zendb a écrit :
CR MdP 2018
Contexte :
4e marathon et 3e Paris. Je suis plutôt bon pour les prono :
1er, Paris 2015, objectif 3h00 -> 3h00'50" 2e, Paris 2016, objectif 2h50 -> 2h46'59" 3e, Lyon 2017, objectif 2h45 -> 2h44'58" 4e, Paris 2018, objectif 2h42 -> 2h42'05" Préparation :
J'ai fait une plus grosse préparation cette année même si elle n'est pas encore "parfaite". Saison de cross en début d'année avec une préparation spécifique (c'était le souhait du coach de séparer le travail de vitesse et de volume/foncier) et surtout un groupe avec de très bons coureurs (il y a une bonne dizaine de personne en moins de 2h42 et 3 sub2h30 ... autant dire qu'à l'entrainement je suis toujours dans le "groupe 2", mais ça motive).
Je fais une saison cross mitigée et moyennement emballé. J'hésite à aller aux inter car je trouve la préparation marathon un peu light, je tourne entre 40 et 60km max par semaine soit un poil moins que ma dernière préparation, mais j'ai envie de plus. Je fais les LIFA, je perds ma chaussure, course de merde je suis assez déçu et une fois la ligne passée je veux me mettre à 100% dans le marathon. Nous sommes à 7 semaines du marathon, 2 semaines du semi de Paris et le plan d'entrainement se spécialise : on va faire des km et des km à des allures "lente" ... une séance de piste type AS10 par semaine (que je fais quasiment sauter à chaque fois) et que des sorties progressives jusqu'à 90% de l'AS42 : on borne mais "lentement" et ça me plait.
J’enchaîne direct sur une semaine à 100km (pour info c'était la première fois de ma vie que je courrais autant). Ma sortie de base c'est 1h10 et je fais des weekends ou je vais enchaîner des 1h30 - 2h00 - 2h00 3 jours de suite ... mais ça passe bien.
La semaine du semi je tombe malade, grosse crève et je suis un peu dégoûté : 0km et DNS sur le Fitbit. Je renchaine la semaine suivante 90k - 115k - 95k puis deux semaines de "pause" avant le marathon car j'ai un peu mal au tibia : 30k puis 30k la semaine du marathon.
Quand j'y pense je n’ai pas énormément borné, toujours plus que mes anciennes prépa mais ça reste "que" 4 semaines à plus de 90km là où mes collègues de club (bon certes un termine en 2h33) ont des semaines de base à 90km et ont enchainé 6 semaines à 130/140. Par chance j'ai fait la prépa en groupe, les sorties du weekend on était 3 ou 4 et ça motive. J'ai fait quelques sorties mémorables sous la neige et des sorties solo nocturne, sans frontale, sous la pluie à côté des putes de Vincennes ... la prépa en hiver est difficile mais si tu arrives à te motiver la course a encore plus de saveur !
La course :
Avant course :
4e marathon, 1xxe départ toute course confondue mais je ne suis pas serein. Le stress, qui fait aussi parti du marathon est bien présent. Je retrouve mes collègues de club et c'est bien sympa. ça me change de mes anciens marathons en solo. On se motive, on court 15min autour des champs, 3e pause pipi, on croise les mecs pas frais qui sortent de boite (deux salles, deux ambiances et ça me fait pas du tout envie !). On rentre dans le sas et je dois retrouver un collègue qui a exactement le même objectif que moi ... le mec est introuvable ! Finalement 15' avant on se choppe du regard, soulagement. Comme à mon habitude, 10' avant le départ j'ai encore envie de pisser, mais rien sous la main. quelqu'un me suggère de prendre une bouteille au sol pour me soulager, mais je n'ai pas la foi ! Ceci dit, prochain marathon je serai obligé de le faire !
0-15e
Le départ est donné, on part à 3 : un pote qui veut aussi faire 2h42 et un autre qui a un objectif de 2h37. Il veut absolument faire les premiers km avec nous, mais finalement il nous lâchera dès le km 2. Mon pote est un bon coureur mais a peu d'expérience et s'emballe vite. Les 15 premiers kilomètres vont se faire à bon train. Il mène le duo et on navigue pas très régulièrement entre 3'40" et 3'48" avec une moyenne de 3'45"/km. A ce moment de la course on est très bien, ça passe crème, on profite du temps magnifique, des monuments, de l'ambiance, on double pas mal de monde (oui même dans le sas préférentiel les mecs en 2h50 partent sur une base de 2h35 ou 2h30). Je temporise mon pote plusieurs fois en lui demandant de ralentir, quitte à le laisser prendre quelques mètres d'avance. J'ai les mollets un poil dur pour un début de course et je sais que les km trop rapide au début se paieront à la fin ! Au fond de moi je sais qu'on prend un risque, mais je suis quand même, c'est pas les recommandations du coach car à cette allure on est plutôt sur 1h19'30 au semi ! Le souci est que j'ai de plus en plus envie de pisser, c'est surement psychologique, mais je veux m'arrêter et je sais déjà où ... dans le bois de Vincennes, le long de hippodrome. On passe au 10e en 38'00" soit une bonne base pile en dessous de 1h20' au semi.
