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Auteur Sujet :

Qui a écrit ?

n°8562768
Lampedusa
Posté le 01-06-2006 à 02:45:34  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Tiens, ça remue un peu dans les fourrés?
 
Ça pourrait être de Melville...

mood
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Posté le 01-06-2006 à 02:45:34  profilanswer
 

n°8563211
john keats
Vote for pedro !§
Posté le 01-06-2006 à 09:20:54  profilanswer
 

Banco McBerd, IL est bien Russe.

n°8569099
Panurge
Posté le 01-06-2006 à 19:21:23  profilanswer
 

Gogol, Les âmes mortes.
 

n°8569505
Lampedusa
Posté le 01-06-2006 à 20:02:31  profilanswer
 

Panurge!
Votre absence fut remarquée...
 
J'ai également pensé à Gogol, mais j'aurais plutôt dit l'une des "nouvelles de St-Petersbourg"...
 
Mais vous devez avoir raison, comme d'hab...

n°8569566
Panurge
Posté le 01-06-2006 à 20:07:11  profilanswer
 

Lampedusa a écrit :

Panurge!
Votre absence fut remarquée...
 
J'ai également pensé à Gogol, mais j'aurais plutôt dit l'une des "nouvelles de St-Petersbourg"...
 
Mais vous devez avoir raison, comme d'hab...


 
 
Comme d'habitude, j'ai googlé éhontément.
 
J'espère pouvoir proposer quelque chose dans le délai. (Enfin, il faut encore que Keats confirme Google.)
 
P.


Message édité par Panurge le 01-06-2006 à 20:08:28
n°8573287
john keats
Vote for pedro !§
Posté le 02-06-2006 à 10:15:16  profilanswer
 

Oui c'est bien ça panurge.
Je suis en train de le lire c'est [:bien].

n°8577843
Panurge
Posté le 02-06-2006 à 18:35:39  profilanswer
 

john keats a écrit :

Oui c'est bien ça panurge.
Je suis en train de le lire c'est [:bien].


 
Si je ne me trompe, c'est la traduction de Mongault. Elle me semble plus belle que celle d'Adamov, que je possède.
 
Je vous propose l'extrait suivant. C'est le début du livre.
 

Citation :


(Edité, suite au "C'est quoi ça ?" de Mine Anti-personnel.)


Message édité par Panurge le 02-06-2006 à 20:09:48
n°8578064
Mine anti-​personnel
Posté le 02-06-2006 à 18:58:04  profilanswer
 

C'est quoi ça ?
 

Citation :

Jamais de ma vie je n'ai été plus indécis. Et puis je me suis dit que la grande proclamation urbi et orbi de ma guérison pouvait attendre que je sois fatigué de promener mon blanc bâton. Tandis qu'une fois la pension à l'eau, plus moyen de la repêcher.
 
(...) il y a aussi les petits avantages de mon infirmité, le beurre dans les épinards.

n°8578273
Panurge
Posté le 02-06-2006 à 19:15:41  profilanswer
 

Mine anti-personnel a écrit :

C'est quoi ça ?
 

Citation :

Jamais de ma vie je n'ai été plus indécis. Et puis je me suis dit que la grande proclamation urbi et orbi de ma guérison pouvait attendre que je sois fatigué de promener mon blanc bâton. Tandis qu'une fois la pension à l'eau, plus moyen de la repêcher.
 
(...) il y a aussi les petits avantages de mon infirmité, le beurre dans les épinards.



 
Mine anti-personnel, puis-je vous demander de préciser le sens de votre remarque ?
 
Merci.
 
P.

n°8578334
Mine anti-​personnel
Posté le 02-06-2006 à 19:22:49  profilanswer
 

Panurge a écrit :

Mine anti-personnel, puis-je vous demander de préciser le sens de votre remarque ?
 
Merci.
 
P.


Ma question portait sur la signification des trois petits points entre parenthèse.

mood
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Posté le 02-06-2006 à 19:22:49  profilanswer
 

n°8578367
Panurge
Posté le 02-06-2006 à 19:25:50  profilanswer
 

J'ai supprimé quelques lignes qui me semblaient un peu languissantes. Faut-il les rétablir ?

n°8578604
Mine anti-​personnel
Posté le 02-06-2006 à 19:46:34  profilanswer
 

Panurge a écrit :

J'ai supprimé quelques lignes qui me semblaient un peu languissantes. Faut-il les rétablir ?


