourras pas changer à coup de réformes libérales.

 

Dieu a créé le plus beau pays du monde, la France. Et pour rétablir l'équilibre il y a mis les français, comme  dit la citation. Faut accepter de vivre dans un pays de geignards et de gens qui sont pour la plupart des demeurés sans conscience collective, ca fait partie des conditions pour avoir sa place au soleil  :O


---------------
Vous avez dit Mozart ? Eh bien .. Mozzarella.
n°60289940
KaiserCz
bros before hoes
Posté le 20-07-2020 à 21:48:28  profilanswer
 

dante2002 a écrit :

 

Ne parles pas de ce que tu ne connais pas stp :D.

 

Les astreintes qui sont appelé en premier sont justement du N3 (si le pilotage n'a pas réussi à débloqué).

 

Si le N3 n arrive pas, il appelle son chef (second niveau d astreinte).

 

Si le chef n arrive pas à s'en sortir, il m appelle :jap:


Le terme direction est ridicule, la direction ne s'occupe pas des astreintes IT :o

n°60289980
oh_damned
Posté le 20-07-2020 à 21:53:41  profilanswer
 

+ c'est grave ou/et compliqué et + le niveau hiérarchique impliqué est élevé
Je ne vois ce qui est étonnant quand on a fait un minimum d'operationnel dans sa vie
J'en déduis que ceux qui s'étonnent n'ont jamais rien fait de concret de leur vie pro :o


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“Everyone has a plan: until they get punched in the face.” – Mike Tyson
n°60290245
Darya
E * L
Posté le 20-07-2020 à 22:35:59  profilanswer
 


Aix c'est pas la Cote d'Azur hein ! :o
Par contre quand j'étais dans le 06, c'est vrai que je voyais beaucoup plus de gens qui tenaient ouvertement des propos racistes (agents immobiliers, serveurs, jardinier de notre résidence, collègues...). J'ai jamais vu ça ailleurs.


---------------
I've got my mind set on you
n°60290259
Darya
E * L
Posté le 20-07-2020 à 22:37:46  profilanswer
 

Pardon j'avais "quelques" pages de retard :o


---------------
I've got my mind set on you
mood
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Posté le 20-07-2020 à 22:37:46  profilanswer
 

n°60290261
radioactif
Mighty mighty man
Posté le 20-07-2020 à 22:38:11  profilanswer
 


Pareil.
100% de réussite.


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"La physique, c'est les mathématiques du branleur curieux"© | "Les gens ont tellement peur d'avoir un futur pourri qu'ils se font facilement a l'idee d'avoir un present de merde, en somme"©
n°60290820
pilef
Posté le 21-07-2020 à 00:28:19  profilanswer
 

henoutsen a écrit :

Qu'est ce que tu appelles énorme pièce de vie?
Ici la répartition se fait comme suit:
 
[...]
5 chambres de 14,5m2 exactement (en projet, une des chambres doit être agrandi sur un grenier pour en faire un espace de 25m2 jeu/loisir)
1 chambre parentale avec dressing de 24m2
 
2 salles de bain (9m2 en bas et 7m2 en haut)
2 wc (env 1,5m2/wc)

2 WC pour 6 chambres  [:paco fpg:5]  
 
2 SdB pour 6 chambres  [:shlavos]  

n°60290841
pilef
Posté le 21-07-2020 à 00:38:35  profilanswer
 

LooKooM a écrit :

Il dépense comme il l'entend, il est dépensier, comme btb ou moi même. Rien de vraiment mal à ça je regrette. Dans son cas il le justifie par une forme d'idéologie politique/de societé que je trouve très fumeuse, j'admets ne pas y croire et qu'il s'agit d'une posture car cela correspond à ses choix actuels.
Pour ce qui est de l'investissement immo, 500 EUR par mois suffisent à combler le financement d'un T2 loué à Metz par exemple, il pourrait le faire sans grand problème. Mais je ne pense pas qu'oberer sa capacité d'emprunt soit nécessairement le plus judicieux, sauf à penser qu'il est déja dans son bien de "pic" immobilier.

Je dois avouer que c’est assez stupéfiant de le voir poster ici qu’il crame tout son fric, en bombant le torse et en étant tout fier de lui.
 

Spoiler :

Mais c’est aussi très pénible de le voir - en même temps - se plaindre que seuls les héritiers peuvent acheter avec leurs cerises


n°60290994
ShinobiOfG​aming
Posté le 21-07-2020 à 06:26:53  profilanswer
 

Bonjour à tous  :jap:

 

J'ai hésité un bon moment avant de taper ce message, à la vue de l'écart que je ressens entre mon récit, ma situation, et vos débats. Toutefois, j'ai commencé ici il y a plus d'un an, autant continuer. A l'origine c'était en réponse à un sujet lancé par... Blaska il me semble? Est-il toujours participant ici? Je me souviens qu'il se posait la question de tenter un départ à l'étranger, est-ce toujours d'actualité?

 

La dernière fois, je vous expliquais que j'avais trouvé péniblement 2 offres, et que je sortais de mon école de langue pour "enfin retrouver la vie active" et essayer de valider mon aventure japonaise.
----------------------------------------

 

Hélas... Je suis tombé directement dans le "stress test du covid". Très peu de temps après, le Japon passait en état d'urgence, et j'ai vécu une période cauchemardesque pour mes nerfs.

 

Emploi:J'avais choisi une offre avec un fixe très bas, pour suivre une envie de nouveau et en suivant mon instinct vis à vis de mes interlocuteurs. Alors pour faire simple, comme bien trop souvent dans ma vie, mon instinct a été un conseiller minable.

 

Je n'ai finalement jamais pu commencer cet emploi.
Ma date de début a été décalée à plusieurs reprises, malgré mes explications vis à vis du visa, mes propositions etc. Au bout d'un mois, il était clair pour moi que la confiance était rompue et que je ne pouvais rien attendre d'un employeur (NON japonais, je précise dans le doute) qui me laisse comme ça sans salaire et sans perspective, avec un visa qui m'oblige à travailler. La recherche d'emploi a été acharnée, sous fond de frontières fermées, de crise éco, de reportages NHK annonçant que les jeunes diplômés japonais se faisaient larguer par des entreprises et galéraient. Je vais pas mentir, j'ai transpiré comme jamais et j'ai bien peu dormi. Ma copine était affolée, perso je commençais à voir l'avion du retour et le déshonneur complet du mec qui n'aura rien construit en 18 mois.

 

A force de relancer et de spammer, aidé par le fait que je venais de toper un JLPT N2 et que je disposais tout de même d'un visa de travail encore valable (même si bien court), j'ai réussi à trouver un emploi et à commencer assez rapidement. Le départ de mon "air-employeur" a été hallucinant de mauvaise foi et de violence, mais peu importe, et je travaille donc depuis.

 

D'un point de vue "convenable"... Dans l'échelle du topic, je dois être en train de creuser dans le sous-sol du topic. Avec la crise, mon statut et mon japonais loin, très loin, d'être fluent, je n'ai pas fait la fine bouche. Je me retrouve dans une sorte de "CDD" japonais, renouvelable, et payé à la minute. C'est assez courant ici, et objectivement, ça présente des avantages par rapport au CDI. Les heures sups sont payées à la minute près, on est dispensé de toute la "gravité du CDI à vie" (simple contrat, on vient pour travailler, on prend le salaire correspondant, ça continue tant que les 2 partis le souhaitent, et sinon on se sépare tranquillement). Comme je télétravaille en permanence, je peux faire de grosses journées sans souffrir, ce n'est pas désagréable.

 

Mais ça reste un contrat précaire, ce qui est tout de même loin du monde français que j'ai quitté, avec mon CDI dans un mastodonte. Avec un décor de crise mondiale, de covid, de visa à gérer, de frontières totalement fermées (pour faire simple, si je dois sortir du pays pour X raisons, je n'ai AUCUNE chance de pouvoir rentrer à nouveau), c'est tout de même terrifiant. Je vis avec l'impression d'être en équilibre sur une corde molle entre les 2 tours de la Mairie de Tokyo, les yeux pleins de larmes et un frelon qui me tourne autour.

 

Question salaire, il est risible selon les standards du topic, je vais donc m'économiser l'humiliation et je le garde pour moi. Il me permet tout de même de vivre et il n'est pas déshonorant. Fun fact d'ailleurs. En brut de base, il est sensiblement équivalent au salaire que j'ai quitté en France (ça dépend un peu du taux de change). Mais sans les congés et les quelques petits avantages que j'avais. J'ai été très surpris en recevant ma première fiche de paie. Il n'y avait quasi rien dessus. 5 ou 6 lignes tout compris. Habitué des fiches de paie FR avec 30 lignes de prélèvement, des codes, des tranches, j'ai même cru à un bug ou à un fake  :o... Mais non, c'est réglo. L'autre surprise (qui est en lien direct), c'est qu'en partant d'un fixe équivalent, je me retrouve avec un net "net d'impôts" très supérieur à ce que j'avais en France.

