Hello
CR BRM 400 https://www.strava.com/activities/7181305257
Après un 200 fini difficilement mentalement, un 300 qui est bien passé dans la tête mais dont le D+ m’a détruit les cuisses, c’est parti pour un 400 tout plat.
Réveil 1h30 par les voisins qui refont le monde bruyamment sur leur terrasse
Je finis par aller les voir, plus de bruit mais le mal est fait, impossible de se rendormir. J'ai donc dormi 3h-3h30, après plusieurs mauvaises nuit à cause de la chaleur, ça démarre bien. Finalement je commence à me préparer tranquillement à 2h30, départ de la maison 3h45. 3/4h de route plus tard, j’arrive au point de départ. Toutes les voitures sont renvoyées vers un parking plus loin censé être éclairé, en fait c’est tout noir. On prépare le vélo, on récupère sa carte de route puis c’est le briefing, dans lequel on nous annonce qu’il y aura un contrôle surprise
au PK190.
C’est parti à 5h, peloton d’une cinquantaine de personne. Ca roule pas mal mais cette fois-ci je décide de rester dans le groupe pour ne pas avoir à gérer la navigation pour sortir de Bordeaux. En plus le ratio énergie dépensée/vitesse gagnée en ratonnant est largement favorable donc ça vaut le coup de s’accrocher. 5km plus loin un mec est par terre, déjantage.
Le problème, c’est que le manque de sommeil a systématiquement un effet désastreux sur mon transit, et que plus ça va, moins ça va. Je pense très fort à Pascal2Z la légende, finalement un panneau salvateur indique les toilettes dans un patelin. Toilettes à la turque, bien dégueus. Pas possible de faire la fine bouche, je rajoute ma couche à l’œuvre collective dans un râle de soulagement
La chasse d'eau est orientée vers le haut alors que j'arrive plus à ouvrir la porte pour sortir, je veux pas savoir ce qui m'éclabousse jusqu'aux genoux, je secoue cette p*tain de porte, on dirait Fort-Boyard quand tout le monde gueule "la Clepsydre !!!
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Je repars seul avec un capital de lingettes bien entamé et un doute concernant la présence d'une colonie de bactéries fécales sur mes pompes
Un peu plus loin je me fais doubler pleine balle par un Papy et un jeune à gros mollets. Je réfléchis une seconde et me dis que vu que c’est tout plat, il n’y a aucun risque à claquer des cartouches : si je décroche je pourrai toujours récupérer tranquillement puis reprendre mon rythme. Je fais l'effort et prends la roue. Papy et Gros-mollet roulent fort, on relaie toutes les 5’, 33 à 35 de moyenne
Papy annonce qu’il veut avoir bouclé pour 21h, mon tableau de marche c’est 1h du matin
Je prends mes relais, je sais que je roule totalement au dessus de mes pompes mais c’est délibéré : si je veux tester ce que ça donne de rouler trop fort sans prendre le moindre risque de ne pas finir, c’est le jour ou jamais.
1er CP au Pk75, on s’arrête prendre un café. Gros-mollets et moi on niaise pas mais Papy nous presse quand même. On repart.
Je dégomme 2 chocolatines embarquées dans les poches du maillot, faute de mieux. Plus loin on reprend un gars qui a explosé dans un autre groupe encore plus rapide, il est cramé, on l’embarque. On va rouler à 4 à bloc en relais sur plus de 50 bornes
2ème CP au Pk125. J’ai à peine eu le temps d’acheter des viennoiseries qu’il faut manger en roulant. On repart
Lors des arrêts flotte/pipi il faut de repartir dès que l’on pose le pied à terre, etc.
Je suis obligé de taper dans les barres de céréales que j’avais gardé en secours pour la fin du trajet. Cramé a de plus en plus de mal, moi je commence à être saoulé : Papy nous dit de nous accrocher, nous pousse, nous « encourage », finalement Cramé perd 50, 100, 200m. Je suis 20m derrière Papy à me demander ce que je vais faire, Papy me gueule « bon, tu fais quoi ? » un peu énervé, je décide de décrocher, assez rigolé. Cramé est dans le dur, il se traine à 22, gros trou d’air. Je décide de le tracter, ça me fait ma récup’.