C'est bien ce que je craignais, ce qui entre en contradiction avec l'article 3 de la loi fondamentale régissant ce topic:
 

Citation :

  • La citation doit être littérale et continue, pas de montage de textes, pas de versions expurgées par des (...)

Oui, il faut les rétablir; sorry. Dura lex sed lex  [:proy]  

n°8578797
Panurge
Posté le 02-06-2006 à 20:10:44  profilanswer
 

Mine anti-personnel a écrit :

C'est bien ce que je craignais, ce qui entre en contradiction avec l'article 3 de la loi fondamentale régissant ce topic:
 

Citation :

  • La citation doit être littérale et continue, pas de montage de textes, pas de versions expurgées par des (...)

Oui, il faut les rétablir; sorry. Dura lex sed lex  [:proy]


 
Il n'y a plus de petits points.
 
P.

n°8579486
Lampedusa
Posté le 02-06-2006 à 21:26:55  profilanswer
 

Peut-être pourrait-on l'amender, celle-là...?
 
Je crains que nos sujets n'émigrent vers des contrées plus clémentes en matière de législation...

n°8579502
stiko
Posté le 02-06-2006 à 21:28:31  profilanswer
 

Un indice?

n°8580154
Mine anti-​personnel
Posté le 02-06-2006 à 22:48:23  profilanswer
 

Ah merde, Panurge s'est barré avec son extrait ?
 
Amendons alors...

n°8582000
Panurge
Posté le 03-06-2006 à 08:58:04  profilanswer
 

Vu la bonne volonté manifestée par les uns et les autres, j'écrase.
 
Mais je n'aurais plus le courage de taper 2000 caractères.
 
Donc je passe mon tour. Je remettrai peut-être le même extrait (sans omissions, je ne savais pas qu'elles étaient interdites) si le tour me revient.
 
P.

n°8586541
Lampedusa
Posté le 03-06-2006 à 22:08:03  profilanswer
 

Citation :

C'est au fond une drôle de chose de parler et d'écrire ; la vraie conversation, le dialogue authentique est un pur jeu de mots.
Tout bonnement ahurissante est l'erreur ridicule des gens, qui s'imaginent et croient parler en fonction des choses. Mais le propre du langage, à savoir qu'il n'est tout uniment occupé que de soi-même, tous l'ignorent. C'est pourquoi le langage est un si merveilleux mystère, et si fécond : que quelqu'un parle tout simplement pour parler, c'est justement alors qu'il exprime les plus originales et magnifiques vérités. Mais qu'il veuille au contraire parler de quelque chose de précis,  voilà tout aussitôt la langue malicieuse qui lui fait dire les pires absurdités, les bourdes les plus ridicules. C'est d'ailleurs bien de là que vient la haine que tant de gens sérieux ont du langage. Sa pétulance et son espièglerie ils la remarquent ; mais ce qu'ils ne remarquent pas, c'est que le bavardage à  bâtons rompus et son laisser-aller si dédaigné, c'est justement le côté infiniment sérieux de la langue. — Si seulement on pouvait faire comprendre aux gens qu'il en va du langage comme des formules mathématiques : elles constituent un monde en soi, pour elles seules ; elles jouent entre elles exclusivement, n'expriment rien si ce n'est leur propre nature merveilleuse, — ce qui fait justement qu'elles sont si expressives, que justement entre elles se reflète le jeu étrange des rapport entre les choses. Membres de la nature, c'est par leur liberté qu'elles sont, et c'est seulement par leur libres mouvements que s'exprime l'âme du monde, en en faisant tout ensemble une mesure délicate et le plan architectural des choses.
De même en va-t-il du langage : celui qui a le sens et un fin sentiment de l'âme musicale du langage, de sa cadence et du doigté requis, celui qui sait entendre en soi la subtile exigence, qui bien entend la tendre volonté de sa nature intime avant d'abandonner à son autorité ou sa plume ou sa langue : celui-là, oui, ce sera un prophète ; — celui, en revanche, qui en connaît très savamment tout aussi long, mais qui n'a ni assez d'oreille, ni le sens et le sentiment du verbe suffisants pour écrire des vérités comme celles-ci, le verbe, alors, se moquera de lui, et tel Cassandre chez les Troyens, il sera la risée des hommes.
Mais si je crois avoir par là donner l'idée la plus claire et la plus précise de l'essence et de la fonction de la poésie, je sais aussi que pour comprendre, il n'y aura personne et que, l'ayant voulu dire, j'ai dit quelque chose de complètement idiot, d'où toute poésie est exclue. Et s'il avait pourtant fallu que je le dise ? — et si, pressé par la parole même de parler, j'avais reconnu en moi ce signe de l'inspiration, cette marque de l'œuvre efficace du verbe ? et si ma volonté n'avait aucunement voulu ce qu'il a fallu que je dise ? — ne serait-ce pas qu'au bout du compte, et sans que j'y fusse pour rien, ce fût de la poésie quand même et qu'un mystère du langage eût été rendu intelligible ? — et ne serai-je pas un auteur-né, un écrivain de vocation, puisque l'écrivain est uniquement un inspiré du verbe ? ...

