LUT by Night - 26 KM / 850D+
Allez zou, il est 6h du mat, j'ai pas du tout sommeil, on va se charger du CR ! Ce "trail" s'inscrit dans ma prépa pour la Saintexpress après celui de La Nuit des Cabornes où j'avais déjà fait une perf honorable pour mon niveau et je m'étais éclaté. Là je cours "à la maison" car on fait une bonne partie dans Fourvière où je m'entraîne sous la houlette de Boucher même si la bonne moitié du parcours se passe dans des endroits que j'ai jamais vus sur l'autre partie du parcours. J'ai fait un passage sur route début octobre avec le Semi de Lyon où je fais un PR en 1h46 sans vraiment l'avoir préparé et en pêchant encore niveau mental mais bon, c'est un PR. La suite de la prépa se passe bien, la kiné magique de yipi me débloque le pied et les douleurs commencent à partir petit à petit, bref tout se passe bien.
La semaine d'avant course est comme d'habitude, merdique : le petit est méga chiant, madame puis le petit tombent malades, 2/3 emmerdes perso. La routine quoi.
Y a 6 mois ça m'aurait miné le moral, maintenant balek total, c'est qu'une course après tout
Les séances de la semaine passent à merveille également, cardio super bas du fait que le froid finit enfin par s'installer dans la ville. Tout est au vert. Enfin presque : j'ai une douleur au genou qui apparaît le vendredi sortie de nul part. Ca me gêne absolument pas durant le déblocage pré-course mais je me dis qu'une bonne séance de tens le soir même peut pas faire de mal. Le samedi matin je me réveille avec une douleur au niveau de l'insertion du quadri (donc pas du tout là où j'avais la douleur la veille)
Je me demande si c'est le tens qui a provoqué ça vu que j'ai tendance à y aller un peu fort parfois. Je passe la journée à mettre du chaud et masser mais rien n'y fait, çe ne part pas (j'aurais dû mettre du froid je pense). Fort heureusement ça n'a pas l'air de m'empêcher de marcher/courir normalement comme je peux le constater en allant chercher mon dossard le matin. Je tournerai pas mal en rond la journée, impossible de faire une sieste, du coup je me pose devant le tennis et je prépare mes affaires tranquillement. A midi risotto, au goûter une banane un café et 2 barres de chocolat, à 18h00 la crème magique de la poutance, à 18h25 je décolle de la maison bien en avance, fidèle à moi même, je préfère prendre mon temps. Dans le métro je cogite toujours un peu sur mon genou mais je verrai en montant Fourvière à pied qu'il réagit bien, ça me rassure. J'arrive à 18h45, soit une bonne heure en avance
Le 15km va partir, je cherche Chou aux avant postes, je ne le trouve pas, tant pis. Je regarde le départ puis je me prépare. Je pose mon sac à la consigne, j'équipe mon sac (1L de boisson iso, 1 flap jack, du gel d'effort). Je m'échauffe sommairement en faisant 2/3 pipis précourse, le genou m'emmerde pas trop. RAS. 19h30 je me cale dans le sas en pensant être dans la vague 1 mais non je serai dans la vague 2. Il fait plutôt frais (9°c au départ, 6°c à l'arrivée) mais j'ai absolument pas froid avec mon tshirt technik + tshirt. Dans la masse j'ai même chaud. J'ai bien un pull dans le sac "au cas où" mais je ne m'en servirai pas même si par endroits j'ai senti un petit coup de frais. 19h50, le départ est donné pour ma vague.
0-5km, mise en route pépère
On part directement dans une descente (la montée du chemin neuf pour ceux qui connaissent) sur 1 kilo. Je me laisse porter sans trop en faire, pas assez peut être, je tourne à 4'49/km. Autour de moi y a 2/3 guignols qui font les malins en papotant bien fort. On les entendra 3 km puis dès que ça commencera à monter un peu, extinction des feux. On enchaîne 2 kilomètres relativement plat sur les quais de Saône, j'adopte une foulée souple, je tourne à 5'10/km aisément et je remonte un paquet de gens. Je ralentis un peu au 3ème à cause d'escaliers et de mini embouteillages mais rien de bien grave. Au 4ème on entame enfin la montée vers Sainte-Foy-lès-Lyon. Ca bouchonne pas mal dans les escaliers et je perds un peu de temps mais rien de bien grave.
