ledauphinois Pour un BSW en France ! | Bonjour,
Je ne sais pas si le rapport n°673 du Sénat "RAPPORT D’INFORMATION FAIT au nom de la délégation sénatoriale à la prospective (1) sur les crises sanitaires et outils numériques : répondre avec efficacité pour retrouver nos libertés" (https://www.senat.fr/rap/r20-673/r20-6731.pdf) a été cité?
On voit avec intérêt dans ce rapport comment on fait pour "retrouver nos libertés" :
p.56 :
Citation :
De nombreux cas d’usages sont possibles, et
notamment :
- le contrôle des déplacements : bracelet électronique pour contrôler
le respect de la quarantaine, désactivation du pass pour les transports en
commun, détection automatique de la plaque d’immatriculation par les
radars, portiques de contrôle dans les magasins, caméras thermiques dans
les restaurants, etc. ;
- le contrôle de l’état de santé, via des objets connectés dont
l’utilisation serait cette fois-ci obligatoire, et dont les données seraient
exploitées à des fins de contrôle ;
- le contrôle des fréquentations, par exemple aller voir un membre
vulnérable de sa famille alors que l’on est contagieux ;
- le contrôle des transactions, permettant par exemple d’imposer
une amende automatique, de détecter un achat à caractère médical
(pouvant suggérer soit une contamination, soit un acte de contrebande en
période de pénurie), ou encore la poursuite illégale d’une activité
professionnelle (commerce, etc.) en dépit des restrictions.
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p.57 :
Citation :
le numérique pourrait permettre d’internaliser une
fraction du coût collectif correspondant au comportement de chaque
individu ou de chaque groupe de personnes.
Appliqué au confinement, le raisonnement serait le suivant : chaque
sortie de mon domicile comporte un risque, non seulement pour moi-même
mais aussi pour le système de santé dans son ensemble. Si je préfère malgré
tout disposer de ma liberté d’aller et venir, et que je sors effectivement de
chez moi, il est légitime que j’assume en contrepartie une fraction du
surcoût payé par la société du fait de l’épidémie, par exemple sous la forme
d’une petite hausse de mes cotisations sociales si le nombre ou la durée de
mes sorties excède un certain seuil.
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p.104-105 : la discrimination ethnique peut être une "bonne mesure".
Citation :
4. Le totem de la discrimination
Ce type de raisonnement montre une chose : derrière la sensibilité
française à la protection des données personnelles se trouvent non seulement
un attachement à la liberté individuelle (par la protection de la vie privée),
qui est la mission de la CNIL et s’accommode somme toute assez bien du
principe de proportionnalité, mais aussi à l’égalité entre les citoyens.
Plus précisément, la doctrine de la CNIL semble opposée à toute
mesure conduisant à une « discrimination en raison de l’état de santé »,
expression apparue plusieurs fois au cours de la crise, et chargée d’un poids
symbolique important.
Mais, dans la lutte contre une épidémie, l’objectif des mesures est
très précisément de discriminer les individus en fonction de leur état de
santé, pour leur propre protection et celle de la collectivité, et soutenir le
contraire n’a strictement aucun sens.
1 Caméras dites « intelligentes » et caméras thermiques : les points de vigilance de la CNIL
et les règles à respecter, 17 juin 2020, https://www.cnil.fr/fr/cameras-dite [...] les-regles
- 105 -
Le refus par principe de toute « discrimination », par la seule magie
du mot, ne contribue pas à la sérénité des débats sur des mesures telles que
le pass ou le passeport sanitaire, pourtant indispensables.
Plusieurs intellectuels en ont aussi appelé à Michel Foucault et à ses
concepts de biopouvoir ou de biopolitique1, qui suffisent à discréditer
ab initio toute mesure impliquant une contrainte imposée sur les corps des
individus, dont font partie le confinement, hériter des quarantaines, ou les
applications conditionnant l’accès à certains lieux.
Un autre exemple est la tribune2 publiée le 13 avril 2020 dans le
New York Times par Kathryn Olivarius, professeure d’histoire à Stanford,
intitulée « La dangereuse histoire de l’immunoprivilège ». À propos de
l’épidémie de fièvre jaune qui toucha le Sud esclavagiste des États-Unis au
19e siècle, causant quelque 150 000 morts, elle souligne que les
discriminations liées à l’état de santé venaient aggraver les discriminations
existantes fondées sur l’origine ethnique : les « Blancs acclimatés », c’est-à-dire
immunisés3, se situaient au-dessus des « Blancs étrangers non-acclimatés »,
eux-mêmes situés au-dessus des autres catégories ethniques, et notamment
des Noirs. Faudrait-il, en suivant ce raisonnement, refuser toutes les
mesures sanitaires fondées sur l’immunité (et donc la contagiosité) des
personnes, au motif qu’elles ont, par le passé et dans un tout autre contexte,
été associées à des discriminations raciales ?