n°8588095
Panurge
Posté le 04-06-2006 à 08:46:45  profilanswer
 

Novalis, Monologue.
 
Texte épatant !
 
Assez curieusement, on trouve sur Internet deux traductions différentes, toutes deux attribuées à Armel Guerne.
Celle que Lampedusa a postée me semble la meilleure.
 
P.

Message cité 1 fois
Message édité par Panurge le 04-06-2006 à 09:03:17
n°8591102
Lampedusa
Posté le 04-06-2006 à 19:22:07  profilanswer
 

Panurge a écrit :

Novalis, Monologue.
 
Texte épatant !
 
Assez curieusement, on trouve sur Internet deux traductions différentes, toutes deux attribuées à Armel Guerne.
Celle que Lampedusa a postée me semble la meilleure.
 
P.


 
En effet, Panurge...
J'ai l'édition d'Aubier-Montaigne, collection bilingue, sous le titre de "Fragmente".
 
J'aime beaucoup Novalis. Il nous rafraîchit.
Il réhabilite aussi l'ennui (point commun avec Leopardi): " Langweile ist Hunger..." (L'ennui est faim).

n°8591971
Panurge
Posté le 04-06-2006 à 21:20:39  profilanswer
 

Je ne pourrais plus poster dans le délai, désolé.
 
Donc je passe mon tour.
 
P.

n°8592071
Lampedusa
Posté le 04-06-2006 à 21:33:19  profilanswer
 

Panurge, ça fait la deuxième fois que vous nous faites le coup.
Vous êtes en passe de devenir un passeur.

n°8594281
Panurge
Posté le 05-06-2006 à 10:15:05  profilanswer
 

Le problème, c'est qu'on doit poster dans les 24 heures du message où on a indiqué la bonne solution, et non dans les 24 heures de la confirmation.
 
Si la confirmation se fait attendre longtemps, on risque d'être pris de court...
 
P.

n°8598511
Lampedusa
Posté le 05-06-2006 à 19:41:30  profilanswer
 

Dans ce topic le temps devient parfois long.
Les "on doit" se feront une raison...

n°9150758
Mine anti-​personnel
Posté le 07-08-2006 à 16:40:16  profilanswer
 

Citation :

Ceux qui les premiers firent et pensèrent le cinéma partaient d’une idée simple : le cinéma comme art industriel atteint à l’auto-mouvement, au mouvement automatique, il fait du mouvement la donnée immédiate de l’image. Un tel mouvement ne dépend plus d’un mobile ou d’un objet qui l’exécuterait, ni d’un esprit qui le reconstituerait. C’est l’image qui se meut elle-même en elle-même. Elle n’est donc, en ce sens, ni figurative ni abstraite. On dira qu’il en était déjà ainsi de toutes les images artistes ; et Eisenstein ne cesse pas d’analyser les tableaux de Vinci, du Greco, comme si c’étaient des images cinématographiques (de même Elie Faure avec le Tintoret). Mais les images picturales n’en sont pas moins immobiles en soi, si bien que c’est l’esprit qui doit « faire » le mouvement. Et les images chorégraphiques ou dramatiques restent attachés à un mobile. C’est seulement quand le mouvement devient automatique que l’essence artiste de l’image s’effectue : produire un choc sur la pensée, communiquer au cortex des vibrations, toucher directement le système nerveux et cérébral. Parce que l’image cinématographique « fait » elle-même le mouvement, parce qu’elle fait ce que les autres arts se contentent d’exiger (ou de dire), elle recueille l’essentiel des autres arts, elle en hérite, elle est comme le mode d’emploi des autres images, elle convertit en puissance ce qui n’était que possibilité. Le mouvement automatique fait lever en nous un automate spirituel, qui réagit à son tour sur lui. L’automate spirituel ne désigne plus, comme dans la philosophie classique, la possibilité logique ou abstraite de déduire formellement les pensées les unes des autres, mais le circuit dans lequel elles entrent avec l’image-mouvement, la puissance commune de ce qui force à penser et de ce qui pense sous le choc : un noochoc. Heidegger dira : « L’homme sait penser en tant qu’il en a la possibilité, mais ce possible ne garantit pas encore que nous en soyons capables ». C’est cette capacité, cette puissance, et non la simple possibilité logique, que le cinéma prétend nous donner en nous communiquant le choc. Tout se passe comme si le cinéma nous disait : avec moi, avec l’image-mouvement, vous ne pouvez pas échapper au choc qui éveille le penseur en vous. Un automate subjectif et collectif pour un mouvement automatique : l’art des « masses ».