 

Je ne lance pas de débat ou de polémique ici, mais il est clair qu'il y a un monde entre la France, ses prélèvements obscurs et sa fiscalité sur le travail, et le Japon, avec ses fiches qui tiennent sur un postit et une part de prélèvements bien plus faible. Avec en plus mes heures sups, mon "net net" a pris au moins 40 à 50% de plus (ça dépend un peu du nombre de jours ouverts, etc), c'est colossal. Sur un mois complet, avec de bonnes journées, je double quasiment mon "net net". Du coup, je reste mal payé par rapport à mon profil au Japon, j'ai quitté la France "entre autres" parce que je m'estimais mal payé et déconsidéré, mais le ressenti est très différent d'ici (pourtant sur le même fixe...). La durée du travail est bien entendu bien plus élevée que ce que je faisais en France, mais la carotte du salaire à la minute aide très bien à cravacher un peu.
Pour le contenu du travail, ce n'est pas désagréable, mais ce n'est pas passionnant non plus. Le sujet est intéressant, ça reste dans l'IT, c'est déjà ça. Sincèrement vis à vis de mon expérience pro, ce que je fais n'est pas haut de gamme du tout et aurait été typique de ce que j'aurais pu faire en France avec juste 3 ou 4 ans d'exp. Mais passons.

 

Convenabilité en générale: Pour le reste, que dire... Comme vous le savez peut-être, la situation est très compliquée au Japon. Frontières fermées, économie qui crache du sang, les indicateurs sont dans le rouge et il est très difficile de se projeter sereinement. Je suis un angoissé et ça n'a pas changé. Je continue de vouloir vivre mon aventure au maximum. Je me suis acheté un beau vélo pour explorer plus et me promener, prendre plus de photos. Objectivement, à mon âge, quand mes amis ont des enfants, bricolent leur maison (achetée), je continue de louer un tout petit studio, je suis en intérim, je fais du vélo et je lis ce que je peux pour entretenir le japonais.  :lol: D'un point de vue convenable, je suis forcé de constater que l'échec complet n'est vraiment pas loin ahah.
Pendant "ma" crise, sans pouvoir retourner à l'école de langue, mais sans emploi, j'ai envisagé de renoncer et de rentrer en France. Pas par envie, mais simplement parce qu'à un moment, je me disais que ça ne marchait pas, et qu'il était peut-être temps de limiter la casse. Ça a été très difficile à vivre et je pense que cette situation me hantera à l'avenir (dans le sens où elle aura été un moment clé de mon existence, et qu'y repenser donne un certain recul par rapport à bien des sujets). Je suis redevable à ma copine qui m'a soutenu et qui était là pour me donner envie de m'accrocher.

 

Par exemple, aujourd'hui j'ai le sentiment d'avoir acquis une forme de détachement par rapport à l'inconnu. Je me dis que dans le passé, j'ai été bien idiot de pas partir plus vite, prendre plus de risque. Hélas, dans mon existence, j'ai toujours été pénalisé par mes pensées et mes craintes. Toujours en décalage avec ce qu'il aurait fallu penser au moment en question. De même, les 2 années passées m'ont appris à calmer mes prétentions vis à vis du travail et à faire la paix vis à vis de ma non réussite. Je rageais de ce que je faisais en France, ici alors que je fais moins "évolué", je suis sincèrement reconnaissant de pouvoir continuer mon rêve. Étrange. Après tout, ici, je ne suis qu'un étranger au japonais branlant à qui on ne doit littéralement rien à la base.

 

Depuis peu, je regarde des locations avec ma copine. Soyons clairs, au fond de moi, je me demande toujours bien ce que je suis en train de foutre  :o . Est ce bien le moment de déménager avec mes contrats de 3 mois, le déluge de frais à l'emménagement au Japon, alors que j'ai encore 18 mois de dépenses à éponger? Est ce bien le moment d'emménager avec ma copine, alors que mon visa se compte encore en mois? Cette contradiction permanente entre "la situation présente" et "le besoin de construire et d'avancer" est pénible à vivre. Pour autant, les 2 dernières années m'ont appris qu'il n'y a sans doute jamais de moment parfait, et que c'est en se poussant dans le dos qu'on finit "de gré ou de force" à construire quelque chose, même bancal.
Notez bien que chaque appartement se traduit par une question de l'agence au proprio: "Un locataire étranger, c'est OK?". 1 fois sur 2, je prends un refus, malgré la copine japonaise  :o . Je trouve amusant le fait que ce soit si clairement indiqué (c'est affiché avec une telle décontraction, une telle politesse :o ), je l'accepte sans souci (après tout il y a d'autres appartements, on y arrivera), mais là aussi, chaque visite est un peu l'occasion de ressentir cette précarité et ce flou artistique qui constituent ma vie depuis 2 ans.

 

Bien entendu, je doute très fortement de l'avenir, mais sincèrement, rentrer en France ne me semble pas envisageable sereinement non plus. Tout ce qui me rendait fou en France est toujours là, et semble même prendre des proportions affolantes dans mon logiciel. Je suis l'actualité et ça me brise le cœur, sincèrement. Je pense souvent à mes parents, qui vieillissent, et je m'inquiète pour eux. L'équation me semble de plus en plus être "galérer au Japon mais dans un environnement qui te plaît, en suivant ton envie... ou rentrer en France, et vivre dans cette impression de navire qui coule et dans laquelle tu ne te retrouves pas".

 

Je parle de ça car je pense sincèrement que la convenabilité, ce n'est pas qu'une histoire d'argent ou de retraite à 45 ans, mais aussi une adéquation entre soi-même et son environnement.  Certes, aujourd'hui, d'un point de vue pro, je suis par terre, au bas de l'échelle, et la comparaison me fait parfois très mal. Mais j'aime mon environnement. Les villes japonaises sont moches, mais je me sens apaisé en vivant ici. Tout marche, c'est propre, poli, efficace. Il m'est difficile de le retranscrire avec des mots, mais je me sens plus en paix ici qu'en France où j'avais l'impression de devoir négocier, composer, vivre avec une infinité d'agressions, de ressentiments, de saleté, de nuisances et de désagréments.
C'est tout à fait personnel, et donc à nouveau, n'y voyez pas une envie de polémiquer. Le week-end, je prends le vélo, l'appareil photo, et je pédale au hasard. Je m'arrête boire un thé au tapioca pour entretenir le diabète, je regarde un peu les gens, je prends une ou deux photos, je me ballade dans des rues que je connais par coeur, et je suis content. Le soir je lis un vieux manga acheté 1 euro ou quelques pages d'un roman en japonais, un peu de netflix ou un jeu sur le gros PC qui je me suis acheté pour fêter mon premier emploi ( :o  merci l'instinct, mais il est là en attendant), dans mon clapier, et je trouve ça pas si mal.

 

Peut être une forme de sagesse, ou de renoncement, je ne sais pas.  :o

 

Bref, voilà pour la mise à jour de la convenabilité. Je ne suis pas sûr de vous faire part des prochaines suites de mes aventures, je me sens en décalage avec le topic, mais si vous estimez que ça peut alimenter vos discussions, je ne me l'interdis pas.  :jap:

 

Merci pour votre bienveillance et à bientôt.

Message cité 12 fois
Message édité par ShinobiOfGaming le 21-07-2020 à 07:08:16
n°60291000
fabien1176
Posté le 21-07-2020 à 06:30:57  profilanswer
 

dante2002 a écrit :


 
J'ai dit en comptant les à côtés (du genre astreinte).
 
En vrai réel, mon fixe est plus bas que ça (78k)


 
C'est quand même un peu moisi pour un boulot au Lux, à ton âge, avec les contraintes d'éloignement géographique :/

n°60291023
Phenom
Posté le 21-07-2020 à 06:59:42  profilanswer
 

Merci pour ce témoignage shinobi. Enfin un vrai post depuis de longs mois. Profites bien de ton expérience là-bas et j'espère que tu rebondiras comme tu le souhaites.


