CR du BRO avec les bros du bro.
(Part. I)
Préambule
Juin. 2024. L'hiver fait rage sur la campagne.
Les cieux ont damné les humains qui luttent âprement pour leur survie.
Des chaos qui règnent, seuls 5 justiciers (et leurs machines
) se dressent contre l'oppression. On les appelle les bros du BRO
Spoiler :
Pour les lointains de la région, histoire de poser le décors : ambiance |
1 - La communauté du maillon
8h30. Après nous être vigoureusement chamaillés pour convenir du parcours à suivre, nous décollons vaillamment du camp de survie que les locaux ont dressés en notre honneur. L'ambiance est magique, on nous présente la plus jeune vierge du village mais nous partons le cœur lourd. Aucun d'entre nous ne sait s'il reverra ces braves villageois, face aux périls du périple qui nous attendent. Que voulez-vous, nous sommes jeunes, nous sommes fous, quand l'aventure appelle, quand le destin nous réclame, nous répondons présent
La route est subtilement humide, le soleil pointe
, le plafond nuageux est légèrement au-dessus de nous. Nous progressons sur les pentes et évoluons désormais parmis les brouillardeuses nappes de nuage. Le fog de l'Huez comme personne ne le nomme. Nous nous retournons et constatons la disparition d'un camarade. from_hell est le premier à être tombé au combat
, vraisemblablement reparti d'où il est venu, dans les entrailles de la terre. Nous ne le reverrons jamais. Guez et moi menons l'allure, le regard vif et le cuissot rutilant. Nous papotons fort agréablement. Tout d'un coup Guez pose une question à Playerz69, alors en 2ème rideau. "Scheh gros, tu crèches où exactement dans St *gr*v* ?" Je lui cède ma place aux commandes pour leur permettre de continuer cet échange dans leur patois local
et rejoins ainsi Corran dont le souffle est haletant.
Quelques hectomètres plus loin nous arrivons à Villars-Reculas et retrouvons Nicolas et Pimprenelle Guezpard et le Playerz (main dans la main
). Nous sommes au-dessus des nuages, le soleil est magnifique, le point de vue sublime.
Nous arrivons très vite au Pas de la Confession où la vue, parait-il imprenable, est prise par des volutes de nuages
. Alors que nous roulons, Playerz cherche à nous désorienter et prétend voir un arc-en-ciel. Une voix non reconnaissable surgit derrière pour corroborer son propos. On est entre nous et en petit comité, on peut se parler franchement
, je pense que certains du groupe ne tournent pas qu'à l'eau claire, si vous voyez ce que je veux dire
. J'aurai beau chercher de mon regard d'aigle persan
, personnellement je ne verrais jamais cet arc-en-ciel
Playerz69 ira jusqu'à photoshopper un cliché sur sa sortie Strava pour ne pas perdre la face
C'est tout vous dire sur ce personnage peu recommandable
2 - Le banquet
Nous arrivons en station et Guez propose de faire un petit détour pour aller tâter un col au sommet de la station. Je demande si c'est loin, Guez me dit "boah, 2/3km". Il ne m'en faut pas plus. Corran préfère rejoindre directement la 1ère auberge temporaire qui est parait-il dressé au Col de Sarenne et tient lien de CP. Nous nous élançons et étreignons Corran qui part courageusement en éclaireur
Nous ne le reverrons jamais
6km plus loin
nous atteindrons notre sommet du dénommé Col du Poutran et ces 1996m. Et qui n'est absolument pas un sommet vu que la route continue à monter
La descente en station se fait tout Schuss, puis nous finissons par revoir des cyclistes. Je comprends que nous sommes revenus sur le parcours officiel. Nous sortons de la station et la route se fait gravillonneuse. Puis elle se met à monter. Au sommet du saucisson, des bananes, du chocolat ou encore de la crème de marrons. Un banquet comme jamais diront certains
. Et une température vivifiante, animée par une brise légère
Des boomers sont en train de piller les réserves d'eau potable du ravito, ils ont ouvert en grand les robinets de plusieurs jerricans. Le précieux breuvage qui manque à 70% de la planète s'écoule, guidé par la gravité. Moi c'est la gravité de la situation qui me meut. Je m'élance pour molester ces gredins et préserver ce trésor aqueux, en m'écriant "Euh les frérots, c'est normal l'eau là-bas ?". André comprends alors mon interrogation et mon intention et alors que je marche de mon pas décidé, un dialogue s'installe parmi les autochtones. Jeanine dit à André "zyva laisse faire on a vu 50 cyclistes depuis ce matin, il doit en rester 15 à venir et on à 32 jerricans de 15L, moi je préviens je les redescends pas, scheh". Ah les boomers, toujours là pour vous saloper bénévolement l'avenir
Après que nos hôtes aient sacrifiés un 2ème cochon pour me rassasier en saucissons, Corran vient me trouver. "Euh, ça te dit on redescend ?". "Bien sûr compadre, c'est le bon moment. Par cette chaleur la viande du saucisson commence à tourner". Un petit malin dans l'assemblée suggère alors que ce soit le vttiste qui ouvre la descente. Il ne m'en faut pas plus et je m'élance en premier dans ce précipice tortueux qui nous tends les bras. Je ne les reverrais jamais.
