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Nicolas Sarkozy veut une UMP "puissante", "populaire" et "exemplaire"
PARIS (AP) - Nicolas Sarkozy veut une UMP "exemplaire", "populaire" et, surtout, "puissante". Moins de deux mois après son élection à la tête du parti, il a annoncé dimanche aux cadres du mouvement une "rupture" dans le mode de fonctionnement de l'Union pour un mouvement populaire, basée sur la transparence, la participation des adhérents et des contrats d'objectifs.
Devant les 840 cadres de l'UMP réunis à la Maison de la chimie à Paris, Nicolas Sarkozy a prévenu qu'il entendait appliquer désormais de "nouvelles méthodes" au sein du parti, qui reposeront sur la consultation des adhérents à tous les niveaux. L'appel aux militants s'appliquera "dans tous les cas où une situation de concurrence inextricable se fera jour", et ce "qu'on soit un simple militant, un parlementaire chevronné ou un ministre", a annoncé le président de l'UMP.
Ainsi, il a suggéré la mise en place pour les législatives d'un système dans lequel la commission d'investiture de l'UMP continuerait à accorder les investitures, celles-ci devant ensuite être validées par l'assemblée générale des adhérents de la circonscription concernée.
De même, les adhérents de la fédération de Paris seront appelés à se prononcer "au tout début de 2006" sur le candidat de l'UMP pour les municipales de 2007 dans la capitale.
Nicolas Sarkozy s'est gardé d'évoquer spécifiquement la question de la présidentielle de 2007. Globalement, "en cas de pluralité de candidatures et en l'absence de sortant, je ne connais qu'une solution indiscutable, celle de solliciter l'avis de nos adhérents avec un vote", s'est-il borné à expliquer.
Le président de l'UMP a également souhaité élargir la représentativité du Conseil national, "Parlement" du mouvement. Les délégués de circonscription, élus par les adhérents, seront désormais "membres de droit" du Conseil national.
"Nous n'avons rien à craindre de la démocratie, de l'ouverture et de la transparence", a-t-il plaidé, en promettant de s'y "plier" lui-même "loyalement".
Nicolas Sarkozy a donc appelé les cadres à un "changement culturel". Et "ce qui vaut pour les candidats vaudra tout autant pour le programme", a-t-il ajouté. "La stratégie de l'UMP" sera "définie exclusivement par ses instances élues et légitimes" et pas par des "conseillers occultes ou des cénacles secrets".
C'est notamment la méthode qu'il compte appliquer pour définir la position de l'UMP concernant la Constitution européenne, sur laquelle le Conseil national du parti doit se prononcer le 6 mars. "Rejetant toutes les arrières pensées tactiques (...), je m'engagerai de toutes mes forces pour faire triompher le 'oui' au référendum que propose Jacques Chirac", a-t-il promis. Et "je proposerai que cette position soit, sans ambiguïtés, la position collective de l'UMP". Mais il a répété aussi qu'il était hostile à l'adhésion de la Turquie, souhaitant qu'elle soit "associée à l'Europe par un lien privilégié mais pas intégrée".
Objectif de cette "nouvelle méthode" sarkoziste: attirer de nouveaux adhérents pour faire de l'UMP une organisation "puissante" et "populaire". Le parti va donc lancer en 2005 une campagne d'adhésion, avec pour objectif de doubler le nombre d'adhérents pour franchir la barre des 200.000.
Les différentes fédérations se verront fixer des contrats d'objectif dans ce domaine, et un numéro de téléphone (0825 UMP(867) UMP(867)) sera mis en place dès lundi pour faciliter les adhésions. Les 20 plus grandes villes de France devront aussi être dotées d'une "permanence spacieuse, conviviale et ouverte sept jours sur sept".
"J'ai bien l'intention qu'on fasse chauffer la plate-forme d'adhésion", a lancé Nicolas Sarkozy, qui ira lui-même chaque mois s'installer pendant trois jours dans une région.
Cette campagne de séduction devra s'adresser "à tous les Français sans exception", a-t-il prévenu. Outre un effort vis-à-vis de jeunes, il souhaite ainsi conquérir de nouveaux publics, notamment chez les salariés, dans la fonction publique, ou dans la culture.
Ainsi, l'UMP "va devenir puissante", veut croire M. Sarkozy. Ce "sera un atout pour le gouvernement, que nous soutenons" et ce sera "bien utile pour le président de la République", a-t-il avancé. Evidemment, cela risque aussi d'être 'bien utile' à Nicolas Sarkozy. AP