5-9km, on s'emmerde un peu quand même
On enchaîne ensuite 5km de montées et descentes gentillettes. Globalement, je m'emmerde pas mal quand même. Y a pas d'ambiance, les bénévoles ont l'air de se faire chier aussi et longer des routes sur un trottoir, j'ai vu plus excitant. Pas grand chose à raconter ici, je monte en courant tranquillement et en descente je suis encore un peu tendre, la faute à mon genou qui se rappelle à moi de temps à autre. Je sens qu'il se raidit parfois et je me demande si ça va tenir 26 bornes comme ça. Je continue tout de même à grignoter un paquet de monde sans forcer et ça, c'est cool
Au 9ème on arrive au ravito que j'ignore comme prévu. Je pointe à la 468ème place en 49'49 (d'ailleurs question, est-ce que le pointage est fait par ordre de passage où au temps ? Si c'est par ordre de passage, c'est un peu naze avec un départ par vagues). J'ai largement de quoi faire pour l'instant, avec le froid j'ai pas très soif, je me force même à prendre des petites gorgées de temps à autre histoire de rester hydraté. Un comble pour moi 
9-15km, un peu de verdure quand même !
On enchaîne sur un petit passage en "forêt" et terre meuble que j’accueille avec grand plaisir. Mes kinvara galèrent un peu vu que c'est humide mais ça passe. On enchaînera entre passages bétonnées mornes et petits coins de verdures caillouteux plutôt sympas. Par endroits on descend des escaliers bien humides, je suis prudent et mon genou tire toujours un peu plus mais sans que ce soit insurmontable. J'essaye d'utiliser plutôt ma jambe droite pour éviter de le surcharger. Sur certains passages je suis obligé de marcher car ça bouchonne un peu et ça commence à me saouler. Au 12ème j'ai un petit coup de mou et le bide qui râle un peu, je grignote un peu mon flapjack sur une montée embouteillée et me prend un peu de gel d'effort. Ca aura sûrement son petit effet car arrivé au 15ème tout est rentré dans l'ordre. Je reste sur des allures similaires à ce que j'ai envoyé depuis le début mais je commence à envoyer un petit plus en descente, je reste dynamique en montée et à ma grande surprise, les petits coups de cul à mettre passent tout seul. L'entraînement du boucher porte ses fruits, les cuisses réagissent parfaitement
On fait le yoyo avec tshirt blanc (John) et tshirt gris (Bob) mais globalement on court aux mêmes allures. J'entends régulièrement des gens à l'agonie, je me dis que la route va être longue pour eux 
15-20km, retour vers Fourvière
Au 15ème j'ai un gros regain de motivation car on commence à retourner vers Fourvière et mine de rien on a déjà fait plus de la moitié. J'ai l'impression d'aller vers la maison et j'ai hâte de courir sur un terrain que je connais bien. J'augmente de ce fait un peu le rythme, notamment en descente où j'appuie un peu plus et mon genou semble tenir. John et Bob finiront par me regarder partir au loin, incapable de suivre la cadence infernale que je leur impose à 5'/km de moyenne
Je me sens vraiment bien à ce moment là et même si je sais que le pire arrive, j'hésite pas à y aller un peu plus fort sur les 5 kilomètres suivants. Je continue inlassablement de grignoter des coureurs et je ne marcherai qu'au 18ème kilo dans la montée du télégraphe qui est un peu raide quand même
Ensuite on commence à redescendre vers les quais via Saint Just et l'Observance, je me fais plaisir. Au 20ème kilo, j'ai à peine fini de boire ma première gourde quand on arrive au 2nd ravito et du coup je l'ignore également (dans mes plans, je remplissais ma gourde de rab avec de la poudre iso ici et je faisais le plein de flotte dans une autre). Je pointe 387ème en 1h54m06s soit 81 places de gagnées. Not bad!
