Examen N4, vendredi 17 juin
Enfin une bonne nuit, courte mais d'une traite.
L'ambiance au petit déjeuner est assez décontractée.
On essaie de manger léger pour attaquer la matinée.
Au menu : capelé 500m.
Cela consiste à nager avec tout le matériel sur le dos, avec les palmes et en respirant à l'aide du tuba pendant ... 500m. Bravo, vous avez compris.
Il faut gérer 'l'effort et l'essoufflement, car respirer la dedans demande un effort respiratoire auquel on n'est pas habitué, avec du matériel qui offre une résistance au déplacement et qui nous freine dans la progression.
Cette épreuve fait peur à beaucoup de plongeurs, mais comme nous l'avons réussi brillament la première fois (10mn au lieu des 13 maxi accordé), il n'y a aucune raison pour que nous la rations. C'est une épreuve de groupe, on doit être solidaire, tout le monde doit arriver avant le délai maxi, peu importe la position. 30% de marge devrait être suffisant.
8h15, tout le monde est sur le quai, équipement prêt. Lionel réunit tout le monde pour le briefing et nous rappelle les conditions de réalisation de l'épreuve. Une fois qu'il est parti, nous virons les moniteurs de l'assemblée et je rappelle à tous de retirer le matériel non indispensable. Hier, un moniteur nous avait conseillé de supprimer le lestage. Pour des plongeurs en difficulté, retirer entre 3 et 5 kg de lestage représente un confort certain, surtout au vu des épreuves qui arrivent dans la journée. Pour en avoir discuté la veille avec quelques uns de mes camarades, nous ne le ferons pas.
J'ai beaucoup aimé la réponse de Caroline quand je lui en ai parlé : "pas question pour moi. Si on est pas capble de faire ce capelé en condition réelle, c'est qu'on ne mérite pas ce niveau 4. Ok pour virer le petit matériel, mais rien d'autres." Bravo Miss.
Sacré caractère, on s'en était déjà aperçu lors du choix du logo apposé sur le tee-shift de la promotion : à elle seule, elle avait retourné le choix de 20 personnes. Caroline, elle vaut 20 mecs côté caractère. Son chéri va s'amuser
Je continue mon topo sur l'importance des deux ouvreurs et le fait de toujours avoir un ou plusieurs plongeurs en visibilité pour ne pas disloquer le groupe. Et je finis sur l'importance que chacun soit fier de sa performance. Le dernier capelé chronométré de notre vie. Enfin, j'espère.
Échauffement toujours aussi léger, le départ est donné rapidement, Marc et Patrick donnent le rythme et la direction, les bons nageurs sont au fond pour pousser.
Très rapidement, Fabrice s'égare sur la gauche, je ne comprends pas ce qu'il fait, il lève la tête, revient vers nous et repart à gauche. Il s'écarte de plus en plus, j'accélère pour le rattraper mais Maurice, le gros nounours, me repousse vers le groupe. Je lui montre Fabrice qu'il n'avait pas vu et me fait signe qu'il s'en occupe. Je reviens à ma place au bout à gauche. Fabrice revient dans le groupe progressivement.
4mn de passé, je prends mon repère de la dernière fois, on est en retard. La charge de la travail durant la semaine commence à faire son oeuvre.
A gauche, je suis le dernier, devant moi des plongeurs souffrent, ils envoient des mouvements de brasse avec les bras. Je pousse derrière la bouteille de celui qui me précède, il en bave. Comme nous tous, on est pas au mieux de notre forme. J'apprendrai plus tard que Philippe, mon voisin de lit a vomi dans son détendeur. Même en poussant, le plongeur commence à se faire décrocher. Je passe devant et lui montre ma main pour qu'il la prenne. C'est Renaud, le même plongeur que l'on avait oublié la première fois. Il est avec son pote, Didier, qui lui sert de lièvre, 3m devant. Mais il n'arrive pas à tenir la cadence. Je le tracte, il relance son palmage.
8mn, on est à 50m de la pointe, à 150m de l'arrivée.
Renaud est revenu au niveau de Didier, je lui montre le fond de la mer que l'on commence à deviner. La fin est proche. Je repasse derrière et pousse au cul du bloc. Le rythme accélère, j'en chie, on est au bout. Je pousse Renaud pour qu'il finisse tout seul, il reste 30m, je regarde le chrono, c'est tout bon. Je touche en 12mn30, on a respecté le délai.
