fabien1176 | FlatFab a écrit :
Sur le principe, c'est compréhensible : on le veut tous.
Après, il ne s'agirait pas de le vouloir "trop" vite.
La recherche scientifique sur l'apprentissage de la conduite moto, en particulier sur l'évaluation de l'efficacité des curriculums (programme de formation organisé ou, plus précisément, "ensemble cohérent de contenus et de situations d'apprentissage mis en œuvre dans une progression déterminée" ) à travers de la mesure de la rétention des habiletés de conduite acquises en formation moto, a mis en lumière que les élèves qui ont le plus appris à court terme montrent à long terme la plus forte perte de savoir-faire.
Les stages "en accéléré", par exemple, conçus pour réussir l'examen de conduite le plus rapidement possible, sont un nid de mauvaises habitudes qui font le lit de comportements accidentogènes.
Le plus paradoxal est que le niveau de difficulté du permis moto n'influe que très peu sur la mortalité routière.
Le permis A français est un des plus difficiles au monde, surtout parce qu'il est exagérément centré sur les dimensions de contrôle mécanique de la machine, de maniement de la moto, au détriment des compétences perceptives d'anticipation, de détection et d'évaluation des risques en situation accidentogène.
Résultat, on forme des motards qui savent manier la moto de façon pointue (et encore, seulement dans une situation proche de celle de l'examen) mais qui souffrent de deux maux : - un phénomène de "surconfiance" des jeunes conducteurs, certes typique des conducteurs débutants (quel que soit le pays et quelle que soit la catégorie de véhicules) mais encore plus prononcé en France ;
- un manque de préparation aux conditions réelles de circulation, en particulier au partage de la route avec d'autres véhicules dans les environnements difficiles (ville, intersections, interfiles).
Le motard français débutant est exagérément centré sur lui-même, sur sa maîtrise de sa machine, dont il pense qu'elle va lui permettre de se sortir de tous les pièges, alors qu'une conduite fondée sur l'anticipation permettrait d'éviter les pièges.
La France connaît un nombre de tués à moto par millier de kilomètres parcouru supérieur à l'Australie.
Or en Australie, les modalités d'acquisition du permis de conduire moto sont radicalement différentes et bien plus simples.
Un examen théorique (par QCM), deux journées de huit heures de cours pour donner les bases, pas d'examen, et hop ! vous partez sur la route avec un permis "débutant", valable pour six mois à un an. Sauf que vous n'avez droit qu'aux motos de 400 cm3, certaines 600 cm3 peu puissantes et tous les mono-cylindres de moins de 650 cm3.
Après cette période d'apprentissage, retour à la ME, une demi-journée de cours supplémentaire, pas d'examen plateau, seulement un examen de conduite en circulation et si c'est bon, vous obtenez un permis provisoire pour un à deux ans, avec là aussi des grosses restrictions sur les modèles de motos accessibles.
Ce n'est qu'après cette période d'initiation que vous pouvez prendre n'importe quelle moto. Et c'est valable quel que soit l'âge.
On pourrait croire que ce serait dangereux, mais ils ont de meilleurs résultats en sécurité routière que nous, à population comparable, niveau de développement comparable et environnement comparable (proportion urbain/campagne, relief, etc.)
L'expérience acquise de façon progressive, à la fois dans le temps et dans l'accession à la puissance, est la clef de la sécurité à moto.
L'ennemie du motard, c'est une formation :
- centrée sur le maniement, - concentrée dans le temps, - qui donne accès de suite à des motos puissantes.
Dans l'idéal des rêves du formateur en sécurité routière, il faudrait une formation assez longue (20 à 30 heures) mais surtout étalée dans le temps, avec une prise d'expérience progressive, avec plusieurs passages en établissement de formation au cours de cette initiation sur la route, accompagnée d'une accession à la puissance par étapes, par paliers, et pour tous les apprentis motards, sans condition d'âge ni d'ancienneté de conduite.
Dans mes rêves, ce serait par exemple trois demi-journées de formation de base, sanctionnées par un examen plateau de contrôle des compétences de base (avec équipement complet homologué obligatoire), suivi de six mois en 125 obligatoires pour tout le monde.
Puis encore trois demi-journées de formation sur gros cube, un examen en circulation, un an minimum de conduite en moto catégorie A2 (50 chevaux maximum).
Une dernière demi-journée de formation centrée sur le comportement et deux ans de "période probatoire" en moto 100 chevaux maximum : six points sur le permis, annulation immédiate en cas d'alcoolémie positive ou de stupéfiants, obligation de suivre un stage de sensibilisation en cas d'excès de vitesse, remise à zéro de la période probatoire en cas d'infraction grave (notamment débridage). Quelque chose qui responsabilise le motard : tu conduis cool, tu fais gaffe à toi et aux autres = tout va bien / tu fais le con = ça cogne fort direct.
Et à l'issue de cette période probatoire, accès à toutes les motos sans limitation de puissance.
Pour moi, ce serait plus rationnel, moins coûteux (24 heures de formation au total réparties sur 18 mois) et plus efficace.
