Bonjour à tous.
Tout d'abord je tiens à vous dire merci pour toutes ces interventions de qualité. Je suis tombée sur ce fil de discussion un peu par hasard, et très vite j'ai accroché. Je suis moi même une amatrice de thé, pas une super-connaisseuse, disons seulement que j'aime boire un bon thé.
Jusque là ma culture du thé se limitait d'abord à des marques connues genre Twinnings, Lipton,Tchaé, etc... bon là rien à dire. Je buvais ça mais jamais ça a été la révélation. Tout au plus, un séjour en angleterre m'initia à l'Earl Grey (j'aimais beaucoup son petit goût de bergamotte), au Lapsang Souchong (le fumé me plût les premières tasses puis je me lassai très vite et la boîte fut oubliée dans un coin), au Darjeeling. Ceci sans feeling particulier...
Puis un jour je fis la connaissance d'une personne qui, elle, ne jurait que par les thés aromatisés. Le Palais des thés étant son fournisseur préféré et moi l'ayant invitée à déjeuner à la maison, je m'en fus quérir dans ledit magasin quelques breuvages susceptibles de lui plaire. C'est ainsi que je fis connaissance avec 'Prince Vladimir" un mélange slave très masculin aux épices (cardamome, girofle, orange, etc), "thé du harem" (délicatement parfumé à la pulpe de dattes, rose et fleur d'oranger", plus un autre dont j'ai oublié le nom mais ne m'a pas laissé de souvenir impérissable.
Bien entendu, la personne en question apprécia et je ne boudai pas mon plaisir à déguster mes trouvailles. En tous les cas, adios les "thés supermarket", qui m'apparurent en comparaison de bien piètres breuvages.
Puis le temps passa et je perdis l'habitude de déguster mes "aromatisés" qui, d'ailleurs, finirent par s'éventer dans leurs boîte. J'eus une période café (j'avoue, je ne crache pas sur un bon petit expresso le matin) et là, il y a une semaine, au cours d'une flânerie électronique, je tombai sur votre fil de discussion.
D'abord une chose : commençant par lire les messages postés dans le but de me divertir (tiens ! Quels type de thés aiment-ils boire ? Y a t'il des astuces ? Avis de consommateurs ?) je découvris au fil des pages des interventions beaucoup plus riches et plus complexes que je ne m'y attendais ! Et je découvris surtout qu'il y avait "thé" et "thé". Certaines interventions, si richement documentées et si bien racontées, me mirent carrément l'eau (ou plutôt le thé) à la bouche ! Je fus d'ailleurs frappée entre les similitudes du vocabulaire oenologique et celui des dégustateurs de thé. Et surtout je n'aurais jamais imaginé que l'on puisse trouver des thés d'une telle qualité, d'un tel raffinement ! Au bout d'une cinquantaine de pages, je n'avais plus qu'une envie : goûter et découvrir ces fabuleux breuvages si bien décrits au cours de toutes vos interventions.
Jusqu'à présent j'aimais bien le thé, mais d'une sorte d'appréciation toute simple, c'est à dire sans y trouver quoi que ça soit d'extraordinaire. A part les quelques aromatisés cités plus haut, je n'en faisais pas une aventure.
Mais là
La toute première boutique a avoir les honneurs de mon porte-monnaie fut la maison des 3 thés (vers la Place Monge).
Bien reçue par une jeune vendeuse qui me conseilla deux thés pour me faire le palais :
- un Oolong (wu long ? Elle l'a écrit "oolong" sur la boîte) Loo jun mei (ou Lao jun mei). Assez cher mais vendu en 50 g
- un vieux Pu Erh en vrac de 1995 (le n° 17)
Rentrée at home je m'empressai de découvrir ces merveilles.
Et là, comme on pouvait s'en douter, ce fut une révélation ! Une vraie de vraie, du genre de celle qui vous fait oublier tout ce que vous aviez pu goûter auparavant
D'abord le vieux Pu Erh : un goût de terre après la pluie, mais doux. Le parfum dégagé par le breuvage s'avère très agréable, rappelant les vieux objets d'antan dans les demeures de grand mère.