Je suis cuit mais content, petit signe à Benji qui a oeuvré lui aussi de son coté en poussant tout ce qu'il avait devant lui, grand sourire à Renaud qui ventile comme il peut.
Le contrat est rempli, les instructeurs nous félicitent.
Je pars me reposer sur mon promontoire au soleil, Toto vient discuter, on parle de Bob, notre connaissance plongeur commune, de la famille, de la suite du cursus de formation en plongée : Toto souhaite enchainer sur le MF1 pour le passer en deux ou trois ans. Pour moi, ce sera à la retraite dans 25 ans si j'en ai encore l'envie. L'investissement personnel est encore plus important que pour le N4, il n'y a rien au niveau technique ou physique, mais la quantité de travail en théorie, organisation et pédagogie est impressionnante.
10h : c'est le grand moment, l'épreuve à 40m, plus gros coefficient de toutes les épreuves. Si on la rate, il faudra ramer pour récupérer des points. Je plonge avec Toto, heureux hasard du tirage au sort. Les moniteurs sont Richard, MF2 et Dédé, Mf1. Dédé, je le connais, c'est un vrai gentil. Richard a très bonne réputation, il est réglo, pas de crasse sous l'eau.
Dans son briefing, Lionel nous rappelle les critères de réalisation. Richard insiste avec nous : descente bien verticale, sans vriller autour des 20m/mn (merde, il va falloir que je palme dans la zone des 10m, j'espère que les oreilles vont passer), stabilisation à 38m avec +- 1m de tolérance, lâcher reprise d'embout et vidage de masque en donnant le masque à Dédé sans dépasser la zone de tolérance, l'exploration démarre alors, il faudra interpréter le comportement de Richard et intervenir à bon escient. Richard insiste sur le fait que nous sommes trois dans la palanquée (Richard, Dédé et le stagiaire) et qu'il faudra en tenir compte. Message reçu, Richard.
Je passe en premier, Toto sera en surface avec Nicolas, un plongeur de la sécurité civile qui passe son équivalence de monitorat.
Descente à 5m, stabilisation, les oreilles passent, j'attends l'ordre de Richard 10m plus bas pour lancer ma descente. Dédé me suivra tout le long.
Ordre reçu, c'est parti, fais ce que tu sais faire.
La descente me parait pas mal, aucun repère visuel, mais je sens bien les bulles le long des jambes. J'ai palmé au démarrage pour lancer la descente, maintenant je ne bouge plus, je compense les oreilles avec les deux mains pour éviter toute trainée non symétrique qui me ferait vriller. Je freine la descente en gonflant la stab, je ne veux pas arriver shooté en bas. Je vois le sol, j'arrive dans la zone des 32-35m, il est temps de se stabiliser, je me retourne, je suis à 37m, je me laisse descendre un peu en cherchant Dédé. Il est là, signe ok, je suis prêt pour la suite. Pas de souci pour le lâcher reprise d'embout, je lui donne ensuite mon masque, il met plus de 10s à me le rendre dans la main. Vidage de masque, je suis remonté d'un mètre, je suis dans les tolérances. J'ai encore voulu aller trop vite, j'aurai dû prendre mon temps pour la stabilisation.
Richard prend la main et me désigne chef de palanquée. Les choses sérieuses commencent. J'ai retenu depuis le mois de mars la leçon de Guillaume, moniteur du club : quand on te désigne, soit sur que le problème arrive dans les secondes qui suivent. J'avais bien merdé avec lui sur les épaves pilotines à 40m face à La Ciotat. Merci Guillaume.
Je demande à Dédé de se rapprocher de Richard.
Je donne la direction à suivre, ok ? ok répondu par les deux.
on avance, je regarde Richard, pas de flots de bulles, je lui demande si ça va, pas de réponse. 2e ok en avançant vers lui, pas de réponse : narcose. Je prends la bretelle de la stab et je gonfle son gilet pour le sortir de la zone des 40. Ensuite, je nous fais tourner pour que Dédé entre dans mon champ de vision et je lui fais signe de remonter avec nous. Ok de son côté. Ça c'est fait, la consigne de Richard est respectée.