Cramé récupère peu à peu, on se fait reprendre par un groupe d’une dizaine dont le rythme est parfait pour nous, ambiance FFCT. Je commence enfin à regarder autre chose que le compteur et la roue de devant. Les Km défilent agréablement mais ça commence à taper dur. On atteint le contrôle secret au Pk190, y’a ravito, ça tombe bien il est midi. Depuis le petit dej à 3h, j’ai juste mangé quelques chocolatines et des barres, je fais un carnage dans les sanwiches, y’a même du café.
On repart, ça commence à taper dur, y’a pas d’ombre, pas d’air, c’est éprouvant. Les Landes, quoi. Le GPS donne 33, 34°C
On rejoint le Bassin d’Arcachon, on décide de s’arrêter dans un troquet au CP3 (Pk245) pour boire un truc frais. L’ambiance et le rythme de ce groupe me vont vraiment bien, que ce soit la vitesse de croisière ou les arrêts : on traine pas outre mesure mais on n’est pas en mode CLM non plus.
Plus loin, un mec crève. On se pose à l’ombre dans l’herbe, Michel répare avec son pote le petit vieux. là je découvre que Petit-vieux, qui a l'air d'avoir 75 ans et parle patois, a la même position debout que sur le vélo, tout courbé. N'empêche qu'il a l'air sur le point crever quand il est debout, mais sur le vélo il assure comme les autres. Gros respect.
On repart. 25 bornes plus loin, Michel re-crève « Michel apprends à réparer », « Michel t’as vérifié ton pneu ? », etc
On repart. Je commence à être de moins en moins bien, les douleurs sont de plus en plus intenses et me grignotent le mental : mal aux ischions, plante des pieds, maux de tête, je me sens dégueu, je suis saoulé de rien avoir avalé de sérieux depuis ce matin, en fait je commence à en avoir putain de marre. Cerise sur le gâteau, le tube digestif se réveille : pas la courante, juste mal au bide. Les jambes sont toujours ok vu que ce qui me tue c’est le D+, jamais les bornes. J’ai jamais eu de doute sur le fait de finir (d’autant que Moman est à 300km), mais ras-le-bol d’avoir mal, ça me tue le plaisir. On se trouve sur l'une de mes routes préférées, une voie forestière magnifique, et pourtant je suis en train de plonger physiquement et mentalement
Le groupe finit par se scinder, je reste avec le 2ème, ce fzdp de Michel qu’on a attendu 2 fois prend le 1er. On arrive au CP4 (Pk325) vers 20h, le groupe de ceux qui en ont marre et mal partout décide de bouffer dans une Pizzeria. Je craque pour une monumentale part de lasagnes, c’est pas mon estomac mais mon cerveau qui en a besoin pour finir. Le passage aux toilettes est également salvateur.
On repart vers 21h, moral regonflé, plus mal au bide, je suis changé, bidons pleins, le vélo est en mode nuit. Je sens que le rocket-fuel à base de viande hachée et de fromage fondu m'a totalement requinqué, tous les voyants sont à nouveau au vert : mental à bloc, je gère les douleurs, ça roule tout seul et je suis souvent devant à tracter
CP5 au Pk350 plus tard, la trace est complètement con, les GPS perdent les pédales. On finit par retrouver le bon chemin mais le guidage de mon Garmin a fait un AVC. Ca peine derrière mais moi je tiens une putain de forme. Je tracte. On descend le Médoc en égrenant les crus classés, les châteaux sont éclairés, c’est très chouette. Je profite à nouveau pleinement, c'était plus le cas depuis midi.
3 autres gars (on est 8 en tout) sont dans le même état, on commence à passer des relais de gros débiles
Derrière ça coince à chaque coteau mais on s’arrête très régulièrement pour se laisser rattraper. Les petits toboggans du Médoc sont en train d’achever ceux qui sont moins bien, la moindre bosse explose le groupe, je passe tout en danseuse en vissant à bloc comme un demeuré. Les Km défilent mais on ralentit progressivement pour pas lâcher les moins-bien. A 10 bornes du but il reste que du plat, je décide d’accélérer avec les rapides vu ce qu’il reste, les moins-bien finiront tranquillement.
Arrivée 00h20 sur le parking, démontage du vélal, retour au bercail à 1h30, douuuuuuuuche ! ![[:btbw03:1] [:btbw03:1]](https://forum-images.hardware.fr/images/perso/1/btbw03.gif)
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Pain is temporary. Quitting lasts forever.