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Auteur Sujet :

Qui a écrit ?

n°7693400
Panurge
Posté le 17-02-2006 à 23:09:28  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
En effet, c'est Charles Tricou.
 
J'ignorais qu'il avait été réédité en 2002 au Rocher, je ne le connaissais que par des exemplaires des années 60 et 70.
 
Apparemment donc, il intéresse encore quelqu'un.
 
Il a quelque chose d'à la fois bon enfant et savamment musical que je trouve attirant.
 
A vous, Lampedusa.


Message édité par Panurge le 18-02-2006 à 14:35:24
mood
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Posté le 17-02-2006 à 23:09:28  profilanswer
 

n°7695193
Lampedusa
Posté le 18-02-2006 à 03:09:34  profilanswer
 

Demain dans la soirée...
 
Mais si quelqu'un veut poster avant, qu'il soit le bienvenu.

n°7699977
Lampedusa
Posté le 18-02-2006 à 20:18:11  profilanswer
 

Citation :

Et c'est ici que le profond séducteur devient admirable, sataniquement admirable de plus en plus. Cette foudre de bonheur qui l'écrase n'ébrèche pas l'écaille de tortue, en hypocrisie, dans laquelle il s'est renfermé. Il est athée à ce que lui dit cette noble Éprise, qui a non pas retrouvé — car elle ne les a jamais eues —  mais trouvé, dans un sentiment vrai, les grâces timides d'une jeune fille de dix-huit ans ! Le "c'est vous !" et tout ce qu'elle ajoute à ce terrible et délicieux "c'est vous !" ne fausse pas une minute le masque d'incrédulité de Lauzun. Il lui dit "qu'elle se moque de lui" et elle répond avec bien plus de raison que c'est au contraire "lui qui se moque d'elle". Les rôles sont intervertis. D'ordinaire, c'est l'homme qui persuade, et la femme qu'il veut persuader. La princesse ici est l'homme, le cadet de famille, la femme... et quelle femme ! Célimène et Tartuffe combinés ! Plus elle lui verse sur la tête l'éclat de son amour quasi royal, plus il se fait humble, plus il rapetisse. Il semble dire à cette femme qui descend pour lui : descendez, descendez encore.
Absolument, l'heureux scélérat ! le contraire et la justification de sa devise : "Je vais le plus haut qu'on puisse monter !"
Les faits de cette romanesque comédie — roman pour l'une, comédie pour l'autre — sont aussi jolis que la comédie elle-même . Tou y est. Dans cette cour presque espagnole d'étiquette, elle ose s'appuyer sur lui quand elle se lève. Il prend ce temps-là pour lui remettre son papier qu'elle cache, comme une petite fille, dans son manchon, cette héroïne du faubourg Saint-Antoine, qui avait fait tirer le canon contre Louis XIV ! Il s'obstine toujours à ne pas croire, lui, mais un éclair a traversé le masque et elle le voit bien.  « Il sera, dit-il, toujours soumis à ses volontés. » Ce n'est pas "non", cela ! mais "cela" dit — ce qu'il était impossible de ne pas dire — , le voilà qui s'abîme dans des respects à la rendre folle d'impatience ! Enfin il lâche le grand mot — le mot humiliant : « Serait-il possible que vous voulussiez épouser un "domestique" de votre cousin germain ?... »
C'est ainsi qu'il parlait de sa charge de capitaine des Gardes du corps.
Mais, comme il l'avait calculé, tout ce qu'il opposait de barrières à Mademoiselle la faisait sauter par-dessus. Elle demanda donc au roi la permission d'épouser M. de Lauzun.  
Chose qui stupéfie !

n°7700182
Panurge
Posté le 18-02-2006 à 20:44:04  profilanswer
 

Je sais que le duc de la Force a écrit une biographie de Lauzun et de la Grande Mademoiselle, mais je ne connais pas son style...

n°7700422
Panurge
Posté le 18-02-2006 à 21:13:05  profilanswer
 

J'essaie autre chose (je me livre à un googlage éhonté) : Jean-Christian Petitfils : Lauzun ou l'insolente séduction.

n°7700460
Lampedusa
Posté le 18-02-2006 à 21:15:33  profilanswer
 

Ce n'est pas la Force.
 Il faut dire que Lauzun sert ici de prototype à un autre personnage, véritable héros éponymique de l'essai.
Un anglais. L'auteur est un français très 19ème (plutôt fin ...).