Le goût ne déçoit pas (parfois certains breuvages ont plus d'odeur que de goût). Toujours en douceur, il descends dans l'estomac comme un velours ancien avec un arôme persistant (une heure après je le sentais encore parfumer mon arrière gorge). Je ne savais pas si j'allais aimer (le vieux thé, c'est quand même quelque chose de spécial), eh bien j'ai adoré ! Et tout de suite accroché. Désormais tous les soirs, je sens que j'aurais ma (ou plutôt mes) petite (s) tasse (s) de vieux Pu Er avant d'aller me coucher. Et comme c'est un thé peu théiné il ne m'a pas empêchée de dormir.
- ensuite le Oolong.
D'une grande délicatesse. Avec un arôme encore plus pesistant en bouche, à la fois vert et fleuri. Miellé. Foin avec des fleurs. Très très raffiné. Là aussi j'ai adoré. Celui là aussi je sens que je n'ai pas fini de m'en resservir des tasses
Le lendemain, histoire de continuer le parcours, je m'en fus au Palais des Thés (mais cette fois le magasin d'origine rue de l'Abbé Grégoire, pas les autres). Très bien reçue par deux personnes adorables de gentillesse (1 homme 1 femme).
Il me fallait une bouilloire qui dose la température au degré près. Mon choix se porta sur l'Aquagrad translucide. Ainsi je n'aurai plus à surveiller la casserole sur le feu (et parfois l'oublier, donc ça bout et c'est pas bon pour le thé).
Je continuai avec quelques thés aromatisés (1 Volodia, 1 Fleur de feu, 1 Thé du Harem). Et pour finir un zhong en porcelaine blanche très fine, une tasse en terre cuite vernissée à l'extérieur et blanche à l'intérieur ainsi qu'une adorable petite théière en verre.
Ici j'ouvre une parenthèse sur ma façon d'opérer.
Bien entendu, j'avais glané auparavant nombre de conseils avec les liens indiqués au fil des pages (au passage, mention très bien pour Tea Masters. Ce blog est une vraie mine d'or). Puis choisit de faire mon thé dans une banale théière que j'avais dans mes placards.
Première constatation : ma théière est trop grande ! Une fois le thé infusé, je dois tout verser dans la tasse pour le déguster sinon le liquide va continuer à infuser dedans et ça sera plus du tout buvable.
J'ai donc corrigé le tir en ne remplissant la théière qu'à moitié. Cela convient. Mais c'est aussi la raison pour laquelle j'ai acheté le zhong de petite contenance (10 cl à tout casser).
Seconde constatation : le thé fait en zhong est très bon et le contenu du zhong remplit parfaitement la tasse. Donc aucun liquide ne reste dedans à continuer d'infuser, c'est parfait ! Sauf une chose : le thé, pour être dégusté, doit se trouver dans une certaine fourchette de température (c'est en tout cas ce que j'ai constaté) : trop chaud l'arome ne se développe pas correctement, c'est pourquoi j'attends toujours un peu avant de commencer à le boire. Mais voilà, le thé refroidit vite. Trop vite, d'autant plus que la quantité est petite. Et comme j'aime prendre mon temps pour déguster ce nectar, ben ça ne me convient pas tout à fait car à la fin de ma tasse il est tiède.
Je vais essayer avec un zhong un peu plus grand pour voir ce que cela donne. C'est vrai, je tâtonne, mais je pense que c'est important de se donner la peine de chercher car chacun a, je suppose, sa façon très personnelle d'apprécier le breuvage. J'ai pas encore essayé la petite théière en verre. Si ça fait pareil je reviendrai peut être à ma première théière, celle qui est plus grande, mais aux parois plus épaisses, ainsi le breuvage sera chaud plus longtemps. A moins que je ne choisisse de le boire dans le zhong après l'avoir fait dans une autre théière ? Le petit couvercle posé sur le zhong garderait ma boisson au chaud. Que les puristes me pardonnent, je tâtonne, et cherche simplement à avoir un thé qui ne refroidisse pas trop vite.