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FlatFab a écrit :
Sur le principe, c'est compréhensible : on le veut tous.
Après, il ne s'agirait pas de le vouloir "trop" vite.
La recherche scientifique sur l'apprentissage de la conduite moto, en particulier sur l'évaluation de l'efficacité des curriculums (programme de formation organisé ou, plus précisément, "ensemble cohérent de contenus et de situations d'apprentissage mis en œuvre dans une progression déterminée" ) à travers de la mesure de la rétention des habiletés de conduite acquises en formation moto, a mis en lumière que les élèves qui ont le plus appris à court terme montrent à long terme la plus forte perte de savoir-faire.
Les stages "en accéléré", par exemple, conçus pour réussir l'examen de conduite le plus rapidement possible, sont un nid de mauvaises habitudes qui font le lit de comportements accidentogènes.
Le plus paradoxal est que le niveau de difficulté du permis moto n'influe que très peu sur la mortalité routière.
Le permis A français est un des plus difficiles au monde, surtout parce qu'il est exagérément centré sur les dimensions de contrôle mécanique de la machine, de maniement de la moto, au détriment des compétences perceptives d'anticipation, de détection et d'évaluation des risques en situation accidentogène.
Résultat, on forme des motards qui savent manier la moto de façon pointue (et encore, seulement dans une situation proche de celle de l'examen) mais qui souffrent de deux maux : - un phénomène de "surconfiance" des jeunes conducteurs, certes typique des conducteurs débutants (quel que soit le pays et quelle que soit la catégorie de véhicules) mais encore plus prononcé en France ;
- un manque de préparation aux conditions réelles de circulation, en particulier au partage de la route avec d'autres véhicules dans les environnements difficiles (ville, intersections, interfiles).
Le motard français débutant est exagérément centré sur lui-même, sur sa maîtrise de sa machine, dont il pense qu'elle va lui permettre de se sortir de tous les pièges, alors qu'une conduite fondée sur l'anticipation permettrait d'éviter les pièges.
La France connaît un nombre de tués à moto par millier de kilomètres parcouru supérieur à l'Australie.
Or en Australie, les modalités d'acquisition du permis de conduire moto sont radicalement différentes et bien plus simples.
Un examen théorique (par QCM), deux journées de huit heures de cours pour donner les bases, pas d'examen, et hop ! vous partez sur la route avec un permis "débutant", valable pour six mois à un an. Sauf que vous n'avez droit qu'aux motos de 400 cm3, certaines 600 cm3 peu puissantes et tous les mono-cylindres de moins de 650 cm3.
Après cette période d'apprentissage, retour à la ME, une demi-journée de cours supplémentaire, pas d'examen plateau, seulement un examen de conduite en circulation et si c'est bon, vous obtenez un permis provisoire pour un à deux ans, avec là aussi des grosses restrictions sur les modèles de motos accessibles.
Ce n'est qu'après cette période d'initiation que vous pouvez prendre n'importe quelle moto. Et c'est valable quel que soit l'âge.
On pourrait croire que ce serait dangereux, mais ils ont de meilleurs résultats en sécurité routière que nous, à population comparable, niveau de développement comparable et environnement comparable (proportion urbain/campagne, relief, etc.)
L'expérience acquise de façon progressive, à la fois dans le temps et dans l'accession à la puissance, est la clef de la sécurité à moto.
L'ennemie du motard, c'est une formation :
- centrée sur le maniement, - concentrée dans le temps, - qui donne accès de suite à des motos puissantes.
Dans l'idéal des rêves du formateur en sécurité routière, il faudrait une formation assez longue (20 à 30 heures) mais surtout étalée dans le temps, avec une prise d'expérience progressive, avec plusieurs passages en établissement de formation au cours de cette initiation sur la route, accompagnée d'une accession à la puissance par étapes, par paliers, et pour tous les apprentis motards, sans condition d'âge ni d'ancienneté de conduite.
Dans mes rêves, ce serait par exemple trois demi-journées de formation de base, sanctionnées par un examen plateau de contrôle des compétences de base (avec équipement complet homologué obligatoire), suivi de six mois en 125 obligatoires pour tout le monde.
Puis encore trois demi-journées de formation sur gros cube, un examen en circulation, un an minimum de conduite en moto catégorie A2 (50 chevaux maximum).
Une dernière demi-journée de formation centrée sur le comportement et deux ans de "période probatoire" en moto 100 chevaux maximum : six points sur le permis, annulation immédiate en cas d'alcoolémie positive ou de stupéfiants, obligation de suivre un stage de sensibilisation en cas d'excès de vitesse, remise à zéro de la période probatoire en cas d'infraction grave (notamment débridage). Quelque chose qui responsabilise le motard : tu conduis cool, tu fais gaffe à toi et aux autres = tout va bien / tu fais le con = ça cogne fort direct.
Et à l'issue de cette période probatoire, accès à toutes les motos sans limitation de puissance.
Pour moi, ce serait plus rationnel, moins coûteux (24 heures de formation au total réparties sur 18 mois) et plus efficace.
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