n°9150802
Mine anti-​personnel
Posté le 07-08-2006 à 16:46:53  profilanswer
 

Non ce n'est pas Kundera.


---------------
Jouez à un jeu intelligent
n°9152182
Lampedusa
Posté le 07-08-2006 à 19:26:21  profilanswer
 

Comment ça va Mine...?  :)  
Virilio ?

n°9152470
Mine anti-​personnel
Posté le 07-08-2006 à 19:51:42  profilanswer
 

Un peu fatigué ces temps-ci... T'as retrouvé ta prof de latin ?
Non, c'est pas Virilio.


---------------
Jouez à un jeu intelligent
n°9152634
Lampedusa
Posté le 07-08-2006 à 20:10:09  profilanswer
 

Ce doivent être ces vacances qui commencent à nous taper sur le système. Vivement que tout ça finisse.
Oui, merci, je l'ai retrouvée... Pas prof de latin, mais historienne. Et de gauche presque extrême et israélienne. Redoutable, avec ses latinismes à l'emporte-pièce.
 
Daney?

n°9152648
Mine anti-​personnel
Posté le 07-08-2006 à 20:11:15  profilanswer
 

Non, pas Daney non plus.

n°9152736
Lampedusa
Posté le 07-08-2006 à 20:20:22  profilanswer
 

Ah... Zagdansky, La mort dans l'œil ?
 
Noochoc noochoc...

n°9152749
Mine anti-​personnel
Posté le 07-08-2006 à 20:22:11  profilanswer
 

Connais pas  :??: ; c'est pas ça. (Avec Daney, t'étais plus proche).

n°9153065
Lampedusa
Posté le 07-08-2006 à 21:00:01  profilanswer
 

Deleuze, L'image-temps ?


Message édité par Lampedusa le 07-08-2006 à 21:03:26
n°9153114
Mine anti-​personnel
Posté le 07-08-2006 à 21:04:56  profilanswer
 

Oui p. 203.
Un petit extrait ?

n°9153152
Lampedusa
Posté le 07-08-2006 à 21:11:03  profilanswer
 

Dans les 24 heures certainement.

n°9155830
Lampedusa
Posté le 08-08-2006 à 01:09:11  profilanswer
 

Citation :

