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| Auteur | Sujet : Y a-t-il un grand architecte dans l'univers ? |
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Herbert de Vaucanson Grignoteur de SQFP depuis 2002 | Reprise du message précédent :
La question que tu poses là a pour moi à peu près autant d'intérêt que de demander si un tabouret est plus un genre de petite table ou plutôt une chaise qui n'aurait pas de dossier. C'est un problème d'auteur de dictionnaire. Ça intéresse des gens parce qu'on aime bien, en sciences, trouver des définitions synthétiques, mais ça reste juste une question de définition. Si je dis "est vivant ce qui est constitué de cellules", alors ça exclut les virus, prion & Co. Si je dis "est vivant ce qui croit et se reproduit", alors ça inclut les cristaux. Si je dis "est vivant ce qui apparaîtrait, grandit, consomme du carbone et disparaît quand ça n'a plus de carbone à consommer", alors ça inclut le feu... Mais quelle que soit la définition que l'on choisit, ça ne change pas la nature réelle des objets considérés, c'est pas comme si "vivant" était une caractéristique "réelle", "objective" d'un tas d'atomes, c'est juste une interprétation d'un tas d'atomes par les humains.
Je comprends pas le but là, je ne vois pas ce que ça vient faire là l'ADN non codant. Je ne vois pas du tout le rapport avec la discussion en cours. Message cité 2 fois Message édité par Herbert de Vaucanson le 09-06-2015 à 02:41:44 --------------- Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur. |
Publicité | Posté le 09-06-2015 à 02:39:42 ![]() ![]() |
baggers |
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Ainex |
Bakkers me parlait justement du problème de ne pas pouvoir définir la conscience précisément comme exemple au fait qu'on n'a pas de "début de théorie là-dessus".
Comme la conscience. La conscience est déterminée. La conscience fait tout autant partie des phénomènes de l'Univers que la vie.
La conscience n'est pas toujours un avantage évolutif. Elle consomme de l'énergie. Beaucoup d'énergie parfois. Certains vivants n'ont pas besoin de s'encombrer d'une "conscience". Bon allez, je vais me coucher. Je vais tenter, demain, de retrouver mes anciens documents sur la neurologie et vous faire un résumer plus précis sur la partie sur la conscience. Message édité par Ainex le 09-06-2015 à 03:07:31 |
TZDZ |
Vous dites : on explique tout facilement sauf la conscience. C'est un peu comme en science, à la fin du 19e, on comprenait un peu tout, sauf deux ou trois détails, jusqu'à la catastrophe ultraviolette et là bim-badaboum physique quantique et relativité générale. Je suis aussi d'accord sur la question de la définition de la conscience qui pose problème. Avant de dire qu'elle est inexplicable, il faudrait réussir à la définir clairement. C'est-à-dire à en donner une définition simple (scientifique) et positive. Tant qu'on n'arrive pas à le faire, c'est peut-être qu'on n'a pas les outils à notre disposition pour le faire, et donc pour l'expliquer. Par exemple, après tout ce débat : les animaux sont-ils conscients ? Message édité par TZDZ le 09-06-2015 à 09:56:18 |
Atropos Peace Love Death Metal |
MacEugene This is the Way. |
Il est TT.
