Allez zou, pour votre café du lundi matin mon CR du Brm1000 Coeur de France. Sans smileys, la fleeeeemme.
A la base je voulais faire la ronde Aliénor d'Aquitaine mais finalement c'est sur ce brm 1000 du MSD Chartres que je me suis engagé. Le tour de la région Centre Val de Loire plutôt que celui de l'Aquitaine donc.
La semaine précédente je prépare l'itinéraire (preview d'un fail: j'oublie de noter un CP
), le vélo (je change la chaîne mais pas les pneus, rat inside) et pour le coup je suis prêt en temps et en heure. Surprise de dernière minute, un pote de club va le rouler aussi
Départ à Chartres le matin du départ, lever 5h, arrivée à 20 minutes du départ, peut-être pas la meilleure option pour le sommeil mais bon, j'ai bien dormi chez moi au moins.
Je récupère le carton, on est 17 au départ... Jeudi matin, 8h03 et c'est parti pour une partie de 1000 bornes IRL.
On sort de Chartres et on roule direction Anet dans le trafic des gens qui vont au boulot. Je roule avec mon collègue, un gars sérieux qui va faire la TCR dans un mois, pas un débutant en longue distance ni en itinérance donc.
On arrive à Anet - km 56 - 2 bonnes heures plus tard. Boulangerie, tampon, café, pain au chocolat et sandwich pour midi. Un peu dubitatif sur le sandwich mais finalement on le bouffera à 11h45 sans avoir croisé de boulangerie...
Ensuite on part vers le Sud. Un peu dur mentalement : champs de blés, camions, chaleur et vent de face. Le vent de face ne nous lâchera pas de la journée,
heureusement qu'on est 2 à se relayer. Mentalement on voit aussi les panneaux qui indiquent Chartres à quelques dizaines de bornes alors qu'on en a déjà roulé une centaine
On arrive au CP2 à La Ferté Vidame - km116 - à 13h. Café, coca, tampon, on repart.
Ensuite c'est une après-midi de cuisson sur la route. Le Garmin indique les prochains changements de direction dans 20, 30 bornes ... C'est ça les brm aussi, la quête du rien sur des départementales interminables.
Arrivée à Mondoubleau - km 210 - vers 17h. La boulangère a un tampon mais pas de sandwich mais bon, on peut aller à l'épicerie. Mon collègue insiste pour qu'on achète le repas du soir, il a pas tort mais en fait un peu quand même. Il me paie une glace. Moi j'achète des fruits et une salade de thon en boîte et un cake aux fruits qui filent dans mes sacoches pour plus tard.
On repart après 1/2 h de pause, prochain CP à Saint Paterne Racan - km 278. On y est à 20h30, et un camion pizza inespéré nous y attend. Mon collègue est un peu dégouté mais y'a pas moyen que je m'arrête pas, en plus il y a des super chiottes juste à côté. On sympathise avec un participant en mangeant nos napolitaines. 21h on repart après une photo au panneau de sortie d'agglomération.
Le temps se couvre un peu, on file vers le Sud. Pluie sur notre gauche, pluie sur notre droite, orages au lointain... mais il ne tombera quasiment rien sur nous. Ouf. Vers 22h mon collègue commence à regarder avec un peu trop d'attention les spots de bivouac potentiels... 1/2 h plus tard il met le clignotant et va s'échouer dans les tribunes d'un stade. Moi je pousse jusqu'au cp. On se promet de se donner des nouvelles et d'essayer de se retrouver. Ça n'arrivera pas.
Je roule avec le pote de pizza, on arrive à Bourgueil, traverse la Loire, puis le Cher et c'est enfin Candes Saint-Martin, km 340. Je cherche les chiottes du village et là... Les trucs font 20m2, propres, secs, il y a du PQ et de l'eau chaude, il est minuit passé... Bref vous devinez où j'ai dormi.
Réveil à 5h30, je remballe et je bouffe la salade de thon à la mexicaine de la veille. Délice.