---------------
Ils ont dû merder à ma naissance, je suis sûr qu'en vrai je suis archiduc
n°60291344
Colonelle
Saucisselike
Posté le 21-07-2020 à 08:45:09  profilanswer
 

ShinobiOfGaming a écrit :

Bonjour à tous :jap:

 

J'ai hésité un bon moment avant de taper ce message, à la vue de l'écart que je ressens entre mon récit, ma situation, et vos débats. Toutefois, j'ai commencé ici il y a plus d'un an, autant continuer. A l'origine c'était en réponse à un sujet lancé par... Blaska il me semble? Est-il toujours participant ici? Je me souviens qu'il se posait la question de tenter un départ à l'étranger, est-ce toujours d'actualité?

 

La dernière fois, je vous expliquais que j'avais trouvé péniblement 2 offres, et que je sortais de mon école de langue pour "enfin retrouver la vie active" et essayer de valider mon aventure japonaise.
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Hélas... Je suis tombé directement dans le "stress test du covid". Très peu de temps après, le Japon passait en état d'urgence, et j'ai vécu une période cauchemardesque pour mes nerfs.

 

Emploi:J'avais choisi une offre avec un fixe très bas, pour suivre une envie de nouveau et en suivant mon instinct vis à vis de mes interlocuteurs. Alors pour faire simple, comme bien trop souvent dans ma vie, mon instinct a été un conseiller minable.

 

Je n'ai finalement jamais pu commencer cet emploi.
Ma date de début a été décalée à plusieurs reprises, malgré mes explications vis à vis du visa, mes propositions etc. Au bout d'un mois, il était clair pour moi que la confiance était rompue et que je ne pouvais rien attendre d'un employeur (NON japonais, je précise dans le doute) qui me laisse comme ça sans salaire et sans perspective, avec un visa qui m'oblige à travailler. La recherche d'emploi a été acharnée, sous fond de frontières fermées, de crise éco, de reportages NHK annonçant que les jeunes diplômés japonais se faisaient larguer par des entreprises et galéraient. Je vais pas mentir, j'ai transpiré comme jamais et j'ai bien peu dormi. Ma copine était affolée, perso je commençais à voir l'avion du retour et le déshonneur complet du mec qui n'aura rien construit en 18 mois.

 

A force de relancer et de spammer, aidé par le fait que je venais de toper un JLPT N2 et que je disposais tout de même d'un visa de travail encore valable (même si bien court), j'ai réussi à trouver un emploi et à commencer assez rapidement. Le départ de mon "air-employeur" a été hallucinant de mauvaise foi et de violence, mais peu importe, et je travaille donc depuis.

 

D'un point de vue "convenable"... Dans l'échelle du topic, je dois être en train de creuser dans le sous-sol du topic. Avec la crise, mon statut et mon japonais loin, très loin, d'être fluent, je n'ai pas fait la fine bouche. Je me retrouve dans une sorte de "CDD" japonais, renouvelable, et payé à la minute. C'est assez courant ici, et objectivement, ça présente des avantages par rapport au CDI. Les heures sups sont payées à la minute près, on est dispensé de toute la "gravité du CDI à vie" (simple contrat, on vient pour travailler, on prend le salaire correspondant, ça continue tant que les 2 partis le souhaitent, et sinon on se sépare tranquillement). Comme je télétravaille en permanence, je peux faire de grosses journées sans souffrir, ce n'est pas désagréable.

 

Mais ça reste un contrat précaire, ce qui est tout de même loin du monde français que j'ai quitté, avec mon CDI dans un mastodonte. Avec un décor de crise mondiale, de covid, de visa à gérer, de frontières totalement fermées (pour faire simple, si je dois sortir du pays pour X raisons, je n'ai AUCUNE chance de pouvoir rentrer à nouveau), c'est tout de même terrifiant. Je vis avec l'impression d'être en équilibre sur une corde molle entre les 2 tours de la Mairie de Tokyo, les yeux pleins de larmes et un frelon qui me tourne autour.

 

Question salaire, il est risible selon les standards du topic, je vais donc m'économiser l'humiliation et je le garde pour moi. Il me permet tout de même de vivre et il n'est pas déshonorant. Fun fact d'ailleurs. En brut de base, il est sensiblement équivalent au salaire que j'ai quitté en France (ça dépend un peu du taux de change). Mais sans les congés et les quelques petits avantages que j'avais. J'ai été très surpris en recevant ma première fiche de paie. Il n'y avait quasi rien dessus. 5 ou 6 lignes tout compris. Habitué des fiches de paie FR avec 30 lignes de prélèvement, des codes, des tranches, j'ai même cru à un bug ou à un fake :o... Mais non, c'est réglo. L'autre surprise (qui est en lien direct), c'est qu'en partant d'un fixe équivalent, je me retrouve avec un net "net d'impôts" très supérieur à ce que j'avais en France.

 

Je ne lance pas de débat ou de polémique ici, mais il est clair qu'il y a un monde entre la France, ses prélèvements obscurs et sa fiscalité sur le travail, et le Japon, avec ses fiches qui tiennent sur un postit et une part de prélèvements bien plus faible. Avec en plus mes heures sups, mon "net net" a pris au moins 40 à 50% de plus (ça dépend un peu du nombre de jours ouverts, etc), c'est colossal. Sur un mois complet, avec de bonnes journées, je double quasiment mon "net net". Du coup, je reste mal payé par rapport à mon profil au Japon, j'ai quitté la France "entre autres" parce que je m'estimais mal payé et déconsidéré, mais le ressenti est très différent d'ici (pourtant sur le même fixe...). La durée du travail est bien entendu bien plus élevée que ce que je faisais en France, mais la carotte du salaire à la minute aide très bien à cravacher un peu.
Pour le contenu du travail, ce n'est pas désagréable, mais ce n'est pas passionnant non plus. Le sujet est intéressant, ça reste dans l'IT, c'est déjà ça. Sincèrement vis à vis de mon expérience pro, ce que je fais n'est pas haut de gamme du tout et aurait été typique de ce que j'aurais pu faire en France avec juste 3 ou 4 ans d'exp. Mais passons.

 

Convenabilité en générale: Pour le reste, que dire... Comme vous le savez peut-être, la situation est très compliquée au Japon. Frontières fermées, économie qui crache du sang, les indicateurs sont dans le rouge et il est très difficile de se projeter sereinement. Je suis un angoissé et ça n'a pas changé. Je continue de vouloir vivre mon aventure au maximum. Je me suis acheté un beau vélo pour explorer plus et me promener, prendre plus de photos. Objectivement, à mon âge, quand mes amis ont des enfants, bricolent leur maison (achetée), je continue de louer un tout petit studio, je suis en intérim, je fais du vélo et je lis ce que je peux pour entretenir le japonais. :lol: D'un point de vue convenable, je suis forcé de constater que l'échec complet n'est vraiment pas loin ahah.
Pendant "ma" crise, sans pouvoir retourner à l'école de langue, mais sans emploi, j'ai envisagé de renoncer et de rentrer en France. Pas par envie, mais simplement parce qu'à un moment, je me disais que ça ne marchait pas, et qu'il était peut-être temps de limiter la casse. Ça a été très difficile à vivre et je pense que cette situation me hantera à l'avenir (dans le sens où elle aura été un moment clé de mon existence, et qu'y repenser donne un certain recul par rapport à bien des sujets). Je suis redevable à ma copine qui m'a soutenu et qui était là pour me donner envie de m'accrocher.

 

Par exemple, aujourd'hui j'ai le sentiment d'avoir acquis une forme de détachement par rapport à l'inconnu. Je me dis que dans le passé, j'ai été bien idiot de pas partir plus vite, prendre plus de risque. Hélas, dans mon existence, j'ai toujours été pénalisé par mes pensées et mes craintes. Toujours en décalage avec ce qu'il aurait fallu penser au moment en question. De même, les 2 années passées m'ont appris à calmer mes prétentions vis à vis du travail et à faire la paix vis à vis de ma non réussite. Je rageais de ce que je faisais en France, ici alors que je fais moins "évolué", je suis sincèrement reconnaissant de pouvoir continuer mon rêve. Étrange. Après tout, ici, je ne suis qu'un étranger au japonais branlant à qui on ne doit littéralement rien à la base.