15e-bastille
15e je fais ma pause, express de 25" ! (petite pensée pour Sasha qui a perdu 2 minutes). Je ne sais pas à quoi je pense à ce moment-là mais je dis à mon pote que je vais le rattraper petit à petit ... j'y ai cru. Quand je repars il est à 150m devait moi et là je me dis que ça fait beaucoup quand même ! Je décide de ne pas me mettre dedans et je reste à l'allure, je ne le reverrai plus jamais
Pour l'anecdote je perds 25" sur ma pause et il arrivera 21" avant moi ! Je regrette beaucoup cette pause. Mais bon c'est comme ça.
Tout le reste se déroule bien, je passe à 300m de chez moi, je suis sur mon terrain d'entrainement. Je croise pas mal de coureurs du club et ça fait chaud au cœur surtout quand les mecs qui t'encouragent sont des machines qui valent 2h30 au marathon ou 32' sur 10km. Je passe au 20e en 1h16'05" ... soit un deuxième 10 un poil plus rapide puis passage au semi en 1h20'05 ou 08 donc pile poil dans mon objectif chrono et avec ma pause. A Lyon j'avais perdu 1' entre les deux semi donc un calcul rapide me dit que je suis bien.
J'aime beaucoup la petite remontée à bastille, la foule énorme, le quartier que je connais. il manque juste les 2 SDF complètement torchés à la villageoise qui encouragent les coureurs. Quais-Trocadéro
A partir des quais j'entame une partie que je n'aime pas trop. Je me concentre plus, je suis moins ouvert sur ce qui se passe autour de moi, les gens les monuments ... je commence les calculs, l'évolution de mon état, les pronostics. Je suis bien, mais ça commence un chouillat à tirer, rien de grave. Je suis toujours sur mon allure de 3'47". Je zap complétement Notre-Dame qui me le fera rappeler en sonnant 10h juste quand je la dépasse ! Il commence à faire chaud, je continue à remonter petit à petit des gens. Pour info à cette partie de course on est globalement en file indienne, un coureur tous les 10m environ, c'est un peu grand luxe. Il y a un petit groupe, loin devant, de 10 coureurs mais personne ne se gêne. Les ravitos c'est la grande table avec maximum 3 ou 4 coureurs donc on peut courir tout le long et choisir sa bouteille, prendre à la volée une poignée d'abricot ou une banane !
Le passage dans le tunnel des tuileries est infecte, l'ambiance est dégueulasse, leur délire sur les fantômes, la bande son avec des cris version film d'horreur, j'ai peur de décompenser de ma schizophrénie. Je sors rapidement du tunnel et là c'est le début des mini montagnes russes qui passent bien mais qui commencent à charger les cuisses ... ça s'étire de plus en plus, je cours solo. Je profite de la lance à incendie, gros kiff, puis je prends un gel ! Grosse première je ne vais pas attendre la fringale. Je suis bien donc je tente ! Et ça passe à merveille, overstim coup de fouet citron et menthe eucalyptus. Je suis content et globalement sur les ravitos j'ai bien géré : jamais eu soif, pas de fringale, rien.
Passage au Trocadéro, encore globalement bien, ça tire mais rien de grave l'allure est maintenue ... rien à redire, je file bon train.
30e - 38e
Le passage du mur du 30e, comme les dernières fois, est un mur psychologique ... c'est bizarre mais j'ai peu de souvenirs de ce passage. Surement car je commence à me "refermer" sur moi-même et me concentrer et puis le 16e c'est globalement chiant comme endroit. Je me surprends à ralentir en mode automatique, avec une petite dérive au-dessus des 4'/km ... J'avais travaillé un peu ça à l'entrainement à me remobiliser immédiatement, petit coup de collier, petite phrase pour me remotiver et je repars à l'allure. Je sais plus trop où je suis, surtout que le parcours a changé. J'attends avec impatience et stress la montée d'Auteuil. Elle arrive ! et le nouveau parcours la rend un peu plus longue. Je parle tout seul, je l'insulte, je me dis "aller bouffe là cette conne, défonce moi cette montée". Je ralenti volontairement, je sais que la difficulté de cette montée c'est surtout la relance derrière et le contre coup. Je dois tourner vers les 4'15"/km mais ça passe bien. Je relance en haut, et ça passe, je suis bien, relativement bien donc content même si je commence à être fatigué. Par contre j'ai les pieds qui chauffent +++ l'impression de courir avec des cailloux dans mes chaussures. J'ai fait le choix de prendre des adios au lieu des boston, c'est un peu désagréable. A l'arrivée j'aurai toute la voute plantaire bien rouge et échauffée, douloureuse à la limite de l'ampoule. Donc à voir, le prochain peut-être en boston.