Le corps. Son « vibrato ». Ses froissements, sa chair de poule, comme sur la mer.  
La peau imperceptiblement travaillée, dans son mouvement essentiel, vers la mort. Le plein égal au vide. Le tout égal au rien. Le fléau de la balance en stricte quoique sensible justesse. Justice.  
Le degré zéro du réel enfin pris dans son présent nomade, hors toute possibilité de commentaires.
La parole au comble de sa signification, et s'envolant, se suffisant à elle-même, irréversible, comme un trait de plume, simplement, n'ayant plus à se chercher.
La parole, plus dessein que dessein, plus phénomène absolu qui vend son homme, sans espoir, sans possibilité de reprise ; que trébuchement approximatif lourd de références. Ici et là. Partout et
nulle part. A prendre et à laisser dans sa parfaite autonomie.  
L'être, non tant pacifié, réconcilié —  avec quoi, avec qui ? —  qu'équivalent à tout ce qui peut lui arriver, dans cette imbibation propre à l'éponge, dans cette étrange humidité, ou moisissure, qui  
est comme le chant secret du mystère, qui suppure. Moite. L'intelligence « avec », non « de ».
L'homme dépouillé de sa célébrité incongrue, de son Histoire, de sa majuscule. En toute délicatesse,
politesse, signe d'humour. Pris dans le pullulement sans perdre sa singularité, confondu dans la « race » sans que disparaisse l'individu.  
Le trop bu par le pas assez ; la tête, le sexe, démystifiés, démaquillés, dans l'évidence qui se joue au clair-obscur du fait brut d'exister. Le clin d'œil, le coquet, le mondain, le « pour passer le temps »  
exténués, saturés, par le plaisir. Le « tourisme » interdit. Rien ne dépasse. On respire en mesure,
à hauteur des corps, dans une espèce d'aire qui donne aux gestes, aux paroles, cette courbe de salutation, cette fin en soi hors toute d'excuse, ou provocation.


 
 
J'ai cru trouver prétexte à recopier cela pour mieux me familiariser avec ces lignes.
Et si, ô lecteur, tu es parvenu jusquà la fin, sache qu'il s'agit d'un texte consacré à Roland Barthes.

n°9157896
Mine anti-​personnel
Posté le 08-08-2006 à 11:41:29  profilanswer
 

Sollers ?

n°9162587
Lampedusa
Posté le 08-08-2006 à 19:25:05  profilanswer
 

Pas Sollers.  
Fut également comédien.
Grand amateur de notes, notules, annotations...

n°9162909
Mine anti-​personnel
Posté le 08-08-2006 à 20:12:33  profilanswer
 

Papiers collés de Perros

n°9163396
Lampedusa
Posté le 08-08-2006 à 21:16:15  profilanswer
 

Mine anti-personnel a écrit :

Papiers collés de Perros


 
Bravo. Papiers collés 2, pour être exact.
J'aime beaucoup le bonhomme. Mais le fait est que j'ai trouvé ce texte proprement indigeste...

n°9200169
Panurge
Posté le 12-08-2006 à 17:53:04  profilanswer
 

Bonjour.
 
Comme Mine semble vouloir laisser passer son tour et que j'ai un peu de temps libre, je me permets de remettre l'extrait que j'avais effacé dans un geste de mauvaise humeur. Cette fois-ci, il n'y a plus de troncations.
Je rappelle que c'est le début du livre.
 

Citation :