 

Depuis peu, je regarde des locations avec ma copine. Soyons clairs, au fond de moi, je me demande toujours bien ce que je suis en train de foutre :o . Est ce bien le moment de déménager avec mes contrats de 3 mois, le déluge de frais à l'emménagement au Japon, alors que j'ai encore 18 mois de dépenses à éponger? Est ce bien le moment d'emménager avec ma copine, alors que mon visa se compte encore en mois? Cette contradiction permanente entre "la situation présente" et "le besoin de construire et d'avancer" est pénible à vivre. Pour autant, les 2 dernières années m'ont appris qu'il n'y a sans doute jamais de moment parfait, et que c'est en se poussant dans le dos qu'on finit "de gré ou de force" à construire quelque chose, même bancal.
Notez bien que chaque appartement se traduit par une question de l'agence au proprio: "Un locataire étranger, c'est OK?". 1 fois sur 2, je prends un refus, malgré la copine japonaise :o . Je trouve amusant le fait que ce soit si clairement indiqué (c'est affiché avec une telle décontraction, une telle politesse :o ), je l'accepte sans souci (après tout il y a d'autres appartements, on y arrivera), mais là aussi, chaque visite est un peu l'occasion de ressentir cette précarité et ce flou artistique qui constituent ma vie depuis 2 ans.

 

Bien entendu, je doute très fortement de l'avenir, mais sincèrement, rentrer en France ne me semble pas envisageable sereinement non plus. Tout ce qui me rendait fou en France est toujours là, et semble même prendre des proportions affolantes dans mon logiciel. Je suis l'actualité et ça me brise le cœur, sincèrement. Je pense souvent à mes parents, qui vieillissent, et je m'inquiète pour eux. L'équation me semble de plus en plus être "galérer au Japon mais dans un environnement qui te plaît, en suivant ton envie... ou rentrer en France, et vivre dans cette impression de navire qui coule et dans laquelle tu ne te retrouves pas".

 

Je parle de ça car je pense sincèrement que la convenabilité, ce n'est pas qu'une histoire d'argent ou de retraite à 45 ans, mais aussi une adéquation entre soi-même et son environnement. Certes, aujourd'hui, d'un point de vue pro, je suis par terre, au bas de l'échelle, et la comparaison me fait parfois très mal. Mais j'aime mon environnement. Les villes japonaises sont moches, mais je me sens apaisé en vivant ici. Tout marche, c'est propre, poli, efficace. Il m'est difficile de le retranscrire avec des mots, mais je me sens plus en paix ici qu'en France où j'avais l'impression de devoir négocier, composer, vivre avec une infinité d'agressions, de ressentiments, de saleté, de nuisances et de désagréments.
C'est tout à fait personnel, et donc à nouveau, n'y voyez pas une envie de polémiquer. Le week-end, je prends le vélo, l'appareil photo, et je pédale au hasard. Je m'arrête boire un thé au tapioca pour entretenir le diabète, je regarde un peu les gens, je prends une ou deux photos, je me ballade dans des rues que je connais par coeur, et je suis content. Le soir je lis un vieux manga acheté 1 euro ou quelques pages d'un roman en japonais, un peu de netflix ou un jeu sur le gros PC qui je me suis acheté pour fêter mon premier emploi ( :o merci l'instinct, mais il est là en attendant), dans mon clapier, et je trouve ça pas si mal.

 

Peut être une forme de sagesse, ou de renoncement, je ne sais pas. :o

 

Bref, voilà pour la mise à jour de la convenabilité. Je ne suis pas sûr de vous faire part des prochaines suites de mes aventures, je me sens en décalage avec le topic, mais si vous estimez que ça peut alimenter vos discussions, je ne me l'interdis pas. :jap:

 

Merci pour votre bienveillance et à bientôt.


Ton expérience est très intéressante au regard de la question que pose le topic et pour ne rien gâcher tu as une belle plume. Ne t'abstiens surtout pas de poster :jap:


---------------
I'm the darkness in the light, I'm the leftness in the right, I'm the rightness in the wrong, I'm the shortness in the long, I'm the goodness in the bad, I'm the saneness in the mad, I'm the sadness in the joy
n°60291350
ta-ta
Posté le 21-07-2020 à 08:46:38  profilanswer
 

pilef a écrit :

2 WC pour 6 chambres  [:paco fpg:5]

 

2 SdB pour 6 chambres  [:shlavos]


J'avoue. C'est un des trucs nul en France. Normalement ca devrait etre 1:1 le ratio pour les chambres + au moins 2 WC séparés supplémentaires... :sweat: (Après aux UK c'est à peine mieux dans le segment normal pour 6 chambres il y aura mini 3sdb dont une privative pour la master).

 

Ça + le fait qu'ils ne savent pas vraiment faire les maisons modernes (les seules que j'ai vu vraiment belles étaient faite par des architectes étrangers) et que les leurs vieillissent vraiment mal.

 

Bon courage Shinobi, c'est interessant de savoir comment ca se passe au Japon. Je ne sais pas si tu sais mais il y a un topic expatriés, peut etre que certains pourront t'apporter plus de réponses (et sont bien plus bienveillant qu'ici)   :jap:


Message édité par ta-ta le 21-07-2020 à 08:48:12
n°60291353
etoile64
Pas de bras, pas de 8a!
Posté le 21-07-2020 à 08:47:25  profilanswer
 

ShinobiOfGaming a écrit :

Bonjour à tous  :jap:  
 
J'ai hésité un bon moment avant de taper ce message, à la vue de l'écart que je ressens entre mon récit, ma situation, et vos débats. Toutefois, j'ai commencé ici il y a plus d'un an, autant continuer. A l'origine c'était en réponse à un sujet lancé par... Blaska il me semble? Est-il toujours participant ici? Je me souviens qu'il se posait la question de tenter un départ à l'étranger, est-ce toujours d'actualité?
 
La dernière fois, je vous expliquais que j'avais trouvé péniblement 2 offres, et que je sortais de mon école de langue pour "enfin retrouver la vie active" et essayer de valider mon aventure japonaise.
----------------------------------------je ne me l'interdis pas.  :jap:  
 


 
 
Merci pour le partage, j’avais déjà beaucoup apprécié tes premières interventions.  
 
Après pour ce qui est de ta situation, j’ai l’impression à la lecture de tes posts que le problème vient surtout de toi. Tu donnes l’impression d’être un éternel insatisfait / voir uniquement le côté négatif des choses.  
A lire ce que tu écris, la situation n’a pas l’air d’être si catastrophique : tu as un boulot, un appart, une copine. Tu es en train de découvrir une autre culture, un autre mode de vie, tout ça dans un contexte carrément pas facile.  
L’anxiété dans ce contexte me semble plutôt normale. Avec une situation bien moins compliquée que la tienne, la période COVID n’a pas été facile pour moi non plus et m’a obligée à apprendre à lâcher du lest.  
 
Bref, essaye peut être de travailler dessus, ça serait dommage de te « gâcher » toute l’expérience, qui est quand même assez atypique et très enrichissante.


---------------
« Moi, je suis un désespéré joyeux. J'ai cette mélancolie slave collée à l'âme. J'aime boire et pleurer. »
n°60291366
fabien1176
Posté le 21-07-2020 à 08:49:46  profilanswer
 

ShinobiOfGaming a écrit :

Bonjour à tous  :jap:  
 
J'ai hésité un bon moment avant de taper ce message, à la vue de l'écart que je ressens entre mon récit, ma situation, et vos débats. Toutefois, j'ai commencé ici il y a plus d'un an, autant continuer. A l'origine c'était en réponse à un sujet lancé par... Blaska il me semble? Est-il toujours participant ici? Je me souviens qu'il se posait la question de tenter un départ à l'étranger, est-ce toujours d'actualité?
 
La dernière fois, je vous expliquais que j'avais trouvé péniblement 2 offres, et que je sortais de mon école de langue pour "enfin retrouver la vie active" et essayer de valider mon aventure japonaise.
----------------------------------------
 
Hélas... Je suis tombé directement dans le "stress test du covid". Très peu de temps après, le Japon passait en état d'urgence, et j'ai vécu une période cauchemardesque pour mes nerfs.
 
Emploi:J'avais choisi une offre avec un fixe très bas, pour suivre une envie de nouveau et en suivant mon instinct vis à vis de mes interlocuteurs. Alors pour faire simple, comme bien trop souvent dans ma vie, mon instinct a été un conseiller minable.  
 
Je n'ai finalement jamais pu commencer cet emploi.  
Ma date de début a été décalée à plusieurs reprises, malgré mes explications vis à vis du visa, mes propositions etc. Au bout d'un mois, il était clair pour moi que la confiance était rompue et que je ne pouvais rien attendre d'un employeur (NON japonais, je précise dans le doute) qui me laisse comme ça sans salaire et sans perspective, avec un visa qui m'oblige à travailler. La recherche d'emploi a été acharnée, sous fond de frontières fermées, de crise éco, de reportages NHK annonçant que les jeunes diplômés japonais se faisaient larguer par des entreprises et galéraient. Je vais pas mentir, j'ai transpiré comme jamais et j'ai bien peu dormi. Ma copine était affolée, perso je commençais à voir l'avion du retour et le déshonneur complet du mec qui n'aura rien construit en 18 mois.  
 