Message édité par MacEugene le 09-06-2015 à 09:41:21 |
Herbert de Vaucanson Grignoteur de SQFP depuis 2002 |
Message édité par Herbert de Vaucanson le 09-06-2015 à 10:31:29 --------------- Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur. |
TZDZ | Et moi je pense qu'aujourd'hui tu ne le peux pas (en deux pages comme en cent), et que le fait de ne pas le pouvoir ne te permet pas de dire que tout est explicable sans problème. Exactement comme à la fin du 19e, on avait quelques trous, mais rien de bien grave. Comme avec Vulcain. Message édité par TZDZ le 09-06-2015 à 10:39:27 |
Herbert de Vaucanson Grignoteur de SQFP depuis 2002 | Aucune observation, rien ne nous laisse supposer qu'il est nécessaire d'invoquer de nouvelles lois de la physique pour expliquer qu'une souris fait un terrier. Il est parfaitement raisonnable de dire que tout cela est explicable par la physique des particules. --------------- Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur. |
Publicité | Posté le 09-06-2015 à 10:48:34 ![]() ![]() |
TZDZ | T'as pas oublié ta conscience, là ? edit : je ne parlais pas que de l'existence du terrier, je parlais aussi de sa forme. Message cité 1 fois Message édité par TZDZ le 09-06-2015 à 11:02:19 |
Herbert de Vaucanson Grignoteur de SQFP depuis 2002 |
Mais justement, en partant de la physique des particules, il n'y a pas besoin de postuler l'existence d'un "vécu intérieur ressenti" produit par le tas d'atomes "souris" pour expliquer son terrier et la forme de son terrier. Tout cela peut se résumer à des bêtes chocs "aveugles" entre particules. Comme tout le reste dans l'Univers. Et si ton but était de me dire que dans la forme du terrier de la souris, l'étape inexplicable est la conscience de la souris, on tourne en rond Message édité par Herbert de Vaucanson le 09-06-2015 à 11:05:38 --------------- Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur. |
TZDZ | Le problème, c'est que le fait de répéter ton avis ne rend pas plus valable qu'un autre si tu ne peux pas le justifier Comme tu ne peux pas le faire, mon affirmation qui consiste à dire que la souris a une sorte de conscience n'a ni plus, ni moins de poids que ton affirmation qu'elle n'en a pas. Le fait qu'elle en ait besoin ou non est une glissade hors du champ scientifique (si on la poursuit un peu, on devrait pouvoir retomber facilement sur le thème initial du topic). La souris est comme elle est. Message édité par TZDZ le 09-06-2015 à 11:13:14 |
Herbert de Vaucanson Grignoteur de SQFP depuis 2002 | Je ne dis pas qu'elle n'a pas de conscience, je dis qu'il n'y a pas de difficulté fondamentale à expliquer la forme de son trou par la physique des particules "sans introduire explicitement la notion de conscience dans la boucle". --------------- Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur. |
baggers |
Ce qui ne veut pas dire que la notion de conscience n'y est pas présente. Par ailleurs, je ne suis pas totalement certain que des êtres "non conscients" aient accès a toutes les possibilités des êtres conscients: on se rends bien compte par exemple que pour un être humain, "ne pas être conscient" d'un de ses membres est un problème, car il le considère alors comme un membre étranger: il en ressent la douleur, il peut le manipuler, mais c'est un membre étranger pour lui dont il n'a pas toujours conscience des mouvements, et que parfois il perçoit si étranger à sa "conscience" qu'il veut le faire amputer: http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndr [...] ng%C3%A8re http://fr.wikipedia.org/wiki/Apotemnophilie Je trouve ces troubles intéressants pour se poser des questions sur l'influence de la conscience, qui va au delà du simple schéma de réaction à la douleur. On voit bien ici que des êtres "conscients" dont la conscience est imparfaite, comme dans les cas ci-dessus, ont plus de problèmes qu'un être "plus simple" "moins conscient" simplement basé sur un schéma animal de préservation face à la douleur. Le "zombie philosophique" n'aurait jamais ce genre de problèmes. (sauf