Message édité par Lampedusa le 18-02-2006 à 21:17:48
n°7700497
Lampedusa
Posté le 18-02-2006 à 21:17:09  profilanswer
 

Non.
Pensez élégance, grands boulevards...
 
Ecrivain assez célèbre, tout de même.


Message édité par Lampedusa le 18-02-2006 à 21:20:14
n°7700665
Lampedusa
Posté le 18-02-2006 à 21:28:30  profilanswer
 

Voici encore une définition de ce à quoi l'essai est consacré, tirée du livre:

Citation :

C'est la force de l'originalité anglaise, s'imprimant sur la vanité humaine — cette vanité ancrée jusqu'au cœur des marmitons et contre laquelle le mépris de Pascal n'était qu'une aveugle insolence...

n°7700678
Panurge
Posté le 18-02-2006 à 21:29:17  profilanswer
 

Barbey d'Aurévilly : Un dandy d'avant les dandys ? (Google)

n°7700718
Lampedusa
Posté le 18-02-2006 à 21:32:23  profilanswer
 

Oui.
C'est la dernière phrase citée qui a vendu la mèche?

mood
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Posté le 18-02-2006 à 21:32:23  profilanswer
 

n°7700743
Lampedusa
Posté le 18-02-2006 à 21:34:21  profilanswer
 

Il vous reste à trouver quand même le titre de l'essai.
 
Ce que vous avez trouvé, c'est le titre de l'un des chapitres consacré à Lauzun.

n°7700747
Panurge
Posté le 18-02-2006 à 21:34:27  profilanswer
 

J'ai trouvé cette phrase-ci par Google :
 
" Les rôles sont invertis. D'ordinaire, c'est l'homme qui persuade, et la femme qu'il veut persuader. La princesse ici est l'homme; le cadet de famille, la femme... et quelle femme! Célimène et Tartufe combinés!» (II:728). "
 
Mais j'y suis arrivé par une recherche sur "Lauzun boulevards élégance".
 
A moi ?


Message édité par Panurge le 18-02-2006 à 21:49:45
n°7700764
Lampedusa
Posté le 18-02-2006 à 21:35:42  profilanswer
 

Citation :

Il vous reste à trouver quand même le titre de l'essai.

n°7700792
Panurge
Posté le 18-02-2006 à 21:38:13  profilanswer
 

Ce n'est pas "Un dandy avant les dandys" ?

n°7700800
Panurge
Posté le 18-02-2006 à 21:39:15  profilanswer
 

Qui fait partie de "Du dandysme et de Georges Brummel" ?

n°7700826
Lampedusa
Posté le 18-02-2006 à 21:40:55  profilanswer
 

Panurge a écrit :

Ce n'est pas "Un dandy avant les dandys" ?


Ce n'est que le titre de l'un des chapitres, pas du livre, désolé, mais googleur comme vous l'êtes, c'est du peace of cake, maintenant...

n°7700834
Lampedusa
Posté le 18-02-2006 à 21:41:29  profilanswer
 

Panurge a écrit :

Qui fait partie de "Du dandysme et de Georges Brummel" ?


Voilà... :)  
 
A vous donc...

n°7700856
Lampedusa
Posté le 18-02-2006 à 21:42:41  profilanswer
 

Citation :

peace of cake


 
Voilà un nouveau concept intéressant...

n°7700932
Panurge
Posté le 18-02-2006 à 21:48:55  profilanswer
 

J'espère que ce n'est pas tricher de googler, sinon je préfère ne plus jouer.
 
Je vais copier quelque chose d'un écrivain très très connu, et ce sera peut-être bien très facile à deviner, même pour ceux qui n'ont pas lu le livre. A dans une heure ou deux.

n°7701020
Lampedusa
Posté le 18-02-2006 à 21:55:46  profilanswer
 

Citation :

J'espère que ce n'est pas tricher de googler, sinon je préfère ne plus jouer.


