charlie 13 a écrit :
La douleur n'est pas obligatoirement liée à la pensée, certaines personnes ne la ressentent pas, suite à une maladie quelconque, de même que certains ne sentent pas les odeurs, ou les gouts, tout en ayant une conscience normale.
Il s'agit simplement de signaux captés par le corps et interprétés(ou non) par le cerveau.
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Salut Charlie,
Le raisonnement par analogie vaut ce qu'il vaut, c'est à dire ce qu'on veut bien lui faire valoir. Permets moi cependant de m'y essayer.
Les anciens croyaient que toute la matière de l'univers était faite d'une combinaison de ces quatre éléments entre lesquels ils ne voyaient aucun point commun: l'eau, l'air, la terre et le feu. Ils ont compris après -avec Démocrite, je crois- que chacun de ces éléments étaient en dernière analyse fait de parties infimes qu'on a longtemps cru insécables: les atomes. Et puis au début du XX° siècle on a montré que ces atomes eux-mêmes, différents selon les corps (hydrogène, carbone, souffre etc.) étaient constitués des mêmes particules élémentaires: le proton, le neutron et l'électron. Bon, on est encore descendu à un niveau d'analyse plus élémentaire avec les quarks mais laissons cela de côté...
Mon hypothèse, ma toute petite hypothèse de tout petit penseur est qu'il en va pour la réalité, substance, matière consciente comme il en va pour la matière physique et qu'il existe des réalités élémentaires pour celle-là comme pour celle-ci, qu'il n'y a que des choses communes en dernière analyse entre les sensations visuelles, les sensations auditives, olfactives, tactiles somesthésiques, algiques etc. seulement disposées différemment. Quoi ? Des petites particules de conscience élémentaire qui se combineraient dans l'espace de notre cerveau exactement sur le modèle des particules physiques ? J'ose n'être pas aussi crétin et proposer l'idée que l'élémentaire de la conscience ne se situerait pas dans l'espace, mais dans le temps, que, si on observait avec une sorte de microscope temporel une de nos sensations à un intervalle de temps inférieur par exemple au vingtième de seconde, c'est à dire à une durée d'instant dont nous n'avons pas directement conscience, on observerait du plaisir pur, de la douleur pure, ou peut-être quelque autre affect élémentaire également pur et que ce qui fait que nos sensations se différentient ce serait que la modulation de ces affects dans le temps se différentierait également. Ce que j'ai écrit ici ou ailleurs ne fait qu'illustrer ou repréciser cela, reprendre ce qui dans les expériences de magnétoencéphalographie va dans mon sens etc. Mais je ne dis rien d'autre -je veux dire sérieusement- que cela. D'où viennent la douleur, le plaisir, l'effort etc? il m'arrive comme tout le monde d'y réfléchir, de proposer des hypothèses, mais ce n'est pas avec la même conviction que ce que je viens de te dire, c'est à titre de spéculation pure...
Maintenant tu me dis que ces affects primaux: la douleur, le plaisir et quelque autre sans doute ne seraient pas communs à tous les hommes, donc à toutes les consciences. C'est vrai qu'il y a des personnes qui sont atteintes d'insensibilité partielle à la douleur. Je dis partielle, cette insensibilité porte sur les douleurs de type somesthésique ou tactile mais ces personnes sont sujettes à l'angoisse, au malaise, au dégoût qui peut être physique quand il porte sur des odeurs, des sensations gustatives... Ce qu'on pourrait dire simplement c'est que ces personnes ne connaissent pas l'affect douloureux à l'état pur mais à l'état combiné. Mais il se pourrait très bien aussi que des personnes à sensibilité "normale" ne connaissent pas non plus l'affect primal douloureux à l'état pur. Les douleurs physiques que je ressens sont toujours des douleurs "à quelque chose", au pied, à la main etc., c'est à dire qu'elles seraient déjà les modulations d'un affect primal dont on peut penser qu'il est inobservable par nature comme fait brut et isolé de conscience.
Maintenant dire que la pensée -comme tu le laisses entendre- pourrait ne pas être liée substantiellement à une réalité affective, je ne saurais le contester trop fort car je n'ai pas osé penser jusqu'à la constitution de la pensée elle-même. C'est trop compliqué pour moi. la seule chose que que je puisse me risquer à te dire c'est qu'il y a dans toute pensée et d'abord dans la plus simple tant de réalités énergétiques: conviction, dénégation, protestation, certitude véhémente etc. etc. que je n'y vois pas une chose bien différente en dernière analyse qu'une modulation de réalités affectives connaissables par leur intensité...
Message édité par clementdousset le 24-06-2007 à 14:35:29