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Nutrition du sportif: Clés et Mythes
Résumé des propos de Sam Laidlow dans "Sucre : Ami ou ennemi du sportif ?"
Sam Laidlow, champion du monde Iron Man, partage son expérience sur l'utilisation du sucre et les défis nutritionnels en ultra-endurance :
- Problèmes de santé post-Kona : Sam a rencontré des problèmes de santé significatifs après sa course à Kona [1, 2]. Il s'est entraîné de manière excessive dans des conditions chaudes, ce qui a probablement contribué à ses soucis [1, 3].
- Explication de sa défaillance à Kona : Durant la section vélo, il a manqué plusieurs ravitaillements en gourdes. Lorsqu'il a enfin obtenu une gourde, elle contenait une quantité très élevée de sodium et pas assez d'eau, créant un déséquilibre gastrique [1, 3, 4]. Son ventre a gonflé, et l'eau est restée dans son estomac, provoquant le "mur" au 13ème kilomètre du marathon [1, 4].
- Diagnostic médical erroné : À la tente médicale, il a été initialement diagnostiqué comme déshydraté, alors qu'il était en fait en surhydratation/hyponatrémie [1, 4]. La perfusion intraveineuse a exacerbé la situation, causant des douleurs rénales et affectant son système nerveux et immunitaire [1, 4].
- Le sucre comme "nitro" : Sam compare les glucides au "nitro" ou "turbo" de la voiture qu'est le corps [1, 5]. Il explique que pour les athlètes de longue distance, les glucides sont utilisés quand c'est nécessaire pour l'intensité, tandis que les lipides constituent la majeure partie du "carburant" (80% des réserves) [1, 5]. Il souligne qu'à son allure Iron Man (environ 15 km/h), il brûle encore beaucoup de graisse [1, 5].
- L'importance de l'alimentation à l'effort : Il met en avant que les réserves de glycogène sont limitées (environ une heure d'effort) par rapport aux réserves de lipides (qu'il estime à 2000 heures) [1, 6]. Vider ses réserves de glycogène sans les recharger peut mettre le corps en état de choc et provoquer des fringales [1, 6].
- Critique de la mentalité "perte de poids" : Il observe que de nombreux amateurs, cherchant à perdre du poids, évitent de s'alimenter pendant l'effort, ce qui est contre-productif pour la régularité et la récupération [1, 6]. Il insiste sur le fait que consommer des glucides ne signifie pas arrêter de brûler des graisses [1, 7].
- Évolution de la consommation de glucides : Sam a été parmi les premiers triathlètes en France à adopter une consommation élevée de glucides pendant l'effort, s'inspirant de recherches étrangères [1, 8]. Il admet que cette approche a pu lui causer des problèmes hormonaux par le passé lorsqu'il essayait de brûler uniquement des lipides, mais aussi que les quantités très élevées de sucre qu'il consommait ne sont pas forcément saines pour la santé à long terme [1, 8, 9].
- L'estomac et le "gut training" : Il rappelle que l'estomac est un écosystème sensible au stress et à l'alimentation, et que son état peut impacter l'assimilation [1, 10]. Il mentionne l'importance d'entraîner l'intestin à digérer les glucides.
- Impact sur les performances : Il affirme que l'amélioration continue des records de performance est directement liée à l'intégration des glucides dans la nutrition des athlètes de haut niveau [1, 11]. Il donne l'exemple de Fred Belaubre qui, avec les connaissances actuelles, aurait été "beaucoup plus rapide" aux JO [1, 10, 12].
- Recommandations pour les amateurs : Pour l'entraînement général (hors compétition intense), il conseille des aliments à index glycémique bas et de bonnes graisses [1, 13]. Pour les efforts de haute intensité, il faut tendre vers des aliments à index glycémique élevé [1, 14].
- Objectif et psychologie : Son objectif est de gagner à nouveau Iron Man Hawaii [1, 15]. Il évoque la dépendance à la dopamine ressentie par les athlètes lorsqu'ils sont limités par des problèmes de santé, affectant leur bien-être mental [1, 16].
Résumé des parties intéressantes de "Gels, Électrolytes, Gut-training, Carb-load, Pic Glycémique, NutriScore, Suppléments @nouchkadiet"
La vidéo met en lumière l'expertise de Nouka Simic, diététicienne-nutritionniste et athlète, offrant des conseils pratiques et démystifiant des idées reçues.
- Contexte et expertise de Nouka Simic : Ancienne championne de France d'Aviron, traileuse et triathlète, elle est la fondatrice de Fourchette Basket, un collectif de professionnels du sport et de la nutrition [17, 18]. Elle a également écrit le livre "Le NutriGuide du sportif" [17, 18]. Sa démarche est qualifiée de très scientifique et pédagogique [17, 18]. Elle a créé sa propre formation en nutrition sportive en raison d'un manque d'accès à des connaissances spécialisées et d'un manque de diététiciens spécialisés pour les athlètes [17, 19, 20].