à les simuler, mais ça me parait absurde d'avoir un tel comportement, qui ne seras en tout cas jamais "sélectionné" par l'évolution sans une solide contrepartie) "La conscience" est un désavantage au vu de sa complexité et des imperfections qui peuvent amener a l'amputation d'un membre sain du corps par cette conscience si elle le considère "étranger". Mais un avantage évolutif par ailleurs si elle permet par exemple d'aider à déterminer "la bonne longueur de terrier". La conscience a bel et bien des effets observables, surtout dans les cas ou elle marche mal ^^ Mais il est certain que ces désavantages sont plus que compensés par les avantages qu'elle apporte, sinon l'évolution l'aurait écartée. A ce titre, il est possible qu'elle "aide" les souris a creuser leur terrier, pourquoi pas? (Ce qui amènerait alors rapidement les souris "zombis philosophiques" a être écartées par l'évolution au profil des souris "conscientes", même si une souris zombi est capable de la même chose, du moment que la conscience le facilite au point de constituer un avantage) On en vois pas le mécanisme ni comment la mesurer aujourd'hui, mais a partir du moment ou elle a un effet observable (et les troubles de la conscience tels que le membre étranger sont un effet observable pour moi), c'est qu'elle est ancrée dans le monde physique, donc on va trouver quelque chose. Je mise sur un genre de phénomène de masse critique de chimie neuronale faisant émerger des variations pseudo-chaotiques locales de lois physiques. Message cité 1 fois Message édité par baggers le 09-06-2015 à 12:28:31 --------------- Mens laxa in corpore laxo |
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Herbert de Vaucanson Grignoteur de SQFP depuis 2002 |
Si on a démontré les influences géniques, alors on a aussi une explication "physique des particules". C'est un chaîne (relativement A aucune étape, je ne vois quelque chose qui nécessite d'invoquer des nouvelles lois de la physique, qui mette en échec, conceptuellement, une explication "tout physique des particules". Message cité 1 fois Message édité par Herbert de Vaucanson le 09-06-2015 à 14:52:38 --------------- Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur. |
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Message cité 1 fois Message édité par Herbert de Vaucanson le 09-06-2015 à 15:07:55 --------------- Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur. |
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Message édité par Cardelitre le 09-06-2015 à 15:23:12 --------------- Intra-Science - To thine own self be true |
Ainex |
Mais, justement, pour moi, la conscience n'a rien de "plus" non-plus. La vie n'est qu'un phénomène comme un autre que l'on essaie de caractériser. Mais d'un point de vue physique, il n'y a aucune différence. Ce sont juste des processus qui ont une résonance psychologique pour nous parce qu'on est bercé dans nos fondamentaux de vie/mort et conscience/inconscience.
La vie est un ensemble de processus et de phénomène comme la conscience...
Justement, c'est très probablement faux. Pas besoin d'ajouter un truc "en plus". Repense à mon exemple de domino.
Non-explicable précisément à cause de la nature assez "holiste" de la conscience. C'est à dire que pour comprendre la conscience, il faut farfouiller dans tout le cerveau sans qu'on puisse isoler définitivement uniquement un endroit en particulier.
Il n'y a pas de différence au sens où ils sont tout deux deux processus physiques, c'est tout. Je ne comprends pas pourquoi tu veux ajouter à la conscience des phénomènes autres que celle d'un processus interne (complexe, d'accord, mais comme la vie l'est aussi) qui aboutit à des processus de décisions, de représentations et d'auto-analyse.
Je nie pas plus l'existence physique du processus de la conscience que je ne nie le processus de la vie. En fait, c'est complètement absurde ce que tu me dis là. Par exemple, la "digestion" n'est qu'un processus qui est arrivé peu à peu avec la vie pour faciliter l'ingestion de nutriment.
