Almaroja a écrit :
Cela me fait penser à Pascal qui disait qu'il y a deux excès dans la pensée : "exclure la raison et n'admettre que la raison"
et il ajoutait : "la dernière démarche de la raison est de reconnaître qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent."
Attention pas qui la dépassent mais bien qui la surpassent. La raison telle que vous la définissez est purement physique et par conséquent encore plus étroite que les religions que vous mettez beaucoup d'ardeur à critiquer pour archaïsme et usurpatrice de "vérité".
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La plupart des critiques se dirigent vers les dogmes, issue d'un savant mélange d'extrait d'écritures saintes et de catégories aristoteliciennes, pas vers la possibilité d'être théiste.
Citation :
On ne peut définir Dieu avec nos raisons d'homme, comment le pourrait-on s'Il est Dieu ?
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...et justement ce qui fait l'objet d'une critique souvent acerbe c'est que les religions prétendent absolument dire quelque chose de positif et de contraignant sur Dieu.
Si tu es juif il faut admettre comme étant justes une bonne quantité de massacres et d'iniquités divines (soit commis directement, soit ordonnés à son peuple)... Si tu es chrétien en plus croire ce qui précède, tu affirme qu'Il c'est incarné durant une trentaine d'année en Palestine, au temps d'Auguste ou de Tibère, qu'il est mort et ressuscité et qu'il reviendra pour le Jugement Dernier. Si tu es musulman en plus de croire à une bonne partie des massacre et iniquité biblique, tu affirmes que les 6500 versets du Coran sont purs extraits de paroles divines, livrés tels quels et que jamais plus Il ne livrera d'autres paroles, jusqu'au Jugement Dernier où Il ressuscitera tous le monde pour envoyer les uns en Enfer les autres au Paradis.
Et ce n'est pas tout loin de là, mais déjà rien que ça ce n'est pas rien. Sans parler même de l'aspect douteusement moral des textes, c'est l'ampleur de ce qu'il faut avaler qui est déjà completement exorbitant, en terme d'assurance intellectuelle en fait.
Par contre, dans le contexte de l'époque, non seulement ce n'est pas choquant mais c'est parfois pas mal, et en quelques occasions admirable.
Citation :
Ne nous dépasserait-Il pas totalement ? Dans son être, son esprit et ses voies ?
S'il a créé la vie, il l'a laisée libre. Il lui a laissé la totale liberté de choisir sa voie... de l'accepter Lui ou pas.
Qui aurait voulu d'une vie sans choix ? Et si nous étions créé par un dieu qui nous programme pour n'aimer et servir que lui alors la notion de liberté est absente car nous n'aurions même pas la possibilité de nous rébeller.
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Disons que c'est au minimum à approfondir comme notion. Parce que d'une part, le libre-arbitre, s'il forme une nécessaire fiction morale pour nous les hommes, et entre nous, n'est pas tellement tenable aux regard de Dieu. Tous les êtres, de par leur constitution, de par leur histoire personnelle, ne sont pas égaux devant la croyance. Si la Vérité que constitue le dogme, même réduit à ses fondamentaux, est une pure nécessité pour vivre bien alors il y a une injustice majeure et constante dans le fait que certain croiront et d'autre pas. Et Dieu le sait bien...
Et d'autre part l'idée qu'il est juste que la Vérité ne s'impose pas à l'esprit est pour le moins contestable sur TOUS les aspects que communément recouvre la notion de vérité. Te sens tu - au sens de ressentir un assentiment invincible de la Raison - libre de croire à la réalité du photon, de l'électron ou de la 1e loi de la thermodynamique ? Moi non. Et ça bien que ce soit des choses très abstraites après tout. Dans les choses plus concrete te sens tu libre de croire a l'existence de l'Amérique ou à la nature rocheuse de la Lune, à la profondeur de l'océan, à la nature composée de l'eau, à la nature cellulaire du vivant, à la photosynthèse, a l'existence des ornithorinques, des diplodoccus, à Ramses II, à Sumer ? Toute chose fruit de la science et qui s'imposent a l'esprit. Moi non.
Et peut on définir la moindre injustice a être aujourd'hui contraint d'y croire alors que nos ancêtre ne soupçonnaient même pas ce type de réalité ? Je ne trouve pas. Je trouve même que c'est mieux, bien plus bénéfique pour nous d'être contraint de donner foi à l'affirmation de l'existence de toutes ces choses.
Sur des notions purement morale qui touche à la volition, on pourrait continuer. Te sens tu libre de croire que la torture, le viol, le meurtre, le mensonge ou le vol sont répugnants ? Moi non.
C'est même le fait que la vérité exprime la nécessité de croire à ce qu'elle exprime qui me semble juste. La vérité est son propre critère disait Spinoza. Or Dieu, le Dieu abrahamique, du moins, n'est pas nécessaire, tant au plan événementiel que moral. On peut certe trouver une voie intellectuelle qui réclame sa présence. La théologie est une science parfois délicieuse. Mais je suis bien certain que ce raisonnement n'aura jamais la force de conviction universelle qui fait par exemple le succès de la science. Ce raisonnement ne sera JAMAIS contraignant. Il me semble dès lors injuste d'indexer quoique ce soit de moral (au sens du "Il faut que..." ) au fait d'ajouter foi à l'existence divine et à la véracité des Textes qui sont censer nous livrer l'essentiel de Dieu.
Or le principal grief (je ne dis pas que c'est ton propos, ceci dit) des croyant aux non croyant a pour sujet la morale, mécréance et immoralisme étant presque synonyme culturellement parlant. C'est pour ça que le choc est rude et la discussion souvent soit violente, soit hypocrite. Des deux côté je le précise.
Citation :
C'est ce qu'un homme aurait fait (et ce qu'il fait d'ailleurs lorsqu'il fabrique).
L'amour pour sa créature se manifeste -entre autres- par la totale liberté qu'il offre aux hommes.
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Sauf s'il y a Rétribution dans l'Au Delà et que celle ci est indéxée à la croyance. En positif comme en négatif d'ailleurs, ça ne change pas les données absolument morales du problèmes. Si c'est ça, non seulement la liberté n'est pas un cadeau, mais elle n'est intelligible que sous la forme d'un cynisme assez insoutenable.
Croyez ce que vous voulez... Ah je sais, c'est dur de croire... Mais eh ! Si vous ne croyez pas, c'est loupé, c'est tant pis et c'est trop tard.
Citation :
. Conscient de leur incapacité à changer le monde pour qu'il vive en paix, les hommes se sont tournés Dieu, de tous les horizons et de toutes les époques.
Aujourd'hui, après l'avoir rejetté et en continuant à accumuler des "preuves" de son inexistence, l'homme se sent abandonné et crie sa peur envers celui qui n'a plus voulu les guider ou les sauver. "Eloï, Eloï, lama sabactani ?"
Et si l'homme est si prompt à faire souffrir et à tuer, il faut se demander ce qui le pousse à le faire plutôt que d'accuser Dieu pour le mal qu'Il nous permet d'excercer.
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Plus ou moins, on est contraint d'en revenir à l'idée de responsabilité collective...
Marche pas.
a+