La libérté du capitalisme c'est celle qui consiste a pensser avec ses tripes et a se laisser aller a ses instincts les plus primaires.
La logique du capitalisme force celui qui veut survivre (= être compétitif, en termes économiques) à devoir se comporter comme un ennemi envers ses semblables.
C'est une logique de guerre ou il faut <tuer pour ne pas etre tuer>
Une logique de survie, pas de vie, de court terme de la concurrence de tous contre tous.
Si quelqu'un, trouvant cette logique absurde, tentait d'humaniser son comportement, autrement dit de transgresser la logique de la guerre, il perdrait ses chances de survie, puisqu'il serait isolé, les autres continuant à agir comme des bêtes écervelées.
la solidarité et l'honeteté et la franchise rendent vulnérable , pour reussir dans ce systeme il faut devenir froid et calculateur.
Comme dans les regimes totalitaires cette logique a une fonction de ciment basé sur la peur; elle paralyse, elle interdit tout écart à la règle, sous peine d'une sanction impitoyable de la part du marché.
le capitalisme est une merveilleuse machine qui permet aux bonnes gens dêtre cruelles sans le savoir
Lorsqu' un système, qu'il soit politique ou économique, arrive à soumettre chacun de ses membres à ses lois, quand il devient le seul horizon de pensée de tous les citoyens, il est, me semble-t-il, totalitaire. Dans le cas du néolibéralisme, il s'agit d'un totalitarisme bien plus subtil, et donc bien plus dangereux, que les totalitarismes politiques du XXème siècle, puisqu'il n'a nul besoin d'une police politique omniprésente et d'un État fort qui tienne la population dans une poigne de fer.
Paradoxalement, sous le régime actuel de libertés, c'est une police de l'opinion, une oppression intellectuelle, un véritable terrorisme spirituel - dénoncé par l'appellation « pensée unique » qui tient les « masses » en respect. Le principe de cette oppression est le décervelage, l'anesthésie intellectuelle. Comme y parvient-on? En invoquant la fatalité, celle des règles de l'économie néolibérale bien sûr! En occultant tout modèle alternatif et en assenant rituellement les seules « vérités correctes ».
Plus tôt on inculque le dogme capitaliste néolibéral, mieux il sera accepté et respecté. Selon ce principe, la formation scolaire est la première étape, et la plus importante, du processus de modelage. L'éducation a donc une nouvelle mission : « on donne pour objectif à l'éducation de former les ressources humaines dont l'économie du pays a besoin. »L'endoctrinement commence dans les écoles, privées et publiques, où l'on enseigne l'abécédaire du «parfait petit capitaliste ».
Premières notions élémentaires, la compétition (encouragée par les différents systèmes de notation et, à l'université, par l'existence de titres universitaires) et la « loi du plus fort ». Il se poursuit dans les universités, dont certaines sont de véritables
« boîtes-à-idées » néolibérales. Les centres de recherche, les médias , surtout quand ils sont en mains privées , et les politiciens jouent également un grand rôle, dans le perfectionnement et la diffusion de la doctrine.
Les médias sont des instruments de propagande particulièrement puissants, puisqu'ils touchent un maximum de gens d'une manière ou d'une autre, et répètent inlassablement la litanie néolibérale. Or, la répétition est le principe-clé de la (ré)éducation et un gage de vérité.
Le mépris du néolibéralisme pour l'être humain transforme l'individu en « ressource humaine », quand il est jugé utile, en « chômeur », quand il n'est pas ou plus bon à l'emploi. L'humain est réduit à une valeur comptable. « En faisant de l'homme une ressources humaine, la logique de la compétitivité qui légitime la mondialisation de l'économie de marché capitaliste, libéralisée, déréglementée, privatisée, a réduit l'homme à un système de production ou à un système de consommation. » Le citoyen disparaît également.
Ou plutôt, il se laisse envahir par l'indifférence à l'égard des affaires publiques, persuadé qu'il est de n'avoir plus aucune souveraineté, plus aucune influence sur la marche des choses. Dans une situation d'oppression, le replis sur soi, le désintéressement pour tout ce qui dépasse la survie personnelle, est une réaction classique et funeste. L'asphyxie de la démocratie ouvre la voie vers l'autoritarisme, et même vers un nouveau totalitarisme, comme la progression de l'extrême-droite dans les pays européens l'atteste, ce desarois des population s'exprime par des votes contestataires et profite aux mouvements fascistes.
Le totalitarisme néolibéral exige beaucoup de sacrifices de ses sujets. Comment les justifie-t-il? En réactualisant une vieille recette qui a fait ses preuves dans le cadre des totalitarismes politiques du XXème siècle: la promesse d'un avenir meilleur.
Si tout le monde fait un effort, surtout les membres des couches moyenne et inférieure de la société, alors les richesses augmenteront et seront, c'est promis , redistribuées. Vous (travailleurs, esclaves, exploités de toutes sortes), enrichissez-nous (riches, actionnaires, spéculateurs, chefs d'entreprises, et) si vous voulez mieux vivre à long - très long - terme. »
C'est l'utilitarisme à l'envers: on sacrifie le plus grand nombre pour le bien du plus petit nombre, tout en prétendant qu'un jour cela profitera aussi au plus grand nombre. Ce chantage est très efficace: tout le monde court à l'abattoir, les oreilles pleines de belles promesses. Naïveté et cupidité font de l'esclave un parfait bourreau de soi-même. « Le totalitarisme prend ainsi l'ensemble de la société dans ses rets, faisant de tous non seulement ses victimes mais encore ses réalisateurs ». Cette pensée illustre parfaitement le cercle vicieux que nous avons tous, activement ou passivement, contribué à créer. A nous de le détruire maintenant, avant qu'il soit trop tard.
Les hommes politiques sont toujours plus acculés dans le rôle de gestionnaires d'entreprise publique.
Plus précisément, ils deviennent des « managers », gérant l'Etat comme une entreprise privée.
Si un gouvernement refusait son statut de sous-fifre, « les marchés le sanctionneraient immédiatement, car les hommes politiques sont désormais sous le contrôle des marchés financier.
Lorsque les directeurs du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale s'inquiètent des inégalités et de la pauvreté croissantes, ce n'est pas par humanisme, mais parce que ces plaies mondiales constituent une « bombe à retardement » susceptible de contrarier leurs projets, sans compter qu'elles apportent un cinglant démenti aux prétendus bienfaits (« développement », accès aux biens de consommation) du capitalisme néolibéral.
Qui sont les puissants qui nous dirigent? Les deux mille global leaders qui se rassemblent chaque année à Davos? Les spéculateurs? Les actionnaires? Il n'y a pas de « Staline » visible, identifiable. On bute contre « un gouvernement de l'ombre », planétaire, mondialisé, une « cosmocratie ». Sans légitimité démocratique et sans contre-pouvoir à la même échelle. Face à ce pouvoir, on ne peut être un citoyen actif, mais seulement un consommateur résigné.
A croire que ce pouvoir totalitaire est « ... un pouvoir que plus personne ne détient à proprement parler, car au contraire c'est lui qui s'est emparé de tous. »
un tel pouvoir impersonnel ne saurait être responsable des désastres (inégalités croissantes, paupérisation, destruction des écosystèmes, etc) dont il est pourtant la cause. Pas de responsable, donc pas d'accusé, ni de coupable. L'impunité des criminels économiques est assurée.