 
A la différence des préliminaires, certainement pas...

n°7701419
Lampedusa
Posté le 18-02-2006 à 22:32:43  profilanswer
 

Puisque Panurge a présenté quelques poèmes de Charles Tricou, en voici un, hors jeu, bien sûr:
Avez-vous une idée de qui ça peut bien être? Et qu'en pensez-vous?
 

Citation :

Mais la pâleur du style,
l'imminence de la concavité  
face au ressaut,
la ruine édifiée, toutes les têtes
lacérées, et le gracile intestin,
l'obstination de leur beauté
éveillent l'ébriété pour
le jour de la mort.

n°7701653
Panurge
Posté le 18-02-2006 à 22:51:57  profilanswer
 

Michel Leiris ?

n°7702105
Panurge
Posté le 18-02-2006 à 23:44:02  profilanswer
 

Bon, il y a presque une heure que Lampedusa ne veut pas nous dire si son poème est de Michel Leiris, je n'attends plus, je vous propose mon texte :

Citation :

Je trouvai dans la Vie de cette dame, que Dieu lui donnait une surabondance de grâces dont elle crevait au pied de la lettre : il fallait la délacer; elle n'oublie pas qu'une duchesse avait une fois fait cet office. En cet état, on la mettait souvent sur son lit; souvent on se contentait de demeurer assis auprès d'elle; on venait recevoir la grâce dont elle était pleine, et c'était là le seul moyen de la soulager.
(...) Ce qu'elle raconte avec plus de soin, c'est, comme on a dit, qu'il n'y avait rien pour elle dans cette plénitude de grâces; elle répète partout que « tout était plein; il n'y avait rien de vide en elle; » c'était comme une nourrice qui crève de lait, mais qui n'en prend rien pour elle-même.
(...)C'est dans un de ces excès de plénitude, qu'environnée une fois de quelques personnes, « comme une femme lui eut dit qu'elle était plus pleine qu'à l'ordinaire : je leur dis, raconte-t-elle, que je mourais de plénitude, et que cela surpassait mes sens au point de me faire crever » Ce fut à cette occasion que la duchesse qu'elle indique, et que personne n'apprendra jamais de ma bouche, « me délaça, dit-elle, charitablement pour me soulager, ce qui n'empêcha pas que par la violence de la plénitude, mon corsage ne crevât de deux côtés. »
Elle se soulagea en communiquant de sa plénitude à un confesseur qu'elle désigne, et à deux autres personnes que je ne découvrirai pas.
 
(...) et voici encore d'autres remarques que je recueillis dans la même vue.
Je ne sais comment je ferai pour expliquer celle qui se présente la première. C'est un songe (...) Mais qu'était-ce enfin que ce songe, et qu'est-ce qu'y vit cette femme si pénétrée ? Une montagne où elle fut reçue par Jésus-Christ; une chambre où elle demanda pour qui étaient les deux lits qu'elle y voyait : « En voilà un pour ma mère » et l'autre ? « Pour vous, mon épouse » un peu après : « Je vous ai choisie pour être ici avec vous. » Quand je l'ai reprise d'une vision si étrange, quand je lui ai représenté ce lit pour une épouse séparé d'avec le lit de la mère, comme si la Mère de Dieu dans le sens spirituel et mystérieux n'était pas, pour ainsi parler, la plus épouse de toutes les épouses, elle m'a toujours répondu : C'est un songe. (...) Mais passons; et vous, ô Seigneur, ! si j'osais, je vous demanderais un de vos séraphins avec le plus brûlant de tous ses charbons, pour purifier mes lèvres souillées par ce récit, quoique nécessaire.


 
Ce n'est peut-être pas un chef-d'œuvre littéraire, mais, à ma décharge, je crois que ce n'est pas difficile à deviner.


Message édité par Panurge le 19-02-2006 à 00:07:05
n°7706787
Lampedusa
Posté le 19-02-2006 à 19:31:41  profilanswer
 

Mon cher Panurge, je ne suis pas absolument certain que ce soit si facile à deviner, comme vous dites...
Je crois avoir reconnu là Mme Guyon, la quiétiste pâmée. Peut-être l'auteur est-il Bossuet, "L'instruction sur les états d'oraison", éventuellement?
 

Citation :

Michel Leiris ?