A force de relancer et de spammer, aidé par le fait que je venais de toper un JLPT N2 et que je disposais tout de même d'un visa de travail encore valable (même si bien court), j'ai réussi à trouver un emploi et à commencer assez rapidement. Le départ de mon "air-employeur" a été hallucinant de mauvaise foi et de violence, mais peu importe, et je travaille donc depuis.
 
D'un point de vue "convenable"... Dans l'échelle du topic, je dois être en train de creuser dans le sous-sol du topic. Avec la crise, mon statut et mon japonais loin, très loin, d'être fluent, je n'ai pas fait la fine bouche. Je me retrouve dans une sorte de "CDD" japonais, renouvelable, et payé à la minute. C'est assez courant ici, et objectivement, ça présente des avantages par rapport au CDI. Les heures sups sont payées à la minute près, on est dispensé de toute la "gravité du CDI à vie" (simple contrat, on vient pour travailler, on prend le salaire correspondant, ça continue tant que les 2 partis le souhaitent, et sinon on se sépare tranquillement). Comme je télétravaille en permanence, je peux faire de grosses journées sans souffrir, ce n'est pas désagréable.
 
Mais ça reste un contrat précaire, ce qui est tout de même loin du monde français que j'ai quitté, avec mon CDI dans un mastodonte. Avec un décor de crise mondiale, de covid, de visa à gérer, de frontières totalement fermées (pour faire simple, si je dois sortir du pays pour X raisons, je n'ai AUCUNE chance de pouvoir rentrer à nouveau), c'est tout de même terrifiant. Je vis avec l'impression d'être en équilibre sur une corde molle entre les 2 tours de la Mairie de Tokyo, les yeux pleins de larmes et un frelon qui me tourne autour.  
 
Question salaire, il est risible selon les standards du topic, je vais donc m'économiser l'humiliation et je le garde pour moi. Il me permet tout de même de vivre et il n'est pas déshonorant. Fun fact d'ailleurs. En brut de base, il est sensiblement équivalent au salaire que j'ai quitté en France (ça dépend un peu du taux de change). Mais sans les congés et les quelques petits avantages que j'avais. J'ai été très surpris en recevant ma première fiche de paie. Il n'y avait quasi rien dessus. 5 ou 6 lignes tout compris. Habitué des fiches de paie FR avec 30 lignes de prélèvement, des codes, des tranches, j'ai même cru à un bug ou à un fake  :o... Mais non, c'est réglo. L'autre surprise (qui est en lien direct), c'est qu'en partant d'un fixe équivalent, je me retrouve avec un net "net d'impôts" très supérieur à ce que j'avais en France.  
 
Je ne lance pas de débat ou de polémique ici, mais il est clair qu'il y a un monde entre la France, ses prélèvements obscurs et sa fiscalité sur le travail, et le Japon, avec ses fiches qui tiennent sur un postit et une part de prélèvements bien plus faible. Avec en plus mes heures sups, mon "net net" a pris au moins 40 à 50% de plus (ça dépend un peu du nombre de jours ouverts, etc), c'est colossal. Sur un mois complet, avec de bonnes journées, je double quasiment mon "net net". Du coup, je reste mal payé par rapport à mon profil au Japon, j'ai quitté la France "entre autres" parce que je m'estimais mal payé et déconsidéré, mais le ressenti est très différent d'ici (pourtant sur le même fixe...). La durée du travail est bien entendu bien plus élevée que ce que je faisais en France, mais la carotte du salaire à la minute aide très bien à cravacher un peu.  
Pour le contenu du travail, ce n'est pas désagréable, mais ce n'est pas passionnant non plus. Le sujet est intéressant, ça reste dans l'IT, c'est déjà ça. Sincèrement vis à vis de mon expérience pro, ce que je fais n'est pas haut de gamme du tout et aurait été typique de ce que j'aurais pu faire en France avec juste 3 ou 4 ans d'exp. Mais passons.
 
Convenabilité en générale: Pour le reste, que dire... Comme vous le savez peut-être, la situation est très compliquée au Japon. Frontières fermées, économie qui crache du sang, les indicateurs sont dans le rouge et il est très difficile de se projeter sereinement. Je suis un angoissé et ça n'a pas changé. Je continue de vouloir vivre mon aventure au maximum. Je me suis acheté un beau vélo pour explorer plus et me promener, prendre plus de photos. Objectivement, à mon âge, quand mes amis ont des enfants, bricolent leur maison (achetée), je continue de louer un tout petit studio, je suis en intérim, je fais du vélo et je lis ce que je peux pour entretenir le japonais.  :lol: D'un point de vue convenable, je suis forcé de constater que l'échec complet n'est vraiment pas loin ahah.  
Pendant "ma" crise, sans pouvoir retourner à l'école de langue, mais sans emploi, j'ai envisagé de renoncer et de rentrer en France. Pas par envie, mais simplement parce qu'à un moment, je me disais que ça ne marchait pas, et qu'il était peut-être temps de limiter la casse. Ça a été très difficile à vivre et je pense que cette situation me hantera à l'avenir (dans le sens où elle aura été un moment clé de mon existence, et qu'y repenser donne un certain recul par rapport à bien des sujets). Je suis redevable à ma copine qui m'a soutenu et qui était là pour me donner envie de m'accrocher.  
 
Par exemple, aujourd'hui j'ai le sentiment d'avoir acquis une forme de détachement par rapport à l'inconnu. Je me dis que dans le passé, j'ai été bien idiot de pas partir plus vite, prendre plus de risque. Hélas, dans mon existence, j'ai toujours été pénalisé par mes pensées et mes craintes. Toujours en décalage avec ce qu'il aurait fallu penser au moment en question. De même, les 2 années passées m'ont appris à calmer mes prétentions vis à vis du travail et à faire la paix vis à vis de ma non réussite. Je rageais de ce que je faisais en France, ici alors que je fais moins "évolué", je suis sincèrement reconnaissant de pouvoir continuer mon rêve. Étrange. Après tout, ici, je ne suis qu'un étranger au japonais branlant à qui on ne doit littéralement rien à la base.  
 
Depuis peu, je regarde des locations avec ma copine. Soyons clairs, au fond de moi, je me demande toujours bien ce que je suis en train de foutre  :o . Est ce bien le moment de déménager avec mes contrats de 3 mois, le déluge de frais à l'emménagement au Japon, alors que j'ai encore 18 mois de dépenses à éponger? Est ce bien le moment d'emménager avec ma copine, alors que mon visa se compte encore en mois? Cette contradiction permanente entre "la situation présente" et "le besoin de construire et d'avancer" est pénible à vivre. Pour autant, les 2 dernières années m'ont appris qu'il n'y a sans doute jamais de moment parfait, et que c'est en se poussant dans le dos qu'on finit "de gré ou de force" à construire quelque chose, même bancal.  
Notez bien que chaque appartement se traduit par une question de l'agence au proprio: "Un locataire étranger, c'est OK?". 1 fois sur 2, je prends un refus, malgré la copine japonaise  :o . Je trouve amusant le fait que ce soit si clairement indiqué (c'est affiché avec une telle décontraction, une telle politesse :o ), je l'accepte sans souci (après tout il y a d'autres appartements, on y arrivera), mais là aussi, chaque visite est un peu l'occasion de ressentir cette précarité et ce flou artistique qui constituent ma vie depuis 2 ans.  
 
Bien entendu, je doute très fortement de l'avenir, mais sincèrement, rentrer en France ne me semble pas envisageable sereinement non plus. Tout ce qui me rendait fou en France est toujours là, et semble même prendre des proportions affolantes dans mon logiciel. Je suis l'actualité et ça me brise le cœur, sincèrement. Je pense souvent à mes parents, qui vieillissent, et je m'inquiète pour eux. L'équation me semble de plus en plus être "galérer au Japon mais dans un environnement qui te plaît, en suivant ton envie... ou rentrer en France, et vivre dans cette impression de navire qui coule et dans laquelle tu ne te retrouves pas".  
 