3 - Down the hills
Le début de la descente est ennuyeux. Enchainement placide d'épingles à cheveux
. Heureusement qu'il y a de bons à-pics pour maintenir éveillé
. Et des plaques de gravillons aléatoirement disposées sur la chaussée pour pimenter le freinage
. Ils nous ont gaté
. Dire que 7j avant j'avions chû à l'entrainement sur mes terres de Fourvière, laissant sur la chaussée une bonne partie de la peau de mon bras droit, ainsi que ma dignité et ma confiance en mes compétences en descente (spoiler : les PowerCup sont bien moins adhérents sur leurs flancs). Je rejoins enfin le club des Hfrien; je me sens vieux et faible
; je m'amuse pas en descente et de toute façon j'arrive pas à descendre
. "Est-ce à cela que ressemble la mort ?"
. Je ne pouvais donc rêver meilleure mise en jambe pour un retour au D-
, ce billard parfait au tracé emrpunt de flow
. Dans la 1ère épingle je jette un coup d'oeil sur la route qui surplombe. Je ne vois déjà plus de Hfrien. Ah, les dévoués camarades
. Ils ont vu ma détresse et ont fait exprès de freiner pour me faire prendre de l'avance et me permettre de retrouver ma confiance en moi
. Que c'est bon de se sentir soutenu !
2 drifts de la roue arrière au freinage plus tard (sponsorisés par du gravillon
) la route devient propre. Presque droite en fait. Je libère les chevaux mais pas folle la guêpe je garde un œil sur la trace qu'affiche le GPS pour anticiper les épingles
. Une prochaine s'annonce justement. Mais désormais hypnotisé par toute ces lignes droites je projette manifestement très mal cette trace sur la réalité qui m'entoure. L'épingle arrive bien 100m trop tôt
. Freinage d'urgence, je simplifie la procédure en choisissant de tirer tout droit, la roue arrière drible sous la pression de mon ABS digital
Il me restait bien 2m avant de finir contre l'accueillante paroi mi-rocheuse mi-fouragère. Large
. La courbe Strava du freinage 73 km/h > 15 km/h est saisissante
Je finis par arriver à Mizoën, autrement dit le terme de la descente de Sarennes. J'aperçois un point de vue sur le barrage du Chambons. Un banc lui fait face. Je comprends ce signe du destin
. Gnomovtt aussi, puisqu'il le prendra en photo
Je m'assois et contemple mon royaume
. L'histoire retiendra que lorsque je suis arrivé en bas, nous étions encore en 2022. Le reste des Hfriens arriveront en 2024
Ils tenteront bien de prétexter avoir dû porter assistance à une demoiselle qui avait chuté toussa. Mais leur affabulations ne résisteront pas à quelques innocentes questions. Ah ces vauriens de Hfrien.
Spoiler :
Spoiler : la demoiselle avait en fait plus de 70 ans et rien de cassé. On la reverra à la Pasta Party finale où elle parlera à tout le monde d'une troupe de 4 vauriens qui essayèrent de l'isoler derrière une barrière dans la descente de Sarenne pour lui dérober sa vertu |
4 - Sabotage
En repartant, je suis pris de suspicion, ma chaine se bloque au rétropédalage
. Le groupe s'arrête de l'autre côté du barrage, pour se mettre à l'aise et enlever ces couches qui les contraignent
.
Moi, je commence à être mal à l'aise, je commence à voir beaucoup trop de morceaux de peaux glabres à mon goût. Un doute m'assaille "Ais-je raté le panneau "col ouvert au naturisme" ?". Alors, dans un effort herculéen qui vise à refreiner ce réflexe bien naturel de régurgitation qui m'assaille témoin forcé de cette scène à l'érotisme assez lointain
, je cherche à détourner mon attention. Je m'emploi à étudier ma transmission. Le coupable ne tarde pas a être démasqué : ma chaine est tordue. T.o.r.d.u.e.
Trop atteint émotionnellement, je sollicite l'avis d'un adulte du groupe pour demander si c'est normal
. Réunion de crise, en quelques secondes ce sont pas moins de 18 dérive-chaines qui me sont proposés. Dont 1 doré à la feuille et 1 qui fait "meuh" quand on le retourne
. Ahlala, les ravages de l'homo-consommator
Le verdict tombe, c'est Playerz69 le grand gagnant de cette courte-paille, avec un dérive-chaine d'un fort beau gabarit. On se doute qu'il a plusieurs usages ce gadget, gourmand va
. Petite panique, je suis persuadé d'avoir un maillon rapide avec moi... "mais où diantre l'ais-je caché ?"
. Après avoir vidé l'intégralité de mes 8 sacoches (elles sont plus grandes à l'intérieur qu'à l'extérieur
) je me souviens enfin qu'il est subtilement dissimulé à l'intérieur de mes démonte pneus
. L'opération à maillon ouvert peut reprendre. Avec votre serviteur comme chirurgien, elle ne peut qu'être couronnée de succès
Et j'ai bien jeté les maillons résiduels dans la poubelle recyclage mise à ma disposition par l'organisation
(couasi-no joke en plus).
Nous repartons vaillamment et jouons et rions ensemble. Mais nous ne réalisons pas encore ce qui nous attends. Qui donc avait saboté ma transmission ? Quels sont leurs réseaux ? #cliffhanger
To be continued