CR Marathon de valence 2018
5e marathon et 2e de 2018. En constante progression :
2015 : 3h00 - Paris
2016 : 2h47 - Paris + 2h45 - Lyon
2018 : 2h42 - Paris
Objectif : sub2h40
Préparation :
Préparation commence début septembre avec l'objectif de la faire au mieux, les dernières étaient semées de petits soucis physiques notamment au tibia. ça comme déjà mal avec un décalage de 2 semaines et un beau traumatisme au genou suite à un chute dans les cailloux. Elle se déroule ensuite progressivement avec 6 séances hebdo et des semaines pas dingue mais entre 85 et 100km. J'ai du dépasser une fois 100km. Petite contracture 2 semaines avant le marathon qui sera bien récupérée par le kiné
Pré-course
conditions sont top :
- sortie club à 30 donc très bonne ambiance
- test du malto pendant 3 jours précourse, vraiment bien
- le coach nous fait la surprise de venir la veille du marathon, avec briefing solennel où il nous conseil encore et encore de partir lentement, de faire un négative split car c'est la meilleur manière de faire une très belle cours et un record. On l'écoute tous sérieusement et dans ma tête je me dis que je vais tenter ... même si ça me parait toujours difficile à concevoir.
La ville est super sympa, grosse ambiance running à valence. On profite pour visiter un peu le samedi tout en se préservant. Gavage de pâte, photo devant la finish line qui est magique.
Après mûres réflexions je décide de partir léger et sans contention mollet. J'ai testé rapidement la contention cuisse pour éviter le retour de la contracture mais c'est trop désagréable à porter.
10 jours avant j'avais commencé un hydratation forcée, moi qui boit très peu. Je passe 10 jours à aller aux chiottes entre 15 et 20 fois, c'est l'enfer. Mon deuxième objectif majeur est aussi de ne pas m'arrêter pisser pendant la course ! Chose que j'ai fait sur mes 4 derniers marathons, grand défi !
Reveil à 5h45 le dimanche, top ambiance à 20 dans les appartements, on se prépare, on se motive. J'ai pas faim et après la charge en malto que je test cette année, je partage un gatosport avec un pote. Vraiment bonne surprise, ça se mange relativement bien et ça gave plutôt pas mal. Moi qui n'a pas super faim à 6h00 du mat' avant un marathon c'est vraiment une super solution. Au final, entre le malto et le gatosport la course s'est déroulée super bien, pas de fringale, pas de coup de mou, j'ai pas mangé de solide de la course et juste alterné eau/power rade en bouteille et pris 2 gels aptonia (pas mal aussi et vraiment pas cher) après 1h00 et 2h00 de course.
Le temps est magnifique : grand soleil, 10°C, pas de vent. C'est parfait.
Passage par la consigne, petit échauffement, petit passage aux chiottes public ... tout roule. On galère pour rejoindre le sas, on est tout devant et on arrive par l'arrière. On doit remonter 200m de trottoir remplis de coureurs qui vont à l'arrière, ça pousse pas mal, d'autant plus qu'on est à 15' du départ.
Je garde ma bouteille de flotte, pour tenter de pisser dedans au dernier moment, ça sera mon seul sauveur pour ne pas m'arrêter en course ... au final je passe le cap et j'arrive à le faire
et ça me sauvera bien !
Course :
1er semi :
Le départ est lancé, très grosse densité de coureur ... je suis dans le sas 2h38 - 2h50 et c'est blindé, je met facilement 2km à trouver ma place, les avenues super larges sont remplies et comme toujours ça part très très vite, même pour des coureurs ayant sub2h50 ... ou sub1h20 au semi apparemment.
Je garde en tête de faire un premier semi "cool" et je trouve très facilement et automatiquement mon allure cible : autour de 3'47"/km. Il y a beaucoup de monde, je reste dans le flot de coureurs et j’enchaîne très régulièrement mes km et passe au 10e en 38'00" à la montre pour une cible en 37'54" je crois. Tout se passe bien, j'ai légèrement les cuisses qui tirent mais rien de grave, je suis pas ultra frais mais plutôt pas mal : je me pose pas de question, on verra bien. Vers le 10e ou 15e je sais plus trop j'ai en ligne de mire un groupe, devant moi à une 30aine de mètres composé d'une quinzaine de coureur avec une sorte de meneur d'allure qui passe son temps à demander au public de faire du bruit... Je suis entre deux groupes et je décide de faire l'effort pour me caler avec eux ... ils sont un peu trop rapide entre 3'44 et 3'45 et je navigue entre l'arrière du groupe et 3 ou 4m encore derrière. Il n'y a pas de vent donc pas de nécessité de me protéger mais je profite de la dynamique pour ne pas me poser de questions sur l'allure.
Je continue toujours pour passer au 20e en 1h16'01"
puis le semi en 1h20'10" ...
Citation :
1 3:47/km 2 3:45/km 3 3:45/km 4 3:47/km 5 3:46/km 6 3:47/km 7 3:48/km
8 3:46/km 9 3:44/km 10 3:44/km 11 3:46/km 13 3:48/km 14 3:48/km 15 3:49/km 16 3:45/km 17 3:43/km 18 3:47/km
19 3:40/km 20 3:48/km
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2e semi :
là je me dit que j'ai du retard, petit moment de doute en me disant que ça va être compliqué de gratter 15 secondes, ne pas ralentir et m'assurer une petite marge. Dans la précipitation je remonte au milieu du groupe dès le 23e et me cale en 3'44" ... ça passe ou ça casse. Certains sont pas super bien, ça souffle fort. Le "leader" continue à motiver tous les spectateurs et c'est plutôt agréable. Tel un kenyan je me cale en plein milieu, à 5cm des mecs devant moi et je me laisse rouler.