20-26km, le final des enfers
En sortant du ravito, je manque de m'étouffer en finissant mon gel d'effort. Je marche 2s pour faire passer le truc puis je m'attaque au bout de l'Observance qu'on remonte. Ca passe comme à l'entraînement et ensuite grosse descente jusqu'aux quais, je me fais plaisir car je sais que c'est maintenant que le pire commence : on va se taper les 518 marches de la Sarra pour ensuite redescendre la piste, remonter un bon coup pour encore redescendre tout en bas de Fourvière avant d'attaquer la montée finale jusqu'en haut. Sacré programme. Yipi m'avait prévenu et j'ai beau connaître le coin, ces 6 derniers kilomètres, c'est l'enfer des cuisseaux. Je me fade les marches tranquillement sans faire le fou et je me fais reprendre par 2 gars mais sinon je tiens ma place. Arrivé en haut, j'arrive, là encore à mon grand étonnement, à mettre le petit coup de cul pour repartir sans trop de problème. Je pointe 376ème au 3ème checkpoint en 2h09m52s. L'allure a fortement chuté, évidemment.
On descend ensuite la Sarra et là je me demande comment Chou peut descendre ça à pleine balle en kinvara, c'est quand même super casse gueule
La montée qui s'en suit est rude, y a pas mal de marches sur le parcours. A la fin du 24ème, on suit un petit chemin de terre qui arrive à une nouvelle volée d'escaliers fait de rondins de bois et de terre. Et là c'est le drame, à chaque pas, mes quadris sont au bord de la crampe. Je suis à la limite et je fais tout pour pas que ça pète. J'arrive enfin en haut et... le petit coup de cul pour repartir passe tout seul
On redescend tout ce qu'on vient de monter via des escaliers, là encore, du coup l'allure se casse la gueule. Je préfère rester prudent que me bouffer si proche du but. Et toujours ce foutu genou qui manifeste sa présence
La dernière montée jusqu'à l'arrivée est rude, tout le monde marche, j'essaye de mettre des petits coups de cul par ci par là mais je suis cuit. Je monte le plus vite possible, dans les petits moments de plat j'arrive à courir cependant. On arrive enfin en haut, on finit en descente les 200m qui nous séparent de l'arche. Je pars pleine balle à 4aukil, prend les 2 virages avant la fin puis je finis dans un sprint magistral à 4'20/km, très content d'en finir. Livetrail se paye même le luxe de garder le crop de notre arrivée du coup j'ai immortalisé ce moment 

Temps final : 2h35m21s, 371ème/1245 au scratch, 67ème/182 M0
Le strava : https://www.strava.com/activities/8074108812/overview
Les nerfs lâchent et j'ai quelques sanglots de joie
Je m'assois 30s le temps de profiter de tout ça, d'envoyer quelques messages puis je descends bouffer un truc car j'ai la dalle et ça caille. Je m'empiffre de bananes et de tartelettes à la fraise et je dégomme du coca + saint yorre. Je traîne pas trop car j'ai trop froid et y a personne que je connais de toute façon.
Je suis très très content du résultat, j'ai absolument pas souffert de toute la course (hormis le genou), c'est plaisant de récolter les fruits de l'entraîneemnt. Globalement la course est quand même chiante mais j'ai réussi à pas me démobiliser. J'ai largement préféré la Nuit des Cabornes que ce soit en terme de parcours mais aussi d'ambiance. J'avais fait 2h35 également (21k/1050D+) du coup j'arrive pas à comparer sur laquelle des 2 courses j'ai fait le "meilleur temps". En tout cas j'ai pu constater que tout le D+ bouffé ces derniers temps, même si il reste ridicule par rapport à ce que s'envoient certains ici, a bien payé car tous les petits coups de cul que j'avais eu du mal à faire avant sont passés tout seul.
Maintenant j'espère que je vais pouvoir régler ce petit souci au genou qui me lance pas mal ce matin. J'ai le semi de Vénissieux dans 15 jours puis la Saintexpress dans un mois. Un calendrier très mal branlé je sais 