Une quinzaine de bornes et je suis à Chinon. Café, pain au chocolat. Je roule. Ennui jusque Richelieu, Descartes... J'y reviendrai bien en vacances. J'ai Yseures sur Creuse en point de mire pour la pause de midi. Il pleut, on est sur de la grosse route à camions, je craquerai avant en avisant une épicerie. Coca et surtout... yaourts. J'en mourrais d'envie chais pas pourquoi. J'arrive à Yseures à 11h, je rentre dans l'Intermarché avec mon vélo et je laisse mon vélo à l'accueil, je fais le plein de bananes et de salades pour midi.
La route devient bien relou, à base d'enchaînement de montées / descentes, c'est usant. Je crois qu'on est entre le Berry et le Limousin. J'arrive à Saint-Benoit du Sault - km 506 et mi-parcours - à 15h30. Café, coca, tampon, la routine est connue.
La route continue à monter et descendre avec un point d'orgue à Eguzon Chantomes, avec une descente jusqu'au barrage sur la Creuse et la montée qui va bien derrière. Pas d'autres souvenirs avant le prochain CP à Culan - km 597 - à 20h. J'atterris dans le bar à poivrots du village, les mecs sont tellement éclatés qu'ils me calculent même pas pendant que je bois mon diabolo grenadine.
Le prochain CP est 30 bornes plus loin. Je suis tellement éclatax que je prends même pas de photo au panneau, je m'en rendrais compte que le lendemain
D'ailleurs mes paupières sont lourdes et c'est dans le dur que j'arrive à Apremont -sur-Allier - km 686 - à minuit quinze. Sur la place du village, un peu brumeux, deux ou trois randonneurs qui pioncent sur les bancs.
Je décide de pousser un peu, finalement je roule pas longtemps vu la fatigue et je m'arrête dans un abribus. J'y passe une nuit horrible, je vis un dédoublement de personnalité chelou où une partie de moi engueule une autre partie de moi à cause du froid et à aucun moment j'ai la lucidité de sortir mon duvet. Sale moment.
Je repars à 5h en grelottant, je tiendrai une heure avant de mettre le cligno et d'aller pioncer sous un préau avec les premiers rayons du soleil.
Mon salut ne viendra qu'à 8h du mat' à Ménétréol sous Sancerre avec la première boulange et le premier café. Amen. Je croise 3 cyclos sur le départ, ils sous-entendent que j'ai trop dormi les batards, c'est pas faux mais les batards quoi. M'en fous j'ai fini avant eux quand même. Dix bornes plus loin, dans un village je tombe sur l'épicerie parfaite pour un refill de bananes, de bombecs et le premier red bull de la journée.
J'arrive à Briare - km 779 - à 10h. Boulangerie, coup de tampon, la viennoiserie est dégueulasse. Je sais que mon objectif ambitieux (choper le dernier train à Chartres, dans 230 bornes, à 20h50) est mort mais pas question de niaiser non plus.
J'arrive clairement dans la zone de l'angoisse du parcours. Briare, Montargis, Courtenay - km 837 - à 13h30. P'tite salade de saumon de boulangerie et flan aux abricots, régalade. En revanche ça se gâte niveau temps et il se met à pleuvoir salement dans le Gatinais.
Après 2 ou 3h de pluie je m'échoue sous les halles de Beaumont du Gatinais. J'en ai ras le cul, il reste 115 bornes, la météo annonce de la pluie jusqu'au bout. Après le red bull du matin je lance le 2e étage de la fusée et je mets les écouteurs. S'en suivent 50 bornes à beugler sur du Fontaines DC, sous la pluie. La traversée du tunnel prend fin à Malesherbes, chez un épicier qui me refile un kinder bueno périmé avec mon 2e red bull et mon dernier refill de bombecs. Je comprends rien à ce qu'il me dit, j'ai l'impression d'être au turkménistan ou chaipas.
Tout ça me requinque, j'oublie presque que je suis dans la Beauce, et j'arrive à Gallardon , dernier CP à 21h10. Une foule de zonards devant l'épicerie du bled me dissuade de faire tamponner mon carton. Je repars. Je vois la cathédrale de Chartres, c'est bien ça veut dire qu'il reste 15 bornes (les vrais savent).
J'arrive à Chartres avec 1010 km au compteur juste avant 22h. C'est long 1000 bornes. Ce furent 62 heures intenses, quand même.
Lien vers Strava
Je parlerai matos si ça intéresse certains un peu plus tard.
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