Ce n'est pas clair. Je ne vois pas en quoi ton exemple contredit ce que je dis, en fait. Il y a effectivement un mécanisme interne, dans le cerveau, qui associe nos membres à notre projection physique mentale et on peut induire le cerveau en erreur en jouant là-dessus. Mais tu ne peux pas en induire que la "conscience" est une entité à part. C'est un processus interne qui dépend des variables extérieures comme tout processus. Pour reprendre l'exemple de la digestion, tu peux ingérer des médicaments qui vont tromper le processus de digestion. Pour autant, pas besoin de considérer que la digestion est une entité et qu'il faut inventer de nouveau concept physique pour les comprendre. -------------------- Il existe en neurologie plusieurs théories sur la conscience. La plupart d'entre elle n'ont pas besoin d'ajouter d'effets supplémentaires de la matière. Tout repose en majorité sur le fonctionnement des processus internes dans le cerveau et la façon dont ils sont agencés. Là, aussi, il est aussi important de noter qu'il faut attention quand on parle de "conscience". On ne parle bien sûr pas de la conscience éveillée ou celle que l'on étudie pour les gens qui tombent dans les pommes, par exemple. Tout d'abord, on distingue déjà, dans la conscience, la toute "première" conscience. La basique, archaïque. Ensuite, on parle d'une autre conscience d'un niveau supérieur (mais attention, je répète, quand on dit "autre", c'est très arbitraire, je rappelle qu'en biologie, il est difficile de compartimenter les choses de manière définitive). Déjà, là, je me perds dans les détails, alors on va prendre un exemple. Les yeux captent une image. Exemple "ATTENTION DANGER". L'information remonte au processus de décision. Le processus de décision lui-même va faire appel à d'autres processus (mémoire, etc..). Le processus de décision "aboutit". Par exemple, ici, c'est "Ne plus avancer". Dès lors, il y a un mécanisme émotif qui se met en marche et va donner le sentiment adéquat (peur, prudence, qu'importe). Ce processus reste encore la majorité du temps "inconscient" au sens psychologique. Tout y est automatique. Alors pourquoi dit-on que c'est une "étape" supérieure ? Parce que ces modifications font appel à d'avantage de donnée (déjà, là, c'est 15 000 fois plus complexes que le Proto Soi inaugural à observer) et qu'ils en résultent des "sentiments" ou des émotions plus forts qui peuvent perturber le fonctionnement "normal" du corps . Et c'est là où on définit une nouvelle étape, le "Soi central transitoire". Ici, on abandonne le terme "proto", cela indique bien la différence que l'on va faire avec ce qui précède. Ce processus se charge non-pas d'observer l'extérieur, mais d'observer les changements d'état interne lié au Proto-Soi modifié. Grosso-modo, pour résumer, c'est ce processus qui va décider si soudainement on va prendre "conscience" ou non du changement interne. Ce processus fonctionne avec des mécanismes de "vigilance" et de hiérarchisation de l'attention (i.e l'énergie que le cerveau est prêt à mettre pour résoudre la tâche quitte à en abandonner d'autres). Vous avez peut-être parfois entendu parlé des gens qui souffrent d'une maladie où ils ne font que attention à la partie gauche. Par exemple, ils ne mangent que la partie gauche de leur assiette ou il ne se souvienne que de la partie gauche d'une photo. On arrive alors au Soi-central. C'est ce processus qui est responsable du sentiment de "connaître". C'est à dire que ce mécanisme qui nous signale précisément "Hey, tu es en train de modifier ton état interne, il y a du changement !". Pour reprendre l'exemple du panneau. Le Soi central transitoire nous "émerge" de notre état inconscient que l'on pouvait avoir et le Soi central va nous faire comprendre la situation d'une manière encore plus poussée en utilisant des mécanismes plus profonds. Par exemple, si c'est la première fois que l'on voit ce panneau "ATTENTION DANGER", on va commencer à se demander si le panneau n'est pas une "blague", si il n'est pas un peu daté, si ça vaut réellement le coup