Je parle de ça car je pense sincèrement que la convenabilité, ce n'est pas qu'une histoire d'argent ou de retraite à 45 ans, mais aussi une adéquation entre soi-même et son environnement.  Certes, aujourd'hui, d'un point de vue pro, je suis par terre, au bas de l'échelle, et la comparaison me fait parfois très mal. Mais j'aime mon environnement. Les villes japonaises sont moches, mais je me sens apaisé en vivant ici. Tout marche, c'est propre, poli, efficace. Il m'est difficile de le retranscrire avec des mots, mais je me sens plus en paix ici qu'en France où j'avais l'impression de devoir négocier, composer, vivre avec une infinité d'agressions, de ressentiments, de saleté, de nuisances et de désagréments.  
C'est tout à fait personnel, et donc à nouveau, n'y voyez pas une envie de polémiquer. Le week-end, je prends le vélo, l'appareil photo, et je pédale au hasard. Je m'arrête boire un thé au tapioca pour entretenir le diabète, je regarde un peu les gens, je prends une ou deux photos, je me ballade dans des rues que je connais par coeur, et je suis content. Le soir je lis un vieux manga acheté 1 euro ou quelques pages d'un roman en japonais, un peu de netflix ou un jeu sur le gros PC qui je me suis acheté pour fêter mon premier emploi ( :o  merci l'instinct, mais il est là en attendant), dans mon clapier, et je trouve ça pas si mal.  
 
Peut être une forme de sagesse, ou de renoncement, je ne sais pas.  :o  
 
Bref, voilà pour la mise à jour de la convenabilité. Je ne suis pas sûr de vous faire part des prochaines suites de mes aventures, je me sens en décalage avec le topic, mais si vous estimez que ça peut alimenter vos discussions, je ne me l'interdis pas.  :jap:  
 
Merci pour votre bienveillance et à bientôt.


 
Tu n'es pas en "décalage" et ton témoignage est très enrichissant. J'ai tendance à penser que la persévérance paye toujours à un moment ou à un autre  :jap:  
 
Je vais juste me permettre un conseil (enfin conseil est un grand mot...), basé sur l'expérience (malheureuse) d'une connaissance : je lis que tu as une copine japonaise. Attention si un jour tu envisages de faire un enfant (c'est peut être pas du tout d'actualité, mais parfois le sujet arrive très vite sur la table), la Loi japonaise est TRÈS protectrice sur ce plan, et en cas de séparation et de retour en France, ça peut rapidement devenir un véritable cauchemar.

n°60291371
asmomo
Posté le 21-07-2020 à 08:50:11  profilanswer
 

radioactif a écrit :

J’imagine que les US font bugger la matrice alors.


 
Disons qu'on a du mal à comprendre, et n'ayant pas vécu là-bas je ne prétends pas être expert, mais apparemment les pauvres et précaires acceptent la situation, je ne sais pas si c'est l'American dream, ou l'individualisme forcené, ou la religion, qui l'explique.
 
Enfin élire Trump et sûrement le virer là, c'est quand même un peu comme voter Le Pen en France.


---------------
New Technology is the name we give to stuff that doesn't work yet. Douglas Adams
n°60291375
Colonelle
Saucisselike
Posté le 21-07-2020 à 08:50:56  profilanswer
 

Tiens et à propos de (non) convenabilité, je crois bien être arrivée au point de non-retour dans mon job. Je gagne bien ma vie et mes collègues sont sympas, mais mon job est de moins en moins intéressant et mes tâches de plus en plus segmentées. Je n'ai plus de vue d'ensemble sur les dossiers, je perds peu à peu le pilotage de l'activité de mes collègues ; c'était prévisible depuis le rachat de ma boite et j'ai eu quelques mois de répit avant de le sentir passer, mais on y est.
Je suis en plein achat immo, mon mec est en période d'essai, me casser maintenant serait vraiment la pire idée du siècle. Les prochains mois vont être longs.

Message cité 1 fois
Message édité par Colonelle le 21-07-2020 à 08:54:22

---------------
I'm the darkness in the light, I'm the leftness in the right, I'm the rightness in the wrong, I'm the shortness in the long, I'm the goodness in the bad, I'm the saneness in the mad, I'm the sadness in the joy
n°60291381
Phenom
Posté le 21-07-2020 à 08:52:10  profilanswer
 

Au pire tu finis en burn-out.
Puis achat immo ou pas, y'a jamais de "bon moment". Quel est le risque de ne pas achever une période d'essai.

n°60291392
radioactif
Mighty mighty man
Posté le 21-07-2020 à 08:53:31  profilanswer
 

@Shinobi  [:julian33:4]


---------------
"La physique, c'est les mathématiques du branleur curieux"© | "Les gens ont tellement peur d'avoir un futur pourri qu'ils se font facilement a l'idee d'avoir un present de merde, en somme"©
n°60291401
Phenom
Posté le 21-07-2020 à 08:54:29  profilanswer
 

Je propose que nous décernions à Shinobi la médaille de bronze du Dante, avec barrette Opex Lookoomesque.
Courage camarade.

n°60291426
Colonelle
Saucisselike
Posté le 21-07-2020 à 08:56:45  profilanswer
 

Phenom a écrit :

Au pire tu finis en burn-out.
Puis achat immo ou pas, y'a jamais de "bon moment". Quel est le risque de ne pas achever une période d'essai.


J'ai déjà rompu une période d'essai par le passé, mon mec n'est pas totalement convaincu par son nouveau job et ça veut dire quoi finir en burn out ? Pour en avoir déjà fait je trouve ta suggestion complètement à côté de la plaque.


---------------
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n°60291430
radioactif
Mighty mighty man
Posté le 21-07-2020 à 08:57:22  profilanswer
 

Colonelle a écrit :


J'ai déjà rompu une période d'essai par le passé, mon mec n'est pas totalement convaincu par son nouveau job et ça veut dire quoi finir en burn out ? Pour en avoir déjà fait je trouve ta suggestion complètement à côté de la plaque.


Brown-out plutôt.
Tu deviens Lagoon sinon ? C'est un projet de vie comme un autre.


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"La physique, c'est les mathématiques du branleur curieux"© | "Les gens ont tellement peur d'avoir un futur pourri qu'ils se font facilement a l'idee d'avoir un present de merde, en somme"©
n°60291437
asmomo
Posté le 21-07-2020 à 08:58:13  profilanswer
 

radioactif a écrit :


Au prix de son industrie : trop bien.
Sinon on a la tipp flottante, ce serait indolore.


 
L'industrie est toujours là en Italie. Et puis il y a d'autres mesures possibles pour développer l'industrie, comme baisser les impôts de production qui sont un non-sens total.
 
On n'a pas la tipp flottante (qui ne s'appelle plus tipp), et dans un tel scénario l'état aurait besoin de toutes les rentrées d'argent possibles.


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n°60291447
Filob
Posté le 21-07-2020 à 08:59:35  profilanswer
 

Colonelle a écrit :

Tiens et à propos de (non) convenabilité, je crois bien être arrivée au point de non-retour dans mon job. Je gagne bien ma vie et mes collègues sont sympas, mais mon job est de moins en moins intéressant et mes tâches de plus en plus segmentées. Je n'ai plus de vue d'ensemble sur les dossiers, je perds peu à peu le pilotage de l'activité de mes collègues ; c'était prévisible depuis le rachat de ma boite et j'ai eu quelques mois de répit avant de le sentir passer, mais on y est.
Je suis en plein achat immo, mon mec est en période d'essai, me casser maintenant serait vraiment la pire idée du siècle. Les prochains mois vont être longs.


 
Ton mec il lui reste combien de temps de période d'essai ?
L'achat immo il sera toujours là donc attendre ne changera rien.
 
Un recrutement ça prend du temps et identifier les postes qui vont bien à ton niveau de salaire aussi j'imagine, donc rien ne t'empêche de lancer tranquillement la machine si?


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Ma capacité de concentration est si courte que... Oh, regarde, un pigeon!
n°60291448
fabien1176
Posté le 21-07-2020 à 08:59:35  profilanswer
 

radioactif a écrit :


Brown-out plutôt.
Tu deviens Lagoon sinon ? C'est un projet de vie comme un autre.


 
Ou Btbwgoon :o
 
Boulot zéro stress MAIS gros €€ pour dépenser sans compter  :love:  

n°60291503
radioactif
Mighty mighty man
Posté le 21-07-2020 à 09:08:19  profilanswer
 

asmomo a écrit :


 
L'industrie est toujours là en Italie. Et puis il y a d'autres mesures possibles pour développer l'industrie, comme baisser les impôts de production qui sont un non-sens total.
 
On n'a pas la tipp flottante (qui ne s'appelle plus tipp), et dans un tel scénario l'état aurait besoin de toutes les rentrées d'argent possibles.