Vers le 25/26e après un ravito et un peu de mélange du groupe le "leader" disparaît. Je me retrouve en tête du groupe avec 2 mecs, un allemand et un espagnol qui semblent pas trop mal. On tire le groupe d'une dizaine de coureur et là je me sens vraiment bien. Je suis plutôt entre 3'42" et 3'44" et on approche du 30e. J'ai une patate de dingue, pas de coup de mou, le public est en masse, je vois du monde du club. C'est kiffant. On improvise une sorte de relais avec les 2 autres coureurs, sur 200/300m chacun passe devant. Ça dure 2 ou 3km puis ils ne prennent plus de relais. Je me retourne souvent pour voir si les mecs sont prêt à reprendre, parfois j’accélère tout seul, je me retourne ils sont 10m derrière. Je ralentis volontairement en me décalant pour perdre 10m et me remettre devant eux, mais ça ne prend pas. et ils ne repasse pas devant. On se retrouve en plein centre de valence, c'est super beau, les rues sont plus petites et il y a quelques petits virage, un mix entre un grand prix de formule 1 en ville et le tour de france, je m'éclate réellement.
Je suis devant au passage du mur du 30e je lurk un écran géant et je vois que je suis le premier d'un groupe de 15 coureurs et là j'ai une patate de dingue. Je me sens comme Mario en mode super étoile. J’accélère, j'ai aucunes sensations de fatigue, je passe au 31 en 3'42"/km puis 3'41"/km puis 3'40"/km au 33e. Je retrouve la sensation des SL en mode progressif. Je souris, tellement je suis bien, je commence à bouffer des coureurs et je vais remonter un nombre incalculable de gens jusqu'à la fin. Les spectateurs doivent flipper car je mix grand smile et tête de warrior en serrant les dents, je me parle en me disant "je vais tous vous bouffer, barrez vous". Dans ma tête c'est Bagdad, ça explose de partout, je ressent plus rien et je déroule, c'est un putain de kiff. Le groupe de 15 est maintenant loin derrière, après le 30e ils ont pas du comprendre mon accélération. J'arrive au 35e, le moment où le marathon commence à devenir de plus en plus complexe. Je souffle les coureurs les uns après les autres, je continue à accélérer. Je suis entre 10 et 8 secondes plus rapide que mon allure et la partie est en légère descente :
Citation :
35 3:38/km 36 3:40/km 37 3:40/km 38 3:34/km 39 3:35/km 40 3:37/km
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Arrivé au 40e je sais que c'est la fin, je suis bien bien bien, c'est ultra kiffant. Mais j'ai un petit coup de mou, 2km c'est long, la foulée commence à s'écraser un poil. On se retrouve à nouveau en ville et c'est blindé de supporter et de coureurs du 10. Mes sens saturent, ça bourdonne dans les oreilles, trop de monde, trop de bruit, il y a juste un petit passage de 3m au milieu des gens c'est fou. Petit joke, je double un fille qui s'était totalement chié dessus, c'est dégueulasse. Comme tous les autres avant je la double à une allure de dingue, en voulant m’éloigner un max du carnage.
Les deux derniers km se font un poil plus lentement, mais toujours plus rapide que les 3'47" ...
Citation :
41 3:42/km 42 3:40/km F 3:34/km
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j'ai du mal à compter, je viens de passer les 2h30 et je me trompe dans mes calculs et me dis que ça passe pas, mais qu'en même temps c'est pas possible vu ce que j'ai envoyé avant. Pendant que je réfléchi je vois pas passer le panneau 41 et je me rend compte qu'il reste plus que 800m quand je vois un grand panneau ! Délivrance et surtout belle descente. Je remet un petit coup, petite chicane et j'arrive sur les 100m de piste bleu en plein milieu de l'eau avec masse de public.
Je lurk le chrono je suis en 2h38'25" et je me dis que je suis large dans l'objectif, ce kiff. J'ai encore du jus pour profiter de la dernière ligne droite, petite célébration, je stop le chrono :
2h39'12"
https://www.strava.com/activities/1995963322
Objectif done, avec une belle marge, négative split 1h20'10" - 1h19'02" et des sensations incroyables. La force du mental est impressionnantes, cette sensation d'être inarrêtable de remonter tous les coureurs, de voir qu'on peut continuer à accélérer, que ça suit. Tout ça s'auto entretient et donne de plus en plus de force, inhibe la douleur et permet d'aller encore plus loin. Totalement fou.
Toutes les conditions étaient réunies :
- parcours magnifique, super plat, aucunes difficultées et très agréable
- du monde partout, bonne ambiance
- un temps idéal : entre 10 et 15°C, grand soleil, pas de vent
- belle densité de coureurs qui permet de ne pas être seul. Le groupe m'a beaucoup aidé et l'allure était idéal pour me lancer sur les 10 derniers km. Je termine 263e en 2h39' et il y a plus de 100 coureurs en moins de 2h30.
Inscrivez vous pour 2019 ... ce marathon va devenir une référence dans quelques années, peut-être un major ? peut-être détrôné Berlin ? Record du monde du semi battu cette année sur ce parcours.