de prendre le risque de passer, se demander les raisons d'un tel avertissement, etc.. Enfin, une fois la décision prise, on aboutit à l'archivage de la situation. De manière plus concrète, c'est comme si vous venez de faire une tâche compliquée qui vous a demandé de l'énergie, vous ne voulez pas perdre le fruit de votre travail, n'est-ce pas ? On appelle ce processus le "Soi autobiographique". On va placer nos actions dans le temps et en prenant soin de garder les informations nécessaire. Les raisonnements rationnels que l'on a construit sont susceptibles d'être appelé plus tard à nouveau. L'homme se distingue particulièrement là-dedans parce qu'on enregistre, dans un sens, notre état de "conscience" au moment du fait. C'est ce qui nous permet de "revivre" nos souvenirs, l'expérience. (Notons qu'on archive pas uniquement "nos" expériences passées, mais aussi celle des autres. Quand quelqu'un nous raconte une histoire ou ses propres souvenirs, on va les englober aussi. C'est pour ça que l'on peut aboutir à des gens qui "ont en mémoire" quelque chose qu'ils n'ont jamais vécu. On parle alors d'expérience collective.). Ici, le processus peut redevenir "inconscient" au regard psychologique. Le processus n'est pas continu. Il peut s'interrompre suivant les évènements et la priorité du moment (donc à nouveau, si le Soi-central transitionnel décide de "reprendre la main" en focalisant l'attention ailleurs). Chez certains schizophrènes, c'est précisément ce processus dysfonctionnant que l'on suspecte d'être responsable de leurs problèmes. Tout ce processus d'archivage est très important puisqu'il fixe notre sentiment d'existence continuel de notre naissance à maintenant. Même si, en réalité, nous avons changé de manière interne comme externe, c'est ce processus qui conduit à identifier le "soi" à travers tous les souvenirs que l'on a et donc de jamais cesser d'exister. ------ Voilà un peu près le résumé que je peux faire et une des théorie là-dessus (en fait, il y a en a plusieurs). Si vous considérez que je ne suis pas allé assez dans les détails, alors je emmerde cordialement ! La complexité du domaine est exponentiel au fur et à mesure que l'on plonge dedans. Ce qu'on sait : -On sait assez bien la plupart des processus fonctionnent de manière strictement physique. C'est à dire comment les neurones dialoguent entre elles ou comment des circuits à force d'être utilisés peuvent être bien plus rapides. -On sait l'importance immense de certaines parties du cerveau et qu'un processus particulier doit faire appel à certaines zones précises pour avancer. On arrive donc à prédire, via l'observation, de grandes "idées" et des axes de théories. Mais... On ne peut, pour le moment, pas savoir exactement comment cela fonctionne au milieu de tout ceci car c'est un immense réseau ayant des ramifications dans tous les sens. Nous sommes la plupart du temps incapable de décrire de manière précise comme un processus va fonctionner de A à Z. Message cité 1 fois Message édité par Ainex le 09-06-2015 à 16:40:33 |
Ryan Foupoudav | Oui mais (le passeport ? --------------- "Nothing ever happens to the knowing with which all experience is known" |
Gilgamesh d'Uruk Lui-même | Ainex et Cardelitre, le problème est difficile mais pas du fait qu'il faut invoquer d'autres mécanismes : il n'y a pas de variables cachées, tout est sous nos yeux. Le problème est du même ordre à nos yeux que l'était le problème de la vie animée pour un matérialiste du XVIe siècle, qui ne dispose que d'une physique aristotélicienne et d'une chimie pas encore sortie de l'alchimie pour réfléchir le monde. Pour passer d'un morceau de glaise à de la chair animée il n'y a aucun mécanisme intelligible disponibles. Je ne parle même pas de mécanisme connus mais simplement de mécanismes concevables. Aujourd'hui on dispose d'un mécanisme intelligible complet pour franchir deux niveaux successifs d'émergence : du Modèle standard des particules à la matière, à travers l'édifice atomique (nucléon, noyau, nuage électronique) et de la matière à la vie à travers le