Le VIX à 40, le VVIX à 150
Honnêtement, c'est un peu n'importe quoi. Grosse irrationalité du marché : ça me donne très envie de loucher sans attendre mon palier à -10% du plus haut du S&P500, soit 3222 (on est encore 70 points au-dessus). Notamment quand je vois Visa à 180$
SirConstance a écrit :
Je te rejoins sur l'impact sur les valos, le problème c'est qu'il y a une certaine inertie dans l'économie: (1) je pense qu'il y a quand même un risque que l'économie souffre plus l'an prochain que cette année comme ça a été dit (les mesures de soutient disparaîtront avec le Covid, et un paquet de boîtes fragilisées par la crise risquent de disparaitre), (2) la période Covid risque d’entraîner une crise politique (accélération de la montée du populisme, quid de nouveaux programmes d'austérité pour compenser ces dépenses inconsidérées), (3) en général, il y a un risque que les résultats des entreprises repartent d'une base plus basse pour progresser doucement vers les niveaux de 2019 (ex: secteur aérien, où l'angle de la 2ème jambe du V va être beaucoup moins verticale que la première jamb), (4) les entreprises qui ne vont pas si mal risquent de réduire les investissements et d'être prudentes en attendant de voir l'évolution de la reprise... ce qui impactera négativement le rythme de celle-ci.
Tout cela peut générer de l'incertitude, ce que le marché déteste.
D'une manière générale, je suis quand même très bearish sur l'économie pour l'an prochain (mais neutre sur les actions). Le plus gros problème actuellement c'est que le consensus implicite a l'air bien plus optimiste que celui publié par les analystes (il suffit de voir MSFT en baisse de 2% AH après avoir explosé le consensus; beaucoup d'autres entreprises baissent également après avoir remonté leur guidance (ex: SPGI)).
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C'est peut-être mon orthodoxie budgétaire qui parle, mais l'équation économique me semble très différente selon les pays et leur niveau d'endettement public. J'ai bcp de mal à envisager qu'une dette publique à 150% PIB en Italie ne freine pas durablement la croissance, idem malheureusement en France à 120% PIB. Le rebond devrait être plus rapide aux USA et en Allemagne. Bref, je crois assez à une poursuite et une exacerbation de la "bifurcation" des marchés. J'aime beaucoup l'Allemagne en ce moment, pas chère (bcp moins que les USA) et aux fondamentaux économiques bien plus sains que la France/l'Italie. L'Allemagne est plus cyclique au vu de son exposition au commerce international, mais c'est peut-être le bon moment pour y investir.
La difficulté pour moi, c'est de savoir quand on peut commencer à loucher sur les cycliques et les secteurs traditionnels affectés par le COVID. OK c'est sans doute trop tôt, mais certaines valorisations sont vraiment attractives pour un investisseur de long-terme : Safran, Boeing... Mais je suis d'accord qu'il va y avoir des morts dans ces secteurs et qu'il faut bien faire le tri. A mon sens, ce "nettoyage" de ces secteurs va bénéficier aux firmes survivantes, les plus fortes, et aujourd'hui elles sont massacrées.
TechVal a écrit :
Scipion8. Tes collègues à la BCE nous prévoit des annonces pour quand? Histoire de savoir quand est ce que je fais rachat d'AV puis transfert vers PEA/CTO
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Je n'en sais rien et si je le savais, je ne le dirais pas... Mais en tout cas, selon ma perception (extérieure), la BCE a déjà ses mesures clefs en place (QE, opérations de refinancement ciblées de long-terme, taux négatifs, forward guidance), maintenant elle va juste éventuellement jouer sur le dosage.
La question clef, c'est est-ce que la Fed et la BCE vont augmenter le rythme de leurs imprimantes, qu'elles avaient nettement réduit depuis juin/juillet, par rapport à mars/avril. Du point de vue économique et "médiatique", ce serait sans doute justifié. Mais elles ont chacune des contraintes :
- remontée des anticipations d'inflation aux USA
- bisbilles au sein de la zone euro (jugement de la cour de Karlsruhe en mai)