Ca n'est pas si simple, la tipp reste ajustable, on sait faire du bioéthanol maison pour pas mal de choses (et on y viendra si besoin : regarde le Brésil, on aura un peu moins de bagasse à brûler mais on aura autant d'éthanol :o)
Les niveaux d'impôts pour l'industrie, je suis pas certain que ce soit le principal souci. Le vrai souci c'est d'avoir du personnel qualifié, pas trop cher et une relative stabilité fiscale et pas un mille-feuilles de zones franches et d'exonérations. La sacro-sainte Allemagne a des niveaux de prélèvements comparables, par exemple. La Belgique aussi, y compris dans sa partie flamande. L'Italie aussi, en plus d'avoir des employés qui coûtent moins cher vu qu'ils sont payés au lance-pierres, du moins les jeunes. Même chose pour l'Espagne.
 
C'est exactement ce que ça implique : une monnaie forte implique un ajustement par les salaires, et non par le flottement de la monnaie vu que le cours intra-UE est fixé depuis le passage à l'Euro, et les salaires sont rigides à la baisse, mais pas la PPA.


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"La physique, c'est les mathématiques du branleur curieux"© | "Les gens ont tellement peur d'avoir un futur pourri qu'ils se font facilement a l'idee d'avoir un present de merde, en somme"©
n°60291504
dante2002
HEUUU NOOOOOOOOON
Posté le 21-07-2020 à 09:08:19  profilanswer
 

Merci pour ce témoignage shibobi  :jap:


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Parce que le vote pour Emmanuel Macron n'est pas un vote de conviction mais une nécessité démocratique
n°60291513
radioactif
Mighty mighty man
Posté le 21-07-2020 à 09:09:30  profilanswer
 

dante2002 a écrit :

Merci pour ce témoignage shibobi  :jap:


Shibobi [:rofl]
Concours de grimpette d'immeubles avec Spoodermin [:flying-chewbacca:4]


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"La physique, c'est les mathématiques du branleur curieux"© | "Les gens ont tellement peur d'avoir un futur pourri qu'ils se font facilement a l'idee d'avoir un present de merde, en somme"©
n°60291521
Phenom
Posté le 21-07-2020 à 09:10:13  profilanswer
 

Colonelle a écrit :


J'ai déjà rompu une période d'essai par le passé, mon mec n'est pas totalement convaincu par son nouveau job et ça veut dire quoi finir en burn out ? Pour en avoir déjà fait je trouve ta suggestion complètement à côté de la plaque.


 
Car tu attends dans une situation qui ne te convient pas. Au bout d'un moment, ça finira par vriller.
Et alors ? Tu peux rompre la période et trouver autre chose. Si tu as profil qui correspond au marché de l'emploi, tu rebondiras.

n°60291591
Braindead
Posté le 21-07-2020 à 09:18:32  profilanswer
 

ShinobiOfGaming a écrit :

Bonjour à tous :jap:

 

J'ai hésité un bon moment avant de taper ce message, à la vue de l'écart que je ressens entre mon récit, ma situation, et vos débats. Toutefois, j'ai commencé ici il y a plus d'un an, autant continuer. A l'origine c'était en réponse à un sujet lancé par... Blaska il me semble? Est-il toujours participant ici? Je me souviens qu'il se posait la question de tenter un départ à l'étranger, est-ce toujours d'actualité?

 

La dernière fois, je vous expliquais que j'avais trouvé péniblement 2 offres, et que je sortais de mon école de langue pour "enfin retrouver la vie active" et essayer de valider mon aventure japonaise.
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Hélas... Je suis tombé directement dans le "stress test du covid". Très peu de temps après, le Japon passait en état d'urgence, et j'ai vécu une période cauchemardesque pour mes nerfs.

 

Emploi:J'avais choisi une offre avec un fixe très bas, pour suivre une envie de nouveau et en suivant mon instinct vis à vis de mes interlocuteurs. Alors pour faire simple, comme bien trop souvent dans ma vie, mon instinct a été un conseiller minable.

 

Je n'ai finalement jamais pu commencer cet emploi.
Ma date de début a été décalée à plusieurs reprises, malgré mes explications vis à vis du visa, mes propositions etc. Au bout d'un mois, il était clair pour moi que la confiance était rompue et que je ne pouvais rien attendre d'un employeur (NON japonais, je précise dans le doute) qui me laisse comme ça sans salaire et sans perspective, avec un visa qui m'oblige à travailler. La recherche d'emploi a été acharnée, sous fond de frontières fermées, de crise éco, de reportages NHK annonçant que les jeunes diplômés japonais se faisaient larguer par des entreprises et galéraient. Je vais pas mentir, j'ai transpiré comme jamais et j'ai bien peu dormi. Ma copine était affolée, perso je commençais à voir l'avion du retour et le déshonneur complet du mec qui n'aura rien construit en 18 mois.

 

A force de relancer et de spammer, aidé par le fait que je venais de toper un JLPT N2 et que je disposais tout de même d'un visa de travail encore valable (même si bien court), j'ai réussi à trouver un emploi et à commencer assez rapidement. Le départ de mon "air-employeur" a été hallucinant de mauvaise foi et de violence, mais peu importe, et je travaille donc depuis.

 

D'un point de vue "convenable"... Dans l'échelle du topic, je dois être en train de creuser dans le sous-sol du topic. Avec la crise, mon statut et mon japonais loin, très loin, d'être fluent, je n'ai pas fait la fine bouche. Je me retrouve dans une sorte de "CDD" japonais, renouvelable, et payé à la minute. C'est assez courant ici, et objectivement, ça présente des avantages par rapport au CDI. Les heures sups sont payées à la minute près, on est dispensé de toute la "gravité du CDI à vie" (simple contrat, on vient pour travailler, on prend le salaire correspondant, ça continue tant que les 2 partis le souhaitent, et sinon on se sépare tranquillement). Comme je télétravaille en permanence, je peux faire de grosses journées sans souffrir, ce n'est pas désagréable.

 

Mais ça reste un contrat précaire, ce qui est tout de même loin du monde français que j'ai quitté, avec mon CDI dans un mastodonte. Avec un décor de crise mondiale, de covid, de visa à gérer, de frontières totalement fermées (pour faire simple, si je dois sortir du pays pour X raisons, je n'ai AUCUNE chance de pouvoir rentrer à nouveau), c'est tout de même terrifiant. Je vis avec l'impression d'être en équilibre sur une corde molle entre les 2 tours de la Mairie de Tokyo, les yeux pleins de larmes et un frelon qui me tourne autour.

 

Question salaire, il est risible selon les standards du topic, je vais donc m'économiser l'humiliation et je le garde pour moi. Il me permet tout de même de vivre et il n'est pas déshonorant. Fun fact d'ailleurs. En brut de base, il est sensiblement équivalent au salaire que j'ai quitté en France (ça dépend un peu du taux de change). Mais sans les congés et les quelques petits avantages que j'avais. J'ai été très surpris en recevant ma première fiche de paie. Il n'y avait quasi rien dessus. 5 ou 6 lignes tout compris. Habitué des fiches de paie FR avec 30 lignes de prélèvement, des codes, des tranches, j'ai même cru à un bug ou à un fake :o... Mais non, c'est réglo. L'autre surprise (qui est en lien direct), c'est qu'en partant d'un fixe équivalent, je me retrouve avec un net "net d'impôts" très supérieur à ce que j'avais en France.

 

Je ne lance pas de débat ou de polémique ici, mais il est clair qu'il y a un monde entre la France, ses prélèvements obscurs et sa fiscalité sur le travail, et le Japon, avec ses fiches qui tiennent sur un postit et une part de prélèvements bien plus faible. Avec en plus mes heures sups, mon "net net" a pris au moins 40 à 50% de plus (ça dépend un peu du nombre de jours ouverts, etc), c'est colossal. Sur un mois complet, avec de bonnes journées, je double quasiment mon "net net". Du coup, je reste mal payé par rapport à mon profil au Japon, j'ai quitté la France "entre autres" parce que je m'estimais mal payé et déconsidéré, mais le ressenti est très différent d'ici (pourtant sur le même fixe...). La durée du travail est bien entendu bien plus élevée que ce que je faisais en France, mais la carotte du salaire à la minute aide très bien à cravacher un peu.
Pour le contenu du travail, ce n'est pas désagréable, mais ce n'est pas passionnant non plus. Le sujet est intéressant, ça reste dans l'IT, c'est déjà ça. Sincèrement vis à vis de mon expérience pro, ce que je fais n'est pas haut de gamme du tout et aurait été typique de ce que j'aurais pu faire en France avec juste 3 ou 4 ans d'exp. Mais passons.