- Distinction Diététicien vs. Nutritionniste : Nouka explique que "diététicien-nutritionniste" est un titre protégé nécessitant un diplôme, contrairement à "nutritionniste", qui ne l'est pas [17, 21]. Elle précise que les médecins ont souvent une formation limitée en nutrition [17, 19].
- Suivi en nutrition sportive : Un suivi personnalisé dépend des objectifs de l'athlète (perte de poids, performance, récupération, prévention des blessures, etc.) [17, 22]. Nouka privilégie 2-3 objectifs maximum par consultation pour ne pas submerger le patient et vise à rendre l'athlète autonome à terme [17, 22, 23].
- Défis de la science de la nutrition :
- La majorité des recherches sont corrélationnelles, rendant difficile l'établissement de liens de cause à effet [17, 24, 25].
- Les études sont souvent financées par l'industrie, ce qui peut introduire des biais [17, 25].
- Nous consommons des repas complexes, pas des nutriments isolés [17, 25].
- La variabilité individuelle (génétique, microbiote) est très importante [17, 25].
- Conseil de Nouka : Privilégier les revues systématiques et les méta-analyses et se méfier des études isolées [17, 26]. Accepter le pouvoir de l'effet placebo si une habitude inoffensive apporte un bien-être à l'athlète [17, 26, 27].
- Mythes et marketing : Nouka dénonce les allégations "révolutionnaires" ou "miracles" dans les médias, citant l'exemple de la camerise qui aurait augmenté les performances de 2%, une étude financée par une entreprise de super-aliments avec des limites méthodologiques (petit échantillon, pas de contrôle sur le reste de l'alimentation, absence de mesure de biodisponibilité) [17, 28, 29].
- L'assiette équilibrée : Elle préfère parler de journée ou de semaine équilibrée plutôt que d'assiette isolée, ce qui permet plus de flexibilité et moins de stress [17, 30]. Une assiette équilibrée doit contenir des glucides, des protéines, des légumes et des matières grasses [17, 30, 31]. Les quantités doivent être adaptées à la charge d'entraînement [17, 31].
- Micronutriments essentiels pour les coureurs :
- Fer : Des pertes plus importantes avec les impacts au sol. Attention : ne pas supplémenter en prévention sans carence avérée car cela peut être dangereux [17, 32].
- Magnésium : Rôle crucial dans plus de 300 réactions de l'organisme, dont la contraction musculaire. Les carences sont courantes et difficiles à couvrir par l'alimentation seule. La prise de sang n'est pas un bon indicateur. La supplémentation est souvent sûre et recommandée pour les sportifs toute l'année ou en période de charge élevée [17, 32, 33].
- Oméga-3 : Importants pour la fluidité des membranes cellulaires, la fonction cérébrale et la réduction de l'inflammation. Les sportifs pourraient avoir des besoins jusqu'à quatre fois supérieurs à la population générale (jusqu'à 2g/jour de EPA/DHA) [17, 34, 35].
- Vitamines du groupe B et antioxydants : Essentiels pour le métabolisme énergétique et la lutte contre le stress oxydatif, généralement couverts par une alimentation caloriquement suffisante [17, 36].
- Erreurs classiques des coureurs :
- Ne pas manger assez : Sous-estimation des besoins caloriques en endurance, exacerbée par la suppression de l'appétit post-effort (molécules anorexigènes, redistribution du flux sanguin) [17, 37, 38]. Cela peut mener à un déficit énergétique chronique (RED-S) [17, 39, 40].
- Diabolisation des glucides et protéines : Les recommandations pour les sédentaires ne s'appliquent pas aux sportifs qui ont des besoins beaucoup plus élevés. Les athlètes utilisent directement les glucides comme carburant, sans risque accru de diabète lié à cette consommation élevée [17, 40, 41]. Les sportifs d'endurance ont également des besoins élevés en protéines (1,2 à 1,6 g/kg/jour, voire plus pour les régimes végétaux ou des charges extrêmes) [17, 42, 43].
- Quantité vs. qualité de l'alimentation : Pour les sportifs, la quantité (suffisance calorique) est primordiale pour soutenir l'effort, la performance et la récupération [17, 44, 45]. Une alimentation trop riche en fibres et trop peu dense en énergie peut rendre difficile l'atteinte des apports caloriques nécessaires [17, 45].
- Nutri-Score et Yuka : Le Nutri-Score est un bon outil pour comparer des produits de même catégorie et est basé sur la science [17, 46]. Yuka est critiqué pour son approche trop simpliste et parfois trompeuse sur les additifs [17, 47].
- Fréquence des repas : Privilégier plusieurs petits repas dans la journée permet un meilleur apport énergétique global et réduit la charge digestive par rapport à deux gros repas [17, 48].