triptyque : théorie cellulaire (pour la structure du vivant), activité enzymatique (pour expliquer le métabolisme) et acides nucléiques (comme support de l'information génétique et cible de l'Evolution). La Matière et la Vie sont désormais sans mystère. Pour la conscience, on est bien capable de former des concepts et des mécanismes comme la formation du Soi, des émotions et des sentiments. On dispose de pivots anatomiques et histologiques solides. Mais ces concepts, pour utiles et éclairants qu'ils soient ne masquent pas le Mystère majuscule qui règne encore sur cette partie des sciences. Pour moi c'est le Deuxième Mystère de l'Univers, après la non localité quantique. Comment un échange d'ion à travers des membranes peut générer cette scène intérieure où retentissent les phénomènes cognitifs ? Pour prendre une autre analogie : disons qu'on dispose d'une chimie pré-atomique pour expliquer le feu. On sait analyser chimiquement les gaz, on sait que acétylène + oxygène donne une flamme de telle couleur, méthane + chlore une flamme de telle couleur, mais absolument aucune idée de comment la "matière" peut générer de la "lumière". On tient dans chaque main deux concepts de natures tellement distinctes qu'on n'a aucune idée de quelle architecture conceptuelle user pour les relier causalement. Message cité 1 fois Message édité par Gilgamesh d'Uruk le 09-06-2015 à 17:06:24 --------------- Nation spatiale : la chaîne de l'Arche interstellaire. |
baggers | Tout d'abord, merci M'sieu Ainex d'avoir pris du temps pour nous écrire tout ceci ^^ On a un problème de définition. Le terme de "processus", "phénomène" est trop fourre-tout. Chacun y prends ce qu'il veut, on arrive à rien et à se demander pourquoi son interlocuteur se contredit: Processus = réaction chimique/physique, ou ensemble de réactions a partir d’éléments connus. Exemple: une enzyme décomposant une molécule carbonée en méthane. Ou une neurone recevant et transmettant une information électrique ou chimique. La vie est un ensemble de processus. Le cerveau contient tout les processus donnant naissance à la conscience. Ce que Herbert et moi on appelle "conscience", ce ne sont pas les processus eux-mêmes, avec lesquels on est parfaitement d'accord que ce que tu nous décrit, mais le résultat, la conséquence de ces processus: le "Moi". La vie n'a pas d'autres conséquences que le résultat des réactions chimiques qu'elle mets en œuvre: la vie n'est pas une caractéristique, ni une conséquence d'un processus moléculaire: c'est le processus moléculaire lui-même. La vie "n'apparait" pas et ne "nait" pas, ce sont des pièges de notre langue, une illusion culturelle: les processus en jeu dans une pierre la rendent aussi "vivante" que toi ou moi, pareil pour ceux en jeu dans le soleil. Ce que nous on appelle la conscience ici dans cette conversation, c'est la conséquence des processus que tu nous à décrit: l'apparition (ou la formation) du "moi" central. Si je reprends la définition du wiki: http://fr.wikipedia.org/wiki/Conscience
"La conscience" pour moi, ce n'est pas l'écran (cad les processus neuronaux qui créent l'image mentale que l'on se fait de soi), mais bien le mec qui regarde l'écran. l'Observateur. Celui-là dans le fond de la classe qui ne fait strictement rien d'autre que regarder cet écran. Dans ce que tu nous as décrit des processus neuronaux, tu nous as expliqué comment se forme l'image sur l'écran, a partir de quoi, de quoi est composé l'écran, ect. Mais pas qui regarde et se rends compte qu'il y a quelque chose qui bouge. Message cité 2 fois Message édité par baggers le 09-06-2015 à 16:58:18 --------------- Mens laxa in corpore laxo |
Ainex |
Pour moi la conscience n'est pas une conséquence d'un processus, mais le processus lui-même, en fait. De la même manière que lorsque tu regardes un jet d'eau en écoulement stationnaire, tu as l'impression de voir un filament lisse et tu as envie de nommer ce filament . Mais en réalité, c'est un processus en cours qui ne fait que de bouger et bouger et bouger et bouger et n'a pas d'existence fixe.
