vonstaubitz | Gilgamesh d'Uruk a écrit :
Mais il n'empêche que tout cela amène au fait qu'il n'y a qu'une et une seul "one best way" qui passe par le Christ et qui fait précisément le salut de la prostitué, du centurion, etc malgrès leur défaut d'observance. Il y a là une orthodoxie que tu peux rendre aussi minimal que tu veux (c'est un progrès sans doute) MAIS à condition de garder foi en l'existence et en la nature divine du Christ, attestée par des miracles. Donc orthodoxie quand même, quoiqu'on fasse.... Concrêtement le salut passe par le fait de savoir et d'ajouter foi au fait qu'un tel être a existé, qu'il est né miraculeusement d'une jeune fille juive encore vierge, qu'il a préché du temps des Romain, qu'il est mort par leur main et que 3 jour plus tard le tombeau c'est trouvé vide, etc C'est ce que j'appelle un énoncé minimal : ne pas y prêter foi, d'un point de vue de l'orthodoxie n'est pas neutre moralement. Pour moi c'est une des definition possible de la religion. Pour moi en tout cas, là est la ligne de partage : se baser sur un texte (plus ou moins surinterprété parce que sacré) pour guider son espérance et sa morale.
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On peut considérer la vie de Jésus telle que tu la décris comme un fait historique, rapporté de plusieurs façons contradictoires. Il ne s'agit pas d'un énoncé dans ce cas, mais d'une réalité, pour laquelle on a comme trace que les évangiles et quelques lettres du Nouveau Testament. Ce qui est parfaitement contestable, je le conçois. Par contre, dire "l'Esprit est une personne" est un énoncé. Par exemple les Témoins de Jéhovah considèrent l'Esprit comme une force, non pas une personne. Ma croyance se distingue de celle des Témoins de Jéhovah sur ce point précis. On peut donc parler dans le cas de la compréhension de l'Esprit, et en ce qui me concerne d'une partie d'un "énoncé". Note par rapport à ton résumé de la vie de Jésus: et aussi, dire que la mère de Jésus était vierge à sa naissance est aussi un énoncé.
Gilgamesh d'Uruk a écrit :
Or quand tu t'intéresse aux débuts du christianisme tu vois que l'époque où cet énoncé a été fixé est une période de prolifération de variations sur les écritures saintes et que les tenant des différentes variantes s'anathémisaient à tour de bras. Que même après que le canon évangélique a été fixé, la foire d'empoigne a continué sur le sens réel de ces écritures (cf. la querelle sur le filiusque). Ce que l'on contemple aujourd'hui, la paysage religieux de la chrétienté, c'est le champs de bataille un fois débarassé des meubles cassés et des cadavres, raison pour laquelle les chrétiens peuvent se parler de façon relativement sereine : ce n'est plus qu'une question d'institution et de pouvoir. Plus que ! C'est dire à quel point l'énoncé est central.
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La description du déroulement de l'Histoire que tu fais est indépendante du fait que la Bible soit véridique ou pas. Les querelles auraient pu exister, que Jésus soit inventé ou non.
De plus, par expérience de nombreuses dénominations d'Eglise, pour moi, leurs énoncés varient, et parfois de façon fondamentale. La querelle que tu évoques est toujours là. Par exemple, en tant que protestant, je ne peux pas, en principe, communier dans une église catholique. Ainsi, l'"énoncé" est central, je suis d'accord avec toi.
Gilgamesh d'Uruk a écrit :
Tout ce que je récuse en tant qu'athée c'est l'idée qu'un énoncé aussi problématique, puisque il a fallut des siècles pour se mettre d'accord (ou plutôt pour éradiquer les tenant des autres thèses) puisse servir de canon moral absolu.
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Un canon humain global et accepté par toutes et tous n'existe pas, et n'a jamais existé. Les trois grandes religions du livre ont des énoncés très différents. Les myriades d'Eglises et de formations annexes ont aussi des énoncés différents.
Pour moi, l'"orthodoxie humaine" n'a pas de valeur morale, sinon relative à une époque, une institution, un groupe de personnes dans cette institution, et aussi relativement à une personne au cours de sa vie (voire au cours d'une même journée!).
C'est là que la parabole du bon samaritain prend toute sa dimension. Quel sorte de prochain suis-je? |