- Pic glycémique à l'effort (Mythe démystifié) : Il est quasiment impossible de faire une hypoglycémie réactionnelle pendant l'effort [17, 49]. Pendant l'exercice, les catécholamines (hormones de stress) inhibent la sécrétion d'insuline, et la contraction musculaire active les transporteurs de glucose indépendamment de l'insuline [17, 50]. Les glucides à index glycémique élevé sont donc privilégiés pour leur rapidité d'utilisation et leur facilité de digestion à l'effort [17, 49]. Le seul cas où une hippo réactionnelle pourrait survenir est lors d'un arrêt prolongé (sieste) pendant un ultra-trail, où les catécholamines diminuent [17, 49].
- Le glycogène : C'est la forme de stockage du glucose dans les muscles (400-500g) et le foie (80-100g) [17, 51, 52]. Les réserves musculaires sont utilisées localement et s'épuisent en environ 1h30 d'effort intense si aucun apport n'est fait [17, 52]. La capacité de stockage peut être augmentée avec l'entraînement et l'apport en glucides [17, 53].
- Apport en glucides à l'effort : Recommandé à partir d'1h30 d'effort (pour la plupart des coureurs) ou plus tôt si la récupération entre les séances est courte [17, 54]. Le rinçage buccal au glucose peut améliorer les performances sur des efforts intenses de moins d'une heure en stimulant le système nerveux [17, 54, 55].
- Grammage optimal : Viser 90g/heure sur marathon est idéal, mais 60g/heure est déjà un bon objectif pour les amateurs [17, 55]. Les élites peuvent atteindre 100-110g/heure grâce à l'entraînement digestif [17, 55].
- Choix des produits : La tolérance digestive et le goût sont primordiaux [17, 56, 57]. Privilégier les gels ou boissons avec un mélange glucose-fructose (ratio 2:1 ou 1:0.8 à partir de 60g de glucose) pour une meilleure assimilation et éviter les troubles digestifs [17, 57, 58].
- Gel pré-course : Un gel 10-15 minutes avant le départ est pertinent pour stimuler le système nerveux et assurer une énergie immédiate [17, 59].
- Gels caféinés : Une dose efficace se situe entre 3 et 6 mg/kg de poids corporel. L'effet ergogène se manifeste environ 1 heure après l'ingestion, puis doit être entretenu toutes les 2 à 4 heures [17, 60].
- Sodium à l'effort : C'est le seul électrolyte dont la perte est significative dans la sueur [17, 61]. Il est crucial pour les efforts longs, intenses, ou par temps chaud pour compenser les pertes et faciliter l'absorption de l'eau [17, 61, 62]. Les symptômes d'hyponatrémie (déficit en sodium) ressemblent à la déshydratation, rendant le diagnostic difficile [17, 62, 63].
- Protéines à l'effort : Utiles principalement pour les efforts de très longue durée (au-delà de 3-4 heures), pour la récupération et la réduction des douleurs musculaires, mais pas directement pour la performance [17, 63].
- Stratégies d'hydratation : Ne pas se fier uniquement à la soif, car certains athlètes ne la ressentent pas suffisamment [17, 64]. Recommander 400 à 800 ml de liquide par heure, à adapter selon le poids, le taux de transpiration et les conditions climatiques [17, 64]. La double pesée (avant/après l'effort) est un bon moyen de déterminer les pertes hydriques individuelles [17, 65, 66].
- "Gut training" (entraînement digestif) : Vise à améliorer l'assimilation des glucides et de l'eau et à réduire les troubles digestifs [17, 66, 67]. Il augmente le nombre de transporteurs de glucides [17, 67].
- Mise en place : S'entraîner après un repas copieux pour habituer l'estomac à une vidange gastrique rapide [67-69]. Augmenter progressivement les quantités de glucides consommées pendant l'effort [68, 69]. Boire de grandes quantités d'eau pendant les séances pour entraîner la tolérance hydrique [68, 69].
- Contre le "train low" : Nouka préfère cette approche à celle du "train low" (s'entraîner avec des réserves faibles en glucides), car bien que cette dernière puisse favoriser l'utilisation des graisses, elle risque de créer un déficit énergétique chronique et d'augmenter le risque de blessures [68-70].
- Recharge glucidique (carb-load) : Utile avant un effort de plus de 2 heures pour maximiser les réserves de glycogène (passant de 400-500g à presque 700g) [68, 71]. Commence 48 à 72 heures avant la course, en augmentant les glucides et diminuant les graisses pour le confort digestif [68, 71, 72]. Une légère prise de poids est normale en raison du stockage d'eau avec le glycogène [68, 71].
- Régime dissocié scandinave : Cette méthode, impliquant une déplétion glucidique suivie d'une surcompensation, n'offre pas d'avantage significatif par rapport à une recharge glucidique classique [68, 73]. Elle est très contraignante mentalement et peut entraîner des troubles digestifs ou de l'irritabilité [68, 73]. Nouka ne la recommande que si l'athlète y trouve une motivation mentale pour entrer dans sa course [68, 73, 74].
- Projet de livre : Nouka Simic a sorti un livre intitulé "Le NutriGuide du sportif" aux éditions Marabou en mai, un ouvrage vulgarisé et complet pour tous les sportifs [68, 74].
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