Ces débats n’ont pas eu lieu en France. Toutefois, ils rappellent que
de mauvaises raisons peuvent parfois conduire à refuser de bonnes mesures,
ce qui n’est pas étranger aux polémiques nationales.
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Ainsi, on a donc un gouvernement :
-qui met en place des mesures liberticides
-et ensuite des sénateurs expliquent que ces mesures sont très contraignantes (je n'ai pas vérifié, mais cela ne m'étonnerait pas qu'ils les aient votées), et donc que pour les alléger, il faut accepter d'autres mesures encore plus intrusives!
Il est néanmoins intéressant de voir que le rapport souligne la faible létalité de la covid d'une part et d'autre part rappelle que l'on est à un rang mondial de 136 sur 155 en matière de nombre de décès par habitant (page 143 du rapport). Là où cela pèche, c'est la conclusion : au lieu de reconnaître que leurs mesures qui ont emmerdé toute la population française, provoqué des dépressions et du mal-être, fragilisé psychologiquement des millions de personnes (sans même parler de l'aspect économique), ont empêché des tas de gens de se soigner n'ont donc servi à rien, le rapport a l'air de dire que c'est parce que ces mesures étaient insuffisantes et que l'on aurait mieux fait de s'inspirer des pays asiatiques i.e. d'être encore plus dirigistes / coercitifs / contraignants.
Je n'ai pas manifesté contre le pass sanitaire, mais je peux comprendre que certains, face à un plan concocté par des sénateurs, soient alarmés et préfèrent se mobiliser avant qu'on leur empêche de sortir de chez eux sans payer des taxes pour être sorti de chez eux. Et qu'on ne me parle pas de complotisme ou de fake news : ce ne sont pas des mesures que m'a racontées le plombier de ma concierge, mais des mesures mises en avant par un rapport sénatorial publié sur le site du Sénat.
Et j'ajoute que les vaccinés dont certains soutiennent les mesures coercitives risquent de déchanter : le taux d'efficacité dans la non-transmission du variant Delta est inférieur à la moitié (edit pour ajout lien : https://fr.news.yahoo.com/lefficaci [...] 00709.html dans l'article ils parlent de 49%), contrairement aux statistiques présentées par les fabricants eux-mêmes, quelle surprise (non mais franchement, qui pouvait croire un seul instant que les fabricants allaient donner les chiffres réels...)! Et si on me répond que les laboratoires ne pouvaient évidemment pas prévoir les variants, je répondrais alors que vacciner la population sur un produit conçu pour lutter contre les formes initiales du virus et non contre les formes les plus répandues au moment de l'injection ne fait que souligner encore un peu plus l'incongruité de ce pass sanitaire et des mesures gouvernementales. Du coup, si des mesures coercitives devaient être réappliquées, en toute bonne logique, elles devraient l'être pour tout le monde, y compris les gens vaccinés, puisqu'ils sont contagieux.
Je n'ai rien vu dans ce rapport deux points qui me paraissent être fondamentaux :
-la reconstruction de notre système de santé, précarisé par des années de gestion fondée uniquement sur le dogme de la rentabilité et les économies (on parle de 560Mds d'euros reversés aux entreprises [sans aucune garantie que l'argent n'aille pas dans des paradis fiscaux , ni aucune contrepartie en matière d'emplois ; mais c'est un autre débat]), combien seront donnés pour la santé?
-comme, contrairement aux cris d'orfraies que l'on a entendu en 2020 ("fake news! Complotistes!" ), rien ne permet d'infirmer de manière sûre la théorie d'une fuite du virus du laboratoire de Wuhan (voire la fabrication pure et simple du virus), comme cela a été reconnu récemment : quelles sont les mesures prises pour que les scientifiques arrêtent de jouer aux apprentis sorcier en stockant / fabriquant tout et n'importe quoi sans aucune manière de le contrôler (voir par exemple : https://www.futura-sciences.com/san [...] ire-15313/ )? |