Non, sur le chat de Smail, une nuit, une personne a présenté une série de poèmes que j'ai trouvés surprenants, dans ce cadre. J'ai eu le temps d'en copier un.

n°7707225
Panurge
Posté le 19-02-2006 à 20:21:28  profilanswer
 

Il s'agit bien de Mme Guyon et le texte est bien de Bossuet.
 
Il est tiré d'un livre de Bossuet entièrement consacré à cette affaire, mais pas de celui que vous indiquez.
 
Quant au poème, son auteur est-il un écrivain connu, ou est-ce un simple visiteur du chat ?

n°7707542
Lampedusa
Posté le 19-02-2006 à 21:08:35  profilanswer
 

"Relation sur le quiétisme"?
 
C'était un visiteur, ce qui ne veut dire qu'il soit inconnu. En fait c'était une femme.

Citation :

Ce n'est peut-être pas un chef-d'œuvre littéraire


Bon, ce texte n'est pas tout à fait à jeter non plus...


Message édité par Lampedusa le 19-02-2006 à 21:10:37
n°7707608
Panurge
Posté le 19-02-2006 à 21:19:19  profilanswer
 

C'est en effet la Relation sur le Quiétisme.
 
Je l'ai lue parce que j'étais tombé sur une citation de Maurras, d'après laquelle elle est plus amusante que les Provinciales. (Maurras détestait Pascal.)
 
C'est vrai qu'on y trouve un Bossuet satirique assez inattendu, mais cela me semble tout de même moins drôle que les Provinciales, d'où peut-être chez moi une déception excessive.
 
Content que ça ne vous paraisse pas à jeter.
 
Pour l'auteur du poème, je ne devine pas, mais puisque vous en avez dit un peu plus, d'autres vont peut-être trouver.
 
En tout cas, c'est à vous.

n°7707822
Lampedusa
Posté le 19-02-2006 à 21:49:57  profilanswer
 

Euh, comparer Bossuet à Pascal, c'est un peu comme comparer un couteau de cuisine à un scalpel, non?  
Les "Provinciales", c'est réellement tordant, je suis d'accord.
 
Mais j'ignore totalement qui est l'auteur du poème! Je ne la connais qu'en tant que visiteuse nocturne de ce chat...  
Ça m'a beaucoup fait penser aux premiers poèmes "Du mouvement et de l'immobilité de douve" de Bonnefoy; je ne vous connais pas assez pour supputer si Bonnefoy est accrochant pour vous...

n°7707950
Panurge
Posté le 19-02-2006 à 22:05:23  profilanswer
 

Je viens de relire ce poème et vous n'avez pas tort de le rapprocher de Bonnefoy. Des mots comme "mur", "ruine" ne sont pas étrangers à sa poétique.
 
Ce qui me semble bizarre, et sonne même un peu comme un canular, c'est le "gracile intestin" : intestin grêle ?
 
Oui, Bonnefoy m'a beaucoup accroché à une certaine époque. Mais il y a longtemps que je n'ai plus rien lu de lui.
 
J'ai en mémoire ces vers de lui, cités quelque part par Jaccottet :
 
Parles-tu, chantes-tu, enfant,
il me semble aussitôt que toute la treille
terrestre s'illumine.
 
C'est d'une veine moins hautaine que Douve...

n°7708101
Lampedusa
Posté le 19-02-2006 à 22:26:26  profilanswer
 

Il y a longtemps que je n'avais ouvert ce livre...
 

Citation :

Quand on est déçu par un plaisir qu'on attendait et qui vient, la cause da déception, c'est qu'on attendait de l'avenir. Et une fois qu'il est là, c'est du présent. Il faudrait que l'avenir fût là sans cesser d'être de l'avenir. Absurdité dont seule l'éternité guérit.
 
 
S'abaisser, c'est monter à l'égard de la pesanteur morale. La pesanteur morale nous fait tomber vers le haut.
 
Le contentement de soi après une bonne action (ou une œuvre d'art) est une dégradation d'énergie supérieure. C'est pourquoi la main droite doit ignorer...
 
Pour atteindre le détachement total, le malheur ne suffit pas. Il faut un malheur sans consolation. Il ne faut pas avoir de consolation. Aucune consolation représentable. La consolation ineffable descend alors.
 
L'imagination travaille continuellement à boucher toutes les fissures par où passerait la grâce.
 
