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En décembre 1962, lorsqu’il se rend en Nouvelle-Zélande à l’invitation d’un entraîneur ami, Bill Bowerman, coach star de l’université de l’Oregon, n’en croit pas ses yeux. A Auckland, des gens de tous les âges gambadent dans les parcs, à petites foulées. Courir en ville, personne ne fait ça aux Etats-Unis ! C’est ringard, totalement inadapté dans un univers urbain où l’automobile occupe déjà tout l’espace. Son hôte insiste : « Tu devrais essayer, c’est excellent pour le cœur. » Quand le quinquagénaire se laisse convaincre, il est gagné par un sentiment désagréable : après quelques centaines de mètres, lui, l’ancien soldat, l’entraîneur de champions, est déjà à la peine. Tout le monde le dépasse, à l’exception d’un sympathique septuagénaire qui l’attend. Un mois plus tard, le voilà converti. Courir, c’est l’avenir. Et qui sait, les sneakers pourraient sortir des stades, toucher un large public.
De retour chez lui, Bowerman prend la plume. « Le jogging, c’est un peu plus que de la marche, explique-t-il dans un texte publié par l’Oregon Heart Foundation et par l’US National Bank of Portland. Commencez à courir sur une courte distance, puis augmentez-la peu à peu. Courez jusqu’à ce vous soyez à bout de souffle, puis marchez pour retrouver une respiration normale. Répétez l’effort jusqu’à ce que vous ayez parcouru deux ou trois kilomètres. » Il lance une invitation dans le journal local : « Dimanche, venez courir. » Près de 200 personnes se présentent, puis 300, puis 1 500. Il est débordé par ce succès, mais pas découragé.
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