Si j'en avais parlé. En fait, ce qui "regarde" et qui "se rend compte", c'est la rationalisation du cerveau qui va remettre en perspective tous les souvenirs qu'il possède. C'est le Soi Central et le Soi autobiographique qui sont, tout deux, que deux processus en cours. Mais en soi, il n'y "rien" qui se rend compte de précis. Ce n'est qu'une illusion du processus. Il n'y a pas de mec qui regarde l'écran. Nous faisons parties nous-mêmes du processus et on ne peut y être dissocié. Message cité 1 fois Message édité par Ainex le 09-06-2015 à 17:24:53 |
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Gilgamesh d'Uruk Lui-même |
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Ainex | J'ai l'impression que le blocage est plus de l'ordre psychologique qu'autre chose. Message édité par Ainex le 09-06-2015 à 18:29:19 |
Herbert de Vaucanson Grignoteur de SQFP depuis 2002 |
Non. Il y a une différence fondamentale : le vivant, le non vivant, un chat, un humain, une table... Tout ça, ce sont juste des définitions, des étiquettes qu'on a choisi d'apposer sur certains tas d'atomes, par commodité. Mais au final, n'existent réellement que des particules élémentaires. Appeler tel tas de particule "un chat", "un cerveau", ou "un neurone" c'est juste une question d'interprétation, ces concepts n'ont pas une existence objective "réelle" différente du tas de particule particulier qu'ils sont. On a bien comme le dit Gilga deux réalités : les particules élémentaires, et la conscience. Tout le reste n'est qu'interpretations et noms donnés à certains assemblages de particules plus ou moins complexes. Message cité 1 fois Message édité par Herbert de Vaucanson le 09-06-2015 à 18:54:11 --------------- Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur. |
Ainex |
Pourtant si je dis "Je mange, je bouge, je me reproduis, je respire : je suis donc vivant", c'est aussi la réalité ! La vie est une réalité "objective" à partir de cette définition ! Mais la vie, ce n'est qu'un ensemble de processus de particules élémentaires... Tout comme la conscience. Je ressors mon exemple du jet d'eau. Tu peux tout à fait définir ce qu'est un jet d'eau. Tu peux le percevoir et l'expérimenter. Le jet est donc réel, le processus est réel, lui. Si la conscience n'est pas une chose fixe, mais un processus, alors il est tout à fait possible qu'elle existe en utilisant les règles de la physique normale. Message cité 1 fois Message édité par Ainex le 09-06-2015 à 19:16:43 |
Cardelitre ಠ_ಠ ۞_۟۞ ┌( ಠ_ಠ)┘ סּ_סּ |
Je comprends le sentiment de vertige, je le partage même simplement par rapport à la vie, quand j'essaye de franchir le fossé monumental entre la biochimie d'une cellule et la complexité d'un être vivant pris dans son ensemble. Mais cette "muraille conceptuelle" vient seulement du fait qu'on met artificiellement côte à côte deux niveaux qui sont en réalité séparés par de nombreuses marches de complexité croissante. --------------- Intra-Science - To thine own self be true |
Herbert de Vaucanson Grignoteur de SQFP depuis 2002 |
Non mais la phrase "je pense donc je suis" n'est pas interchangeable avec n'importe quelle autre pour donner un caractère "réel" à n'importe quoi. C'est le cogito de Descartes, l'idée que la seule chose au monde dont on peut être sûr de l'existence réelle, c'est de "soi". C'est de notre conscience. La seule certitude, tout ça... Car tu peux mettre en doute l'existence "réelle" de tout le reste. Message cité 1 fois Message édité par Herbert de Vaucanson le 09-06-2015 à 20:40:30 --------------- Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur. |
baggers |