L'amour est un signe de notre misère. Dieu ne peut aimer que soi. Nous ne pouvons aimer qu'autre chose.
 
Le présent ne reçoit pas la finalité. L'avenir non plus, car il est seulement ce qui sera présent. Mais on ne le sait pas. Si on porte sur le présent la pointe de ce désir en nous qui correspond à la finalité, elle perce jusqu'à l'éternel.
 
 
Quand la douleur et l'épuisement arrivent au point de faire naître dans l'âme le sentiment de la perpétuité, en contemplant cette perpétuité avec acceptation et amour, on est arraché jusqu'à l'éternité.
 
La purification est la séparation du bien et de la convoitise.
 
Nous ne possédons rien au monde — car le hasard peut tout nous ôter —  sinon le pouvoir de dire Je. C'est cela qu'il faut donner à Dieu, c'est à dire détruire. Il n'y a absolument aucun autre acte libre acte libre qui nous soit permis, sinon la destruction du je.
 
Le beau dans la nature : union de l'impression sensible et du sentiment de la nécessité. Cela doit être ainsi (en premier lieu), et précisément cela est ainsi.
 
Dire que le monde ne vaut rien, que cette vie ne vaut rien, et donner pour preuve le mal, est absurde, car si cela ne vaut rien, de quoi le mal prive-t-il?
 
Tous les mouvements de l'âme sont régis par des lois analogues à celles de la pesanteur matérielle. La grâce seule fait exception.

n°7708209
Panurge
Posté le 19-02-2006 à 22:38:57  profilanswer
 

Simone Weil, La pesanteur et la grâce ?

n°7708233
Lampedusa
Posté le 19-02-2006 à 22:42:53  profilanswer
 

Mais oui, j'ai un peu cédé à la facilité, là...

n°7708301
Panurge
Posté le 19-02-2006 à 22:50:28  profilanswer
 

En effet. Il suffisait de connaître le titre.
 
Je vais chercher ce que je pourrais bien soumettre, mais si quelqu'un a déjà un texte, qu'il ne se gêne pas, même avant le délai de 24 heures.

n°7715329
Panurge
Posté le 20-02-2006 à 19:25:27  profilanswer
 

Bonsoir.
 
Vous allez peut-être trouver mon goût vulgaire, mais je suis très bon public pour tout ce qui a été écrit à une certaine époque.
 

Citation :


La B., qui s'était conservé une grande autorité sur son fils parce que tout le bien de la maison venait d'elle, lui commanda de monter sur un des chevaux et de faire monter sa femme sur l'autre pour aller rendre visite à un vieil oncle qu'elle avait au bourg voisin. Et ainsi, la B., seule de sa troupe, demeura dans l'hôtellerie, se trouvant un peu fatiguée ou feignant de l'être.
Elle envoya sa servante à L. le prier de venir dîner avec elle et, en attendant le dîner, se recoiffa, frisa et poudra, se mit un tablier et un peignoir à dentelle et, d'un collet de point de Gênes de son fils, se fit une cornette. Elle tira d'une cassette une des jupes de noces de sa bru et s'en para, enfin elle se transforma en une petite nymphe replète. L. eût bien voulu dîner en liberté avec ses camarades, mais comment eût-il refusé sa très humble servante madame B. ?
Il fut surpris de la voir si gaillardement vêtue. Elle le reçut d'un visage riant, lui prit les mains et les lui serra d'une manière qui voulait dire quelque chose.
Il songeait moins à dîner qu'au sujet pourquoi il en avait été prié, mais la B. lui reprocha si souvent qu'il ne mangeait point, qu'il ne s'en put défendre. Il ne savait que lui dire, outre qu'il parlait peu de son naturel.
Pour la nonpareille B., elle était la plus grande diseuse de riens qui ait jamais été et non seulement elle parlait seule, mais aussi elle se répondait. Elle conta tout ce qui se passait dans sa ville, en fit l'histoire scandaleuse et ne déchira point de particulier ou de famille entière qu'elle ne tirât du mal qu'elle en disait matière de dire du bien d'elle; protestant, à chaque défaut qu'elle remarquait en son prochain, que, pour elle, encore qu'elle eût plusieurs défauts, elle n'avait pas celui-là.
On desservit quand L. cessa de manger, madame B. le fit asseoir auprès d'elle sur le pied d'un lit et sa servante, en sortant de la chambre, tira la porte après elle. La B., qui crut peut-être que L. y avait pris garde, lui dit : Voyez un peu cette étourdie qui a fermé la porte sur nous ! J'irai l'ouvrir, s'il vous plaît, lui répondit L. Je ne dis pas cela, répondit la B. en l'arrêtant, mais vous savez bien que deux personnes seules enfermées ensemble peuvent faire ce qui leur plaira, on en peut aussi croire ce que l'on voudra. Ce n'est pas des personnes qui vous ressemblent que l'on fait des jugements téméraires, lui repartit L. Je ne dis pas cela, dit la B., mais on ne peut avoir trop de précaution contre la médisance. Il faut qu'elle ait quelque fondement, lui repartit L.; et pour ce qui est de vous et de moi, l'on sait bien le peu de proportion qu'il y a entre un pauvre comédien et une femme de votre condition. Vous plaît-il donc, continua-t-il, que j'aille ouvrir la porte ? Je ne dis pas cela, dit la B. en l'allant fermer au verrou; car, ajouta-t-elle, peut-être qu'on ne prendra pas garde si elle est fermée ou non; et, fermée pour fermée, il vaut mieux qu'elle ne se puisse ouvrir que de notre consentement. L'ayant fait comme elle l'avait dit, elle approcha de L. son gros visage fort enflammé et ses petits yeux fort étincelants, et lui donna bien à penser de quelle façon il se tirerait à son honneur de la bataille que vraisemblablement elle allait lui présenter.