 

Convenabilité en générale: Pour le reste, que dire... Comme vous le savez peut-être, la situation est très compliquée au Japon. Frontières fermées, économie qui crache du sang, les indicateurs sont dans le rouge et il est très difficile de se projeter sereinement. Je suis un angoissé et ça n'a pas changé. Je continue de vouloir vivre mon aventure au maximum. Je me suis acheté un beau vélo pour explorer plus et me promener, prendre plus de photos. Objectivement, à mon âge, quand mes amis ont des enfants, bricolent leur maison (achetée), je continue de louer un tout petit studio, je suis en intérim, je fais du vélo et je lis ce que je peux pour entretenir le japonais. :lol: D'un point de vue convenable, je suis forcé de constater que l'échec complet n'est vraiment pas loin ahah.
Pendant "ma" crise, sans pouvoir retourner à l'école de langue, mais sans emploi, j'ai envisagé de renoncer et de rentrer en France. Pas par envie, mais simplement parce qu'à un moment, je me disais que ça ne marchait pas, et qu'il était peut-être temps de limiter la casse. Ça a été très difficile à vivre et je pense que cette situation me hantera à l'avenir (dans le sens où elle aura été un moment clé de mon existence, et qu'y repenser donne un certain recul par rapport à bien des sujets). Je suis redevable à ma copine qui m'a soutenu et qui était là pour me donner envie de m'accrocher.

 

Par exemple, aujourd'hui j'ai le sentiment d'avoir acquis une forme de détachement par rapport à l'inconnu. Je me dis que dans le passé, j'ai été bien idiot de pas partir plus vite, prendre plus de risque. Hélas, dans mon existence, j'ai toujours été pénalisé par mes pensées et mes craintes. Toujours en décalage avec ce qu'il aurait fallu penser au moment en question. De même, les 2 années passées m'ont appris à calmer mes prétentions vis à vis du travail et à faire la paix vis à vis de ma non réussite. Je rageais de ce que je faisais en France, ici alors que je fais moins "évolué", je suis sincèrement reconnaissant de pouvoir continuer mon rêve. Étrange. Après tout, ici, je ne suis qu'un étranger au japonais branlant à qui on ne doit littéralement rien à la base.

 

Depuis peu, je regarde des locations avec ma copine. Soyons clairs, au fond de moi, je me demande toujours bien ce que je suis en train de foutre :o . Est ce bien le moment de déménager avec mes contrats de 3 mois, le déluge de frais à l'emménagement au Japon, alors que j'ai encore 18 mois de dépenses à éponger? Est ce bien le moment d'emménager avec ma copine, alors que mon visa se compte encore en mois? Cette contradiction permanente entre "la situation présente" et "le besoin de construire et d'avancer" est pénible à vivre. Pour autant, les 2 dernières années m'ont appris qu'il n'y a sans doute jamais de moment parfait, et que c'est en se poussant dans le dos qu'on finit "de gré ou de force" à construire quelque chose, même bancal.
Notez bien que chaque appartement se traduit par une question de l'agence au proprio: "Un locataire étranger, c'est OK?". 1 fois sur 2, je prends un refus, malgré la copine japonaise :o . Je trouve amusant le fait que ce soit si clairement indiqué (c'est affiché avec une telle décontraction, une telle politesse :o ), je l'accepte sans souci (après tout il y a d'autres appartements, on y arrivera), mais là aussi, chaque visite est un peu l'occasion de ressentir cette précarité et ce flou artistique qui constituent ma vie depuis 2 ans.

 

Bien entendu, je doute très fortement de l'avenir, mais sincèrement, rentrer en France ne me semble pas envisageable sereinement non plus. Tout ce qui me rendait fou en France est toujours là, et semble même prendre des proportions affolantes dans mon logiciel. Je suis l'actualité et ça me brise le cœur, sincèrement. Je pense souvent à mes parents, qui vieillissent, et je m'inquiète pour eux. L'équation me semble de plus en plus être "galérer au Japon mais dans un environnement qui te plaît, en suivant ton envie... ou rentrer en France, et vivre dans cette impression de navire qui coule et dans laquelle tu ne te retrouves pas".

 

Je parle de ça car je pense sincèrement que la convenabilité, ce n'est pas qu'une histoire d'argent ou de retraite à 45 ans, mais aussi une adéquation entre soi-même et son environnement. Certes, aujourd'hui, d'un point de vue pro, je suis par terre, au bas de l'échelle, et la comparaison me fait parfois très mal. Mais j'aime mon environnement. Les villes japonaises sont moches, mais je me sens apaisé en vivant ici. Tout marche, c'est propre, poli, efficace. Il m'est difficile de le retranscrire avec des mots, mais je me sens plus en paix ici qu'en France où j'avais l'impression de devoir négocier, composer, vivre avec une infinité d'agressions, de ressentiments, de saleté, de nuisances et de désagréments.
C'est tout à fait personnel, et donc à nouveau, n'y voyez pas une envie de polémiquer. Le week-end, je prends le vélo, l'appareil photo, et je pédale au hasard. Je m'arrête boire un thé au tapioca pour entretenir le diabète, je regarde un peu les gens, je prends une ou deux photos, je me ballade dans des rues que je connais par coeur, et je suis content. Le soir je lis un vieux manga acheté 1 euro ou quelques pages d'un roman en japonais, un peu de netflix ou un jeu sur le gros PC qui je me suis acheté pour fêter mon premier emploi ( :o merci l'instinct, mais il est là en attendant), dans mon clapier, et je trouve ça pas si mal.

 

Peut être une forme de sagesse, ou de renoncement, je ne sais pas. :o

 

Bref, voilà pour la mise à jour de la convenabilité. Je ne suis pas sûr de vous faire part des prochaines suites de mes aventures, je me sens en décalage avec le topic, mais si vous estimez que ça peut alimenter vos discussions, je ne me l'interdis pas. :jap:

 

Merci pour votre bienveillance et à bientôt.

 

Je te lis avec intérêt, continue de nous faire des feedbacks, ça nous sort de notre vase clos  :jap:


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la superstition ça porte malheur.
n°60291602
Lagoon57
Posté le 21-07-2020 à 09:19:27  profilanswer
 

radioactif a écrit :


Brown-out plutôt.
Tu deviens Lagoon sinon ? C'est un projet de vie comme un autre.


Voilà, moi je kiffe bien mon nouveau poste en contrôle de gestion :o

n°60291613
Braindead
Posté le 21-07-2020 à 09:20:47  profilanswer
 

radioactif a écrit :


Shibobi [:rofl]
Concours de grimpette d'immeubles avec Spoodermin [:flying-chewbacca:4]

 

[:roxelay]
 [:canartichaut]


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la superstition ça porte malheur.
n°60291619
MEI
|DarthPingoo(tm)|
Posté le 21-07-2020 à 09:21:27  profilanswer
 

Phenom a écrit :


 
Avec tes crédits, 3 gosses, tes voitures, tu penses vraiment avoir la capacité de faire de l'investissement immobilier ?


Vu qu'il peux pas jouer sur la defisc je pense vu son status de frontalier, ça risque d'être chaud effectivement. Après tu peux commencer à faire de l'investissement dans un F2/F3 et que ça te coute que 250-350€/mois vraiment de ta poche hein... :spamafote:


---------------
| AMD Ryzen 7 7700X 8C/16T @ 4.5-5.4GHz - 64GB DDR5-6000 30-40-40 1T - AMD Radeon RX 7900 XTX 24GB @ 2680MHz/20Gbps |
n°60291646
MEI
|DarthPingoo(tm)|
Posté le 21-07-2020 à 09:25:15  profilanswer
 

oh_damned a écrit :

+ c'est grave ou/et compliqué et + le niveau hiérarchique impliqué est élevé
Je ne vois ce qui est étonnant quand on a fait un minimum d'operationnel dans sa vie
J'en déduis que ceux qui s'étonnent n'ont jamais rien fait de concret de leur vie pro :o


Ce qui est choquant, c'est pas qu'il doivent faire partie d'une cellule de crise si une crise survient, mais qu'il soit payé pour ça... en gros t'as une prime pour faire ton job de base... :crazy:
 
Franchement, je ne pense pas qu'en France il y ai beaucoup de DSI avec une ligne "Astreinte" quoi... :lol:


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n°60291682
Black_Jack
Bo_Jack
Posté le 21-07-2020 à 09:29:50  profilanswer
 

radioactif a écrit :


Shibobi [:rofl]
Concours de grimpette d'immeubles avec Spoodermin [:flying-chewbacca:4]


Radiu pls


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Horse_man
mood
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Posté le   profilanswer
 

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