J'aime bien ces échanges que l'on a ^^ (avec les autres aussi, hein, pas que Ainex. Sauf Herbert, mais lui, je l'aime pas On a donc des processus mentaux identifiés, et physiques: ces processus génèrent (de façon simplifiée) la construction d'une image mentale de "soi", qui sert a d'autres processus mentaux qui vont réagir à cette image mentale. Couvrant ainsi la totalité des comportements du genre humain. "l'observateur" ne fait donc strictement rien d'autre que "subir l'illusion" de cette conscience qui est la somme de ces processus mentaux. Il ne sert vraiment à rien, et dans ta conception des choses, on peut donc aller jusqu'a dire qu'il n'existe pas: les processus mentaux se suffisent à eux-même. (notez que l'on retrouve là la construction amenant certains physiciens a affirmer que "le temps n'existe pas": voir la vidéo d'Etienne Klein sur ce sujet) Le "zombie philosophique" d'Herbert est exactement celà: la somme des processus mentaux, sans l'observateur. Message cité 1 fois Message édité par baggers le 09-06-2015 à 23:55:12 --------------- Mens laxa in corpore laxo |
Ainex |
Non, je connais, mais ça me paraissait hors-sujet la façon dont tu l'as utilisé. Toi-même tu ne doutes pas de l'existence des particules élémentaires, non ? Dans ton précédent message, tu mettais au même niveau les particules élémentaires que le "Je pense donc je suis"... Surtout que je ne mets pas en doute l'existence de la conscience. Ce que je mets en doute, c'est le fait que cette existence ne soit, non pas une propriété élémentaire fixe, mais juste une illusion d'un processus plus riche en continuel fonctionnement. Le "Je pense donc je suis" n'informe rien de plus sur l'état réel de la conscience. Tout comme regarder uniquement un filet d'eau peut mener à le poser comme un "objet" fixe et arriver à des conclusions erronées. Par exemple, en physique, quand on étudie les ondes, on peut définir la vitesse de phase d'une longueur d'onde. Cette définition s'applique sur un processus en cours et non pas sur un objet précis. Je vais me répéter, mais observer l'existence de "quelque chose" dont on ne connait pas grand chose au départ et que l'on définit uniquement via un "sentiment", cela ne peut pas forcément aboutir à quelque chose de cohérent. Suis-je clair ? Message cité 1 fois Message édité par Ainex le 10-06-2015 à 00:04:24 |
Herbert de Vaucanson Grignoteur de SQFP depuis 2002 |
Message édité par Herbert de Vaucanson le 09-06-2015 à 23:59:18 --------------- Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur. |
Herbert de Vaucanson Grignoteur de SQFP depuis 2002 |
Non, je mettais la conscience "au-dessus", enfin comme "encore plus réelle" (quoi que ça veuille dire), si tu préfères (c'est pour ça que j'ai pris soin de préciser "voire même plus" ). Message cité 1 fois Message édité par Herbert de Vaucanson le 10-06-2015 à 00:02:48 --------------- Prévenir HdV en cas d'SQFP ! - Quidquid latine dictum sit, altum sonatur. |
POUQIE pouqie | ptetre que ainex est un zombie philosophique c'est pour ça qu'il comprend pas ton point de vue tu y as pensé monsieur je-sais-tout hein tu fais moins le malin la qu'est ce que tu dis de ça mon gaillard ça te la coupe Message cité 1 fois Message édité par POUQIE le 10-06-2015 à 00:12:31 --------------- salut c pouqie |
Ainex |
Oui, voilà. La conscience ou "l'observateur" existe, mais la façon dont on la perçoit est illusoire. On ne peut le détacher du processus lui-même. Et le zombie philosophique est donc "absurde" puisque c'est comme demander à avoir une pièce de monnaie en ne voulant que le côté Pile. C'est impossible dans cette optique. Message cité 1 fois Message édité par Ainex le 10-06-2015 à 00:15:14 |
Ainex |
Je n'avais pas saisi cette nuance dans ton propos. Je ne pensais pas que tu le mettais tout au-dessus. Pour moi, cela n'a pas vraiment de sens de parler de chose plus ou moins réel. Soit quelque chose l'est, soit quelque chose ne l'est pas. Je pose une définition. Un objet est cette définition ou elle ne l'est pas. Message cité 1 fois Message édité par Ainex le 10-06-2015 à 00:11:43 |
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