Je gère la remontée tout au gilet, sans palmer, vitesse contrôlée autour de 15m/mn. Dédé que je vois derrière me fait un petit signe pour que j'accélère, on a le droit jusqu'à 20m. Je n'en tiens pas compte, je préfère travailler sur la régularité, en toute sérénité. Je pourrai utiliser les palmes, mon gilet ou tout ce que je veux, je préfère faire simple et calme, méthode Denis Martin. A 25m, Richard est en panne d'air. Ah ces Mf2 qui vide leur bloc après 4mn de plongée !
je lui donne mon secours et positionne ma main gauche juste devant au cas où il voudrait le recracher. Tout se passe bien ...
Jusqu'à 8m. Richard a un inflateur R2 sur son gilet. Il nous avait prévenu avant de partir : attention, ça gonfle fort, ça purge fort.
Jusqu'à 8m, cela allait bien. Je souhaite purger doucement pour finir à 6m et finir avec l'inertie à m5. Sauf que rien ne sort de l'inflateur, il n'y a plus d'air dans le gilet et je me suis purgé moi aussi. Nos deux stab sont vides, je ne dois absolument pas redescendre, c'est éliminatoire. Ma main gauche est occupée à maintenir le détendeur dans la bouche de Richard, ma main droite sur l'inflateur ne sert à rien, je n'ai aucun appui, je fous un genou entre les jambes de Richard et je palme de l'autre pour remonter. Avec l'inertie, nous sommes remontés jusqu'à 6m, il faut que je gagne 1m pour entrer dans la zone des 5 et faire mon 360°. J'y arrive après qlq secondes de palmage. Main de Richard sur mon masque, fin d'exercice. C'est pas la plus belle prestation que j'ai délivré cette semaine, mais je n'ai rien fait d'éliminatoire. En tapant le texte, je râle : à quoi elle te sert la main droite sur l'inflateur, attrape la sangle du gilet, t'aura un appui et tu pourras pousser avec tes deux palmes. Bourricot, tu as encore du boulot pour être nickel !
C'est à Toto de passer, Nicolas le moniteur de la sécurité civile, me rejoint pour faire mon palier mi-profondeur à 20m. Il me reste 100bars après avoir pompé à deux sur mon bloc. Je mets le chrono de l'OSTC pour caler les 5 minutes minimum. On en fait 15 jusqu'à arriver sur ma réserve. Petite explo sympa, la première de la semaine.
Retour au bateau, j'attends Toto, j'en profite pour expliquer à Nicolas qu'un ordinateur ne donne pas les paliers mais la durée totale de remontée et les profondeurs plafond à ne pas dépasser. Il ne savait pas ! Il a une excuse : les plongeurs de la sécurité civile plonge uniquement aux tables (MT92), profondimètre et montre. J'ai pas pu m'en empêcher, faut toujours que j'explique comment fonctionne un ordinateur ...
Toto remonte, ça à l'air d'aller, le sourire de Dédé veut tout dire. Pendant que les instructeurs et Nicolas debriefent, Toto et moi regardons la courbe de notre plongée sur nos ordinateurs : c'est bon, c'est régulier, pas de descente, on ne voit même pas que j'ai ralenti entre 8 et 6m. A voir plus précisemment après. Ok pour Toto aussi.
Les instructeurs ont fini, Dédé ne dit rien mais sourit, Nicolas me fait le signe oui de la tête, je lui demande pour tous les deux, Toto et moi, il valide. C'est tout bon, Toto, l'épreuve est réussie, peu importe la note, on passe à la suivante.
A table, nous célébrons mon mariage avec Renaud : après lui avoir mis la main aux fesses, je lui ai pris sa main. Joli couple.
Repos jusqu'à 15h30, j'en profite pour potasser l'examen de matériel qui aura lieu à 20h30, je tape la première partie du compte rendu du jour et je papote avec Toto.
15h45, nous sommes sur le quai autour de Lionel pour le briefing concernant la RSE et la DTH.
Tous le monde est là sauf le MF1 de mon jury, Rachid, qui équipe son bloc. Il a déjà raté le brief des moniteurs ...
Il arrive à la bourre, Cédric le MF2 du jury, le briefe mais il ne comprend rien, cela se voit à son regard. Sur le bateau, il vient me voir en douce pour que je lui explique le déroulement. Il est sympa, Rachid, mais quand même ...
Cédric nous informe qu'il est très léger dans l'eau, c'est un gros gabarit avec un gros volume, il avait prévenu les autres stagiaires avant nous mais certains ont percé la surface, ils se sont fait surprendre. Il nous informe que la DTH ne sera pas l'épreuve physique attendue, mais une épreuve technique, il va falloir être fin sur la vitesse de remontée et la stabilisation à 3m.