Les années précédentes l'explosion avait lieu 1km après Auteuil donc vers le 36e avec une dérive en 4'15"/km. Cette année j'arrive à maintenir et rester en 3'55"/km mais je sens que la force et la motivation baisse, j'ai plus l'énergie de relancer.
38e-finish
A partir du 38e ça commence à devenir dur, je n’ai pas spécialement mal, les mollets tirent, les jambes sont raides mais je n'ai pas de crampes imminentes. Uniquement un manque d'énergie. Je glisse petit à petit et je perds 2" à chaque kilomètre pour faire le 41e (ou le 40e) en 4'01"/km. Je zappe totalement l'espace Vuitton (je ne l'ai même pas vu !) et cette boucle me semble interminable, j'en ai clairement marre et je n'arrive pas à me remotiver. Je test tout, jouer sur l'émotion, m'insulter, me faire violence rien, comme quand tu es sur l'autoroute avec une vieille Clio, accélérateur au planché et que tu stagne à 120 km/h. le 40e est long et le 41e sera le pire. Je passe la marque au sol et là rien, j'ai beau me dire que c'est le dernier km je ne peux absolument plus rien envoyer à part subir mon corps en mouvement. ça sera ma deuxième petite déception, mon incapacité à me surpasser pour le finish. J'arrive au 42, cette arrivée qui m'avait fait chialer la première fois m'est totalement indifférente, je regarde le chrono et je vois que ça passe en 2h42' mais pas en 2h41'5x ... pourtant rien, pas de sprint, pas d'euphorie même pas la force de faire un petit signe de victoire en passant la ligne. Je stop le chrono : 2h42'06" pour un officiel en 2h42'05" avec une moyenne de 3'48"/km à la montre. Premier semi en 1h20'05" et deuxième en 1h22'00" je perds donc 2'.
5 km
00:18:57
10 km
00:19:06
15 km
00:19:21 (pause technique 25" )
20 km
00:18:37
25 km
00:19:03
30 km
00:19:12
35 km
00:19:33
40 km
00:19:35
Moyenne : 19:11 Ecart type : 00:18
5 KM LES PLUS RAPIDES : 15 - 20 TEMPS : 00:18:37 VITESSE : 16.11 KM/H
5 KM LES PLUS LENTS : 35 - 40 TEMPS : 00:19:35 VITESSE : 15.32 KM/H
Je suis content, content de mon objectif et il y a encore 2 ans ça me paraissait inenvisageable ! Et là le sub2h40 me semble à ma portée !! Fou !
20' après être arrivé j'ai un gros coup de vide, coup de blues, c'est terminé ... je veux revivre ça tout de suite, l'ambiance, la prépa, la course, les milliards de questions et de doutes avec les potes du club. Bilan positif :
- 4e marathon, 4e PR ! objectif done
- course bien menée, pas de gros soucis ou mauvaise surprise. C'est quand même agréable d'avoir une bonne maîtrise de son allure et de sa course et de subir le moins longtemps possible. J'ai eu que 10 ou 15' vraiment dans le dur contre 20 ou 30' sur les derniers marathons. J'ai très peu regardé ma montre, juste le lap au km mais j'ai très peu ajusté, j'ai laissé filer mon allure en me faisant confiance toute la course et j'ai découvert le temps que j'allais faire réellement que 195m avant l'arrivée !
- je repousse mon seuil d'explosion de 3 ou 4km
- La porte du sub2h40 s'ouvre et me laisse entrevoir ce qu'il y a derrière Déceptions :
- avoir lâché mon pote car on aura largement pu faire la course ensemble, voir gagner quelques secondes sur la fin. Et passer la ligne à deux ça doit être excellent. - absence de mental ou de force pour le dernier km. J'aurai bien aimé vivre un finish de warrior
Objectifs et améliorations :
- Marathon de Valence puis je ressigne pour Paris 2019, obligé !
- J'ai envie de faire une VRAIE prépa de 5 ou 6 semaine à 100km hebdo et voir ce que je peux faire au max de mes capacités.
- Il faut que je boss les à côté aussi, les ravito car je pense que je peux bouffer plus de gel en course, gérer les WC en pré-course et sommeil/alimentation de manière générale !
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