Troisième constatation : je ne sucre pas. Pourtant j'aime les sucreries et le goût de sucré est quelque chose dont j'ai beaucoup de mal à me défaire. Mais là, devant ces deux merveilles, pas de sucre ! C'est trop bon, trop délicat, trop raffiné pour le gâcher par le sucre. D'ailleurs, histoire de rigoler (ou plutôt de faire une expérience, car j'ai aussi envie de me faire une opinion par l'expérimentation), j'ai prélevé une petite partie du breuvage dans la tasse (j'allais pas gâcher tout le contenu de ma tasse de oolong quand même !) que j'ai tranvasée dans une autre, et très légèrement sucrée. Eh bien, le sucre tue carrément l'arôme du thé !!! C'est fou. Comprenez que je n'ai rien contre les gens qui sucrent leur thé dans la tasse (je l'ai moi même fait pour des Earl grey ou des twinnings), mais là, la preuve par 9 !!! On reviens au breuvage non sucré, et on retrouve toute sa richesse aromatique !!! Exception faite cependant pour le thé à la menthe (celui-là, je l'apprécie toujours sucré).
Quand aux mélanges aromatisés, j'ai été très surprise de voir que ... mes goûts avaient changés !
Le Volodia que j'ai acheté m'a paru, en comparaison, beaucoup plus grossier et le Thé du Harem me sembla un poil déséquilibré (je n'y ai senti que l'arome de la rose et pas le reste). Quoique je n'ai pas non plus détesté, ce n'est quand même pas du bas de gamme... Mais depuis que j'ai découvert (et adoré) toute la finesse du Oolong, j'ai peut être du mal à boire derrière un breuvage à l'arome trop franc. De toutes façons je n'ai rien contre les thés aromatisés, il en faut pour tous les goûts, et il s'agit là d'une perception toute personnelle. Je vais quand même boire ces deux là (je pense aussi les utiliser pour faire du thé glacé pour cet été).Exception faite du Fleur de feu à l'arôme multiple, subtil, riche et chaud ! Sincèrement, je l'ai trouvé génial : ananas, mangue, cacao, santal et vanille. L'arôme du mélange sec dans la boîte est à tomber par terre, et le goût en bouche est à la hauteur de son parfum. Celui là, je sens que je reviendrai en racheter.
Nota Bene : la bouilloire Aquagrad est géniale ! Eau à bonne température en même pas une minute. Et avec la fonction "garder au chaud" pas de souci de tout refaire chauffer à la seconde tasse.
Re-Nota Bene : je viens de me refaire une tasse de l'Oolong. Mon Dieu ! Comment un thé peut il vous rendre aussi heureux ? Ce n'est plus un thé, c'est un voyage ! Maintenant je comprends mieux tout le cérémonial qui accompagne la dégustation du breuvage. Avec le Pu Erh il surpasse tout ce que j'ai pu boire jusqu'à présent ! (c'est vrai qu'au niveau du prix il n'était pas donné !!!). Je l'ai fait dans mon adorable petite théière en verre (promis, je ferai des photos que je mettrai dans le fil de discussion si vous voulez les voir). Je crois même qu'il est meilleur dans la petite théière en verre que dans la plus grande en porcelaine. Et puis j'ai aussi découvert tous les autres bonheurs assortis avec une tasse de thé : la couleur or rose qu'on admire lorsque les premiers centilitres coulent dans la tasse, les longues feuilles qui se déploient à travers les parois de verre, l'arôme à la fois vert et mûr (là j'ai du mal à décrire, je devrais plutôt dire un mélange de parfums harmonieusement équilibrés), le goût qui reste longtemps, longtemps dans l'arrière gorge, et que je ressens encore deux heures après dans mon haleine à chaque expiration.
Voilà pour l'instant mes expériences. J'espère n'avoir pas été trop longue pour mon premier message. J'avais envie de partager ça avec vous, sur ce fil que je vais continuer à lire avec beaucoup d'intérêt. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Je n'ai aucun parti pris. Si vous les connaissez, que pensez vous des thés que j'ai acheté ? Et si vous en voyez aussi d'autres à me conseiller que je puisse découvrir, je suis toute ouie (je compte par ailleurs, faire une petite commande chez Tea Masters. Vu la qualité du blog et les connaissances de Stéphane Erler, je suis confiante quant à la qualité des produits). Mais, surtout, je voulais vous dire le plus important : merci de m'avoir fait découvrir ça !!! Jamais je n'aurais pu imaginer qu'un tel breuvage puisse vous apporter autant de plaisir et de raffinement.
Encore merci.