Thierry, mon partenaire de galère, et moi récupérons un 1kg de plomb que l'on ajoute à notre lestage. Si Cédric est léger, nous serons lourds.
Je pars en premier sur la RSE. L'objectif est de remonter de 20m à 3m, en retirant le détendeur de la bouche sur ordre du moniteur, et en expirant régulièrement. La remontée, en apnée et en expiration, doit durer au moins 45s, éliminatoire sinon, être régulière sans accélération en fin de parcours, se finir avec un arrêt franc à 3m, un tour complet et remise en bouche du détendeur sur ordre du moniteur.
Je me pose sur le fond de 20m et me concentre, cette épreuve est plus psychologique que physique, l'apnée expiratoire de 45s est assez facile à tenir une fois l'exercice compris. Rachid m'accompagne, il récupère une holothurie, un animal qui ressemble à un étron, me la met devant le masque, ouvre la bouche et fait semblant de la manger. Mais casse-toi, putain, laisse moi me concentrer, bordel. Il se marre comme un bossu, moi moins.
Je suis prêt à partir, un coup d'oeil sur l'ordinateur pour voir le temps et je pars pour 45s mini. Cedric est à 10m, il se sert du chrono, de son ordinateur OSTC pour chronométrer la remontée.
Belle impulsion, belle merde au final : je remonte tranquillement, tête en l'air, le rot des 10m arrive, tout va bien, j'arrive au palier de 3m, un tour complet, je regarde l'ordinateur, putain, mais je suis arrivé en 40s, abruti ! Rachid me demande de remettre mon embout en bouche, je refuse, j'attends au moins les 45s, je ne sais pas si ça sert, je m'en fous, je veux montrer que je suis capable de tenir, il insiste, j'attends les 50s. Je le remets et redescends au palier de 10m, pour voir la prestation de Thierry. Je me traite de tous les noms, 9 mois de boulot pour montrer cette merde le jour de l'examen, bravo, très fort mon grand.
Thierry part à son tour, il fait une prestation fantastique, je suis vraiment sur le cul, il remonte en 1mn15 le sourire aux lèvres, il est facile, le salaud, que c'est beau à voir. Chapeau mon grand.
Cédric m'attend pour la DTH sur le fond à 20m. L'objectif de cette épreuve (Démonstration Technique avec Handicap) est de ramener en surface une personne syncopée uniquement à l'aide des palmes, vitesse de remontée régulière sous les 15m/mn, arrêt franc à 3m, tour d'horizon, retour en surface, signal de détresse au bateau et tractage du syncopé pendant 15s. Il ne faut absolument pas redescendre durant la remontée et éviter de tracter à l'opposé du bateau, comme cela m'est déjà arrivé par perte de lucidité car l'effort est important.
Cédric me désigne chef de palanquée, je me déplace le plus vite possible pour me positionner sur sa droite, petite,astuce donnée parje ne sais plus qui, la prise est plus facile ainsi. Il syncope, lâche son embout, je suis bien placé, lui remet en bouche, fait fuser et le maintiens. Je le positionne sur mon genou, c'est vrai qu'il est léger, pas question de faire la fusée comme tout à l'heure. Je donne une petite impulsion au départ, au lieu de l'impulsion explosive habituelle. Je gère la remontée, l'ordinateur OSTC m'annonce 10 à 12m/mn, jamais il n'est en rouge au delà de 15. Je gère la remontée exactement comme je le souhaite, quel pied ! La sensation de maitriser le sujet. A 6m, j'arrête tout palmage pour l'arrêt à 3m, on se pose comme une fleur à 3m, tour d'horizon, je me cale sur le soleil pour définir la direction du bateau, je sors, le bateau est bien en face de moi et c'est parti pour le traçage en surface. Je n'aime pas cela car je ne l'ai fait qu'une seule fois il y a deux jours, jamais,en entrainement depuis 9 mois, mais c'est pas mal. Cédric signale la fin de l'épreuve, il me sourit, je suis content de moi.
Une de mes plus belles DTH. Le top après le flop de tout à l'heure. Pourquoi je fais jamais simple ?
Thierry fait une bonne DTH, il semble stagner dans la zone des 10 mais ne redescend pas. C'est bon pour lui.