n°7716318
Lampedusa
Posté le 20-02-2006 à 21:26:43  profilanswer
 

Je ne me souviens pas de l'avoir lu, c'est sûr...
J'ai même pas mal de difficulté à situer l'époque où cela a été écrit.
De ces piquantes historiettes d'un terroir un peu arrangé...

n°7716372
Panurge
Posté le 20-02-2006 à 21:31:43  profilanswer
 

D'un terroir un peu arrangé : oui. L'auteur se vengeait d'une région où il s'était déplu.
 
Petite indication : notez que le personnage masculin est comédien. Cela correspond au titre du livre (à condition de bien comprendre ce titre).
 

n°7716547
Lampedusa
Posté le 20-02-2006 à 21:49:46  profilanswer
 

encore faudrait-il connaître le titre.
Précisez encore...

n°7716672
Lampedusa
Posté le 20-02-2006 à 22:01:40  profilanswer
 

Bon, mais c'est vraiment pour dire quelque chose: Marcel Aymé?
 
Par exemple, pour enfoncer encore le clou de mon ignorance, ça n'a certainement rien à voir (je ne l'ai pas lu): "La jument verte"?  :)


Message édité par Lampedusa le 20-02-2006 à 22:03:50
n°7716724
Panurge
Posté le 20-02-2006 à 22:06:39  profilanswer
 

Je voulais dire que le titre du livre contient un mot qui est en rapport avec la profession de comédien (et l'était encore plus à l'époque que de nos jours).
 
"Refuser une personne" pour "refuser quelque chose à une personne", "le sujet pourquoi (il avait été prié à dîner)", cela indique que le livre n'est pas d'hier, je crois ?
 
(Edit) P.S. Je n'avais pas lu votre dernier message quand j'écrivais celui-ci.
 
En évoquant Marcel Aymé à propos de ce texte, vous me donnez au moins le plaisir de savoir que mes goûts sont cohérents, car j'aime bien Marcel Aymé aussi.


Message édité par Panurge le 20-02-2006 à 22:09:51
n°7716762
Lampedusa
Posté le 20-02-2006 à 22:09:36  profilanswer
 

Eh bien moi j'aurais plutôt pensé à un français de la première moitié du 20ème, mais retapé un peu à l'ancienne, voyez-vous...

n°7716797
Panurge
Posté le 20-02-2006 à 22:12:41  profilanswer
 

C'est vrai que dans la première moitié du vingtième siècle, certains écrivains archaïsaient volontiers.
 
Mais ce n'est pas du tout archaïsant. C'est autant dire contemporain d'un livre qui passe pour avoir "fondé la prose française".

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