Autant que je vous dise la vérité dès le début, je ne suis pas un véritable aveugle. La cécité, c'est mon masque, mon masque professionnel. Remarquez que j'ai hésité avant de faire le saut. A ma gauche la guérison, à ma droite l'infirmité, carrousel des méninges, sept tours dans chaque sens. C'était après ce fameux accident où j'avais eu les yeux brûlés, une casserole d'eau bouillante ou plutôt du vitriol, je ne sais plus exactement ce qu'elle m'avait jeté au visage, la garce. Toujours est-il que j'en avais eu pour trois mois d'hôpital, chambre noire, douces voix compatissantes, soigné aux petits oignons. Pauvre Monsieur, m'ont-ils dit à la fin du séjour, on ne peut plus rien pour vous. Cent pour cent d'invalidité, mais on vous fournit gratis les oculaires fumés, le blanc bâton, et en prime un berger allemand. Moi, tout d'abord, j'étais catastrophé. Pour une guigne, celle-là était gratinée. Déjà qu'avec les yeux dans les trous, ce n'est pas simple d'avoir bon pied tous les jours, maintenant qu'il allait falloir marcher au radar, vous parlez d'un chemin de croix ! Mélancolie profonde à la petite semaine, je n'en dis pas plus. Et puis, voilà que je me remets à distinguer des ombres. Je refusais tout d'abord d'y croire. Céleste, mon vieux, me répétais-je, cesse de prendre les corbeaux pour des alouettes. Oui, mais jour après jour, le contour des alouettes se précisait, pas de doute, mes doux Seigneurs, j'étais miraculé, mes quinquets se rallumaient.
Pleurs de félicité dans les chaumières, quand on en a été privé, la beauté du cinéma quotidien devient indescriptible. Le prisonnier s'en revient du bagne, joli tambour va revoir sa blonde, dénoue ta ceinture, Pénélope. Parce que les femmes surtout, quel spectacle les premiers jours ! Je passais mes heures à lorgner les rondeurs dans les rues, à m'offrir décolletés et jupettes sur écran panoramique. Et, bonheur, c'était la canicule, l'opulence s'étalait à tous les carrefours. Mais pas question pourtant de déchausser les oculaires fumés ou d'envoyer paître mon clébard tout neuf. C'est qu'il y avait la pension, l'allocation d'invalidité. Si je m'étais mis à crier avec enthousiasme ça y est, ça y est je vois ! finis les oiseaux rôtis qui me tombaient du ciel au début de chaque mois. Il fallait garder les pieds sur terre, aucune envie de cracher dans la soupe. D'un autre côté, cela m'obligeait à poursuivre mon petit théâtre, à jouer en permanence les céciteux sur la grande scène du monde, quand le réflexe le plus élémentaire est de se faire briller les lanternes. Jamais de ma vie je n'ai été plus indécis. Et puis je me suis dit que la grande proclamation urbi et orbi de ma guérison pouvait attendre que je sois fatigué de promener mon blanc bâton. Tandis qu'une fois la pension à l'eau, plus moyen de la repêcher.
Eh bien, aujourd'hui, je n'ai pas encore fait savoir à la population que je réintégrais le troupeau des voyants. Pas très simple pourtant le métier d'aveugle au début. Pour un oui ou pour un non, on se met à lécher une vitrine ou à dévorer les photos à l'entré d'un cinéma. Mais l'habitude vient vite, on ne commet plus ce genre de bévues. On devient même trop scrupuleux, parce que les gens sont beaucoup plus distraits qu'on ne le pense, croyez-moi. On irait, au bistrot, lire discrètement leur gazette par-dessus leur épaule, à peine s'ils y trouveraient malice. Trop heureux au contraire d'avoir un interlocuteur pour discuter du fait divers qui remplit toute la page avec photo sanglante à l'appui ! Vous avez vu ce corps qu'on a retrouvé avec le ventre ouvert et toutes les tripes qui sortaient ? Dire que ça s'est passé dans une maison près d'ici ! Quand je pense que l'on prétend que c'est un quartier paisible ! D'ailleurs la police ne fait plus son devoir, Monsieur, moi qui vous parle, je pourrais vous en raconter de belles à ce sujet ! Expérience concluante, le pauvre céciteux que je suis devenu peut faire mine d'avoir à s'en aller. Excusez-moi, rendez-vous chez le médecin, plaisir de vous avoir rencontré. Le distrait alors de devenir attentif, de se précipiter, d'appeler pour vous le garçon, voici votre manteau, attendez je vais vous ouvrir la porte.
Parce qu'il y a aussi les petits avantages de mon infirmité, le beurre dans les épinards. Si, malgré mes oculaires fumés, je continue à me rincer l'oeil aussi bien que vous, pour ce qui est de la commisération, de l'estime sociale pourrais-je dire, là vous pouvez repasser. Ce n'est pas à vous, je présume, que l'on offrirait le bras pour traverser la rue ! Et quel plaisir de prendre l'autobus aux heures de pointe ! Allons, vous ne voyez pas que ce pauvre homme est aveugle ? Qu'attendez-vous pour lui céder votre place ? Priorité, même sur les femmes enceintes ! Et les plus beaux morceaux chez le boucher. Il suffit de ne pas y voir pour que plus personne ne vous roule. D'ailleurs, je m'arrange toujours pour pénétrer dans la boucherie quand il y a du monde. D'abord, ce petit orgueil de ne pas devoir attendre son tour, servez donc ce monsieur, je vous prie. Mais, en plus, tous les clients présents de surveiller attentivement quel morceau le boucher me coupe. Il ne faudrait pas qu'il m'arnaque, qu'il taille mon bifteck dans un quartier trop nerveux ! Un fameux tollé que cela ferait ! Vous n'êtes pas honteux de profiter ainsi d'un infirme ? En moins d'une semaine le gus devrait fermer boutique. Ah ! ce n'est pas un sourd qui serait l'objet de telles attentions !


 
Désolé si ça vous paraît une enfilade d'expressions banales, moi je trouve ça assez savoureux.
 
P.


Message édité par Panurge le 12-08-2006 à 17:55:51
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