Au palier, je profite de prendre Rachid par derrière vu qu'il a les jambes écartées, le truc qu'il adore faire aux autres mais qu'il déteste subir. Il gigote comme un ver de terre dans un flot de bulles. Ça, c'est pour ton holothurie de tout à l'heure. Tu n'est absolument pour rien dans la bouse que j'ai produit, mais bon dieu, reste sérieux durant l'examen par respect pour nous, tu déconneras ensuite.
Je profite de ce dernier palier pour fermer les yeux, je suis vraiment bien l'eau, je veux garder cette sensation.
Je ne replongerai certainement pas avant septembre. J'ai pas mal de choses en retard côté personnel et professionnel.
Retour sur le bateau, je félicite Thierry pour sa RSE, un modèle du genre. Rachid me croise et me dit en douce : "t'as fait une RSE de merde". Je sais, merci.
Retour au port, je prends mon temps pour rincer le matériel.
Je me douche, Patrick ouvre une bouteille de vin dans la,chambre pour fêter cette journée chargée. V'est la 4e bouteille depuis le début du stage, c'est notre bouteille à nous, il en reste deux pour demain.
On file ensuite à l'apéro de Patrick qui fête sont 53e anniversaire. Je croise Rachid, on discute de ma RSE, il me donne ma note en douce : 13/20. Tout était bon dans ma prestation, sauf la vitesse, je suis passé sous les fourche du temps mini. Je m'en fous de la note, j'ai fait un truc pourri, je suis toujours furieux après moi.
21h, épreuve de matériel.
Je passe avec Richard et Dédé, il faut que j'évite la description et le fonctionnement des compresseurs, je n'y comprends rien. Je ne me suis pas forcé à comprendre non plus ...
Je tente un coup, j'apporte mon ordinateur de plongée en salle d'examen, je le connais par coeur, et connais par cœur tout ce qu'il y a derrière. Ca marche, il me questionne sur les algorithmes de décompression, je parle du Buhlmann utilisé sur le mien pour revenir aux origines avec Haldane, puis parce que Dédé souhaite plonger aux tables, les MN90 en expliquant les différences, les compartiments, les choix de modélisation. Ça fait 6 mois que je lis des bouquins sur la décompression au lieu de lire les cours, j'adore ça, j'en profite, le temps passe et je suis bavard.
Dédé coupe court, il veut passer aux détendeurs. Il se met à la place d'un néophyte, je dois lui expliquer à quoi ça sert et comment ça marche. Je fais cela tout le temps, avec des copains ou enfants, le discours est rodé, il essaie de me piéger gentiment, mais je le vois arriver facilement. Pour l'instant ça marche, toujours pas de compresseur. Richard m'envoie au tableau comme les gamins, oh merde, si je dois faire le schéma du compresseur, ça va être raide. Question :"es-tu TIV ?" non
"sais-tu quand même qu'elles sont les inscriptions obligatoires sur une bouteille ?". Pas de problème ma caille, j'ai révisé ça tout à l'heure avec un moyen mnemo-technique : les données fabricant, les données de la bouteille, les données de révision (ré-épreuve, tiv). Je sors tout.
Fin de l'épreuve, trop bon, j'ai réussi à faire sauter le compresseur alors que tout le monde y a eu droit.
Dédé me demande si je suis prof, ce n'est pas le cas. Mais je fais beaucoup de formation pour mes clients. Pourquoi ? "parce que tes explications sont super claires, bien organisées, très pédagogiques, tu devrais enchainer le monitorat dans la foulée".
Ah non les gars ! Madame ma chérie ne sera pas d'accord, et je la comprends, c'est encore plus de boulot et de préparation que le N4. Pour ma retraite peut-être ou si je deviens rentier ? Sinon, je ne vois pas comment cela va être possible.
Demain, dernière épreuve me concernant, le mannequin.
Un seul critère éliminatoire, il faut tenir une apnée de 20s à 6m après avoir nagé 100m en crawl. Quand cela sera fait, on pourra le satelliser, le mannequin ...
Pour info, je viens de voir nos dates de naissance : le plus vieux est Gérard, il a 57 ans. Le plus jeune est Nicolas, 31 ans, la moyenne d'âge doit se situer autour des 50 ans. Le niveau 4 est accessible à tous avec un peu de préparation. Et une certaine motivation ...
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à mon âge, on ne me suce plus, on me mâche